S’attaquer à l’insécurité alimentaire dans les crises prolongées: Comment renforcer la résilience

17.06.2013 - 12.07.2013

Commentaire final de Malcolm Ridout - 17.07.2013

Cette synthèse fait le point des mesures concrètes à adopter pour accroître la résilience proposées durant la consultation. Ces propositions serviront à dégager des suggestions pour l'action future.

Les commentaires formulés durant la consultation soulignent que le renforcement de la résilience dans les crises prolongées n'est pas un processus linéaire. La dynamique qui précipite les populations dans les crises est multidimensionnelle: la pénurie de ressources naturelles, le changement climatique, les conflits, l’augmentation de la population et les facteurs économiques sont autant d'éléments qui interagissent d'une façon qui est souvent propre à chaque situation, voire même à chaque personne.

La prestation de l’aide humanitaire aux populations touchées par les crises fait déjà l’objet d’une gestion efficace mais ce soutien est onéreux et ne contribue guère, voire pas du tout, à préparer les gens à affronter la prochaine crise. Il existe également une somme d'expertise et de connaissances sur les différentes manières de renforcer les moyens d'existence des populations face à certaines menaces spécifiques (améliorations agricoles, protection sociale, diminution des conflits, réduction de l'exclusion sociale, création d'opportunités économiques, etc.).

Mais l'intégration entre les interventions humanitaires et les investissements à plus long terme laisse encore beaucoup à désirer; ces deux processus sont généralement encadrés dans des projets qui ne s'adaptent pas facilement à l'évolution des circonstances ou aux besoins de certains groupes de la population.

Les participants à la consultation ont formulé des suggestions concrètes sur des mesures qui pourraient et devraient être adoptées de façon immédiate pour accroître la résilience.

  1. Réaction rapide aux signaux d'alarme. Le rapport coût-efficacité est très bon en cas d’intervention précoce.
  2. Mise en œuvre de programmes qui peuvent être rapidement améliorés et qui permettent une réaffectation des fonds pour apporter une aide immédiate en cas de besoin.
  3. Envisager la réalisation d'investissements à long terme, dans le cadre de programmes soutenant les moyens d'existence et permettant de fournir une aide directe à ceux qui sont précipités dans une crise.
  4. Abattre les cloisonnements entre projets et sujets en termes de conception et d'action. Renforcer la résilience dans tous les capitaux liés aux moyens d'existence, ce qui n'est pas une tâche facile.

Les objectifs présentés ci-après sont inférés des observations des cas de succès et d’échecs dans le traitement des crises prolongées. Leur mise en oeuvre risque d'être encore plus difficile. Les participants à la consultation ont également fait ressortir certaines difficultés pratiques pour parvenir, de façon sûre, à développer la resilience.

  1. L'expérience passée n'est pas le meilleur des guides pour l'avenir. Nous savons que les niveaux et les styles actuels d'actions ont été insuffisants pour atténuer l'impact des crises prolongées.
  2. Nous ne nous sommes pas dotés des moyens nécessaires pour prédire la résilience générale des communautés. Il est assez facile de définir la résilience face à certaines menaces spécifiques, mais il est beaucoup plus complexe de savoir comment les communautés vont pouvoir réagir à des menaces multiples dans l'avenir. La résilience peut être perçue comme une « qualité » générale, mais il est très difficile de mesurer cette qualité et donc de prédire le succès de programmes pertinents.
  3. La mesure sera donc un élément essentiel pour s'assurer de trouver l'échelle appropriée. Si nous investissons trop peu en renforcement de la résilience, cet effort risque d'être inefficace  et ne va pas nous dispenser de la nécessité d'effectuer des interventions humanitaires réitérées.

Compte tenu de tous ces éléments, il est possible de formuler certaines suggestions pour l'action politique future:

  1. Mettre en place des programmes à long terme pouvant s'adapter aux circonstances et passer au soutien humanitaire si besoin est. Ceci impliquerait l’élimination de toute barrière administrative artificielle entre les budgets humanitaires et du développement.
  2. Investir pour mieux comprendre et mesurer la résilience. Ceci impliquerait d'estimer l'échelle des réponses requises pour en assurer l'efficacité. Pour convaincre les décideurs politiques d'investir, ceux-ci doivent être raisonnablement convaincus qu’un certain degré de résilience sera obtenu.
  3. Les programmes destinés à renforcer la résilience ne doivent pas seulement accroître leur couverture pour réagir à certains chocs mais aussi s'adapter aux circonstances. Cette approche est en totale contradiction avec les projets à planification centrale. Un investissement accru au niveau de la prise de décision communautaire et des gouvernements locaux pourrait contribuer à une programmation informée et adaptée aux circonstances.

 

Introduction de Malcolm Ridout - 17.06.2013

Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA)  a lancé un processus consultatif de deux ans pour mettre au point un programme d'action visant à s'attaquer à l’insécurité alimentaire dans les crises prolongées. Cette discussion virtuelle est l'une d'une série de débats que nous aurons pour aborder certaines questions fondamentales et déterminer comment améliorer la sécurité alimentaire dans les situations de crises prolongées.

Nous souhaitons avoir votre avis sur la façon de renforcer la résilience dans les crises prolongées; cette discussion vous donne l'occasion de nous parler de vos actions, principes, recommandations et bonnes pratiques.

Finalement, le matériel de cette discussion contribuera à informer et à façonner le Programme d'action pour lutter contre l'insécurité alimentaire qui sera soumis à la considération du CSA en 2014.

Les débats menés sur la résilience ont déjà conduit à plusieurs types de définitions. Bien que variables, les caractéristiques de la résilience de pays, communautés et personnes confrontées à des crises prolongées présentent généralement deux éléments communs. 1) la capacité de faire face aux chocs, et 2) la capacité de s'adapter aux changements de circonstances.

Toutefois, le problème ne réside pas vraiment dans la définition de la résilience. La plupart des praticiens savent reconnaître les cas de résilience quand ils les voient. Le plus difficile est de pouvoir prédéterminer quels types de politiques et des programmes sont susceptibles de produire cette résilience, même si les aléas et leurs effets précis sont, quant à eux, difficiles à prévoir.   

Il existe déjà un grand nombre de données relatives au type d'activités susceptibles d'accroître la résilience à certains chocs spécifiques: la conservation du sol et de l'eau, la protection sociale, le bon fonctionnement des marchés, l'éducation et les services de santé ne sont que quelques-uns des éléments constitutifs de la résilience. Même si les décideurs ont souvent une idée assez précise des types d'aléas qui vont probablement se produire, les crises prolongées continuent d'abonder dans le monde. Lorsque les personnes perdent peu à peu leur capacité de maintenir leurs moyens d'existence sous le coup de chocs réitérés, elles ont très peu de chances, voire aucune, de sortir de l'extrême pauvreté dans laquelle elles sont plongées. Devant une telle souffrance, la communauté mondiale réagit en apportant une aide humanitaire très nécessaire. Cette réaction est coûteuse et condamnée en définitive à l'échec en tant que réponse de longue durée car elle ne contribue en rien à la reconstruction des moyens d'existence qui permettront d'assurer une résilience à l’avenir.   

Cette discussion virtuelle a pour but d'aborder ce “problème épineux” que représente la construction résolue de la résilience dans le contexte de crises prolongées. Nous aimerions réunir des informations sur les mécanismes performants, ainsi que sur la façon dont les stratégies et les mesures peuvent être appliquées sciemment pour favoriser le renforcement de la résilience. Nous aimerions aussi recevoir quelques recommandations pratiques sur la façon d'agir différemment dans l'avenir.

Pour résoudre ce problème, nous devons clairement nous baser sur une série de preuves résultant de l'application de programmes individuels qui peuvent s'avérer efficaces dans un secteur particulier (par exemple, la protection sociale). Tout en tenant compte de ces résultats, cette discussion va devoir également chercher à déterminer comment l'action, ou un ensemble d'actions peut favoriser une résilience de qualité aux chocs futurs connus et inconnus. Nous attendons des suggestions pratiques s'appliquant à des domaines qui sont actuellement vulnérables aux crises récurrentes ou qui connaissent une situation de crise prolongée.

Nous espérons donc votre contribution à cette discussion. Qu'avons-nous appris jusqu'à présent ? Quels sont les « défis majeurs » pour construire la résilience dans les régions frappées par les crises prolongées ? Comment choisir les stratégies les plus pertinentes pour chaque situation ?

À la lumière de vos connaissances et de vos expériences, veuillez répondre aux questions suivantes:

  • Quelles sont les stratégies qui ont donné les meilleurs résultats dans la construction de la résilience ? Comment construire la résilience de manière générale ou faut-il construire cette résilience face à un type de chocs (connus) ?
  • Quels sont les types de programmes qui ont servi à améliorer la sécurité alimentaire dans les crises prolongées ?
  • Comment savoir si nous sommes sur la bonne voie pour construire la résilience ? 
  • Comment prédire et quantifier à l'avance les effets des mesures appliquées dans différents secteurs ? Est-ce nécessaire ?
  • Comment expliquer les résultats mitigés obtenus jusqu'à présent ?
  • Est-ce uniquement une question d'échelle ? Faut-il tout simplement appliquer des programmes plus vastes ? Pouvons-nous en assurer le coût ?
  • Les facteurs démographiques et écologiques sont probablement les facteurs les plus prévisibles et ceux qui auront le plus grand impact sur la résilience dans l'avenir - comment nous y préparer ? Pouvons-nous prédire les conséquences de mesures inadéquates ? Devrions-nous tenter de prédire ces conséquences ?

J’espère recevoir bientôt vos commentaires et vos contributions, et je souhaite que notre discussion soit fructueuse et contribue à la recherche de solutions créatives. Merci d'avance de vos réflexions et du temps que vous allez consacrer à cette discussion.

Malcolm Ridout

Abbas Rahi Iraqi Organization for Rehabilitating society and Environment , Iraq
17.06.2013

I  trust this e-discussion will make a significant contribution to understanding the problems and conflicts . Iraq consider one of the countries suffer address food insecurity in protracted . My thoughts includes two main factors its Interiors and Exterior ….

Despite the existence of several definitions of the concept of  "Resilience "   but everyone agreed to the principle of the ability of societies to adapt to overcome the crisis , But I see the Resilience  or stability comes from two main factors:

First: Internal factors:

We must Study the roots of the problem and is done through a deal with the internal factors that affect the affected community, which is suffering from crises and  food insecurity in protracted crisis as limited  planning, local government and the absence of strategies, long-term and the presence of some cultures the wrong community, war and its consequences which are still people suffer from non-ways  use modern scientific irrigation, agriculture and boost agricultural investment and economic contributed directly to the continuation of this crisis.
   
Proposals and Recommendations
1 - promote agriculture through the establishment of banks agricultural to provide financial grants interest-free and have repayment periods long-term development of agriculture and support during crises as is the case in Iraq, where the government has exempted farmers to pay their debts to Bank of Iraq's agricultural or compensate farmers financially because of the floods that occurred this year 2013
2 - Develop a long-term strategy through a joint collaboration between farm associations (agricultural) and the Ministry of Agriculture, Planning and Finance
3 - Use of modern scientific methods of agricultural machine and irrigation and the provision of agricultural pesticides and fertilizers at subsidized prices by the government
4 - Establishment of centers for agricultural research and supported by the government and the emphasis on the protection and preservation of the environment and work to support and activate the concept of environment and sustainable development
5 – Changing  some local laws to support the agricultural sector and to encourage agricultural investment.
6 - develop joint strategic plans to support the agricultural sector and education and health in country sides  and to focus on the role of women in rural development
7 – Must be changing  some  wrong  cultures in local communities  which  uses bad water and agricultural  harvest and sale of agricultural land to do instead of housing or markets, which led to reduced rates of agricultural land as it is now in Iraq
8 - opening new markets for the export of agricultural crops to encourage small farmers to modern agriculture
9 -  Establishment of peasant associations for the defense of the rights of farmers and their causes.

Second: External factors:

Here  , all the responsibility of the international community to support countries that suffer from food insecurity and the continued crisis, where the absence of global peace and security have a direct impact on the local development of the countries and the continuing crises and  then a new countries are affected by this crisis.

Proposals and Recommendations
1 -  The occupying powers have direct responsibility for these crises, so it must do its legal and moral responsibility in the direct contribution to alleviate the suffering and crises that cause food insecurity.
2 - Create internationalist Bank called "Bank food security", for example, contribute to the rich countries and the occupying powers to finance projects through:  
A - to alleviate the suffering of the local population through the rapid delivery of humanitarian aid and programmed "is not a reaction to a certain position and then stops"
B - Develop a long-term strategy to support local governments in those countries for the development of agriculture and the establishment of agricultural banks and urged countries to agricultural investment, with an emphasis on environmental protection
C - To help the local community to develop its ability through literacy programs and the establishment of agricultural institutes and their involvement in training courses and conferences.
D - Support regional cooperation for countries that have common interests in conflict  areas, Such as, solve the water problem between Iraq - Turkey and Syria through the signing of a cooperation agreement.

Abbas Rahi                                                              
Director of : Iraqi Organization for Rehabilitating society and Environment