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Le Forum FSN en Afriquefait partie intégrante du Forum global sur la sécurité alimentaire et la nutrition

Discussion
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Comment les activités relatives à l'alimentation scolaire et la nutrition peuvent-elles promouvoir des habitudes alimentaires saines pour toute la vie

Actuellement, les programmes de repas scolaires et d'alimentation scolaire et nutrition gagnent en visibilité et sont mis en œuvre en Afrique. Cette discussion a pour objectif le partage d'expériences et d'opinion sur les caractéristiques de ces programmes et la manière de les faire croître et renforcer leurs impacts à long terme.

Il existe un consensus mondial reconnaissant la nutrition infantile comme un élément essentiel pour améliorer non seulement la santé et le bien-être des enfants dans le monde, mais aussi le développement social et économique des communautés et des pays. Les écoles jouent un rôle central dans ce processus, fournissant les connaissances dont les nouvelles générations auront besoin pour devenir des membres actifs de la société. Elles ont aussi le potentiel de devenir des plateformes puissantes pour la prise en compte de la nutrition tout en promouvant des habitudes alimentaires saines pour toute la vie.

Environ 795 millions de personnes dans le monde souffrent d'insécurité alimentaire, de famine et de malnutrition (SOFI, 2015). Par ailleurs, en 2014 plus de 1,9 milliards d'adultes étaient en surpoids.  Parmi eux, plus de 600 millions étaient obèses. 42 millions d'enfants de moins de cinq ans sont obèses[1]. La majorité de la population mondiale vit dans des pays où la surcharge pondérale et l'obésité tuent plus de personnes que l'insuffisance pondérale.  Le double fardeau de la malnutrition affecte le développement des enfants ; il est donc urgent de traiter la question afin de créer des environnements favorables à la promotion d'une alimentation saine.

En cohérence avec les agences des Nations Unies et la seconde Conférence internationale sur la nutrition (CIN-2), les gouvernements se sont engagés à améliorer l'état nutritionnel des enfants en commençant à un âge précoce. Les dirigeants africains, à travers l'Union Africaine (UA) et le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) avaient déjà convenu que l'éducation, la santé et la nutrition des jeunes enfants et des dirigeants de demain doivent constituer une priorité.  Fort de ce mandat, le Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA) a alors inclus des programmes d'alimentation scolaire établis au niveau national.

Les programmes d'alimentation scolaire constituent les interventions de sécurité alimentaire en milieu scolaire les plus connus, souvent conçus comme la composante de politiques de protection sociale. Ces programmes fournissent des aliments (habituellement une collation ou un déjeuner), et lorsqu'ils sont bien conçus et mis en œuvre, ils peuvent améliorer les apports alimentaires et nutritionnels des enfants scolarisés tout en maintenant et/ou accroissant l'assiduité. Les programmes d'horticulture vivrière locale pour les repas scolaires (HGSF, Home-Grown School Feeding en anglais) ajoutent encore une autre dimension en liant les programmes de repas scolaires aux exploitations agricoles familiales. Ceci génère une demande structurée pour leurs produits, et stimule ainsi plus largement l'économie locale. D'après le NEPAD, au moins 20 pays africains ont actuellement mis en place des programmes HGSF, que ce soit des programmes gouvernementaux partiellement soutenus par des partenaires de développement ou des programmes au financement entièrement gouvernemental.

Cependant, afin de promouvoir des habitudes alimentaires saines pour toute la vie, d'autres éléments au-delà de la portée des programmes de repas scolaires et de la demande structurée pour l'agriculture familiale devront être pris en compte. L'alimentation dans les écoles, au-delà de l'assurance de la sécurité alimentaire, doit aussi jouer un rôle sensoriel, nutritionnel et pédagogique. Il est ainsi nécessaire d'associer les repas scolaires, en tant qu'expérience pratique, à des expériences pédagogiques comme l'éducation nutritionnelle et les jardins scolaires.

Pour aider les gouvernements à atteindre ces objectifs, la FAO a mis en place des cadres politiques et réglementaires relatifs à l'alimentation scolaire et la nutrition qui intègrent et renforcent mutuellement les composantes essentielles suivantes :

  • Repas scolaires – fournissant des menus sains, donnant la priorité aux aliments provenant de l'agriculture familiale
  • Éducation et formation alimentaire et nutritionnelle
  • Jardins scolaires
  • Environnement favorable à la nutrition et la santé

Il existe sans doute de nombreuses autres activités liées à l'alimentation scolaire et la nutrition qui affectent le développement des enfants, particulièrement du point de vue de la santé. Les interventions suivantes sont dignes d'être remarquées : éducation à la santé, supplémentation en micronutriments,  déparasitage, suivi de l'état de santé et l'état nutritionnel, exercice et récréation, ainsi que d'autres interventions touchant à la santé publique (par ex. prévention de la malaria). 

Améliorer les habitudes alimentaires inadaptées et réduire la malnutrition sont des défis que doivent relever à la fois les pays développés et les pays en développement. Investir dans la nutrition signifie investir dans le capital humain, et par conséquent améliorer la capacité à avoir une vie épanouissante et productive. Les écoles peuvent jouer un rôle majeur dans la réalisation de ces grands défis. Néanmoins, la rétention scolaire ne peut constituer un objectif en soi, mais uniquement la première étape de la mise en œuvre d'une stratégie de promotion d'habitudes alimentaires saines pour toute la vie. 

Nous sommes impatients d'entendre vos expériences, opinions et suggestions relatives au rôle des écoles dans la promotion d'habitudes alimentaires saines pour toute la vie !

Questions proposées :

  1. Pouvez-vous fournir des commentaires sur les programmes de nutrition scolaires ou repas scolaires déjà mis en œuvre dans votre pays ? Si c'est le cas, sont-ils liés à des activités sur l'éducation nutritionnelle et des menus utilisant des aliments issus de l'agriculture familiale, ou à toute autre intervention relative à la nutrition scolaire ?
  2. Pensez-vous qu'il est nécessaire de soutenir les pays dans la transition vers une gestion nationale des programmes liés à l'alimentation scolaire et la nutrition ?
  3. Quels sont les défis de la promotion des composantes essentielles de l'alimentation scolaire et la nutrition dans le cadre d'une intégration et d'un renforcement mutuel ?

Josephine Kiamba, NEPAD, Afrique du Sud

Andrea Polo Galante, FAO, Italie


[1] http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs311/fr

 

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