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Deuxième consultation du HLPE sur la volatilité des prix

La trente-sixième session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), tenue à Rome en octobre 2010, a sollicité au tout nouveau Groupe d’experts de haut niveau (HLPE) d’entreprendre une étude en vue de Ssa présentation à la trente-septième session du CSA, sur la volatilité des prix. Le présent document constitue la première version (V0) de cette étude. Elle a été préparée par une équipe de projet intégrée par Benoit Daviron (chef de l’équipe, France), Sophia Murphy (Canada), Niama Nango Dembele (Mali) et Shahidur Rashid (Bangladesh).

Depuis 2006, les cours internationaux des denrées alimentaires sont montés en flèche à deux reprises. La première hausse a été déclenchée par la crise financière mondiale. La seconde est toujours en cours. Le présent rapport vise à analyser les causes de cette nouvelle volatilité des cours internationaux des denrées alimentaires et ses conséquences pour les pays en développement en ce qui concerne le comportement des prix des produits intérieurs et la sécurité alimentaire de leurs populations vulnérables. Ce rapport propose également diverses options de politiques aux échelons international et national.

Nous proposons, au cours des prochaines semaines, d’établir un dialogue sur les thèmes et questions suivants :

Le rapport propose trois interprétations des hausses récentes des cours internationaux. La première interprétation définit les hausses des prix alimentaires comme un problème de « volatilité des prix agricoles », ce qui suggère implicitement que les prix élevés ne vont pas durer, et comme un problème quasi naturel et permanent des marchés agricoles. La deuxième interprétation attire l’attention sur l’existence de crises alimentaires mondiales périodiques (au cours des années 50, 70 et aujourd’hui) et signale que celles-ci peuvent être expliquées par le caractère cyclique des investissements agricoles. Enfin, la troisième interprétation reconnaît dans les hausses des prix actuelles le signe avant-coureur de pénuries à venir et durables sur les marchés agricoles.

  • Ces trois interprétations englobent-elles l’ensemble des causes possibles ? La distinction entre ces trois interprétations est-elle utile dans l’abord de la sécurité alimentaire ?

Les conséquences réelles de la volatilité des prix sur la sécurité alimentaire des populations vulnérables sont peu connues.

  • Quelles sont les sources originales qui pourraient être utilisées pour obtenir une évaluation de meilleure qualité et plus rapide de la situation actuelle de la sécurité alimentaire des populations vulnérables face à la volatilité des prix ? Quel type de politiques ou de cadres institutionnels est-il possible de mettre en place afin d’améliorer la connaissance actuelle ?

Pendant presque deux décennies, l’accès à des denrées alimentaires importées à des prix stables, dans de nombreux pays bien plus stables que les prix des produits locaux, a joué un rôle décisif pour la sécurité alimentaire des populations urbaines pauvres des pays en développement à déficit vivrier. Avec la hausse de la volatilité des prix internationaux, les populations urbaines ont perdu cette source de sécurité alimentaire.

  • Que doivent faire les instruments de politique visant à protéger les populations urbaines vulnérables afin d’assurer leur sécurité alimentaire ?

Les hausses successives des prix ont profondément érodé la confiance dans le commerce international des denrées alimentaires en tant que ressource majeure pour les populations vulnérables et la sécurité alimentaire nationale.

  • Quels devraient être les pas à suivre et les mesures de politique à adopter en vue de restaurer la confiance dans le commerce international des denrées alimentaires ? De quelle manière le rôle assigné au commerce international dans la sécurité alimentaire pourrait-il être reconsidéré ? Comment les questions de sécurité alimentaire pourraient-elles être incluses dans les négociations commerciales mondiales ?

De nombreux instruments ont été utilisés et peuvent être utilisés pour gérer la volatilité des prix et ses conséquences sur la sécurité alimentaire. Cependant, l’utilité d’un instrument déterminé, ou d’un ensemble d’instruments, dépend des spécificités de chaque pays (panier de consommation des ménages, importance des importations dans l’approvisionnement alimentaire national, capacité institutionnelle, etc.). Manifestement, les stratégies nationales de sécurité alimentaire doivent être adaptées à chaque pays. Quelle serait la meilleure manière d’élaborer de telles stratégies spécifiques à chaque pays ? Dans le rapport, il est proposé d’appuyer la préparation d’un Programme d’appui à la stratégie globale de sécurité alimentaire (CFSSSP), outre le Programme d’appui à la stratégie de réduction de la pauvreté (PSRP), afin de tenir compte de l’hétérogénéité spécifique de chaque pays en ce qui concerne la consommation-type, le profil commercial et la capacité institutionnelle à élaborer et à mettre en œuvre des programmes de sécurité alimentaire.

  • Quelles sont les autres stratégies ou expériences nationales pouvant être prises en compte dans l’élaboration d’une stratégie nationale de sécurité alimentaire?

Sur la base de cette consultation, l’équipe de projet va achever une nouvelle version (V1) du rapport pour fin mai 2011. Cette version (V1) sera soumise à l’examen d’experts externes. Une version éditée (V2) sera alors finalisée pour le 30 juin. Conformément aux dispositions des Règles et procédures applicables aux travaux du Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (article 32), avant sa publication, le rapport final devra être approuvé par le Comité directeur du HLPE. Cette instance est prévue pour juillet 2011, à l’occasion de la troisième réunion du Comité directeur du HLPE.

Nous remercions d’avance toutes les personnes qui contribuent à ce travail du temps consacré à la lecture et à la critique de ce rapport. Toute information ou référence complémentaire est la bienvenue. Nous espérons que la consultation sera riche et fructueuse.

Benoit Daviron (Chef d'équipe, France)
Sophia Murphy (Canada)
Niama Nango Dembele (Mali)
Shahidur Rashid (Bangladesh) 

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