ROME, 4 novembre 2002 -- Le Code de
conduite international révisé pour la distribution et
l'utilisation des pesticides tend à minimiser les risques
liés à l'utilisation de ces produits par les agriculteurs
des pays en développement, souligne aujourd'hui
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO) dont le Conseil, réuni à Rome (28
octobre- 2 novembre 2002), vient d'approuver les nouvelles
dispositions du Code.
"Le nouveau
Code reflète mieux que par le passé les responsabilités des
gouvernements, des industriels, des commerçants, des
utilisateurs, des groupes d'intérêt et des organisations
internationales en ce qui a trait à la santé et à la protection
de l'environnement. Il encourage la lutte naturelle et la
lutte intégrée contre les ravageurs", indique
l'expert de la FAO Gero Vaagt.
Les
dispositions du Code constituent les normes universellement
admises et reconnues en matière de gestion des pesticides,
rappelle la FAO. "Si toutes les parties concernées
l'appliquaient, ce Code sauverait de nombreuses vies
humaines, protégerait davantage l'environnement et rendrait
plus durable la production agricole", selon M. Vaagt.
Bien qu'il soit appliqué sur une base
volontaire, le Code de la FAO a énormément sensibilisé le
public, depuis son adoption en 1985, aux risques dérivant de la
distribution et de l'utilisation des pesticides. La plupart
des pays en développement ont d'ailleurs introduit des
législations en la matière. Toutefois, il convient à présent de
l'appliquer d'une manière rigoureuse.
La révision du Code était devenue nécessaire pour le
mettre en phase avec les accords et les concepts les plus
récents en matière d'organismes nuisibles et de gestion de
pesticides. Le texte révisé offre maintenant un cadre pour la
gestion des pesticides pendant toute leur durée de vie.
Dans beaucoup de pays en développement,
l'utilisation des pesticides reste une activité à haut
risque. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombre
chaque année 25 millions de cas d'empoisonnement par les
pesticides et 20 000 décès non intentionnels, principalement
dans les pays en développement. L'exposition prolongée aux
pesticides provoque des maladies chroniques, des cancers et des
troubles neurologiques ou de la reproduction.
Bien que 80 pour cent des pesticides soient utilisés
dans les pays développés, 99 pour cent des cas
d'empoisonnement se produisent dans les pays en
développement où les systèmes d'éducation, de
réglementation et de santé sont les plus faibles, selon la FAO.
Le Code révisé tout en encourageant les
pratiques qui réduisent les risques liés à la manipulation des
pesticides adopte la notion de "cycle
biologique" pour tout ce qui concerne la mise au point,
la réglementation, la production, la gestion, le
conditionnement, l'étiquetage, la distribution, la
manipulation, l'application, l'utilisation et le
contrôle des pesticides, y compris les activités postérieures à
l'homologation et l'élimination de tous les types de
pesticides et de leurs contenants usagés.
Dans beaucoup de pays pauvres à climat tropical, les
pesticides ne sont pas manipulés avec précaution et ils sont
souvent stockés dans de mauvaises conditions. Les agriculteurs
sont trop pauvres pour pouvoir s'acheter des équipements
protecteurs individuels et même s'ils en avaient les
moyens, les conditions climatiques - notamment l'extrême
chaleur et la forte humidité - rendraient insupportable
l'utilisation de vêtements de protection.
Les fabricants de pesticides devraient mieux respecter
les dispositions du Code de conduite. Ils devraient notamment
rappeler, à l'aide d'étiquettes appropriées, le
caractère dangereux des produits et le mode d'emploi à
adopter. Malheureusement, la production et l'exportation
d'insecticides bon marché et dangereux comme les
organophosphatés et les carbamates se poursuivent.
La FAO encourage la lutte intégrée contre les
ravageurs des plantes et les différentes méthodes de
luttenaturelle. "L'expérience tirée de plusieurs
projets de la FAO nous enseigne que la lutte intégrée réduit
considérablement les risques liés à l'utilisation des
pesticides tout en augmentant les rendements des
cultures", précise M. Vaagt.
Le
Code met en garde contre l'accumulation de stocks de
pesticides périmés et souligne la nécessité de s'en
débarrasser sans polluer l'environnement grâce notamment au
concours des fabricants de pesticides. Selon la FAO, plus de 500
000 tonnes de pesticides périmés et prohibés menacent gravement
à la fois l'environnement et la santé de millions de
personnes et ce, dans la quasi-totalité des pays en
développement et des pays en transition.
"Appliquer le Code signifie sauver des vies
humaines et éviter l'accumulation de déchets toxiques, ce
qui permettrait d'épargner des millions de dollars qui, au
lieu d'être engloutis dans les opérations de dépollution,
pourraient être investis dans la recherche, la formation et les
moyens de lutte respectueux de l'environnement",
souligne-t-on à la FAO.









