11 septembre 2003, Cancún, Mexique
-- La FAO a invité aujourd'hui les participants à
la 5e conférence ministérielle de l'Organisation Mondiale
du Commerce (OMC) à démanteler les barrières au commerce
équitable international, affirmant que l'équité en matière
de commerce de produits agricoles était vitale pour la sécurité
alimentaire des pays en développement (PED)
Dans une déclaration à Cancún, la FAO exhorte les pays
industrialisés à réduire substantiellement les subventions à
l'exportation, baisser les tarifs douaniers et réduire les
soutiens internes afin d'accroître les importations de
produits agricoles en provenance des PED.
La FAO fait douze recommandations, notamment: diminuer
les tarifs douaniers ; contrer les effets négatifs des réformes
commerciales dans les pays les moins avancés et les pays
importateurs nets de produits alimentaires ; simplifier les
règles du commerce international ; et aider davantage les PED à
devenir plus compétitifs en matière de commerce.
"Le commerce alimentaire et agricole est
vital pour la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté
et la croissance", a déclaré M. Hartwig de Haen,
Sous-Directeur général de la FAO, ajoutant que les importations
alimentaires contribuent à la disponibilité des aliments de base
dans plusieurs des pays les plus pauvres du monde alors que les
exportations agricoles sont une source importante de revenu
rural et de devises étrangères.
La FAO
estime qu'en 2000, quelque 840 millions de personnes
souffraient de sous-alimentation chronique, dont 800 millions
dans les PED. Plus de 70 pour cent des plus pauvres du monde et
des personnes sous-alimentées vivent en milieu rural.
L'agriculture représente la principale source de revenus
pour environ 2,5 milliards de personnes dans les seuls PED.
"Si le commerce doit servir de
moteur à la croissance économique et à la réduction de la
pauvreté, les pays du Nord comme ceux du Sud doivent élargir
leur base de production sur une base concurrentielle
équitable", a affirmé M. de Haen.
"L'avantage comparatif peut assurer à tous une
juste part du revenu mondial croissant."
Echanges libres mais équitables
Selon le principe de l'avantage
comparatif, un pays profite du commerce dès lors qu'il se
spécialise dans un type de production ou de transformation où il
est plus performant. Des études de la FAO démontrent pourtant
que de nombreux obstacles handicapant pour les PED entravent ce
principe.
"Les marchés pour les
produits des zones tempérées et les produits alimentaires de
base continuent d'être fortement altérés par les
subventions gouvernementales, particulièrement dans les pays
riches. Les subventions à l'exportation sur les produits
des pays développés perdurent", a ajouté M. de Haen.
Les distorsions créées par les subventions
et les barrières tarifaires et techniques n'incitent pas
les agriculteurs des PED à être productifs. Les agriculteurs
pauvres ne peuvent rivaliser sur le marché mondial si leurs
produits sont exclus des pays plus riches, alors que les
produits agricoles subventionnés de ces pays riches sont vendus,
sur les marchés des pays pauvres, au même niveau voire en
dessous du prix de production.
Subventions v/s durabilité
En matière de pêche, selon la FAO, les
subventions aggravent la surpêche dans beaucoup de pays. Un
accord sur la réduction ou l'élimination de l'effet
aggravant des subventions favoriserait la pêche durable au
niveau mondial. La réduction des tarifs douaniers sur le poisson
et ses dérivés dans les pays développés encouragerait les
exportations des PED, notamment les exportations de produits
manufacturés.
La part des pays les moins
avancés (PMA) et des PED importateurs nets de produits
alimentaires dans les exportations agricoles mondiales a baissé
alors que leur part dans les importations alimentaires mondiales
a augmenté. Certains de ces pays rencontrent des difficultés
croissantes pour payer leurs importations alimentaires, selon la
FAO.
Plusieurs parmi les pays les plus
pauvres, qui comptent principalement sur l'agriculture pour
leur développement économique, vont devenir de plus en plus
dépendants de l'aide. Ils vont s'enfoncer plus
profondément dans l'endettement et connaître
d'importantes pénuries alimentaires, met en garde la FAO.
A moins qu'ils n'améliorent,
grâce à des investissements et dans un contexte de commerce
équitable, la compétitivité de leurs produits agricoles sur le
double plan national et international.
"Un énorme potentiel agricole caché existe
dans les PED pour relever le double défi de la faim et de la
pauvreté. Nous devons nous concentrer à nouveau sur une
collaboration efficace entre le Nord et le Sud afin que les
ressources disponibles soient utilisées efficacement",
a déclaré M. de Haen.
Contact:
John Riddle
Chargé d'information de la FAO
(à
Cancún) (+52) 998 870 61 65










