ROME, 4
juillet 2002-- Aucun pays ayant plus de 1 pour cent de
sa population affectée par le SIDA ne saurait fonder sa
stratégie de lutte contre la maladie uniquement sur des
considérations de santé publique, souligne
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture à quelques jours de l'ouverture à
Barcelone (Espagne) de la conférence internationale sur le SIDA
(7-12 juillet 2002).
"C'est
un problème de chiffres", explique Marcela Villarreal,
chef du service population et développement de la FAO et point
focal pour les questions relatives au VIH/SIDA. Sur les 40
millions de séropositifs dans le monde, 28,1 millions vivent en
Afrique. Le coût minimum actuel du traitement est de 350 dollars
par personne par an, un chiffre qui dépasse le revenu moyen
annuel par habitant dans la majorité des pays les plus affectés,
selon l'expert de la FAO.
Le SIDA,
qui était un problème essentiellement urbain, se propage aussi
dans les campagnes des pays en développement, provoquant des
pertes considérables dans les communautés agricoles,
appauvrissant les paysans et laissant aux survivants à peine de
quoi se nourrir. Selon les statistiques du programme de la FAO
sur le SIDA, la situation est très grave en Afrique
subsaharienne: dans les 25 pays les plus affectés,
l'épidémie a déjà tué 7 millions de travailleurs agricoles
et pourrait provoquer, d'ici à 2020, la mort de 16 autres
millions.
"Les champs africains
manquent de main-d'oeuvre. La chaîne de transmission du
savoir-faire agricole, héritée de génération en génération, se
rompt et les survivants de cette tragédie, essentiellement des
femmes et des enfants, endurent les affres de la faim et de la
malnutrition quand la prostitution ne devient pas l'ultime
moyen de se procurer de la nourriture", affirme Marcela
Villarreal. Aussi est-il indispensable de réduire la
vulnérabilité des populations face au SIDA. Cela signifie, selon
la FAO, qu'il faudra investir davantage dans le
développement rural en vue d'assurer la sécurité
alimentaire et la nutrition des communautés touchées par
l'épidémie.
La FAO organise le 11
juillet 2002, au Centre des conférences de Barcelone (Foire de
Barcelone, Plaça d'Espanya, à Montjuïc), en concours avec
les autres agences des Nations Unies spécialisées en agriculture
et sécurité alimentaire, un événement parallèle sur le thème: Le
défi du VIH/SIDA en matière de nutrition et sécurité
alimentaire. L'objectif est d'attirer l'attention
sur la nécessité d'assurer la sécurité alimentaire des
populations touchées par la pandémie tout en proposant des
solutions visant à prévenir ou à atténuer les effets du VIH/SIDA
en milieu rural et aider les populations à briser le cercle
vicieux de la faim et de la pauvreté.
Participent à cet événement les responsables des
questions relatives au VIH/SIDA à la FAO, au Fonds international
de développement agricole (FIDA), au Programme alimentaire
mondial (PAM) et des représentants de plusieurs ONG africaines
et asiatiques ainsi que des universitaires.
Ndlr: Du matériel vidéo (Betacam) récent est
disponible sur les activités de la FAO visant à atténuer
l'impact du SIDA dans les communautés rurales. Les
journalistes TV intéressés peuvent obtenir des copies en
appelant le service relations médias de la FAO (tél.: +39 06
5705 2232)









