ROME/KAMPALA, 19 juillet 2002 -- A quelques jours de l'ouverture à Kampala (Ouganda) de la Conférence Know How 2002 sur la collecte et la dissémination de l'information pertinente aux femmes (23-27 juillet), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dénonce l'accès limité des femmes rurales aux nouvelles technologies de l'information.

Les raisons de cet accès limité sont nombreuses et incluent notamment l'insuffisance des infrastructures et des ressources financières, le taux d'analphabétisme élevé parmi les femmes rurales, l'absence de formation à l'utilisation des technologies et le faible pourcentage de femmes travaillant dans les médias.

Pourtant, les nouvelles technologies de l'information constituent une occasion unique pour les femmes des pays en développement de prendre la parole, d'être plus visibles et moins isolées. En outre, elles contribuent à élargir la participation politique, sociale et économique dès lors qu'elles favorisent l'accès et le partage des connaissances, la création de réseaux et le renforcement du pouvoir de décision.

Sophie Treinen, Chargée d'information à la Division de la parité hommes-femmes et de la population de la FAO, souligne que «les nouvelles technologies de l'information ne sont pas un luxe, mais un instrument essentiel au développement durable». Il est nécessaire de mettre en place des infrastructures de télécommunication adaptées et durables et d'élaborer des messages répondant aux besoins identifiés par les communautés rurales elles-mêmes, tout en respectant la diversité sociale et culturelle de ces communautés, indique Mme Treinen.

Disposer de technologies de l'information appropriées, aussi bien modernes (ordinateur, Internet, e-mail) que traditionnelles (radios rurales, presse écrite, posters, etc.) et concevoir des messages créatifs sont des conditions essentielles au succès des stratégies de communication.

Plus de 70 pour cent des utilisateurs d'Internet au monde se trouvent en Europe ou en Amérique du Nord, où plus de 90 pour cent des données sur l'Afrique sont stockées. Des écarts similaires persistent entre zones urbaines et rurales et entre hommes et femmes, et ce, plus particulièrement dans les pays en développement. En Chine et en Afrique du Sud par exemple, les femmes ne comptent que pour 7 et 17 pour cent respectivement de la totalité des utilisateurs.

En 1999, lors de la Consultation de haut niveau sur les femmes rurales et l'information, la FAO avait élaboré une stratégie d'action intitulée "Égalité des chances et sécurité alimentaire - le rôle de l'information" qui soulignait l'importance du rôle des médias pour combler le fossé entre le monde rural et le monde urbain. Selon cette stratégie, il convient de diffuser une image plus exacte des contributions respectives des femmes et des hommes ruraux à l'agriculture et à l'économie rurale. Il convient également de faciliter l'accès des ruraux aux technologies de l'information et de la communication.

Pour relever le défi, la FAO a mis en place le projet Dimitra qui utilise les nouvelles technologies de l'information et les médias traditionnels pour collecter, diffuser et échanger des informations sur les expériences des ONG, des autres organisations de la société civile et des centres de recherche qui travaillent avec et pour les femmes rurales. Les activités entreprises dans le cadre de Dimitra seront présentées à la conférence de Kampala, notamment la base de données sur les projets et les publications qui mettent en valeur la contribution des femmes rurales au développement et à la sécurité alimentaire.

Dimitra s'appuie sur un réseau de partenaires locaux qui collectent et diffusent l'information au niveau de leur pays et sous-région. L'un d'eux, Enda-Pronat, partenaire pour l'Afrique de l'Ouest francophone, est à l'origine de la création du premier Réseau national des femmes rurales du Sénégal et partagera son expérience durant la Conférence Know How2002 de Kampala.

Cette conférence s'insère dans le cadre du 8ème Congrès international interdisciplinaire sur les femmes (Women's Worlds 2002 Congress), organisé par l'Université ougandaise de Makerere du 21 au 26 juillet 2002. Elle fournit une tribune où les chercheurs, praticiens, décideurs politiques et spécialistes de la communication pourront échanger leurs idées et expériences sur la collecte et la dissémination de l'information pertinente aux femmes.

Les travaux de Kampala doivent déboucher sur des recommandations finales. Celles-ci seront soumises par la FAO à la deuxième Consultation sur la gestion de l'information agricole qui se tiendra à Rome du 23 au 25 septembre 2002. A cette occasion, un événement parallèle sera organisé sur le thème: la parité hommes- femmes et l'information.