13 juin 2003, Johannesburg/Rome -- L'Afrique australe a toujours besoin d'une aide alimentaire d'urgence importante bien qu'elle ait produit, cette année, plus de nourriture que durant la crise alimentaire de l'année dernière, selon les rapports les plus récents de la FAO et du PAM.

Telle est la conclusion des récentes missions d'évaluation conjointe de ces deux agences spécialisées de l'ONU. Les rapports de leurs experts respectifs ont été présentés le 12 juin à Johannesburg au cours d'une réunion de donateurs, d'ONG, de responsables gouvernementaux, de responsables régionaux et d'agences des Nations Unies.

Les missions d'évaluation ont couvert le Lesotho, le Malawi, le Swaziland, le Zimbabwe, le Mozambique et la Zambie.

Dans son ensemble, la région a produit assez de nourriture pour couvrir les deux-tiers des besoins alimentaires de sa population. La sécurité alimentaire régionale s'est améliorée grâce à l'augmentation de la production en Zambie et au Malawi.

Toutefois, on note des écarts importants, la production du Zimbabwe, par exemple, suffisant à peine à couvrir 40 pour cent des besoins alimentaires du pays.

Pénuries graves au Zimbabwe

Quelque 5,5 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire d'urgence au Zimbabwe. La production alimentaire y a chuté de plus de 50 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les causes: la sécheresse et la situation sur les plans social, économique et politique. Les grandes exploitations agricoles n'ont produit que le dixième de leurs performances des années 1990.

Triste record: la moitié du déficit alimentaire régional -- quelque 2,65 millions de tonnes -- est signalée au Zimbabwe. Ce pays, pour couvrir les besoins minimum vitaux de sa population, devra importer près de 1,3 million de tonnes de nourriture par le truchement des circuits commerciaux ou de l'aide alimentaire.

Au Mozambique, la production agricole s'est accrue au nord, mais des pénuries alimentaires au sud et au centre affectent 949 000 personnes dans 49 districts. Au Swaziland et au Lesotho, certaines régions sont également affectées par des pénuries alimentaires.

Dans le courant de l'année prochaine, les six pays d'Afrique australe devront importer au moins 2,6 millions de tonnes de nourriture pour couvrir les besoins alimentaires minimum de leurs populations.

En Afrique du Sud, les surplus alimentaires excèdent ce chiffre et quelques échanges commerciaux frontaliers se poursuivront. Mais un soutien accru et ciblé sera nécessaire pour aider le secteur agricole des six pays d'Afrique australe.

Accès à la nourriture

La production céréalière régionale s'est accrue passant de 5,4 millions de tonnes en 2001/02 à près de 6,3 millions de tonnes cette année. Mais le problème principal reste l'accès à la nourriture -- accès physique ou économique -- pour certaines franges de la population.

Au Lesotho, la situation s'est améliorée dans l'ensemble du fait d'une embellie au niveau à la fois de la production et de la capacité d'importation. Au Malawi, la production agricole s'est nettement améliorée après les pénuries de l'année dernière.

Quelque 2,3 millions de tonnes de céréales ont pu être produites ou mises de côté cette année au Malawi. De ce fait, le déficit alimentaire n'est plus que de 90 000 tonnes.

Au Swaziland, la situation alimentaire s'est légèrement améliorée cette année, mais ce pays a connu sa troisième mauvaise récolte consécutive et aura besoin d'une aide alimentaire d'urgence cette année également.

En Zambie, la production céréalière est estimée à quelque 1,3 million de tonnes, soit le double de la production 2002.

Le Sida

Malré l'amélioration de la production dans l'ensemble, l'aide alimentaire d'urgence reste nécessaire en raison d'autres facteurs, notamment la vulnérabilité des ménages du fait de l'épidémie de Sida.

Il faut dire aussi que beaucoup de familles ont épuisé toutes leurs ressources et toutes lesréserves alimentaires durant les pénuries graves de l'année dernière.

Les taux d'infection par le virus du Sida en Afrique australe sont les plus élevés au monde. Durant les pénuries alimentaires, les malades sont très affectés et les décès perturbent gravement l'équilibre au sein des communautés. Beaucoup de familles sont dirigées par des enfants ou par les grands-parents.

Les missions d'évaluation conjointes FAO/PAM sont formées d'experts des deux organisations et comprennent des observateurs des gouvernements, des organismes régionaux de développement, des donateurs et d'ONG. Leurs rapports sont objectifs et dignes de foi en ce qui trait à la situation des récoltes et aux besoins alimentaires des populations. Ces rapports sont utilisés par les donateurs et les agences qui s'occupent de l'aide humanitaire.
Contacts:
John Riddle, FAO
john.riddle@fao.org
(+39) 348 2572921 (portable)
Trevor Rowe, PAM
trevor.rowe@wfp.org
(+39) 06 6513 2602
Mike Huggins, PAM (Johannesburg)
michael.huggins@wfp.org
(+27) 11 517 1662 (bureau)
(+27) 832 913 750 (portable)
Jennifer Abrahamson, PAM (Johannesburg)
jennifer.abrahamson@wfp.org
(+27) 11 517 1656 (bureau)
(+27) 833 004 958 (portable)