17 février 2003, Rome - - 15 millions de dollars sont requis pour venir en aide à plus d'un demi million de familles vulnérables en Afrique australe, selon la FAO qui rappelle la gravité de la situation dans cette partie du monde ravagée par la crise alimentaire et le Sida. Une crise qui menace quelque 15 millions de personnes.

Cet appel de la FAO intervient à la suite d'une mission d'évaluation effectuée en décembre et janvier en Afrique australe. Il est apparu que la crise humanitaire pourrait empirer au cours des prochains mois du fait à la fois des conditions climatiques et de l'impact du Sida sur la productivité agricole.

Pour la FAO, il est urgent de poursuivre l'action entreprise pour atténuer les causes de la pauvreté et prévenir ainsi de nouvelles pertes en vies humaines.

En juillet 2002, la FAO avait lancé un appel de 25 millions de dollars en faveur de l'Afrique australe. Elle a reçu, jusqu'ici, des contributions totalisant un peu plus de 10 millions de dollars et provenant de l'Union européenne, de l'Irlande, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Suède, du Royaume Uni et des Etats-Unis.

Ces contributions ont permis de financer des "interventions à petite échelle" qui ont débouché sur de bons résultats et montré que les habitants de cette région sont capables de surmonter les crises humanitaires dès lors qu'ils peuvent compter sur la solidarité et l'assistance de la communauté internationale.

Toutefois, souligne en substance Mme Anne M. Bauer, Directrice des opérations d'urgence et de réhabilitation à la FAO, il s'agit d'une situation inhabituelle, en ce sens que ses causes sont complexes et nécessitent un ensemble de mesures durables ciblant les groupes les plus vulnérables.

La crise alimentaire en Afrique australe est due à la fois à la sécheresse, à la pauvreté chronique, à la dégradation des terres et au Sida. Mais c'est le Sida qui représente le défi majeur qu'il convient de relever aujourd'hui, selon la FAO.

Le Sida aggrave la crise alimentaire quand il ne la provoque pas. En invalidant ou en tuant les travailleurs agricoles, il prive de nombreuses familles de leurs membres productifs, les plonge dans l'endettement occasionné par les frais d'hospitalisation ou funéraires et leur laisse très peu de ressources pour les dépenses essentielles comme la nourriture ou l'école pour les enfants, souligne un récent rapport des Nations Unies.

Ainsi, les familles deviennent extrêmement vulnérables et certains de leurs membres sont, parfois, contraints à prendre des risques dans des situations extrêmes, ce qui aggrave la propagation du Sida.

Les fonds qui seront recueillis grâce à l'appel de la FAO permettront d'aider plus particulièrement les familles dirigées par des femmes ou affectées par le Sida. Les projets incluent le Lésotho, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland, la Zambia et le Zimbabwé.

Il s'agit de fournir notamment des intrants agricoles (semences, outils, engrais) et d'améliorer les techniques agricoles tout en encourageant la diversité des cultures. Les experts de la FAO déploient, en outre, des efforts pour renforcer la résistance des cultures à la sécheresse. Des composantes élevage et nutrition sont également prévues.

Selon Mme Bauer, cet ensemble de mesures devrait permettre de renforcer les capacités des familles rurales tout en réduisant leur vulnérabilité et leur dépendance de l'aide alimentaire.


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