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ROME, 11 juin 2002 -- Plus
de 180 pays ont renouvelé leur engagement à réduire de moitié le
nombre de malnourris dans le monde d'ici à 2015, selon la
Déclaration finale du Sommet mondial de l'alimentation:
cinq ans après (Rome, 10-13 juin 2002). Les
chefs d'Etat et de gouvernement ont approuvé, à
l'unanimité, la Déclaration au premier jour des travaux du
Sommet de Rome. Ils ont invité les gouvernements, les
organisations internationales, la société civile et le secteur
privé à redoubler d'efforts et d'agir en tant
qu'alliance internationale contre la faim.
Les pays ont demandé à l'Organisation des Nations
Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
d'élaborer, dans un délai de deux ans, une série de
directives volontaires pour aider les Etats membres à réaliser
progressivement le droit à une nourriture suffisante.
La Déclaration finale lance en appel pour inverser la
tendance à la baisse de l'aide publique au développement,
des prêts consentis par les institutions de financement
internationales et des allocations consacrées au développement
agricole et rural dans les budgets nationaux des pays en
développement. "Nous exhortons
les pays développés, qui ne l'ont pas encore fait, à
déployer des efforts concrets en vue d'atteindre
l'objectif consistant à allouer 0,7 pour cent du PNB à
l'aide publique au développement", selon la
Déclaration qui met l'accent sur la nécessité
d'appliquer rapidement et dans sa totalité l' «
Initiative en faveur des pays pauvres lourdement endettés ». En
outre, tous les pays sont invités à mettre en pratique les
résultats de la récente Conférence de Doha sur la réforme du
commerce agricole international. Prenant la
parole, le Président d'Afrique du Sud Thabo Mbeki a
souligné que toutes les questions empêchant l'accès des
pays en développement aux marchés des pays développés devraient
être adressées rapidement afin de réaliser des progrès en
matière de sécurité alimentaire durable. Il ne faut pas faire
marche arrière par rapport aux acquis de Doha, a-t-il déclaré.
Le premier ministre espagnol José Maria
Aznar, prenant la parole au nom de l'Union européenne, a
déclaré que le temps était venu pour une nouvelle association
entre gouvernements, société civile et secteur privé en vue de
réduire la faim dans le monde. Un
environnement politique, social et économique est essentiel pour
la poursuite de la lutte contre la pauvreté et en faveur de la
sécurité alimentaire. La bonne gouvernance et le règne de la loi
devraient être renforcés dans un cadre démocratique. La sécurité
alimentaire relève, au premier chef, de la responsabilité des
gouvernements nationaux, avec la participation de la société
civile et du secteur privé, a souligné M. Aznar.
Le président de la Commission européenne Romano Prodi
a affirmé que l'Union européenne était favorable à une plus
grande ouverture des marchés des produits agricoles. Il a
d'autre part exprimé sa préoccupation à l'égard de la
récente approbation par les Etats-Unis de la « Farm Bill ».
Le premier ministre italien Silvio
Berlusconi a souligné que les pays industrialises devraient
ouvrir leurs marchés aux pays en développement sans exclusion
aucune, ajoutant que l'Italie avait proposé un nouveau
programme aux pays du G-8, qui devrait aider les pays en
développement à réformer leurs administrations publiques et
leurs systèmes de santé publique et d'éducation ainsi que
leurs systèmes juridiques, fiscaux et de statistiques. Il a
évoqué à cet égard les notions de transparence, de démocratie et
d'efficacité. Le président de
l'Ouganda Yoweri Museveni a déclaré, pour sa part, que le
fossé économique continuera à se creuser entre le nord et le
sud, à moins que des changements importants se produisent. Il a
ajouté que plusieurs pays d'Afrique avaient un potentiel de
croissance et indiqué que son pays produisait des denrées
alimentaires en quantité suffisante et en exportait une partie.
Les principales causes des pénuries alimentaires sont les
guerres et le protectionnisme, a-t-il fait observer.
Le président du Nigeria Olusegun Obasanjo a affirmé de
son côté que la communauté internationale devrait aider de
manière plus concrète les pays en développement à surmonter
leurs problèmes en matière de sécurité alimentaire, de recherche
et vulgarisation agricoles, de lutte contre les maladies des
plantes et des animaux et de protection de l'environnement.
Il a souligné que l'augmentation de la production et de la
productivité agricoles était une priorité pour les pays en
développement. Le Secrétaire à
l'agriculture américain Ann Veneman a souligné que les
Etats-Unis étaient bien partis pour atteindre l'objectif de
réduire de moitié le nombre de leurs malnourris d'ici à
2015. Elle a rappelé que son pays était le plus grand
fournisseur d'aide alimentaire et le premier bailleur de
fonds en ce qui a trait à l'urgence alimentaire actuelle en
Afrique australe. «Nous voulons réaffirmer la détermination des
Etats-Unis à éradiquer la faim dans le monde», a-t-elle affirmé.
Enfin, le Haut Commissaire pour les droits
de l'homme Mary Robinson a déploré que les accords
commerciaux agricoles ne tiennent toujours pas suffisamment
compte des pauvres et des groupes vulnérables.
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