Ebola et sécurité alimentaire et nutritionelle en Afrique de l’Ouest: faire face aux défis

jusque 10.11.2014

La présente consultation en ligne est initiée par la Plateforme des Alliances contre la faim et la Malnutrition de l’Afrique de l’Ouest en lien avec le Forum FSN en Afrique de l’Ouest. Elle vise à lancer le débat sur Ebola et la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest pour recueillir des propositions de stratégies dans le but d’anticiper une crise alimentaire et nutritionnelle généralisées dans les prochains mois en Afrique de l’Ouest.

L'épidémie d'Ébola (cliquer ici pour en savoir plus) a été officiellement déclarée le 22 mars 2014 en Guinée, elle a atteint quatre autres pays (Liberia, Nigeria, Sierra Leone et Sénégal), a touché plus de 8.000 personnes et a causé plus de 4.000 décès.

La communauté internationale a sous-estimé l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest tant elle menace la sécurité et les bases fragiles de la société et de l’économie de toute une sous-région à cause de la porosité des frontières, des habitudes alimentaires, cultuelles et culturelles puis de l’intégration poussée des communautés dans l’espace.

Ebola en plus d’être un problème de santé et de société est devenu une menace à la sécurité alimentaire et à la croissance. L'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), alarme sur le risque de pénuries alimentaires  au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. La sécurité alimentaire de ces pays, selon la FAO, est menacée par le manque de main d'œuvre, l'arrêt du commerce transfrontalier et les pénuries dues à la maladie. Depuis que des zones de quarantaine ont été mises en place et que des restrictions aux déplacements ont été ordonnées dans ces pays, alerte Bukar Tijani, Représentant régional de FAO pour l’Afrique, « l’accès à la nourriture est devenu un grave problème pour beaucoup d’habitants des trois pays concernés et leurs voisins ».

Les pays touchés pâtissent déjà de pénuries de denrées alimentaires et d’eau potable et d’un effondrement de l’économie causé par l’interruption des échanges, des vols commerciaux et des travaux de récolte, en raison de l’épidémie. Les troubles sociaux, le chaos et les exodes engendrés entraînent une nouvelle propagation du virus.

Selon la FAO, Ebola menace sérieusement la récolte en Afrique de l'Ouest. L'agence spécialisée de l'ONU a lancé "l'alerte spéciale" pour la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, les trois pays les plus touchés par Ebola. Les campagnes agricoles du riz et du maïs seront particulièrement affectées. Les pénuries alimentaires et les flambées des prix seront à craindre dans les prochains mois. Dans un communiqué, la FAO indique que « les restrictions aux déplacements des personnes ont sérieusement limité le mouvement et la commercialisation des aliments ». Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une opération d'urgence à l'échelle régionale prévoyant quelque 65.000 tonnes de nourriture en faveur d'1,3 million de personnes.

« Même avant l'épidémie d'Ebola, les ménages de certaines zones touchées consacraient jusqu'à 80 pour cent de leurs revenus à la nourriture », a indiqué Vincent Martin, Chef du Réseau de résilience de la FAO basé à Dakar, qui coordonne l'intervention de l'Organisation. « Avec ces dernières flambées des prix, ils ne peuvent plus du tout se permettre d'acheter d'aliments. Cette situation pourrait avoir des retombées sociales susceptibles d'entraîner de fortes répercussions sur les mesures de confinement de la maladie ».

Selon la Banque mondiale, l'Afrique de l'Ouest battait tous les records des prévisions de croissance pour 2014 et 2015 hypothéqué dans les trois pays les plus touchés par le virus: le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Cela représente une perte de revenus de 359 millions de dollars. Pour la sous région, c'est beaucoup. « L'impact est déjà mesurable en terme de perte de production, de hausse du déficit fiscal, d'inflation en hausse, de baisse du revenu réel des ménages et de plus grande pauvreté », précisent les experts de la Banque mondiale.

Indirectement, c'est l'économie tout entière de ces pays qui est menacée. Le commerce, les transports, l'hôtellerie, la construction… sont touchés.Les experts de la Banque mondiale évoquent l'impact indirect lié aux réactions de peur, de panique ou du principe de précaution des agents économiques.

Des actions immédiates doivent également être mises en place pour éviter une potentielle crise alimentaire et nutritionnelle à court à moyen et à long terme dans la sous-région.

Questions aux participants :

1. Quels sont les risques qu’encourent l’Afrique de l’Ouest en ce qui concerne l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et quelles catégories de personnes seront les plus touchées ? Justifier votre réponse.

2. A cause d’Ebola, les populations ne peuvent plus prendre les viandes de brousse parce que ces animaux sont les vecteurs à risques et les habitudes nutritionnelles doivent changer pour fortement diminuer les risques de contamination. Actuellement, une rué et  une forte pression sur le cheptel élevé rendent prohibitif l’accès à la viande. Il faut au plus vite proposer des voies pour accéder à la viande aux populations. Quelles propositions faites-vous ?

3. Quelles conséquences le risque de contamination de la maladie peut avoir sur la chaîne de production agricole, d’élevage, de pêche, de transformation des produits agricoles, de transport des zones de production vers les grands centres de consommation que sont les villes ?

4. Le chômage consécutif à la fermeture des entreprises pour cause d’Ebola ainsi que d’autres dommages collatéraux auront des effets sournois qui ne feront que ralentir les efforts et moyens de lutte mais aussi laisseront des traces sur l’économie. Du coup l’insécurité alimentaire et la malnutrition prendront une ampleur difficile à maîtriser dans la sous-région. Pouvez-vous recenser les dommages collatéraux que la fermeture des unités de production, des écoles et autres peuvent induire ? Y a-t-il possibilité dans ce cas de s’attendre à un accès facile à la nourriture dans les villes ?  A quels risques peut-on s’attendre dans les prochains mois ? Que faire ?

5. Quels rôles les acteurs (Etats, UEMOA, CEDEAO, UA, Organisations interétatiques de l’Afrique de l’Ouest, Organisations internationales, Coopération internationale, communauté internationale, les ONG, les OING) peuvent-ils jouer dans le but d’anticiper sur tous les causes de ces problèmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que leurs conséquences ?

6. Dans le contexte décrit, que peut faire  la Plateforme des Alliances contre la faim et la Malnutrition de l’Afrique de l’Ouest pour insuffler un sursaut et une dynamique d’action au niveau des acteurs à tous les niveaux en vue de :

  • Préserver les petits producteurs et les agriculteurs familiaux ?
  • Faire intégrer la dimension Ebola et autres épidémies dans le droit à l’alimentation en Afrique de l’Ouest ?
  • La mobilisation générale pour une vraie faim Zéro  en Afrique de l’Ouest ?

F. Tékpon Gblotchaou
Président de la Plateforme des Alliances Contre la Faim et la Malnutrition de l'Afrique de l'Ouest, Benin

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José Antonio Osaba García Civil Society Coordinator, Spain
20.10.2014

En Afrique, des pays avec beaucoup de terres fertiles et avec des millions de femmes et des hommes paysans familiaux, pêcheurs artisanaux, pasteurs, etc  ne peuvent produire assez de nourriture par manque de moyens, d´infrastructures, d´accès au crédit, de concurrence déloyale des produits vénus de l´exterieur. etc.

Donc, il y a beaucoup des personnes malnoutries, avec un système immunologique faible, qui attrapent n´importe quel virus.

Il faut permettre à l´agriculture familiale de se développer, de nourrir convenablement la population, avec les complément de l´higyène, les services de santé, etc.

Tant que cette situation de misère est maintenue par des gros intérêts nationaux et internationaux, l´ebola sevira toujours en Afrique.

José A. Osaba
WRF-FRM
IYFF-AIAF 2014-Civil Society Coordinator
www.familyfarmingcampaign.net
www.ruralforum.net

IYFF - Feeding the World, Caring for the Earth
AIAF - Alimentar al Mundo, Cuidar el Planeta
AIAF - Nourrir le Monde, Soigner la Planète