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20 novembre 2002 -- Selon les experts, le
virus responsable de la peste bovine aurait désormais disparu
dans trois de ses derniers réservoirs: le Pakistan, le Soudan et
le Yémen. Des efforts sont en cours pour éradiquer les dernières
traces de la maladie au nord-est du Kenya et au sud de la
Somalie afin que d'ici 2010 le monde puisse être déclaré
totalement indemne de la maladie. Dans
l'histoire de l'humanité, il s'agirait là de la
deuxième maladie éradiquée, après la variole.
La peste bovine est depuis toujours le fléau le plus
redouté des éleveurs - une maladie virale extrêmement
infectieuse qui peut décimer des populations entières de bovins
et de buffles. Dans les régions qui dépendent du bétail pour la
viande, les produits laitiers et la traction animale, le virus
de la peste bovine a causé une famine diffuse et infligé de
graves dégâts économiques et politiques, bien qu'il ne
touche pas directement l'être humain. Un foyer de peste
bovine qui a frappé une grande partie de l'Afrique en
1982-84 aurait coûté, au bas mot, 2 milliards de dollars.
Le Soudan vaccine un million de
bovins La vaccination de masse
d'un million de bovins dans le sud-est du Soudan entre mai
2001 et mai 2002 aurait complétement éliminé le virus du pays.
Cette campagne a démarré au début des
années 90, dans un contexte de guerre civile, lorsque
l'UNICEF rencontre une résistance à son programme de
vaccination des enfants au sud du Soudan. "Vaccinez
notre bétail avant de vacciner nos enfants, car si nos animaux
meurent, nos enfants mourront de toutes façons", sont
les mots que prononcèrent les villageois qui redoutaient la
peste bovine plus que toute autre maladie.
Avec le concours de la Tufts University (Etats-Unis)
et d'organisations non gouvernementales, l'UNICEF a
lancé un programme Bovins dans le cadre de l'Opération
Survie Soudan. Un nouveau vaccin, ne nécessitant pas de
conservation à de très basses températures, a considérablement
aidé l'initiative. Celle-ci a également bénéficié du
soutien d'un réseau de santé animale communautaire; des
éleveurs respectés ont appris comment servir leur communauté, en
faisant avant tout vacciner les animaux contre la peste bovine.
La FAO a pris en main l'Opération
Survie Soudan en 2000 et, en collaboration avec de nombreux
partenaires, a circonscrit le dernier réservoir du virus de la
peste bovine, les troupeaux des tribus Murle et Jie. Au beau
milieu du bush, sans routes ni infrastructures, la campagne de
vaccination devait opérer des deux côtés d'une zone victime
d'un conflit. "La FAO était
la partie neutre qui pouvait travailler des deux
côtés", explique M. Peter Roeder, Secrétaire du
Programme mondial d'éradication de la peste bovine de la
FAO. "Nous avons orienté la campagne vers
l'éradication plutôt que vers le contôle. Nous avons
mobilisé tous les acteurs - ONG, éleveurs, gouvernement - pour
vacciner environ 1 million de bovins appartenant aux tribus
Murle et Jie, du bétail qui n'avait jamais été vacciné
efficacement auparavant". Des
missions qui se sont rendues récemment au Soudan dans le cadre
de l'Opération Survie Soudan et du Programme panafricain de
lutte contre les épizooties n'ont trouvé aucune trace du
virus causant la maladie, fait-il remarquer. "Si ceci
est confirmé, il s'agira d'une réalisation remarquable
pour toutes les parties concernées, obtenue grâce à une action
concertée et soutenue pendant des années, en dépit de graves
obstacles". L'Asie
indemne de la peste bovine En
Asie, le dernier foyer de peste bovine a été signalé au
Pakistan, dans la Province de Sindh. Depuis lors, d'après
les enquêtes financées par l'Union européenne et la FAO, il
semblerait que la maladie ne soit plus présente dans le pays.
L'éradication serait un succès remarquable pour les
autorités pakistanaises. De récents mouvements massifs de
buffles et de bovins des provinces de Sindh et du Punjab
(Pakistan) vers l'Afghanistan, avec quelques échanges avec
l'Iran, n'ont pas été accompagnés de peste bovine,
comme on l'aurait imaginé par le passé.
Des études récentes au Yémen, prises en charge par la
FAO, laissent entendre que le pays est indemne de la maladie
depuis cinq ans environ. Cette assurance est due aux efforts
concertés de surveillance du Gouvernement et de la FAO avec la
participation des éleveurs. Le processus a bénéficié d'une
formation en matière d'identification de la maladie, de
notification et de suivi des enquêtes.
"Il est concevable que l'Asie soit
désormais indemne de la peste bovine pour la première fois
depuis des millénaires, même si, naturellement, il faudra un
certain temps avant de pouvoir le certifier selon les directives
internationales", indique M. Roeder.
Libérer le monde de la peste bovine
Pour atteindre l'objectif
d'émettre d'ici fin 2010 une Déclaration mondiale de
libération totale de la peste bovine, le virus doit être
éradiqué d'ici la fin de 2003. Il faudra ensuite des années
de vérification et d'endiguement du virus, notamment avec
des mesures telles que la destruction des prélèvements de
laboratoire. Pour ce faire, d'immenses
efforts à l'échelle internationale doivent se concentrer
dorénavant sur l'écosystème pastoral somalien au nord-est
du Kenya et au sud de la Somalie avant que le virus ne
s'échappe de son dernier bastion par les mouvements
d'éleveurs nomades ou l'exportation de bétail.
Si tous les partenaires saisissent cette
opportunité pour travailler avec le Programme panafricain pour
la lutte contre les épizooties (du Bureau interafricain des
ressources animales de l'Union africaine) et la FAO,
l'avenir s'annonce plus prometteur.
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