Intégration de la sécurité alimentaire dans les processus de construction de la paix

27.11.2013 - 18.12.2013

Chers membres du Forum,

En 2010, le rapport sur L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde (SOFI) a estimé qu'il y avait plus de 160 millions de personnes sous-alimentées vivant dans des situations de crise prolongée. Le pourcentage de personnes sous-alimentées dans des situations de crise prolongée est environ le triple de celui observé dans d'autres contextes en développement et, plus la crise se prolonge, plus les résultats en termes de sécurité alimentaire sont désastreux. Plus nous reportons les interventions concrètes, plus le problème s'aggrave, comme l'a démontré la situation en Afrique. En 1990, 42 % des douze pays frappés par des crises alimentaires en Afrique avaient connu auparavant des situations de crise pendant huit ans ou plus sur une période de dix ans; pour 2010, le nombre total de pays frappés par une ou plusieurs crises alimentaires avait doublé, et 79 % d'entre eux avaient connu des crises prolongées.

Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) a lancé un processus de consultation pour élaborer un programme d'action pour combattre l'insécurité alimentaire lors des crises prolongées, qui sera soumis à l'approbation du CSA à sa quarante et unième session en 2014. Cette discussion virtuelle a pour but de contribuer à la rédaction du programme d'action sur la base de l’apport de ceux qui connaissent de plus près les situations de crise prolongée.

Dans cette discussion, nous allons aborder des thèmes comme 1) les liens entre l'insécurité alimentaire et la fragilité, y compris moyennant des évaluations de la fragilité ; 2) le rôle que la sécurité alimentaire et la nutrition peuvent jouer dans des états fragiles et touchés par des conflits, notamment dans le contexte spécifique des Objectifs de consolidation de la paix et de renforcement de l'état du New Deal ; 3) les rôles respectifs des gouvernements, des bases locales, de la société civile et des acteurs de l'aide du développement, et 4)  la manière de garantir la transparence et la pertinence moyennant une inclusion à grande échelle, y compris des groupes vulnérables et marginalisés, dans la prise de décision, la planification et le suivi.  

Cette discussion virtuelle requiert de votre expérience et de vos opinions pour pouvoir présenter au CSA un programme qui soit pratique et réalisable, et qui contribue à orienter la mise en oeuvre sur le terrain.

Le processus actuel d'élaboration du programme d'action reconnait l’existence de liens d'interdépendance très complexes entre le conflit et l'insécurité alimentaire  – les interventions de construction de la paix à différents niveaux sont considérées comme cruciales pour trouver une issue aux crises prolongées et pour garantir un environnement propice à la mise en place de systèmes alimentaires viables qui servent de base à la sécurité alimentaire et à la nutrition. La programmation en matière de sécurité alimentaire a en outre les retombées potentielles et crée des opportunités qui vont au-delà de la réponse aux problèmes de la faim et de malnutrition dans les populations touchées ; une amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition peut contribuer à la pérennité de l'effort de construction de la paix en renforçant la cohésion sociale, les capacités, la confiance, la légitimité, entre autres éléments. Ceci est toutefois compliqué par le fait que les avoirs relatifs à la sécurité alimentaire et agricole risquent de se transformer en moteurs de conflits et/ou en facteurs de multiplication des menaces. 

Les pays et les contextes caractérisés par des crises prolongées sont souvent accompagnés de problèmes de gouvernance, de carences en termes de capacités et de systèmes de base. Que ce soit comme cause ou comme effet, lorsque les gouvernements sont incapables de répondre aux besoins publics et de fournir des services de base, le risque de fracture est élevé. Lorsque des approches participatives et inclusives sont mises en place, les possibilités de renforcement des capacités techniques et logistiques du gouvernement, voire sa légitimité, sont considérables. Une attention particulière doit être accordée aux groupes marginalisés et vulnérables.

Il est admis depuis longtemps que la participation des femmes dans la résolution des conflits et dans la réhabilitation postérieure, ainsi que dans la création d'une paix durable est un mécanisme efficace et souhaitable[1]. Le rôle essentiel que jouent les femmes dans la sécurité alimentaire à l'échelle nationale et des ménages dans des situations d'après conflit passent par l'élimination de certaines barrières qui font obstacle à leur participation, telles que la violence et la crainte de violences qui freinent leur accès aux champs et aux marchés, ainsi que les restrictions sur les droits fonciers qui les empêchent d'hériter des terres et d'obtenir des crédits sur la base de cet héritage.

Pour que la sécurité alimentaire soit prise en compte dans le processus de construction de la paix, elle devra être intégrée d’emblée à l'analyse du conflit, qui devra examiner la situation des rapports de force, du ménage au niveau communautaire et de l'État. Ceci implique un développement qui ne soit pas seulement sensible aux conflits. Pour créer des environnements propices à la résilience des communautés et des sociétés, il va falloir adopter des engagements flexibles à long terme et appliquer de nouvelles approches dans le financement accordé dans ce type de contexte.

Nous vous invitons à participer activement à cette discussion virtuelle axée sur les questions présentées ci-après afin de garantir la pertinence et l'efficacité du programme d'action proposé. Il serait particulièrement utile, pour tous les acteurs concernés, de fournir des exemples de stratégies, de programmes et d'outils qui ont porté fruit afin d'illustrer ce qui fonctionne et qui est susceptible d'être adapté à d'autres contextes.   

  1. À la lumière de votre expérience, quels sont les principaux programmes et processus qui permettent d’intégrer la sécurité alimentaire dans les efforts de construction de la paix et de favoriser une implication appropriée de la part de tous les acteurs concernés ?
  1. Quel rôle la sécurité alimentaire et la nutrition peuvent-elles jouer dans des états fragiles et victimes de conflits, notamment dans le contexte spécifique des Objectifs de consolidation de la paix et de renforcement de l'état du New Deal, et quelle est la meilleure façon de prendre en compte les considérations de sécurité alimentaire et de nutrition dans les priorités du New Deal ?
  1. Qui devrait être tenu responsable des progrès accomplis en matière de sécurité alimentaire dans les contextes de crise prolongée et comment mesurer la progression dans la réalisation d’objectifs spécifiques ?

Alexandra Trzeciak-Duval
Diane Hendrick

[1] Dans sa Résolution 1325 adoptée en 2000, le Conseil de sécurité des Nations unies a reconnu les contributions sous-valorisées et le potentiel sous-utilisé des femmes dans la prévention des conflits, le maintien de la paix, la résolution des conflits et la construction de la paix .

 

Eileen Omosa UoA and CeBRNA, Canada
02.12.2013

Conflict causes food insecurity and food insecurity causes conflict. What do you as a development worker say when your conversation with a middle-aged man on their involvement in raids and violent conflicts receives this response “I worked within the only two options available, either sit at home and watch my children die from hunger or go out and get them food through whatever  means.” The quick response will be teas for two reasons: one, your heart has been touched, and two to get a quiet moment to reflect on your `office’ prepared document on how to manage an on-going conflict.

My contributions to this discussion will be done in stages and draw from my field- experiences working in the natural resources sector for over 10 years:

In relation to approach, I suggest the need to review our basis for development plans aimed at helping people involved in conflicts (natural resources related in this case) get out of the situation i.e. are the plans context-specific or one size fits all? Drawing on my work with communities in the Karamoja Cluster (neighbouring communities in Ethiopia, Kenya, Uganda and SSudan), I got to learn of the need for a good grasp of issues/reality on the ground. These include the existing methods used by local people to share scarce natural resources (pastures and water in this case), analysis of existing  policy (Local, State and international) on the role of local communities in the management of natural resources and sharing of accrued benefits. The objective of such a process will be to use the `reality’ on the ground as the basis on which to develop guidelines to be used by development agencies working with particular communities on the management of natural resources-based conflicts with the objective of attaining food security.

On methods for sharing the scarce natural resources e.g. pastures and water for livestock which in turn provide for food and cash security: There is need to accept that some of the on-going conflicts have been there for generations, what has changed is the frequency and magnitude of casualties, partly explained by access and use of automatic weaponry. Talking to people from the different communities involved in the conflict, one will come to a realization that these communities have always had well-understood structures/organizations to guide access and the sharing of natural resources.  Some of the arrangements involved the formation of alliances to share available resources available in different locations or lands held by different communities, and sometimes alliances to forcefully access required resources. Most of these traditionally managed arrangements have changed with changes in diversity and size of populations, climate change and shifts in seasons and location of resources, and the introduction or effecting of arbitrary borders that end up restricting the seasonal movement of people and livestock.

Approach: Such a situation would call for the formation or strengthening of local cross-border (community, regional, national, international) arrangements for resource sharing. Experience taught me that because local people know their history, especially in terms of who is a `seasonal’ friend, a long-term friend and a long term enemy, they are best placed to develop cross-border networking/collaboration strategies. They could do with outside facilitation in the mobilization of stakeholders and information sharing sessions.

The successful formation of cross-border networks/collaboration for sharing natural resources is a long-term process involving detailed consultations within and across communities. Within communities and households, consultations would call for an understanding of the nature of assets and decision-making. For example the perception of an outsider might be that conflicts are started by men because they are the ones who participate in actual fights. However, interactions and discussions with community members as men, women, elders and children could reveal that men from particular communities cannot participate in a violent conflict without blessings from women or elders. A seemingly minor but very critical factor in efforts put towards the transformation of conflicts and peacebuilding.

My suggestion: The need for gender and stakeholder analysis to identity the bundle of rights held by different people to a resource, and existing modalities for access to the resource. Analysis to identity existing resources/assets held by the households, with the objective of facilitating them to diversify their livelihood strategies either by adding value to their local resources or moving away from dependency on natural resources. The need to share information and lobby concerned governments to separate reality from politics i.e. respect the cross-border movements as traditional ways of accessing seasonal natural resources and not a sign of `non-committed citizens’.

The picture of a well-managed conflict: Local people are able to visit their farms, cultivate and harvest food crops without fear of attacks or losing their crop to thieves. Local people travel to and from markets without having to surrender their merchandize or cash to armed attackers. Families in need are able to reach to their social relations and networks to receive food items, etc.

https://mail.google.com/mail/u/0/images/cleardot.gif

 

02.12.2013

Health-Food Security and Conflict all go hand in hand. Managing, mitigating resources, equity, gender role reversal are some issues to address them. The misconception that developed nations are free from hunger is far from truth. Local food culture development, healthy eating initiatives over spending on health should be envisioned from early school education. Training child care profesonals, health care aides and others to realize the value of good eating and adopting them should be promoted, evaluated and encouraged.

Food waste, the worst of all evils, should find top spot in the list of vices, if we are to feed the hungry billions. Filled bellys and busy brains will find something else to do rather than go and snatch someone else's resources. History, that have praized mideveal era "heros" should again be rewritten and taught critically for exposing the greed, conspiricy and plights those invasions/wars cost.

Krishna Kaphle Tribhuvan University, Nepal
02.12.2013

Dear Moderator,

Thank You for the initiative and role in conducting such an important issue for discussion. Please find attached my comments in the PDF file. 

Best regards

Krishna Kaphle, PhD

Acting Campus Chief
Associate Professor and Student Welfare Chief
Head of  Department of Theriogenology

Institute of Agriculture and Animal Science, Tribhuvan University
Rampur, Chitwan, Nepal

 

Gunasingham Mikunthan University of Jaffna, Sri Lanka
29.11.2013

The programmes on food security to a peace-building process should be develped to the participation of all families affected and there should be consideration to get the reasonable share to feed the family members initially through access to relief materials but later to support them to produce their minimal food. These vaulbarable groups have to be taken care their family welbeing otherwise they could be utilized by anyone.

Those families could be grouped and the task should be given to the members by providing starter materials. They could be educated/trained then and there and let them come out this tragedy of shortage of food materials.

As I mentioned, people under the conflict areas are vulnarable to the availability of food, nutrient supplement and income generation. This could be considered seriously and programs should be developed to admire them and to support them to come out possible solutions. Solutions already taken in a different place may not work rather, decisions should be taken with the concern of the active members in the village. Appropriate representation would help to design most appropriate mechanism to do the changes

All state and non state sectors are  responsible for the sufferings and all stackholder is into your decision making but the members should get a wonderful exposure

Pat Heslop-Harrison University of Leicester, United Kingdom
29.11.2013

"Countries and contexts in protracted crises are often accompanied by poor governance, weak capacities and a lack of basic systems."

How about adding "or rapid population growth" to this sentence? Many countries have 'basic systems' and 'capacities' which in absolute terms have improved enormously in this century, but relative to population have declined. For example, will anybody be evaluating formally whether the tragic events in the Philippines would have had a different outcome with a population less than 80 million (2000) compared to 100 million now (2013)? Has infrastructure and planning improved in this time but been overwhelmed by extra pressures from population growth?