12 décembre 2002, Rome/Abuja -- La mise en œuvre de projets régionaux bancables qui valorisent le potentiel agricole africain est essentielle pour améliorer la sécurité alimentaire en Afrique, a souligné M. Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), dans un discours prononcé le mercredi 11 décembre à Abuja, au cours de la réunion de haut niveau consacrée au développement de l'agriculture africaine

A la réunion dans la capitale nigériane (11-12 décembre 2002), organisée par la FAO, le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et la Banque africaine de développement (BAD), participent le président Olusegun Obasanjo du Nigéria, le président Omar Al Bashir du Soudan et les hauts responsables de la BAD et du NEPAD, ainsi que les responsables des différents organismes économiques régionaux africains et d'agences d'aide bilatérale et multilatérale. Le débat est axé sur le rôle des organisations économiques régionales africaines dans la mise en œuvre des Programmes régionaux pour la sécurité alimentaire en harmonie avec la vision du NEPAD.

« La valorisation du potentiel agricole africain sera favorisée par la mise en œuvre d'un programme d'infrastructures, concernant notamment l'énergie, les voies de communication et les moyens de stockage», a déclaré M. Diouf, qui s'est félicité du Programme détaillé du NEPAD pour le développement de l'agriculture en Afrique.

Ce Programme, élaboré avec le concours de la FAO, d'un coût annuel de 17,9 milliards de dollars, accorde la priorité à la maîtrise de l'eau, aux infrastructures rurales, à l'accroissement et à la diversification de la production agricole ainsi qu'à l'accès aux marchés. Il doit être complété par un volet de recherche agricole.

La réunion d'Abuja, a indiqué le Directeur général de la FAO, « devrait permettre la poursuite des échanges entre les organisations économiques régionales africaines et les partenaires du développement afin de passer du programme continental à des projets bancables régionaux à réaliser au niveau national».

« Cette étape revêt un caractère d'urgence », a affirmé M. Diouf, ajoutant que « l'agriculture africaine soumise à des sécheresses de plus en plus fréquentes, parfois à des inondations, est en crise car elle continue d'être trop dépendante des aléas climatiques». 

« Accroître la production est indispensable pour combattre la faim. Il faut, en outre, à partir d'une activité agricole plus productive, plus diversifiée, conjuguée avec une plus grande maîtrise de l'eau, créer des emplois, développer des activités génératrices de revenus et améliorer l'accès au marché », a souligné le responsable de la FAO.

M. Diouf a rappelé que « dans cette optique, la FAO a lancé en 1994, en partenariat avec les pays africains et les donateurs, le Programme spécial pour la sécurité alimentaire qui permet le transfert, à travers la coopération sud-sud, de techniques simples et peu coûteuses et de lever les contraintes socio-économiques».

« En outre, le Programme spécial pour la sécurité alimentaire encourage la création d'un cadre macro-économique agricole favorable à l'accroissement des investissements dans le secteur rural. »

Tout en affirmant que « la Banque africaine de développement, le NEPAD et la FAO sont disposés à œuvrer étroitement avec les organisations économiques pour définir les étapes, le calendrier et les moyens nécessaires en vue de présenter rapidement aux bailleurs de fonds des projets bancables », le Directeur général de la FAO s'est déclaré convaincu que « l'expérience et la compétence des participants de très haut niveau à la réunion (d'Abuja) permettra d'atteindre les objectifs fixés».

M. Diouf a rappelé que les leaders mondiaux, lors du Sommet mondial de l'alimentation de 1996, avaient pris l'engagement d'éradiquer la faim dans le monde et, dans l'immédiat, de réduire au moins de moitié le nombre de personnes sous-alimentées d'ici à 2015. « En ce moment même, sur le continent africain, 200 millions de personnes souffrent de malnutrition chronique et, chaque année, environ 30 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence qui s'est élevée en 2000 à 2,8 millions de tonnes », a indiqué le Directeur général de la FAO, qui considère qu' « il reste encore un long chemin à parcourir » dans le combat contre la faim, la malnutrition et la pauvreté.




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