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septembre 2003, Rome -- Malgré une meilleure
récolte céréalière et la levée des sanctions
économiques, près de la moitié des 26,3 millions
d'Iraquiens seraient pauvres et auraient besoin
d'aide, selon un rapport publié aujourd'hui par
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO) et le Programme Alimentaire Mondial
(PAM).
Les effets de la guerre, des
sanctions économiques et de trois années de sévère sécheresse
(1999-2001) ont sérieusement érodé la base des moyens de
subsistance des Iraquiens, indiquent la FAO et le PAM dans le
rapport de leur mission d'évaluation des disponibilités
alimentaires et de la nutrition. Actuellement, environ 60 pour
cent de la population iraquienne est au chômage et dépend en
grande partie des rations alimentaires publiques.
Alors que la famine a été conjurée, la malnutrition
chronique persiste parmi plusieurs millions de personnes,
notamment 100 000 réfugiés et environ 200 000 personnes
déplacées. La situation des femmes et des enfants dans le centre
et le sud du pays est particulièrement préoccupante. Dans les
gouvernorats du nord, la malnutrition aiguë a été virtuellement
éliminée.
Une récolte en
hausse
Les prévisions de la
production céréalière de l'année en Irak sont de 4,12
millions de tonnes, une hausse de 22 pour cent par rapport à la
production estimée pour 2002. La production a augmenté
essentiellement en raison des pluies favorables dans le nord, de
l'irrigation accrue et de la distribution opportune
d'intrants agricoles dans les principales zones de
production.
Les importations céréalières
pour 2003/2004 (juin/juillet) sont estimées à 3,44 millions de
tonnes, parmi lesquelles 3,2 millions de tonnes sont
probablement achetées et 244 000 tonnes sont des annonces
d'aide alimentaire.
Dans la mesure du
possible, tous les besoins additionnels en aide alimentaire
devraient être fournis localement pour soutenir les revenus des
agriculteurs et les prix locaux, ont indiqué la FAO et le PAM.
Les récents incidents militaires et politiques ont eu,
selon le rapport, un impact limité sur les cultures céréalières
d'hiver mais ont affecté l'ensemencement des céréales
d'été et des cultures industrielles (le coton, les graines
de tournesol).
La capacité de produire des
engrais nationalement a été sérieusement réduite. Deux usines
d'engrais ne fonctionnent apparemment pas, ce qui pose la
question de la source des 600 000 tonnes d'engrais estimées
nécessaires pour les seules céréales pour l'année
prochaine.
Les conditions de
l'élevage sont généralement stables dans la plupart du
pays, elles ont bénéficié de bonnes pâtures dans le nord et
d'une bonne disponibilité de graines.
L'approvisionnement en eau et
l'assainissement sont des problèmes majeurs de l'Irak
de l'après-guerre. Actuellement, un maximum quotidien de 70
litres par personne est disponible pour les cinq millions
d'habitants de Bagdad. La situation est pire dans les
villes du sud.
Un flux substantiel de
ressources pour réhabiliter le secteur agricole et
l'économie dans son ensemble est requis pour améliorer
l'état nutritionnel de la population iraquienne, selon les
deux agences. La mission a recommandé que les bénéfices des
ventes du pétrole soient utilisés pour le développement de
l'économie iraquienne à travers le tout récent Fond de
développement pour l'Irak, avec une attention toute
particulière au secteur agricole.
Des millions de personnes dépendent de
l'aide alimentaire
Selon le
rapport, des millions d'Iraquiens n'ont actuellement
pas accès à la nourriture autrement que par l'aide
alimentaire publique qui est financée par le programme
"pétrole contre nourriture". "Toute
perturbation significative du système de distribution public
aura un impact négatif important sur l'accès à la
nourriture", a mis en garde le rapport.
La
mission de la FAO et du PAM a reconnu le besoin de poursuivre le
système de distribution alimentaire public et les activités de
secours alimentaire sur le court et moyen terme car le secteur
agricole aura besoin de temps pour être réhabilité.
"Toutefois, la très subventionnée politique
d'assortiment alimentaire doit être repensée et mieux
ciblée; elle devrait éventuellement être progressivement
abandonnée", selon le rapport.
Des filets de sécurité alimentaire pour les
enfants et les femmes
Le PAM
estime que 3,5 millions de personnes auront besoin de nourriture
supplémentaire pour un coût de 51 millions de dollars en 2004.
Ces personnes sont les enfants sous-alimentés, les membres de
leur famille et les mères enceintes et allaitantes .
La FAO a déclaré qu'une aide substantielle est
requise pour réhabiliter l'infrastructure agricole,
notamment l'irrigation et l'agriculture industrielle
locale, et pour revitaliser les structures de soutien technique
et les services.
Contact:
Erwin Northoff
Chargé d'information de
la FAO
erwin.northoff@fao.org
(+39) 06 570
53105








