12 novembre 2003, Rome/Budapest --
Adopter une approche coordonnée pour le
financement du développement agricole en Europe
centrale, Europe orientale et dans la Communauté
des Etats indépendants (CEI) permettra d'améliorer
l'investissement dans cette région, selon la FAO.
Au cours d'un forum de deux
jours (12-13 novembre 2003) animé par la FAO et la Banque
européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à
Budapest, d'importantes organisations financières
internationales, des agences de développement et des banques
privées se sont rencontrées pour créer un réseau formel
d'institutions finançant le secteur agricole.
Après la disparition de l'Union soviétique et la
fin du communisme, plusieurs pays de la région sont confrontés à
un triple défi - bâtir de nouveaux Etats, mettre en place des
institutions démocratiques et adopter l'économie de marché.
Des institutions financières comme la BERD
ont été créées pour aider le secteur privé à mûrir dans un
nouvel environnement démocratique.
Nous
aimerions que toutes les institutions financières travaillant
dans la région coordonnent leurs projets d'investissement
et trouvent des synergies entre elles, a indiqué en substance
François Dauphin, expert de la FAO. "Plusieurs
institutions sont actuellement actives dans le secteur agricole
- du travail sur les politiques à l'investissement public
en passant par les prêts aux entreprises privées. Sans
coordination suffisante, toutefois, les résultats seront
limités."
Triple
sec
L'entreprise arménienne
Yerevan Brandy est un exemple d'une approche conjointe pour
le financement de l'agriculture. Fondée en 1887 par un
Arménien ayant appris la fabrication du brandy en France,
l'entreprise produit, depuis plus d'un siècle, un
brandy vieilli en fût de chêne. Cette boisson est une source de
fierté nationale et rapporte des bénéfices à l'exportation.
En 2000, un prêt de 20 millions de dollars
de la BERD a permis à cette entreprise, actuellement filiale
d'un groupe européen de spiritueux, de renouveler ses
installations de production et d'accroître son capital tout
en améliorant ses parts de marché.
Le prêt
de la BERD a relancé le secteur agricole dans un petit pays
enclavé où près de la moitié de la population dépend de
l'agriculture. Plus de 3 000 vignerons arméniens vendent
aujourd'hui 15 000 tonnes de raisins à l'entreprise
chaque année à des prix fixés au préalable.
En plus de leur assurer des débouchés pour leur
production grâce à des contrats d'achat de long terme,
l'entreprise a aidé des producteurs de raisin locaux à se
remettre des gelées et à obtenir des produits chimiques et des
engrais pour planter de nouvelles vignes.
En retour, les producteurs ont été financés par la
Banque agricole coopérative d'Arménie (BACA). Première
banque coopérative créée dans l'ancienne Union soviétique,
elle est le résultat d'un projet du Fonds international
pour le développement agricole (FIDA), de l'Union
Européenne et de la Banque Mondiale.
Alternative durable
Y ajoutant sa propre contribution, la FAO a aidé
l'entreprise à remplir ses obligations vis-à-vis de la BERD
d'utiliser les ressources naturelles avec circonspection.
Elle l'a aidée à trouver une alternative locale et durable
aux indispensables fûts en chêne, traditionnellement fabriqués
en France.
Cette approche intégrée et à
plusieurs niveaux montre ce que l'on peut obtenir en
travaillant ensemble: une alliance entre l'investissement
public et privé a permis d'atteindre des objectifs de
développement sur le long-terme.
"Bien que les pays dans lesquels nous
opérons, et tout particulièrement les pays à faible revenus de
la CEI, présentent des environnements difficiles pour
l'investissement agricole, il y a de belles
réussites", selon Gilles Mettetal, Directeur adjoint de
l'équipe chargée des agro-industries à la BERD.
"Nous espérons que ce forum aura pour
résultat un engagement solide de mettre en place un
réseaudesynergies afin que les projets agricoles, dans cette
région, puissent être menés d'une façon coordonnée et, de
ce fait, plus efficace", a-t-il ajouté.
Contact:
Stephanie Holmes
Relations médias, FAO
stephanie.holmes@fao.org
(+39) 06 570
56350










