25 septembre 2003, Rome -- Des
sérieuses pénuries alimentaires et des niveaux élevés de
malnutrition continuent d'affecter un grand nombre de
personnes dans plusieurs parties de l'Ethiopie, a déclaré
aujourd'hui la FAO.
Environ 13,2
millions de personnes auraient besoin d'aide d'urgence
dans le pays. La situation alimentaire dans la Région des
Nationalités et Peuples des Nations du Sud (RNPNS) reste
particulièrement critique.
Une réponse
sans précédent des donateurs aux récents appels pour de
l'aide d'urgence a permis de prévenir un grand
désastre humanitaire, selon la FAO. La distribution de semences
de céréales par exemple, a comblé la plupart des besoins mais
dans quelques régions, les agriculteurs manquent encore de
semences.
La FAO a lancé un appel de 7,7
millions de dollars supplémentaires pour des projets sur la
santé animale, les cultures fourragères et la provision de
semences pour les cultures non-céréalières.
"Le financement de ces projets est essentiel
pour renforcer la capacité des agriculteurs vulnérables et des
éleveurs, les rendre davantage autosuffisants et moins
dépendants de l'aide alimentaire", a déclaré Anne
Bauer, Directrice de la Division des opérations d'urgence
et de la réhabilitation.
"Fournir
aux familles les plus pauvres un minimum d'intrants
agricoles est un premier pas pour qu'ils reprennent la
production alimentaire", selon elle. " Ce sont
principalement les éleveurs qui ont besoin d'aide en
urgence."
Aider les
éleveurs à sauver leurs animaux
Des maladies du bétail comme la fièvre charbonneuse,
la jambe noire ou la pasteurellose ovine et bovine se répandent
dans la RNPNS et pourraient même menacer d'autres régions
ou des pays voisins, a mis en garde la FAO.
Les services vétérinaires dans les zones pastorales ne
sont pas équipés pour mener des campagnes de vaccination. La FAO
a ainsi proposé de renforcer les services vétérinaires et la
formation du personnel vétérinaire.
Là où
c'est nécessaire, les vaccins devraient être fournis pour
protéger les animaux des maladies. Près de 30 000 familles
pastorales bénéficieraient de ces interventions.
La sécheresse a tué de nombreux animaux d'élevage
dans les zones pastorales, selon la FAO. L'agence aidera à
la mise en place de banques de foin pour nourrir les animaux
pendant les sécheresses et la saison sèche.
De la nourriture plus abondante pour les animaux en
période de reproduction ou de lactation, comme les vaches, les
moutons et les chèvres, augmentera les réserves de lait, surtout
pour les enfants, et contribuera à accélérer la reconstitution
des troupeaux.
Le financement pour la
nourriture d'urgence pour le bétail n'a pas été
jusqu'à présent assez important pour couvrir les besoins.
La FAO envisage de distribuer plus de 3
millions de plants de patates douces et de semences de légumes
aux familles les plus pauvres de la RNPNS. Quelque 50 000
familles agricoles bénéficieraient de ce projet.
Le dilemme de l'Ethiopie
L'agence des Nations Unies insiste que
l'insécurité alimentaire en Ethiopie est essentiellement
chronique et surtout liée à des causes structurelles et à la
pauvreté, et aggravée par des désastres récurrents causés par la
nature et les hommes.
Le nombre de
personnes vulnérables a augmenté sur la dernière décennie malgré
l'augmentation de l'aide alimentaire et de l'aide
au développement. Plusieurs raisons expliquent cette tendance,
selon la FAO.
La croissance annuelle de
l'agriculture, par exemple, est en moyenne de 2,4 pour cent
comparée à taux de croissance démographique de 2,8 pour cent.
Ceci accroît le déficit alimentaire annuel de l'Ethiopie.
De plus, les politiques agricoles dans le
secteur rural doivent déjà s'attaquer aux problèmes
structurels inhibant la croissance et aggravant la pauvreté.
Globalement, il y a eu une tendance vers
une baisse de l'investissement dans les zones en déficit,
tandis que les zones de production excédentaires
sontcontinuellement affectées par des prix volatils qui
découragent de nouveaux investissements.
Il y a également peu d'intégration entre les
zones déficitaires et les zones excédentaires. Une
commercialisation insuffisante et de mauvaises infrastructures
de transport aggravent les problèmes d'un secteur agricole
faible. Les tendances actuelles de la commercialisation
continuent de profiter aux citadins, au détriment du secteur
rural.
La combinaison de ressources
d'aide et de développement devrait améliorer la viabilité
économique des petits agriculteurs et les sortir de la pauvreté
et de la faim chronique.
C'est
pourquoi le gouvernement d'Ethiopie, avec la Banque
Mondiale, la FAO et d'autres agences des Nations Unies, des
donateurs et des organisations non gouvernementales ont lancé la
Nouvelle Coalition pour la Sécurité Alimentaire.
Contact:
Erwin Northoff
Chargé d'information de la FAO
erwin.northoff@fao.org
(+39) 06 570
53105









