TITAO, Burkina Faso, 31
juillet 2002 -- Autrefois, les précieuses pluies, si rares au
Sahel, dévalaient en crues subites les terres desséchées,
laissant derrière elles la couche superficielle complètement
sèche dès le lendemain. Ne pouvant rien tirer de ces sols usés,
les agriculteurs du village se sont dirigés vers la savane, au
sud-est, ou encore vers les pays voisins pour chercher du
travail. Cette bande de terre au nord du Burkina Faso, à
seulement 200 kilomètres au sud du Sahara, était en train de se
transformer en désert.
En 1992, un projet
de la FAO financé par l'Italie a commencé à remettre en
état ces terres du Burkina Faso et d'autres dans des zones
dégradées du Mali et du Cap-Vert. Le projet a introduit des
variétés améliorées de mil, de sorgo et de haricots. Il a
également dispensé une formation agricole et alloué à 20
villages un capital d'amorçage de 11 000 dollars dans des
fonds renouvelables pour financer des microprojets créateurs de
revenus, comme l'élevage pour les femmes.
Le projet, qui s'est achevé en juillet 2000, a
fait venir de gros tracteurs équipés de lourdes charrues pour
creuser des sillons en travers de la pente dans le sol dur comme
de la pierre. Les pluies ruissellent encore sur les flancs de la
colline, mais sont désormais capturées dans les sillons, où
elles nourissent les herbages et 40 000 acacias, neem et
eucalpytus fournis par le projet.
"Les agriculteurs cultiveront des parcelles
d'un hectare, et le reste des terres assainies sera mis
hors production pour le pâturage," explique Moussa
Barry, président du groupe du projet villageois, debout au
milieu des jeunes arbres et des bandes de graminées vertes et
jaunes. "Nous voulons poursuivre le projet et nous
attaquer à d'autres terres. Le tracteur est encore ici mais
nous avons besoin de carburant, de pièces détachées et d'un
conducteur. Le sol est trop dur et nous ne pouvons pas le
creuser tout seuls."
Saidou Maïga
mène ses moutons et ses zébus le long d'un chemin qui
traverse la zone remise en état. Le jeune garçon se dirige vers
de lointains pâturages, et dit qu'il est tenté de laisser
ses animaux paître sur les nouveaux herbages, "mais
c'est interdit. Je me souviens que cette zone était aride
en 1997." Et d'ajouter en souriant : "Je
n'aurais jamais pu imaginer qu'elle pourrait
ressembler à ça".











