ROME, 5 juin 2002 -- Commentant la contribution des organisations non gouvernementales et de la société civile aux préparatifs du Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après qui se tient du 10 au 13 juin à Rome, M. Jacques Diouf, Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a déclaré que « la FAO se félicitait de pouvoir compter sur la collaboration des ONG/OSC lors du Sommet et au-delà, dans la lutte contre la faim et pour une agriculture au service des femmes et des hommes ».

M. Diouf a souligné que son Organisation restait attentive aux nouvelles propositions que les ONG/OSC pourraient formuler dans le cadre d'une « collaboration toujours plus concrète et fertile » avec la FAO. « Le Sommet : cinq ans après n'est rien sans les actions qui lui feront suite et que nous ne pouvons conduire dans l'ignorance les uns des autres », a-t-il affirmé.

Les ONG/OSC organisent à Rome, parallèlement au Sommet de la FAO, un Forum axé sur la souveraineté alimentaire et le droit à la nourriture. A ce propos, M. Diouf a affirmé que la Déclaration que ce Forum communiquera au Sommet permettra de faire entendre les points de vue des multiples parties prenantes « dans leur richesse, leur diversité et leur engagement résolu à lutter contre la faim ».

La participation et la mobilisation de tous sont indispensables, a souligné M. Diouf qui a fait état d'« une large convergence » entre les préoccupations des ONG/OSC et les orientations que la FAO a cristallisées dans son Cadre stratégique d'action pour la période d'ici à 2015. A cet égard, le Directeur général de la FAO a indiqué que son Organisation avait, dès la conclusion du Sommet mondial de l'alimentation de 1996, pris une série d'initiatives visant à la consolidation du droit à une nourriture suffisante, notamment auprès du Haut Commissariat aux droits de l'homme.

M. Diouf a rappelé que la FAO avait suivi de près les travaux relatifs au Code de conduite sur le droit à une nourriture adéquate, approuvé par huit cents ONG. En outre, elle a lancé une série d'ouvrages sur les questions d'éthique en matière d'alimentation et d'agriculture et mis en place un Groupe d'experts éminents en la matière.

Qualifiant les ONG de « conscience de l'humanité », M. Diouf a rendu un vibrant hommage à leur contribution et à leur soutien lors des négociations qui avaient débouché sur l'adoption, en novembre 2001, d'un Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture. Le Directeur général de la FAO a souligné l'importance de ce traité en tant qu'instrument juridique international engageant les pays intéressés à reconnaître les droits des agriculteurs.

« Il faut que s'impose l'idée que la faim, cette dimension extrême de la pauvreté, doit être immédiatement combattue, parce qu'elle est la négation d'un droit fondamental des humains, parce qu'elle est un handicap à toute amélioration du sort de ceux qui en souffrent et parce qu'elle est absurde dans un monde qui a désormais les moyens de l'éliminer », a souligné le Directeur général de la FAO.