3 juillet 2003, Rome --
Tandis que 80 pour cent des habitants des pays les plus durement
frappés par le VIH/SIDA dépendent de l'agriculture pour
vivre, c'est le secteur de la santé qui fournit
principalement la réponse à l'épidémie. Mais le secteur
agricole a un rôle important à jouer pour atténuer la
vulnérabilité des populations à la maladie et à ses
conséquences.
Pour aider les décideurs
agricoles à formuler leur propre réponse à l'épidémie, la
FAO a lancé un nouveau site Web sur le VIH/SIDA et la sécurité
alimentaire.
"On dispose de
tonnes d'information sur le VIH/SIDA, mais beaucoup moins
sur son lien avec l'agriculture, le développement rural et
la sécurité alimentaire", déclare Marcela Villarreal,
Chef du Service Population et développement de la FAO et
coordonnatrice de l'Organisation pour les questions de
VIH/SIDA. "Nous espérons que ce site contribuera à
élargir la conception générale du VIH/SIDA et son impact sur
d'autres aspects du développement."
Un cycle dévastateur
Les
impacts de l'épidémie de sida sur les populations rurales
pauvres sont multiples et inextricablement liés. La pauvreté
enracinée porte à une mauvaise nutrition et à une mauvaise
santé, et rend les gens plus vulnérables à l'infection. La
baisse de la productivité agricole signifie moins de nourriture
sur la table. Et à mesure que les adultes tombent malades, les
familles affligées par la maladie ont de plus en plus de mal à
acheter la nourriture qu'ils ne peuvent plus produire, en
raison du coût élevé des soins de santé.
Cependant, les effets se ressentent au-delà des
ménages. La perte de travailleurs agricoles influe sur la
production vivrière nationale. Dans les pays où
l'agriculture constitue une grande partie du produit
intérieur brut, cette perte de main-d'œuvre
pourrait avoir un effet dévastateur sur les économies
nationales.
Et la maladie ne fait pas
seulement des victimes parmi la main-d'œuvre.
Lorsque les parents meurent avant d'avoir pu transmettre
leurs connaissances sur l'agriculture et les variétés
cultivées locales à leurs enfants, les perspectives
s'assombrissent pour les générations futures.
Dans de nombreux pays, le sida anéantit des décennies
de progrès réalisés pour améliorer les taux de mortalité et
l'allongement des espérances de vie. L'espérance
moyenne de vie en Afrique subsaharienne est désormais de
47 ans, alors qu'elle serait de 62 sans le sida.
La maladie touche également les femmes de
façon disproportionnée. Dans certaines zones, le taux
d'infection des femmes est de trois à cinq fois plus élevé
que celui des hommes, compte tenu de facteurs biologiques qui
rendent les femmes plus vulnérables à la maladie, et des
inégalités entre les sexes qui limitent leur pouvoir de se
protéger. En outre, la maladie ne fait qu'alourdir la
charge des femmes rurales car ce sont elles qui s'occupent
des membres de la famille malades.
Cerner les problèmes, proposer des
solutions
Le nouveau site décrit les impacts
divers de l'épidémie, présentant les faits les plus
importants ainsi que des liens vers d'autres ressources. Il
présente aussi des activités concrètes que peut utiliser le
personnel des ministères de l'agriculture et du
développement rural pour la formulation de leurs propres
programmes d'atténuation des problèmes liés au VIH/SIDA.
"Des fonds sont disponibles à la
Banque mondiale et au Global Fund, mais souvent le personnel
agricole ne sait pas quel type d'activités
proposer", explique Mme Villarreal. "La
section réponses du site est fondamentale car elle offre des
stratégies et des activités concrètes qu'on peut incorporer
dans le travail quotidien."
Les
utilisateurs y trouveront des stratégies diverses: techniques
d'allègement des tâches, sauvegarde de la transmission des
connaissances, amélioration de la nutrition, promotion de
l'égalité entre les sexes, renforcement des institutions
rurales et des filets de sécurité sociaux. Ils trouveront
également des informations sur la création de systèmes de
surveillance pour évaluer l'efficacité des programmes de
VIH/SIDA et sur les interventions en cas d'urgence face aux
crises alimentaires liées à l'épidémie.
L'approche est très vaste, et met l'accent
sur les impacts du VIH/SIDA dans tous les secteurs du
développement.
Une source
centralisée d'informations
Le site
rassemble pour la première fois l'ensemble des
connaissances et des activités de la FAO concernant le sida, ce
qui en fait une ressource très complète pour les chercheurs, les
responsables politiques, les ONG et les personnes infectées par
le virus VIH/SIDA, qu'ils s'intéressent aux aspects
concernant la nutrition, l'agriculture, la foresterie, les
pêches, la problématique hommes-femmes ou autres.
"Toute personne intéressée peut trouver
l'information utile à ses travaux", explique Mme
Villarreal. "La FAO a sorti sa première publication sur
le VIH/SIDA et le secteur agricole en 1988. Ce qui veut dire que
l'Organisation a 15 ans d'expérience sur le sujet. Et
elle la met à la disposition du public qui peut désormais puiser
dans cette mine de renseignements réunis en un seul
site."
Sont également fournis des
liens vers les sites VIH/SIDA des organismes des Nations Unies
et d'autres organisations, et les utilisateurs peuvent
accéder à une multitude de publications de la FAO ou externes,
présentées par sujet et par date pour faciliter la consultation.
Le site, qui met en lumière les faits
nouveaux dans le domaine, sera mis à jour régulièrement. Il est
également prévu de créer un forum en ligne, où ONG, chercheurs
et autres peuvent partager l'information.
Le site n'est pour l'instant disponible
qu'en anglais. Des versions arabe, chinoise, espagnole et
française seront bientôt en ligne.










