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Forum global sur la sécurité alimentaire et la nutrition • Forum FSN

Discussion
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Intégrer la nutrition aux programmes d’études des établissements d’enseignement agricole : Renforcer la capacité humaine de promouvoir une agriculture soucieuse de la nutrition

Dans de nombreux pays, le développement agricole a été traditionnellement centré sur les hausses de productivité et la maximisation de la production céréalière. Par exemple, en Éthiopie, un rapport de 2015 indique que 67,24 % de la superficie totale cultivée correspond à la culture de céréales, qui constituent 61,5 % de la production totale composée de cultures céréalières (enquête agricole par sondage durant la campagne Meher pour exploitants privés, CSA, 2014/15). Cette même enquête démontre que 0,98 % seulement de la superficie totale de production est consacré à la culture de légumes, et 1,55 % seulement de la production totale de légumes. Ce système de production rend compte d’un problème de diversification du régime alimentaire dans lequel les cultures céréalières constituent les aliments de base qui représentent le pourcentage le plus important du régime alimentaire national. En effet, étant donné que la majorité de l’approvisionnement alimentaire national est composée de céréales, il est plus difficile pour la population d’avoir accès à des aliments plus riches en protéines et en minéraux, comme le lait, la viande, le poisson, les œufs, les haricots, les légumes et les fruits, qui sont souvent plus chers que les céréales.

L’expression « agriculture soucieuse de la nutrition » est apparue récemment pour définir des investissements agricoles réalisés dans le but d’améliorer la nutrition. L’objectif global de l’agriculture soucieuse de la nutrition est de faire en sorte que le système alimentaire mondial soit mieux équipé pour produire de bons résultats sur le plan nutritionnel. Les hausses de la production d’aliments ne garantissent pas nécessairement une amélioration des régimes alimentaires ou de la nutrition.

Outre les modes de production et de consommation observés dans le pays, on estime que le manque de travailleurs agricoles formés comme il se doit pour fournir des services et un soutien en matière de nutrition contribue à la persistance des taux élevés de malnutrition en Éthiopie (40,4 % de retard de croissance ; 25 % d’insuffisance pondérale ; 5 % d’émaciation, et 3 % de surcharge pondérale/obésité, mini enquête démographique et de santé en Éthiopie 2014). La pénurie d’agents de vulgarisation ayant des connaissances et des compétences en matière de nutrition a également été observée dans d’autres pays, notamment les pays qui souffrent le plus de malnutrition dans le monde.

Le manque de formation des travailleurs agricoles en matière de nutrition est reconnu, à l’échelon mondial, comme un obstacle sérieux dans le combat contre la malnutrition par le biais de l’agriculture et des systèmes alimentaires. En l’absence de changements sociaux et de comportement, d’une amélioration de la diversité alimentaire et des modes de consommation, du stockage des aliments de l’hygiène et des pratiques de préparation, la forte prévalence de la malnutrition risque de se maintenir, même en cas d’augmentation des revenus, de la production et de la productivité.

Étant donné l’intérêt croissant pour faire en sorte que l’agriculture puisse contribuer à améliorer les résultats nutritionnels, il est pertinent et opportun de passer en revue la portée et le rôle potentiel des institutions de formation agricole dans la promotion d’une agriculture soucieuse de la nutrition, à savoir pour mieux équiper les systèmes alimentaires afin d’améliorer les résultats en matière de nutrition..

L’Éthiopie est un exemple de pays résolu à aborder le problème des carences nutritionnelles en rendant l’agriculture plus soucieuse de la nutrition ; cet exemple pourrait être suivi par d’autres pays. 

Le but de cette discussion en ligne est d’échanger les opinions et les expériences de personnes, de projets, d’institutions et de pays sur la façon d’intégrer la nutrition aux programmes d’études des institutions de formation agricole et de renforcer la formation initiale des étudiants en agriculture de façon à former une main-d’œuvre compétente capable de promouvoir l’agriculture soucieuse de la nutrition.

Les questions de base de notre discussion sont les suivantes :

  • Quel rôle devraient jouer les lycées agricoles et les institutions d’enseignement supérieur pour promouvoir l’agriculture soucieuse de la nutrition ?
  • Qu’entend-on par « intégrer la nutrition aux programmes d’études » ? S’agit-il seulement de connaissances en matière de nutrition ou est-ce que le concept inclut certaines compétences pour promouvoir des comportements souhaitables en matière d’alimentation et de diététique ?  En d’autres termes, quelles sont les compétences absolument essentielles en matière de « nutrition » qui doivent être présentes dans la formation des travailleurs agricoles ? Les institutions considèrent-elles pertinent d’inclure la nutrition dans les programmes d’études ?
  • Dans quel but ? Qu’attend-on de l’introduction de cet élément extrascolaire ? Comment les diplômés (par exemple, les travailleurs agricoles) devraient-ils utiliser les nouvelles compétences et connaissances dans leur travail quotidien ? Que peuvent-ils faire pour promouvoir la diversification des aliments et du régime alimentaire et de meilleurs résultats nutritionnels ?
  • Avez-vous des expériences d’intégration de la nutrition aux programmes d’études d’institutions d’enseignement supérieur agricole ? En cas de réponse positive, comment le programme d’études va-t-il contribuer à atteindre les objectifs nationaux en matière de nutrition ou les objectifs nutritionnels fixés par les gouvernements ? Quels sont les opportunités, les enjeux, les succès, les leçons apprises ?

Je vous remercie d’avance du temps que vous allez consacrer à cette discussion et de vos opinions sur ces questions. Votre expérience pratique dans l’intégration de la nutrition aux programmes d’études d’établissements d’enseignement agricole est de la plus haute importance pour faciliter la formation d’une main-d’œuvre compétente dans le domaine de l’agriculture soucieuse de la nutrition.

Mebit Kebede Tariku,

B.Sc. en sciences végétales, M.Sc. Agriculture (spécialisé en pédologie), Master en santé publique.
Jhpiego Éthiopie, projet ENGINE/USAID, conseiller en éducation initiale pour la nutrition

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