Re: Addressing food insecurity in protracted crises: Resilience-building programming

Equipe FAO-REOWA FAO - Bureau sous régional des urgences et de la réhabilitation ...
26.06.2013

Les cinq  pays qui répondent aux critères de crise prolongée définis par la FAO dans le rapport de 2010 en Afrique de l’Ouest sont: Cote d’Ivoire, Guinée, Liberia, Sierra Leone et Chad. Ces pays sont caractérisés par le fait que « une partie signifiante de la population est extrêmement vulnérable à la maladie et à la détérioration  des moyens d’existence sur une période de temps prolongée »[1].  Les pays du Sahel connaissent depuis les années 90 une augmentation de la fréquence des sécheresses qui s’est traduite en une détérioration  des principaux moyens d’existence aboutissant à une situation de vulnérabilité chronique dont les effets peuvent s’assimiler à ceux d’une crise prolongée.

Dans une situation ou les moyens d’existence d’un groupe ont été fragilisés sur le long terme, les effets d’un nouveau  choc, quelque soit son intensité, ont des conséquences dévastatrices sur les ménages vulnérables. Dans ce contexte, préserver les actifs face au risque constitue un point prioritaire pour un renforcement de la résilience, notamment pour permettre aux agriculteurs, éleveurs et agropasteurs vulnérables de produire leur propre nourriture et générer des revenus essentiels à leur autonomie. L’analyse des causes immédiates et sous-jacentes de l’insécurité alimentaire, la prévision des dangers et l’alerte précoce des décideurs sont cruciales pour garantir la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations vulnérables. Le renforcement des systèmes d’alerte précoce nationaux pour une analyse de la situation de sécurité alimentaire plus fine se sont avérés de première importance lors de la crise alimentaire et nutritionnelle qui a affecté le Sahel en 2012. Une meilleure information permet aux ménages et aux dirigeants de prendre des décisions qui peuvent réduire l’impact de la crise sur les moyens d’existence, afin que le processus de renforcement de la résilience ne s’interrompe pas. Raison pour laquelle la FAO(, à travers son Bureau Sous régional des Urgences et de la Réhabilitation - Afrique de l’Ouest/Sahel - REOWA), participe activement au suivi de la sécurité alimentaire avec ses partenaires.

Comme l’a si bien dit Senait Regassa,  bien que le processus de renforcement de la résilience doive être un processus endogène, le acteurs exogènes ont toutefois un rôle important à jouer dans sa facilitation. Gouvernement et acteurs de développement doivent prioriser le renforcement de la résilience et travailler ensemble pour atteindre ce but. Un bon exemple vient du Sénégal, qui est entrain de définir sa stratégie nationale de résilience et compte sur ses partenaires pour faire face à ce défi. L’atteinte d’une certaine résilience face aux chocs nécessite de combiner le renforcement des moyens d’existence, la gestion des risques de catastrophe et des mesures qui tiennent en compte le changement climatique pour faire face aux causes sous-jacentes de la vulnérabilité. Ces trois secteurs incluent une vaste palette de thématiques  qui requière une approche coordonnée multisectorielle du renforcement de la résilience, permettant de couvrir les différents aspects qui consentent de bâtir une capacité d’adaptation face aux chocs. Sur ce plan, au Sahel, les différentes agences des Nations Unies ont mis en place une task force sur la résilience qui a pour but de servir de point de rencontre entre les différents secteurs afin de définir les synergies nécessaires pour faire avancer l’agenda de la résilience. Plus concrètement la FAO et le PAM ont décidé d'unir leurs efforts dans la réduction des risques de catastrophe et des approches de gestion pour réduire la vulnérabilité aux risques de catastrophe dans cette région à travers l’élaboration d’une feuille de route conjointe.

D’un autre coté, le problème de mise à l’échelle des actions de renforcement de la résilience passe par un grand nombre de facteurs, parmi  lesquels les mécanismes de financement bipolarisés entre l’urgence et le développement constituent un enjeu majeur. Actuellement, la plupart des acteurs ont axé leurs interventions  dans la réalisation de projets pilotes pour le renforcement de la résilience et les résultats de ces actions ne sont habituellement pas correctement diffusés. C’est sur la base de capitalisation et diffusion de bonnes pratiques que la mise à l’échelle de la résilience pourra survenir. La réalisation par REOWA d’un atelier de capitalisation des expériences liées à la préparation et réponse à la crise du Sahel de 2012, ainsi que la participation à l’atelier URD sur la résilience ont permis de mettre en avant les bonnes pratiques réalisées dans la région. Plusieurs activités ont été définies comme pouvant contribuer à   l’amélioration de la résilience face aux chocs climatiques et à la perturbation des marchés qui affectent périodiquement le Sahel. Entre les actions qui ont fait la différence en termes de résilience nous pouvons citer les systèmes de warrantage, les jardins maraichers, la production de fourrages ou le système de crédit rotatif de bétail entre autres. Plus de détails sur ces bonnes pratiques peuvent être consultés dans les fichiers en annexe.


[1] A. Harmer and J. Macrae (eds). 2004. Beyond the continuum: aid policy in protracted crises. HPG Report 18.

London, Overseas Development Institute.