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ROME, 15
mai 2002 -- La faim et la pauvreté urbaine ont atteint
des niveaux alarmants dans les villes de la Corne de
l'Afrique dont les populations doivent doubler au
cours des dix prochaines années, nécessitant des
interventions d'urgence de la part des
gouvernements, des administrations publiques locales et du
secteur privé, souligne, aujourd'hui, dans un communiqué
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO). Ministres,
maires et édiles des sept pays de la Corne de l'Afrique,
réunis du 7 au 9 mai à Addis Abeba, dans le cadre d'un
séminaire Ethiopie-Banque mondiale-FAO sur
l'approvisionnement alimentaire des villes, ont reconnu
l'ampleur et l'urgence du problème.
Dans la Corne de l'Afrique, plus de la moitié de
la population vit avec moins d'un dollar par jour. Plus de
40 pour cent des quelque 160 millions d'Ethiopiens
souffrent d'insécurité alimentaire chronique alors que plus
de la moitié des habitants des villes - soit au moins 7 millions
de personnes - sont des pauvres qui ont faim.
"On ne peut se permettre d'ignorer la
pauvreté dramatique de la majorité des habitants des villes.
L'avenir de nos enfants est en jeu. Nos interventions et
nos investissements doivent être efficaces et
soutenus", souligne Ato Ali Abdo, Maire d'Addis
Abeba. De son côté, Joe Akech, Maire adjoint de Nairobi, ajoute:
"Dans les villes, l'accès à la nourriture est une
question de revenus et d'emplois. En stimulant les
investissements dans les villes, on crée des emplois et on tire
ainsi les gens des griffes de la faim".
Selon la FAO, les villes sont les principaux marchés
où s'écoulent les produits alimentaires des régions rurales
et péri-urbaines. Aussi le développement rural nécessite-t-il
des villes en bonne santé économique. Dans cette optique, le
gouvernement central et les administrations locales doivent
travailler la main dans la main. Dans une
déclaration finale, les participants au séminaire d'Addis
Ababa ont souligné que l'accès à la nourriture et sa
disponibilité doivent être le fruit de politiques et de
programmes nationaux bien structurés. Une bonne planification
est également importante. Certaines lois divent être modifiées
et il convient d'encourager les initiatives qui procurent
des revenues et génèrent des emplois. La santé et la protection
de l'environnement sont également des priorités, souligne
la déclaration finale qui préconise de porter l'insécurité
alimentaire dans les villes à l'ordre du jour du Sommet
mondial de l'alimentation (Rome, 10-13 juin 2002).
Pour stimuler l'investissement des
secteurs privé et public en matière de sécurité alimentaire des
villes, la FAO présentera les conclusions du séminaire
d'Addis Abeba aux institutions financières et aux bailleurs
de fonds (aide bilatérale) en vue d'éventuels financements
de projets pilotes dans les villes. Ce
séminaire s'insérait dans le cadre du suivi de la force
d'intervention d'urgence pour la sécurité alimentaire
à long terme dans la Corne de l'Afrique, mise sur pied en
avril 2002 par le Secrétaire général de l'ONU et présidée
par le Directeur général de la FAO, Monsieur Jacques Diouf. Un
autre séminaire sur le même thème s'était tenu en 1997 à
Dakar (Sénégal).
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