3 décembre 2003, Rome --
Les efforts de lutte contre la pêche illicite, non
déclarée et non réglementée doivent être intensifiés,
selon un rapport de la FAO présenté aux représentants
des Etats membres de l'Organisation réunis à Rome
pour la 32ème session de la Conférence.
Au niveau mondial, la pêche illicite, non
déclarée et non réglementée est en recrudescence, un
certain nombre de pêcheurs n'hésitant pas à contourner
les règles de plus en plus strictes mises en place pour remédier
à la réduction des prises et à la baisse des stocks
ichtyologiques, fait remarquer la FAO.
"La situation est particulièrement grave,
étant donné qu'environ 75 pour cent des pêcheries mondiales
sont déjà pleinement exploitées, surexploitées ou
appauvries", indique le rapport.
Les termes «pêche illicite, non déclarée et non
réglementée» sont couramment employés pour décrire une vaste
gamme d'activités illégales auxquelles se livrent des
pêcheurs sans scrupules.
Certains pêcheurs
opèrent dans des zones où la pêche n'est pas autorisée.
D'autres emploient des techniques interdites, des types de
filets illégaux, ou contournent les lois de diverses façons.
D'autres encore trichent en minimisant leurs prises ou en
omettant de les communiquer. Dans certains cas, en effet, les
captures d'espèces ayant une haute valeur commerciale
pourraient dépasser de plus de 300 pour cent les contingents
autorisés, selon des rapports transmis à la FAO.
Pavillons de complaisance, un facteur
aggravant
Le nombre croissant de
pays ayant des registres maritimes «ouverts» contribue également
au problème, facilitant, dans certains cas, le recours à des
pavillons de complaisance, souligne la FAO.
Le terme se réfère normalement aux pays qui autorisent
des bateaux de n'importe quelle partie du monde à circuler
en mer battant leur pavillon sans s'assurer qu'ils
respectent bien les règlements nationaux et internationaux
régissant la pêche.
"Si les Etats
exerçaient un contrôle efficace sur les navires de pêche battant
leur pavillon, l'incidence de la pêche illicite, non
déclarée et non réglementée serait fortement réduite",
fait valoir la FAO.
Le problème est
exacerbé par le fait que de nombreux pays n'ont tout
simplement pas les moyens d'effectuer une surveillance
étroite.
Créer un nouveau
cadre
En juin 2001, quelque 110
nations ont approuvé, grâce à la médiation de la FAO, un Plan
d'action international contre la pêche illicite, non
déclarée et non réglementée qui, entre autres, invite les Etats
à élaborer et à mettre en oeuvre leurs propres plans dans les
meilleurs délais.
Environ 41 pays dans le
monde devraient avoir créé leurs plans nationaux d'ici juin
2004, annonce la FAO.
Mais pour de
nombreux pays - en particulier du monde en développement -
compte tenu de leurs maigres ressources techniques,
institutionnelles et financières, il n'est pas aisé de
faire respecter le Plan d'action international et
d'élaborer des plans d'action nationaux.
Selon la FAO, cette situation a suscité le lancement
de nombreux programmes d'assistance bilatérale et
multilatérale visant à aider les pays à renforcer leurs
capacités pour affronter au mieux le problème de la pêche
illicite. Avec le temps, ces initiatives aideront à couper
l'herbe sous le pied des pêcheurs sans scrupules.
La FAO, de son côté, redouble
d'efforts pour fournir une aide plus grande aux pays dans
l'élaboration et la mise en oeuvre de plans d'action
nationaux, en particulier dans le cadre de l'Initiative
multilatérale FishCode, le Programme de la FAO des partenariats
mondiaux pour la mise en œuvre du Code de conduite
pour une pêche responsable.
Parmi les
autres réalisations dans ce domaine, citons: l'élaboration
de directives techniques pour la création de programmes de lutte
contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée au
niveau national; la mise au point de matériels pédagogiques; et
une série d'ateliers régionaux dans le monde entier pour
aider les pays à préparer des plans contre la pêche illicite,
non déclarée et non réglementée.
La FAO
contribue à l'élaboration de réponses mondiales au problème
en faisant appel à des experts internationaux et en collaborant
avec d'autres agences internationales et des organismes
régionaux.
L'Organisation fournit
également aux pays des avis techniques au cas par cas.
En outre, une importante réunion sera
convoquée par la FAO à Rome en juin 2004 pour évaluer la mise en
oeuvre du Plan d'action international contre la pêche
illicite, non déclarée et non réglementée et identifier les
moyens d'en accélérer l'application.
Contact:
George Kourous
Chargé d'information,
FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570
53168











