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07.12.2010 - 27.12.2010

Passer de crises récurrentes à la sécurité alimentaire à long terme

Chers membres du Forum,

Présent sur les crises prolongées depuis de nombreuses années, Oxfam a récemment participé à la Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) consacrée à cette question. En collaboration avec d’autres organisations, nous cherchons des solutions originales aux problèmes que nous rencontrons, en particulier dans la Corne de l’Afrique et au Sahel.

Comment définir les crises prolongées ? Le rapport SOFI les décrit plutôt bien : il ne s’agit ni d’une série de phénomènes occasionnels de courte durée ni d'interruptions temporaires après lesquelles les pays retrouvent facilement le chemin du développement à long terme. Il s’agit plutôt de menaces permanentes et fondamentales qui pèsent sur la vie et les moyens d’existence et dont il peut devenir de plus en plus difficile de se relever.

Cet environnement imprévisible et instable nécessite la mise en place de moyens d’existence particulièrement adaptables. En termes de politiques et de programmes, nous connaissons les solutions. Elles ont été largement et régulièrement proposées dans les évaluations des réponses régionales :

Promotion des moyens d’existence agricoles et ruraux permettant aux populations de s’adapter aux impacts du changement climatique et des conflits et à des ressources limitées
Programmes de protection sociale et de réduction des risques liés aux catastrophes naturelles, qui protègent la consommation et favorisent des moyens d'existence plus adaptables
Intervention rapide et relèvement accéléré en réponse aux crises récurrentes afin d’aider les populations à protéger et à retrouver leurs moyens d’existence et de limiter la nécessité d’interventions de grande ampleur visant à sauver des vies
Appui des institutions et des capacités locales qui conservent souvent leur résilience et leur capacité d’adaptation pendant les crises prolongées
Promotion d’une meilleure analyse de la sécurité alimentaire et de l’alerte rapide
Mais il semble y avoir un blocage. On constate des progrès dans certaines situations, il existe des exemples de programmes réussis et pourtant les résultats demeurent limités. Ma question fondamentale est : pourquoi ?

Quels sont les obstacles à une programmation efficace dans les crises prolongées ?

Est-ce le manque d’orientations détaillées au niveau opérationnel ? Certains outils et leurs instructions d’utilisation tels que l’IPC et « l’arbre de décision » pour les programmes de transferts monétaires, sont avérés très utiles. Comment mettre au point une boîte à outils de la programmation plus évoluée et plus diversifiée pour mieux gérer les crises prolongées ? De quoi d’autre avons-nous besoin ? Par exemple, comment incorporer la protection aux crises prolongées ? Comment généraliser la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles, etc. ?
Les limites sont-elles dues aux flux de financement ? Il faut des réponses sophistiquées, souples et sur plusieurs années, pourtant le financement est rarement là pour ce type de programmes. Peut-être est-ce dû au manque d’engagement de longue haleine des donateurs ou à une approche du développement/humanitaire rigide qui ne correspond pas à la réalité ou bien encore à une attitude timorée face au risque. Mais existe-t-il des exemples d’élaboration par les donateurs de mécanismes de financement et de procédures adaptés, susceptibles de servir de modèle ?
S’agit-il d’un manque de leadership au niveau national ? Le CSA a récemment convenu que l'ONU devrait promouvoir « une participation multipartite mieux coordonnée à l'élaboration et à la mise en œuvre de plans d'actions exhaustifs sous direction nationale dans un petit nombre de pays où règne une crise prolongée ». Quelle orientation cela devrait-il prendre, comment cela peut-il réussir et quels pays choisir ?
Ou peut-être existe-t-il d'autres obstacles. Je vous remercie de me faire part de votre point de vue et j’attends avec intérêt vos contributions, une discussion stimulante et une recherche créative de solutions.

Barbara Stocking
Directeur exécutif
Oxfam GB
 

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