LA HAVANE, 24 avril 2002- Le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), M. Jacques Diouf, a aujourd'hui lancé un appel urgent aux pays participant à la 27ème Conférence régionale afin qu'ils redoublent d'efforts dans la lutte contre la faim. Il a fait remarquer qu'actuellement, sur 815 millions d'habitants des pays en développement qui sont victimes de malnutrition chronique, 54 millions vivent en Amérique latine et aux Caraïbes.

Dans son discours à la cérémonie d'inauguration de la 27ème Conférence régionale, le Directeur général de la FAO a affirmé que sans des progrès sensibles dans la diminution de la faim et de la malnutrition, il sera impossible de réaliser des progrès significatifs dans d'autres domaines liés à la lutte contre la pauvreté, comme la santé et l'éducation. A cet égard, il a indiqué qu'un total de 211 millions de personnes vivent dans des conditions de pauvreté dans la région.

Rappelant que cette Conférence a lieu dans un contexte mondial de grandes transformations économiques, sociaux et politiques, M. Diouf a indiqué que l'agriculture joue un rôle stratégique pour la vie sociale et économique des pays du continent latino-américain et des Caraïbes. Il a fait remarquer, néanmoins, qu'au cours des dix dernières années, la croissance du secteur agricole dans la région a été faible et irrégulière, avec 2,7% en 2000, contre 4,2% en 1999.

Le Directeur général a mis l'accent sur quatre priorités d'action de la FAO en Amérique latine et aux Caraïbes. La première est la sécurité alimentaire, qui englobe trois dimensions principales: améliorer la production vivrière; garantir un accès équitable à cette nourriture; et assurer la stabilité d'accès aux aliments. Pour ce faire, la FAO a renforcé encore davantage son Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA), par le biais duquel elle appuie non seulement les pays à faible revenu et à déficit vivrier, mais aussi ceux qui ont atteint des niveaux intermédiaires de développement.

La deuxième priorité est liée au commerce international par lequel on s'efforce d'appuyer les pays de la région afin qu'ils tirent un meilleur parti des opportunités qui naîtront de l'Accord sur l'agriculture des négociations d'Uruguay. Pour la première fois les produits agricoles de base ont été incorporés dans les négociations commerciales multilatérales. M. Diouf a affirmé que la FAO fournit une assistance aux pays de la région pour qu'ils renforcent leurs capacités de négociation.

La troisième priorité concerne la gestion durable des ressources naturelles, car la dégradation rapide de l'environnement est en train de détruire de nombreuses opportunités pour l'avenir. A cet égard, le Directeur général a déclaré que la FAO offre une assistance technique pour la promotion de pratiques agricoles de conservation en faveur des familles de petits producteurs et la création d'unités de planification de l'utilisation et de la gestion des ressources naturelles dans les micro-bassins versants.

Quant à la quatrième priorité -le développement rural- la FAO offre une assistance technique pour les réformes institutionnelles, avec des projets sur les dépenses publiques, la réforme des gouvernements locaux et des alliances productives, qui contribuent à améliorer les conditions de vie des populations rurales.

Le Directeur général de la FAO a conclu son intervention en soulignant que la participation des Chefs d'Etat et de Gouvernement de tous les pays de la Région au prochain "Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après", représente une grande occasion pour exprimer au plus haut niveau politique les points de vue d'une des régions agricoles les plus importantes du globe et contribuer ainsi à la réussite du Sommet, et, partant, à la réduction de la faim dans le monde.