6 mars 2003, Rome -- La diminution du couvert forestier et la réaffectation des sols à d'autres usages peuvent avoir des répercussions négatives sur l'approvisionnement en eau douce, allant jusqu'à menacer aussi bien la survie de millions de personnes que l'environnement, selon la FAO.

Alors que la pénurie d'eau dans plusieurs régions menace la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la santé humaine, l'état des bassins versants peut profiter d'une gestion des forêts s'appuyant sur des objectifs hydrologiques et socio-économiques, souligne la FAO dans un document de travail qui sera discuté lors de la prochaine session du Comité des Forêts (10-14 Mars).

Le Comité des Forêts, qui est le forum de discussion par excellence de l'Organisation en matière de politique forestière mondiale, comptera cette année quelque 300 participants venant de plus de 100 pays.

Le rapport sur "L'Etat des Forêts dans le monde en 2003", les forêts et l'eau douce, une étude sur l'avenir des forêts en Afrique et un recensement des programmes de la FAO dans le domaine forestier figurent en tête de l'ordre du jour.

Le document préparé par la FAO sur les forêts et l'eau douce souligne le besoin de sensibiliser l'opinion publique à l'échelon national et l'environnement politique afin d'appuyer la gestion durable des forêts et des zones montagneuses. "S'il est vrai que les bassins versants boisés de montagne sont les principales sources d'eau douce de la planète, ils peuvent être aussi à l'origine des glissements de terrain, des torrents et des inondations."

Suite aux recommandations de l'Année internationale de la montagne (2002) et en harmonie avec l'Année internationale de l'eau douce, actuellement observée par les Nations Unies et la communauté internationale, le document recommande l'adoption de politiques et de programmes d'action pour une gestion efficace des bassins versants ainsi que des activités forestières destinées à intégrer les forêts dans les programmes exhaustifs de gestion de l'eau.

Forêts v/s inondations

A titre d'exemple, les mesures prises pour optimiser l'économie des ressources en eau tout en empêchant ou atténuant les catastrophes pourraient comprendre:
  • la préservation d'un couvert forestier en bonne santé sur les bassins versants montagneux soumis à des précipitations torrentielles;
  • l'élaboration de programmes qui associent la protection des forêts au zonage, à la gestion des plaines d'inondation et aux infrastructures techniques destinées à protéger les habitants des glissements de terrain, des coulées de débris et des inondations;
  • l'élaboration de systèmes agroforestiers pour les bassins versants élevés afin de tirer parti des avantages hydrologiques des forêts, tout en améliorant la production de denrées alimentaires et la protection des ressources naturelles au profit des ruraux démunis;
  • des incitations aux habitants qui améliorent les forêts et l'utilisation des sols et permettent ainsi une diminution des pertes en aval.
Plus de trois milliards de personnes n'ont pas accès à l'eau propre et le problème est particulièrement aigu dans les pays en développement. Selon de récentes estimations, sur plus de trois millions de décès attribués chaque année à la pollution de l'eau et à un piètre assainissement, plus de deux millions touchent des enfants des pays en développement. De plus, les glissements de terrain, les inondations et les crues provoqués par la pluie entraînent chaque année leur lot de victimes et des pertes économiques considérables dans les pays tant développés qu'en développement.

"Il convient de comprendre les rapports entre les forêts et l'eau douce dans les régions tropicales et tempérées si l'on souhaite mieux gérer les forêts pour préserver la productivité des régions montagneuses, sans nuire ni à leurs habitants, ni au sol et à l'eau dont ils dépendent", souligne la FAO.


Contact:
Pierre Antonios
Chargé des relations médias, FAO
pierre.antonios@fao.org
(+39) 06 570 53473