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08.03.2010 - 28.03.2010

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Droits des éleveurs - un concept important pour la sécurité alimentaire?

Je m’appelle Ilse Köhler-Rollefson et je travaille avec la « League for Pastoral Peoples and Endogenous Livestock Development » (LPP, www.pastoralpeoples.org). Au cours de la décennie écoulée, nous avons facilité la participation des petits éleveurs à l'élaboration et à la mise en œuvre du Plan d'action international pour les ressources génétiques animales. Lors d’une série de consultations qui se sont déroulées sur trois continents, des centaines d’éleveurs de 20 pays ont créé le concept de « Droits des éleveurs », un « ensemble de principes dont le but est de permettre aux éleveurs de continuer à vivre de leurs troupeaux avec pour double conséquence la protection de la diversité et l’amélioration les moyens d'existence des populations rurales ».  

Au départ, les Droits des éleveurs se contentaient de reprendre les Droits des agriculteurs stipulés dans le Traité international sur les ressources génétiques végétales. Aujourd’hui, ils sont devenus le concept très détaillé résumé dans l’encadré ci-dessous :

Droits des éleveurs
Principes:
•    Les éleveurs sont des créateurs de races et les gardiens des ressources génétiques animales utilisées dans l'alimentation et l'agriculture.
•    Les éleveurs et l’usage durable des races traditionnelles dépendent de la protection de leurs écosystèmes respectifs.  
•    Les races traditionnelles constituent un bien collectif, des produits de connaissances indigènes et l’expression culturelle des éleveurs.

Les éleveurs ont le droit de:
•    prendre les décisions de reproduction et d’assurer la reproduction des races dont ils s’occupent;
•    participer à la formulation des politiques relatives aux ressources génétiques animales destinées à l’alimentation et à l’agriculture, ainsi qu’à leurs processus de mise en œuvre;
•    participer à des activités de formation et de renforcement des capacités adaptées, ainsi que bénéficier d’un accès égal aux services d’aide à l’élevage et à la transformation et à la commercialisation de leurs produits;
•    participer à l’identification des besoins en recherche et à la conception des travaux de recherche concernant leurs ressources génétiques, comme le stipule le principe de Consentement éclairé préalable;
•    disposer d’un accès convenable aux informations en rapport avec leurs races locales et la diversité du bétail.

Des publications très récentes démontrent preuves à l'appui l’importance, pour l’économie et les moyens d’existence, des éleveurs et des systèmes d’élevage à petite échelle qui utilisent des terres impropres à l’agriculture et des produits dérivés des cultures. Comme les Droits des éleveurs soutiennent précisément les systèmes qui utilisent des races locales et des aliments locaux, il me semble qu’ils constituent également une approche importante pour la sécurité alimentaire.
 
Mes questions sont les suivantes :
1.    Êtes-vous d’accord qu’il est plus important pour la sécurité alimentaire mondiale de soutenir les petits exploitants, les agriculteurs-éleveurs et les éleveurs dont le bétail utilise principalement des terres marginales plutôt que des producteurs commerciaux qui produisent de grandes quantités de protéines animales bon marché à partir de races et d'aliments importés ?
2.    Si la réponse est «non», quelles sont les options de moyens d'existence pour les communautés marginales?
3.    Si la réponse est «oui», les Droits des éleveurs sont-ils un concept utile pour renforcer la sécurité alimentaire et comment les généraliser en tant que principes globaux de développement du bétail contribuant à la sécurité alimentaire au lieu de la saper?
4.    Comment devons-nous traiter les systèmes de production gros consommateurs d’intrants qui dépendent de matériel génétique et d’aliments importés ? Avons-nous besoin d’un mécanisme de politique pour les contrôler et les mettre à jeu égal avec la production de bétail à petite échelle plus extensive, aujourd’hui négligée et marginalisée ?

J’espère sincèrement que ces questions susciteront un débat animé. Nous utiliserons vos contributions dans notre travail de plaidoyer et dans le document d’orientation en préparation en vue de la Convention sur la diversité biologique 2010 de Nagoya, où nous avons l’intention de soulever la question du bétail et de la biodiversité.

Je vous remercie tous à l’avance de vos contributions.

Ilse

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