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Les pays en développement sont particulièrement vulnérables
aux vagues dimportations alimentaires et à linstabilité
des marchés mondiaux de denrées pour diverses raisons
structurelles. Les agriculteurs disposent de sources limitées
de crédit pour acheter outils et semences. Les niveaux de
soutien gouvernemental sont faibles. Linfrastructure pour
lirrigation, la transformation des récoltes ou lacheminement
des produits sur les marchés est insuffisante ou inabordable.
Et une production dépendant de quelques cultures accroît
la vulnérabilité aux chutes des prix, aux maladies
ou aux intempéries. La guerre et les conflits sociaux peuvent
entraver ou stopper la production en Afrique, le sida en
est un exemple éloquent.
Lorsquon ajoute à ces problèmes les subventions
à lagriculture dans le monde industrialisé,
il nest guère surprenant que le monde en développement
ait du mal à rivaliser sur le marché mondial.
Les pays pauvres réclament depuis longtemps des instruments
de politique qui leur permettraient de se protéger contre
les distorsions du marché mondial. Ils soutiennent quil
ne sagit pas simplement de défendre un secteur agricole
vulnérable contre la concurrence, mais de relever les défis
structurels traditionnels qui pèsent sur le monde en développement
et de protéger des nombreuses populations rurales qui dépendent
de lagriculture pour survivre.
Dans le cadre actuel de lOMC, il existe des mesures pour se
défendre des fluctuations des cours, des problèmes
lors de louverture des marchés et des pratiques commerciales
déloyales. Des mécanismes de sauvegardes spéciales
autorisent un importateur à augmenter les droits de douane
au-delà des niveaux convenus en cas de soudaine envolée
des importations ou de chute des prix dimportation. Mais ny
ont accès que les pays qui convertissent leurs barrières
non tarifaires (ex. contingents) en droits de douane. Et ils ne
sappliquent pas à grande partie des pays en développement.
Dautres prévoient des processus compliqués dépassant
la capacité institutionnelle, juridique et financière
des petits gouvernements, ce qui les écartent tout simplement.
"Les pays en développement doivent avoir accès
à des sauvegardes plus faciles à utiliser", déclare
Harmon Thomas, Chef du Service FAO des politiques et des projections
concernant les produits. "Elles pourraient être étayées
par des mesures dassistance technique, financière et
juridique pour renforcer la capacité institutionnelle des
pays en développement dutiliser les sauvegardes plus
générales."
Renforcer lagriculture dans le monde en développement
Une façon de renforcer lagriculture dans le monde en
développement serait que les agriculteurs confèrent
une valeur ajoutée aux principales denrées en les
transformant avant de les exporter. Par exemple, une coopérative
au Guatemala pourrait accroître ses recettes en vendant du
café moulu au lieu du café en grains. Toutefois, la
pratique dintensification des tarifs de certains pays
imposant des droits de plus en plus lourds en fonction du degré
de transformation dun produit importé continue
à handicaper la capacité des pays en développement
dexporter des produits transformés de valeur.
La FAO estime que le commerce annuel de produits agricoles transformés
atteint quelque 235 milliards de dollars, soit plus de 60 pour
cent du commerce agricole mondial. Les pays en développement,
néanmoins, demeurent fortement tributaires des exportations
agricoles non transformées. Selon M. Thomas, si les exportations
de produits agricoles transformés ont augmenté de
6 pour cent par an entre 1981 et 2000, la part des pays en
développement a diminué durant la même période.
Le café illustre bien cet état de fait: selon la FAO,
la part des échanges mondiaux de café moulu des 10 premiers
pays en développement exportateurs est tombée de 7
à 2 pour cent dans les années 90.
"La montée en flèche des tarifs est un des principaux
facteurs qui entravent la croissance et la diversification des exportations
dans le marché des produits agricoles transformés",
fait remarquer M. Thomas. "Un autre facteur est la carence
dinfrastructures dans les pays pauvres." Daprès
une récente analyse de la FAO, ajoute -t-il, il existe une
intensification considérable des tarifs dans 12 des
17 grandes filières de produits, essentiellement au premier
stade de la transformation.
Autre obstacle à la diversification de lagriculture
dans le monde en développement: la baisse des taux dinvestissement
dans le secteur. Selon les chiffres de la FAO, les besoins annuels
en investissements dans lagriculture dans le monde en développement
sélèvent à environ 180 milliards
de dollars, les investissements réels étant nettement
inférieurs. Et qui plus est, depuis les années 80,
laide au développement pour lagriculture est
tombée de 50 pour cent en termes réels.
Septembre 2003
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