3 mars 2003, Rome/Genève -- Consommer peu d'aliments énergétiques riches en graisses saturées et en sucres et beaucoup de fruits et légumes, tout en ayant un mode de vie actif, voilà l'une des meilleures façons de combattre les maladies chroniques selon un rapport établi par des experts indépendants pour le compte de deux institutions des Nations Unies.

Rédigé par une équipe d'experts mondiaux à la demande de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), le rapport fait de nouvelles recommandations concernant l'alimentation et l'exercice physique pour aider les gouvernements à lutter contre les maladies chroniques, chaque année plus meurtrières.

La charge des maladies chroniques - maladies cardio-vasculaires, cancers, diabète et obésité notamment - augmente rapidement dans le monde. En 2001, elles étaient à l'origine de 59% environ des 56,9 millions de décès enregistrés dans le monde et de 46% de la charge mondiale de morbidité.

«Ce rapport d'experts est très important car il contient les meilleures données scientifiques dont on dispose actuellement sur le lien entre l'alimentation, la nutrition, l'exercice physique et les maladies chroniques et il donne l'avis collectif d'un groupe d'experts sur un problème d'ordre mondial », estime celui qui a présidé le groupe d'experts, le Dr Ricardo Uauy, Chef de l'Institut de technologie nutritionnelle et alimentaire de l'Université du Chili et Professeur d'hygiène alimentaire publique à la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

Le rapport donne des conseils pour équilibrer l'apport nutritionnel journalier et dépenser plus d'énergie:
  • consommer moins d'aliments énergétiques riches en acides gras saturés et en sucre;

  • réduire l'apport en sel;

  • consommer plus de fruits et de légumes frais;

  • faire au moins une heure d'exercice physique d'intensité modérée tous les jours.


Basé sur l'analyse des meilleures données dont on dispose actuellement et sur l'avis de 30 experts, le rapport insiste sur le fait que l'apport énergétique journalier doit être proportionnel à la dépense d'énergie.

Les études montrent que la surconsommation d'aliments énergétiques peut favoriser la prise de poids et le rapport préconise de limiter la consommation d'acides gras saturés et trans, de sucres et de sel, constatant que ces substances se trouvent en grande quantité dans les snacks, les aliments transformés et les boissons. La qualité des graisses et des huiles ainsi que la quantité de sel absorbée, lit-on dans le rapport, peuvent aussi avoir une influence sur des maladies cardio-vasculaires comme l'accident vasculaire cérébral et la crise cardiaque.

Stratégie mondiale

Le rapport paraît alors que l'OMS conçoit une stratégie mondiale sur l'alimentation, l'exercice physique et la santé en application d'une résolution adoptée par ses Etats Membres à l'Assemblée mondiale de la Santé en mai 2002.

Le rapport sera officiellement publié en avril sous la forme d'un rapport technique OMS/FAO, accompagné d'une évaluation par les Organisations et d'exemples de mesures à prendre pour mettre en œuvre les recommandations. Il sera une importante contribution scientifique à l'élaboration de la stratégie mondiale destinée à freiner la progression des maladies cardio-vasculaires, de plusieurs formes de cancer, du diabète, de l'obésité, de l'ostéoporose et des affections dentaires.

La FAO aide l'OMS à mettre au point la stratégie. Pour donner suite aux conclusions du rapport, elle va s'employer à déterminer quelles informations réunir, à observer les modes d'alimentation et à anticiper les conséquences des recommandations faites dans le rapport sur tous les maillons de la chaîne alimentaire et sur les politiques agricoles et commerciales.

Les organes nationaux et régionaux pourront s'appuyer sur le rapport pour donner des directivesprécises aux communautés locales concernant l'alimentation et l'exercice physique.

« Le rapport indique les éléments dont l'alimentation doit se composer et la dose d'exercice physique souhaitable pour être en bonne santé et pour se prémunir contre les principales maladies chroniques liées à la nutrition, les cardiopathies coronariennes et l'hypertension, le cancer, le diabète, l'obésité, les fractures ostéoporotiques et les affections dentaires », explique le Dr Uauy.

Urbanisation et maladies chroniques

Une grande partie des décès attribués à des maladies chroniques ont pour origine des facteurs de risque facilement évitables, par exemple:
  • l'hypertension;

  • l'hypercholestérolémie;

  • l'obésité;

  • le manque d'exercice physique.


De plus en plus de personnes dans le monde en développement souffrent de maladies chroniques alors qu'il y a quelques dizaines d'années encore, on associait ce type d'affections aux pays riches. Selon le rapport, l'urbanisation, conséquence de l'exode rural, joue un rôle important dans ce bouleversement.

Les citadins ont généralement un régime alimentaire plus énergétique, riche en acides gras saturés et en glucides raffinés. Le changement subit d'alimentation, conjugué à un mode de vie sédentaire, a des effets dévastateurs sur la santé des habitants pauvres des villes.

«Les graisses et les glucides ne sont pas tous pareils ; il est utile de faire la différence, insiste le Dr Uauy. Il faut manger moins d'aliments caloriques, surtout moins d'aliments riches en graisses saturées et en sucre, faire de l'exercice, préférer les graisses insaturées aux graisses saturées et consommer moins de sel ; manger des fruits, des légumes et des légumineuses et privilégier les produits d'origine végétale ou marine? »

Un régime riche en fruits et légumes dans lesquels on trouve des micronutriments qui stimulent le système immunitaire peut aussi renforcer les défenses naturelles contre maladies infectieuses, explique encore le Dr Uauy.

Il est notamment recommandé dans le rapport que les graisses ne dépassent pas 15 à 30% de l'apport énergétique quotidien et que les acides gras saturés représentent moins de 10% de ce total.

Selon le rapport, les glucides doivent satisfaire l'essentiel des besoins en énergie, soit 55 à 75% de l'apport journalier, et les sucres libres doivent rester en dessous de 10%. Les protéines doivent couvrir 10 à 15% de la ration calorique et la quantité de sel absorbée doit être inférieure à 5 grammes par jour. En revanche, il faut consommer beaucoup plus de fruits et de légumes, au moins 400 grammes par jour.

Le rapport souligne que les maladies chroniques ne sont pas seulement dues à une suralimentation mais aussi à un régime déséquilibré et il cite à cet égard l'influence d'une forte consommation de sel sur la tension artérielle et le rôle des graisses saturées dans l'hypercholestérolémie.

L'exercice physique compte pour beaucoup dans l'énergie dépensée chaque jour et est donc indispensable à l'équilibre énergétique et au maintien d'un poids normal. Pour garder un poids corporel normal, le rapport recommande, surtout aux personnes qui passe le plus clair de leur temps assises, de faire une heure quotidienne d'exercice physique modéré la plupart des jours de la semaine, de la marche par exemple.

L'OMS et la FAO espèrent que les conclusions du rapport fourniront aux Etats Membres des éléments probants sur lesquels fonder leur stratégie sanitaire nationale. Le rapport invite les gouvernements à donner des directives simples, réalistes et concrètes en matière d'alimentation. Il cite les exemples de la Finlande et du Japon qui ont pris des mesures énergiques pour faire évoluer les habitudes et les comportements alimentaires de la population. Résultat : les facteurs de risque ont nettement reculé et la fréquence des maladies chroniques a chuté.

Pour réduire les taux de mortalité et d'incapacité dues aux maladies chroniques,ilfaut, selon le rapport, être conscient que ces pathologies peuvent être évitées, s'attaquer sérieusement au problème et créer un contexte favorable à la santé. Ce faisant, il faut nouer des relations de travail entre les communautés et les pouvoirs publics, soutenir les initiatives locales à l'école et sur le lieu de travail et faire participer l'industrie agro-alimentaire.


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