20 février 2003, Rome -- L'aquaculture croît plus rapidement que tous les autres secteurs de production de chair animale. Sa contribution à l'offre mondiale de poissons, crustacés et mollusques est passée de 3,9 pour cent de la production pondérale totale en 1970 à 27,3 pour cent en 2000, selon le dernier rapport de la FAO, "La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2002" (State of world fisheries and aquaculture - SOFIA). En 2001, la contribution de l'aquaculture s'est encore accrue passant à 29 pour cent.

Ce rapport, qui sera présenté à l'occasion de la 25e session du Comité des pêches de la FAO (Committee on fisheries - COFI) qui se tient à Rome du 24 au 28 février, montre que la production halieutique mondiale reste tirée par l'aquaculture. COFI est le seul forum technique mondial traitant des questions internationales intéressant les pêches et l'aquaculture.

"En 2000, la production aquacole -- plantes aquatiques comprises -- a atteint en poids 45,7 millions de tonnes et en valeur 56,5 milliards de dollars", selon SOFIA.

"La Chine demeure de loin le plus gros producteur, réalisant 71 pour cent du volume total et 49,8 pour cent de la valeur totale de la production aquacole." La production aquacole mondiale en 2001 a atteint 48,2 millions de tonnes en poids et 60,9 milliards de dollars en valeur.

Au plan mondial, l'aquaculture a augmenté d'un taux composite moyen de 9,2 pour cent depuis 1970, contre seulement 1,4 pour cent pour les pêches de capture et 2,8 pour cent pour la production de viande sur terre, selon le rapport.

Les pêches de capture (marines et eaux intérieures) ont, quant à elles, diminué passant de 94,8 millions de tonnes en 2000 à environ 92 millions de tonnes en 2001.

Toutefois les fluctuations majeures des pêches de capture marines sont dues, ces dernières années, aux variations dans les captures d'anchois péruviens provoquées par des phénomènes climatiques (par exemple, El Niño). En effet, à l'exception des anchois, la production mondiale des pêches de capture est restée stable depuis 1995.

Au regard de la situation mondiale des principaux stocks de poissons marins, le rapport note que près de la moitié des stocks mondiaux n'offrent pas de perspectives raisonnables de nouvelle expansion.

"Environ 47 pour cent des principaux stocks ou groupes d'espèces sont pleinement exploités et font par conséquent l'objet de captures qui ont atteint leurs limites maximales ou qui en sont proches", souligne le rapport.

SOFIA met en garde également contre la surpêche en haute mer. Il est difficile d'évaluer l'évolution de la pêche hauturière car les rapports sur les captures marines fournis à la FAO ne font pas de distinction entre les captures effectuées à l'intérieur des zones économiques exclusives (ZEE) et celles effectuées en haute mer.

Quoi qu'il en soit, le rapport révèle que les captures d'espèces océaniques, en particulier les thons océaniques, ont presque triplé, passant de 3 millions de tonnes en 1976 à 8,5 millions de tonnes en 2000.

Consommation: différences notables

Plus d'un milliard de personnes dans le monde sont tributaires du poisson comme source principale de protéines animales. On relève cependant des différences notables au niveau de la consommation et ce, selon les régions. En 1999, sur les 95,5 millions de tonnes de poisson comestible, 6,2 millions de tonnes seulement (soit 6,5 pour cent) ont été consommées en Afrique.

Le SOFIA indique également qu'"environ 56 pour cent de la population mondiale tire du poisson au moins 20 pour cent de son apport en protéines animales, et dans certains petits pays insulaires cette dépendance est pratiquement totale".

Le rapport fait état des études en cours pour prédire la consommation et la production de poisson. Selon les prévisions, d'ici 2015-2030, la production mondiale des pêches de capture va stagner, alors que la production mondiale aquacole va continuer d'augmenter, dominée par les espèces d'eau douce et les mollusques.

Selon les simulations économiques, la consommation annuelle mondiale de poisson par habitant va augmenter au fil des années, passant d'environ 16 kilos aujourd'hui à 19 - 21 kilos en 2030. Mais la situation variera beaucoup suivant les régions.

La consommation de poisson par habitant devrait augmenter de plus de 84 pour cent en Chine, de prèsde 60 pour cent en Asie du Sud et de près de 50 pour cent en Amérique latine et dans les Caraïbes. Mais dans d'autres régions, elle pourrait stagner voire décliner. En Afrique, où la consommation est déjà faible, elle pourrait diminuer encore de 3 pour cent.

Sur la base des tendances de la consommation, le rapport indique que dans plusieurs parties du monde, les changements reflètent la sensibilisation du consommateur aux problèmes de santé et la demande accrue de produits prêts à cuisiner ou à consommer alors que la croissance des parts des supermarchés dans la distribution de produits de la mer continuera à faciliter la pénétration de ces produits dans les zones les plus éloignées des côtes.

Le commerce mondial

Selon le rapport de la FAO, le commerce mondial des produits de la pêche a atteint une valeur d'exportation totale de 55,2 milliards de dollars en 2000.

La Thaïlande reste le principal pays exportateur avec 4,4 milliards de dollars. La Chine a enregistré une forte hausse de ses résultats d'exportation à 3,7 milliards de dollars en 2000. Elle est désormais le deuxième plus gros exportateur.

La Norvège, qui occupait habituellement le deuxième rang, a perdu sa place du fait à la fois de la diminution du prix du saumon et des fluctuations de l'euro - la monnaie de la principale zone commerciale du poisson norvégien.

En 2000, les importations de poisson ont atteint un niveau record de 60 milliards de dollars. Les pays développés ont représenté plus de 80 pour cent de la valeur totale des importations de produits halieutiques. Le Japon est resté le plus gros importateur, avec 26 pour cent environ du total mondial.

"La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture" est disponible auprès des représentants de la FAO ou sur demande au Groupe des ventes et de la commercialisation de la FAO, Service de la gestion des publications, Division de l'Information,Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, Viale delle Terme di Caracalla, 00100, Rome, Italie.

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