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21.04.2011 - 15.05.2011

Gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire; les dispositifs actuels sont-ils adaptés a la tâche?

La page sur la sécurité alimentaire du site de la « Global Donor Platform for Rural Development » indique :

Réforme urgente de la gouvernance mondiale. La gouvernance mondiale actuelle des systèmes agricoles et alimentaires est en déroute et incapable de répondre efficacement à l'évolution du contexte et de relever les nouveaux défis. http://www.donorplatform.org/activities/food-security (cliquer sur Challenges [texte en anglais]).

Cette déclaration très brutale invite à la discussion.

L’émergence de plusieurs nouvelles institutions et initiatives visant à renforcer les capacités mondiales à répondre à ce type de situations a fait partie des conséquences de la crise des prix alimentaires de 2007/2008. Elle impliquait que les institutions internationales existantes (FAO, PAM, FIDA et beaucoup d'autres) ne possédaient ni le pouvoir ni les capacités ni les ressources pour répondre à ce type de crises.
Ces nouvelles institutions et initiatives sont les suivantes :
 

En outre, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) a été réformé et constitue désormais « la principale plate-forme internationale et intergouvernementale ouverte œuvrant pour l’élimination de la faim » http://www.fao.org/cfs/cfs-home/fr/

Avec son Panel d'experts de haut niveau, le CSA a également été qualifié de « composante centrale du nouveau Partenariat mondial pour l'agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition (GPAFS) », dont il constitue le bras politique et scientifique et le GPAFS le bras financier. Le Comité réformé a commencé à travailler sur plusieurs sujets importants, dont l’instabilité des prix alimentaires et les directives volontaires relatives aux régimes fonciers. Il est également en train de préparer un cadre stratégique mondial qui « visualisera ses responsabilités et ses actions futures ». Ce cadre devrait être terminé en 2012.
On trouvera une description plus complète de ces entités dans la Mise à jour du cadre global pour l'agriculture (UCFA) rédigé par l’Équipe spéciale de haut niveau sur la crise mondiale de la sécurité alimentaire en septembre 2010 .

L’année dernière, dans le numéro 5/2010 de Rural 21, nous avons signé un article intitulé « Towards global governance of food security » (vers une gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire). Nous y passions brièvement en revue la scène institutionnelle mondiale et suggérions d’en évaluer l’efficacité par rapport à trois critères simples:

« [Les institutions] peuvent-elles :

  1. prévenir de nouvelles crises alimentaires et atténuer leur impact sur la consommation de nourriture des pauvres ?
  2. garantir que tous les pays tiennent leurs engagements à diviser la faim par deux d’ici 2015 ?
  3. assurer un leadership dynamique conduisant à l’éradication durable de la faim dans le respect du droit à une alimentation adéquate? »

Notre évaluation a conclu que soit individuellement que collectivement, les nouvelles structures risquent des résultats décevants dans les trois cas. L’une des raisons principales c’est qu’aucune n'a reçu l’autorité d’agir efficacement sur l’un des points ci-dessus, en dépit de leur importance indéniable pour l’humanité.
Cette conclusion peut sembler une évaluation sans concession du système de gouvernance mondial actuel. Et être même considérée prématurée puisque les institutions nouvelles et réformées ont besoin de davantage de temps pour apporter la preuve de leur efficacité. Néanmoins, nous avons pensé qu’il pourrait être utile et opportun de donner le coup d'envoi d'une discussion entre les membres du FSN sur le type d'institutions mondiales requises pour répondre positivement à ces 3 questions.
Notre intérêt n’est pas théorique, mais très pratique car des vies sont en jeu.
Notre première question est inspirée par le fait, qu’à notre avis, il existe une forte probabilité de survenue d’une crise alimentaire beaucoup plus grave que celle que nous connaissons actuellement et que le monde devrait être convenablement s’y préparer afin d’éviter une situation de famine de masse dans les pays pauvres alors que les pays riches continueraient dans la voie de la surconsommation alimentaire.
Notre deuxième question est venue du fait qu’en dépit de la baisse des prix de la nourriture et de la disponibilité d’une grande quantité de nourriture dans le monde, le nombre de personnes souffrant de faim chronique est demeuré très important.
Avec notre troisième question, nous soutenons qu’en l’absence d’un dispositif international doté de ces pouvoirs, la sécurité alimentaire mondiale et la vie de millions de personnes courent un grave danger. Dans ce contexte, nous proposons de lancer un dialogue en 3 parties au cours des semaines à venir, avec le plan suivant.

Semaine 1. Quels sont les principaux services que doit assurer un système de gouvernance alimentaire mondial adéquat ?


Semaine 2.
Dans quelle mesure et avec quelle efficacité sont-ils dispensés actuellement par les institutions existantes ?Existe-t-il des chevauchements ?Où se situent les gros écarts ?

Semaine 3. A quoi devrait ressembler un système de gouvernance mondial capable d’assurer une offre adéquate, sûre et permanente d’aliments à l’ensemble de l’humanité ?Quels sont les principaux problèmes à résoudre et quelles institutions pourraient mettre un système adéquat en place ?À travers quels processus le système nécessaire pourrait-il émerger ?

N'hésitez pas à sortir du cadre proposé si vous avez envie de traiter les questions dans un ordre différent. Suggérez également d’autres liens ou d’autres sources d’idées pertinentes. Et invitez des personnes extérieures au Forum FSN à donner leur avis.
Andrew modérera la discussion et produira un résumé des points principaux à la fin de chaque semaine. Il pourra éventuellement apporter ses propres idées au débat de temps en temps. Hartwig résumera les principaux résultats sous la forme de « Réflexions » à l’issue de la discussion. Nous espérons que cela servira de contribution informelle constructive à l’exercice de réflexion stratégique auquel le CSA va consacrer de plus en plus de temps au cours des mois à venir.

Nous ne travaillons ni l'un ni l'autre pour la FAO. Par conséquent, c’est à nous, et non aux organisateurs de cette discussion, qu’il faut reprocher de soulever un sujet très sensible, mais qui mérite à notre avis un débat ouvert !
Nous attendons avec intérêt un échange de vues franc et constructif.

Andrew MacMillan et Hartwig de Haen  

Cette discussion est fermée. Contactez fsn-moderator@fao.org pour tous renseignements.