31 mars 2003, Rome -- La sécurité sanitaire des produits alimentaires est un problème planétaire qui requiert une réaction mondiale et intégrée, selon la FAO qui préconise toutefois un retour aux sources : la solution aux risques transmis par les aliments est là où les aliments poussent, c'est-à-dire dans les fermes, les champs, les vergers et les rivières petites ou grandes.

Une nouvelle démarche, appelée «l'approche de la chaîne alimentaire», devrait permettre, selon la FAO, de garantir que les aliments que nous consommons ne contiennent pas d'éléments porteurs de risques - des pesticides aux produits chimiques industriels en passant par certaines bactéries et contaminants.

Ce système, qui figure à l'ordre du jour de la prochaine session du Comité de l'Agriculture (31 mars- 4 avril 2003), incite aussi bien à prévenir qu'à guérir. Il s'agit de renforcer chaque maillon de ce processus complexe qui mène au consommateur - de la façon dont l'aliment est produit, à celle dont il est récolté, transformé, conditionné, vendu et consommé.

Inversion des priorités

Traditionnellement, les activités de sécurité alimentaire étaient ciblées sur les étapes intermédiaires de la chaîne alimentaire - lors de la transformation de la «matière première» - plutôt que sur les étapes initiales ou finales.

Mais une série de maladies d'origine alimentaire ont montré que beaucoup de failles dans la sécurité sanitaire des aliments trouvent leurs origines au commencement de la chaîne alimentaire.

L'apparition de l'ESB ou maladie de la "vache folle", par exemple, était liée à une alimentation animale contaminée. Cela a coûté 6 milliards de dollars au Royaume-Uni et a fortement entamé la confiance du consommateur.

La sensibilisation accrue à la sécurité sanitaire des aliments suite à de tels épisodes a amené les consommateurs à avoir plus d'influence sur la production alimentaire. Les consommateurs veulent savoir ce qu'ils mangent et d'où cela provient.

Contrôle à la source

«De bons standards existent déjà en ce qui a trait à la sécurité sanitaire et à la salubrité de la viande et du lait transformés industriellement, mais il convient d'être plus méticuleux au niveau de la ferme, notamment en ce qui concerne la santé des animaux, la façon de les traiter et la nourriture qu'on leur donne afin d'éviter des contaminations qui se transmettraient à l'homme au travers de la chaîne alimentaire», souligne M. Hartwig de Haen, Sous-Directeur général de la FAO, responsable du Département des affaires économiques et sociales.

"Nous devons renforcer chaque maillon de la chaîne alimentaire. Un maillon faible, surtout s'il se trouve en amont, peut faire tout capoter", selon M. de Haen.

Le problème est d'autant plus sérieux que ce qui pouvait autrefois être contenu dans les frontières nationales peut maintenant se répandre rapidement.

En 1999, par exemple, la contamination à la dioxine des aliments pour animaux dans un point du globe s'est répandue à travers tous les continents en quelques semaines.

Dans les pays en développement, près de deux millions d'enfants meurent chaque année de diarrhées provoquées par des eaux ou des aliments contaminés.

"Il n'y a plus de frontières pour les contaminants", selon M. de Haen. "Les contaminants chimiques et biologiques se répandent plus loin et plus vite que jamais. Nous avons besoin de mesures mondiales tout comme nous devons renforcer la chaîne alimentaire dans son intégralité."

Combler le fossé

La responsabilité de la sécurité sanitaire des aliments est partagée par tous les acteurs du secteur agricole et alimentaire, du producteur et transformateur au vendeur et consommateur. Ce constat se reflète dans la démarche des pays développés qui offrent aux pays en développement les ressources et l'expérience pour renforcer leurs capacités afin de garantir la sécurité sanitaire de leurs chaînes alimentaires.

La démarche de la FAO comprend l'adoption de Bonnes pratiques agricoles (BPA) qui établissent des principes élémentaires pour l'agriculture comprenant la gestion des sols et de l'eau, la production agricole et l'élevage, le stockage, la transformation et le traitement des déchets.

L'objectif de l'approche axée sur l'ensemble de la chaîne alimentaire, qui inclut ces pratiques agricoles améliorées, est d'assurer plus de transparence tout en prévenant ainsi de nouvelles crises alimentaires mondiales.

Quelques exemples de risques liés aux aliments:
  • Agents zoonotiques
    Salmonelle
  • Agents pathogènes
    Listerie, Campylobacter
  • Toxines
    Mycotoxines, Biotoxines marines
  • Contaminants industriels
    Mercure, Dioxines
  • Résidus agricoles
    Pesticides, Produits vétérinaires

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