16 juin 2003, Rome -- Un partenariat international piloté par la FAO vient de lancer un nouveau site internet visant à promouvoir l'utilisation des technologies de télémétrie dans l'aménagement des pêches et de l'aquaculture.

La FAO a annoncé le lancement de ce site lors de la cinquième Conférence sur la télémétrie dans l'aménagement des pêches en Europe (9-13 juin 2003, Ustica/Italie).

"La télémétrie est un outil très précieux", explique Gerd Marmulla, spécialiste des ressources halieutiques de la FAO et un des concepteurs du nouveau site. "Avec cette technique, on peut observer le comportement des poissons et en déduire les mesures appropriées d'aménagement."

"L'idée à l'origine du site est de promouvoir l'utilisation de la télémétrie dans les pêches et l'aquaculture en recueillant autant d'informations que possible sur ces technologies et en les diffusant à vaste échelle", ajoute-t-il.

Un outil puissant

L'utilisation de la télémétrie dans les pêches et l'aquaculture prévoit l'étiquetage avec des petits capteurs des membres individuels des populations ichtyques. Ces appareils mesurent les différentes variables et transmettent les données aux stations d'écoute.

A l'aide de la biotélémétrie, les chercheurs peuvent mesurer la température du corps des poissons, leur rythme cardiaque ou leur vitesse. Ils peuvent déterminer la luminosité à laquelle sont soumis les poissons, les trajectoires précises, la température de l'eau ou encore l'orientation du corps d'un poisson par rapport à son centre de gravité.

Tous ces détails sont réunis pour dresser un tableau complet du comportement des poissons, l'état des écosystèmes où ils vivent et la façon dont ils réagissent aux stimuli externes - y compris les activités humaines.

Selon le Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO, les décisions d'aménagement devraient être fondées sur les meilleurs témoignages scientifiques disponibles. Il souligne que l'aménagement des pêches et de l'aquaculture doit s'efforcer de protéger les écosystèmes et la biodiversité.

La télémétrie est déjà utilisée à ces fins.

Par exemple, en France, les chercheurs ont utilisé cette technique pour déterminer si les passages construits pour permettre les migrations naturelles de poissons fonctionnaient bien et, le cas échéant, ont conçu de nouveaux dispositifs plus adaptés.

De même, en aquaculture, diverses opérations utilisent la biotélémétrie pour déterminer de quelle manière les poissons s'adaptent aux milieux de reproduction, ou pour voir si les programmes de nourrissage correspondent aux rythmes d'activité des poissons.

Encourager le transfert de technologie

Mais si les responsables des pêches et de l'aquaculture de certains pays utilisent déjà la télémétrie pour inscrire les pêches dans une optique plus durable et mieux intégrer les questions de biodiversité dans les plans d'aménagement, la technique n'est pas encore uniformément répandue sur la planète.

En particulier, les experts des pêches de la FAO ont perçu la nécessité d'encourager la diffusion de la technologie dans le monde en développement, où les pêches continentales jouent un rôle clé dans la lutte contre la faim et l'insécurité alimentaire. Par exemple, au Malawi et en Ouganda, la consommation de poisson -- essentiellement d'espèces d'eau douce pêchées dans les cours d'eau intérieurs - assure plus d'un quart des apports de protéines animales de la population.

Le Département des pêches de la FAO - avec quatre partenaires, le "Global Biotelemetry Institute" de l'Université de Colombie-Britannique (Canada), l'Institut de recherche pour le développement (France), l'Institut norvégien pour la recherche sur la nature et l'Université de Liège (Belgique) - ont commencé à mettre au point un site internet éducatif destiné à encourager le transfert de technologie et l'utilisation de la biotélémétrie à plus vaste échelle.

Tout sur la télémétrie

Le nouveau site permet d'accéder à une kyrielle d'informations sur la télémétrie, recueillies et affichées par la FAO et ses partenaires. A l'avenir, ces connaissances continueront à se développer grâce aux apports des chercheurs et des spécialistes du monde entier.

"Le site est une tribune d'information du public", explique Marmulla. "Si quelqu'un a un projet utilisant la télémétrie, il peut présenter les informations sur ce projet. Quiconque veut élaborer des projets similaires pourra ainsi se servir de ces informations."

Outre les rapports sur les méthodologies de projets, les résultats et l'application de ces résultats, les conférences techniques et les articles de revues scientifiques et de divulgation peuvent également être affichés par les utilisateurs du site. Un groupe d'experts des institutions de parrainage a été constitué pour passer en revue tous les apports.

En même temps, le site offre à tous ceux qui envisagent de recourir à la télémétrie la possibilité de contacter un réseau international d'experts et de leur poser des questions sur les meilleures utilisations.

"Cette tribune publique peut donner lieu à une discussion permanente sur l'utilisation de la technologie", affirme Marmulla. "On peut poser des questions et trouver des réponses."

Le site n'est qu'un volet d'un effort global de collaboration piloté par la FAO destiné à promouvoir l'utilisation de la télémétrie dans les pêches et l'aquaculture. Dans le courant de l'année, l'Organisation publiera un manuel détaillé sur tous les aspects de la télémétrie dans l'aménagement des pêches et de l'aquaculture.

La FAO continue à encourager la diffusion d'ateliers pratiques sur la télémétrie appliquée au domaine halieutique dans le monde entier, pour encourager le transfert de technologie et le renforcement des capacités.



Contact:
George Kourous
Chargé d'information, FAO
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