ROME, le 3 octobre 2002 -- Une
sécheresse prolongée a compromis la production agricole et
affecté l'élevage en Erythrée, une situation qui met en
péril la vie de plus d'un million de personnes, indique un
rapport conjoint de l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Programme
alimentaire mondial (PAM).
Les deux
agences de l'ONU précisent que les conséquences d'une
faible pluviométrie depuis octobre 2001 menacent la sécurité
alimentaire des populations rurales actives qui forment la
majorité des Erythréens.
La récolte de
céréales - estimée à 74 000 tonnes - devrait être inférieure de
60 pour cent à la moyenne des dix dernières années. Elle ne
devrait couvrir que 15 pour cent de la demande alimentaire,
contre 40 à 50 pour cent en temps normal. La FAO et le PAM
soulignent qu'une aide alimentaire d'urgence sera
nécessaire pour couvrir un déficit de 283 000 tonnes, en tenant
compte de l'aide extérieure et des importations
commerciales.
Selon le rapport, la
pauvreté rampante aggrave la crise provoquée par la sécheresse
prolongée et rend encore plus précaire la situation alimentaire
dans le pays, plus particulièrement les régions au nord et au
sud de la mer Rouge ainsi que plusieurs parties de
l'Anseba.
Facteur aggravant:
l'Erythrée vient de sortir d'un conflit frontalier
armé avec son voisin éthiopien. Un grand nombre de personnes,
dont des agriculteurs, ont été déplacées et les militaires
n'ont pas encore été démobilisés. En outre, le retour des
personnes qui avaient trouvé refuge au Soudan vient alourdir le
fardeau déjà lourd qui pèse sur les ressources du pays.
Le conflit frontalier avec l'Ethiopie
a d'ailleurs rendu inutilisables quelque 12 000 hectares à
Debub et dans une grande partie de Lalai Gash dans la région de
Gash Barka où des mines plantées par les soldats empêchent toute
activité agricole.
En plus, beaucoup de
jeunes enrôlés dans l'armée ne procurent plus à leurs
familles des revenus supplémentaires non agricoles. Un grand
nombre de fermes agricoles sont dirigées par des femmes et la
main-d'œuvre fait défaut pour labourer et semer
la terre. Résultat: l'insécurité alimentaire
s'aggrave au niveau des ménages.
Le
rapport exprime sa préoccupation plus particulièrement pour la
situation alimentaire précaire de plus d'un million de
personnes vulnérables (près du tiers de la population totale
estimée à 3,3 millions) qui auront besoin de 140 000 tonnes de
nourriture en 2003. Les deux agences soulignent que l'aide
alimentaire sera requise jusqu'à la prochaine récolte.
En ce qui concerne l'élevage, là
aussi les pertes sont sévères. Dans certains districts, le
bétail a diminué de 20 pour cent alors que les zones de pâturage
se réduisent comme peau de chagrin.
Les
deux agences recommendent des aides d'urgence pour relancer
à la fois la production agricole et l'élevage. Des
distributions de semences et de vaccins sont indispensables.
Toutefois, le rapport souligne qu'il
conviendra de ne pas créer une dépendance à l'égard de
l'aide alimentaire et qu'il faudra aider le pays à se
remettre sur la bonne voie tout en tenant compte du fait que
même en temps normal la production alimentaire érythréenne ne
suffit pas à couvrir la demande nationale.









