10 mars 2003, Rome-- "Malgré une déforestation rapide, la mise en oeuvre de la gestion durable des forêts de par le monde a progressé de manière stable et encourageante ces dernières années.Toutefois, des améliorations sont nécessaires pour assurer davantage de progrès sur les plans économique, social, culturel et de l'environnement", selon la Situation des forêts du monde 2003 (SOFO) présentée aujourd'hui par la FAO.

La gestion durable des forêts consiste à pourvoir aux besoins actuels en biens et services forestiers, tout en veillant à ce qu'ils restent disponibles à long terme. Ce concept combine la production de bois et de produits forestiers non ligneux avec une conservation des sols, de l'eau et de la diversité biologique, en même temps que sont préservées, voire renforcées, les valeurs socioéconomiques, culturelles et spirituelles associées aux forêts.

Pour renforcer la gestion durable des forêts, SOFO recommande l'adoption de politiques intégrées plus fermes et des relations plus étroites entre les secteurs, notamment l'agriculture, les transports et le commerce. Il propose, en particulier, la mise en place de partenariats novateurs entre les gouvernements, les organisations, le secteur privé et la société civile.

Forêts et changement climatique

SOFO met en évidence les rôles essentiels des forêts dans le contexte du changement climatique:
  • comme sources de dioxyde de carbone (CO2) lorsqu'elles sont détruites ou dégradées;
  • comme indicateurs sensibles du changement climatique;
  • comme sources de biocombustibles susceptibles de remplacer les combustibles fossiles;
  • ou encore comme puits à carbone lorsqu'elles sont gérées de manière durable.
SOFO relève également les nombreuses autres questions auxquelles il conviendra de répondre en prévision des négociations pour la prochaine période d'engagement au titre du Protocole de Kyoto qui débutera en 2005.

Réduction de la pauvreté

"Les forêts peuvent contribuer à réduire l'insécurité alimentaire, à atténuer la pauvreté, à renforcer la durabilité de la production agricole et à améliorer le milieu dans lequel vivent la plupart des populations rurales appauvries", selon le chapitre consacré aux forêts et à la réduction de la pauvreté.

Il est prouvé que les populations rurales sont conscientes de l'opportunité d'intégrer les arbres et les forêts à leurs moyens de subsistance et à leurs systèmes agricoles, ce qui justifierait des politiques plus fermes visant à:
  • renforcer le soutien à l'agroforesterie en mettant l'accent sur les technologies susceptibles de favoriser la production de revenus et d'assurer des approvisionnements durables en nourriture, fibres, fourrage et combustibles;
  • renforcer la participation locale à la prise de décision et au partage des bénéfices tirés de la conservation des forêts;
  • renforcer les droits forestiers des pauvres et leurs moyens de faire valoir ces droits;
  • offrir aux paysans pauvres des facilités de crédit et la possibilité d'accéder aux marchés;
  • accroître les possibilités d'emploi hors-exploitation, par exemple auprès d'entreprises fondées sur l'exploitation de la forêt ou des arbres.
D'autres chapitres du SOFO analysent le rôle important des forêts pour les ressources en eau douce, leur contribution à la conservation de la diversité biologique et l'état de la science et de la technologie dans le secteur forestier, tout en étudiant le fossé qui se creuse entre les pays avancés et les moins développés.

Un dernier chapitre passe en revue les récentes tendances des politiques fiscales dans le secteur forestier en Afrique et les moyens de les améliorer.

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Pierre Antonios
Chargé des relations médias, FAO
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