Comment la protection sociale peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition en Afrique occidentale ?

16.10.2013 - 13.11.2013

Bienvenue à la première discussion du Forum sur la sécurité alimentaire et la nutrition consacré à l’Afrique occidentale.

L'Afrique de l’Ouest, et en particulier la région du Sahel, est confrontée à des crises alimentaires de plus en plus fréquentes qui touchent un nombre croissant de zones et de personnes. Il est un fait que la promotion d’une large croissance économique contribue au développement. Toutefois, les fruits de cette croissance ne parviennent pas nécessairement au segment le plus pauvre de la société, raison pour laquelle des interventions directes s’imposent pour cibler les groupes les plus démunis sur le plan social et économique. Dans son rapport sur L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde 2013, la FAO a souligné l’importance du rôle de la protection sociale dans la réduction de la faim et le dynamisme de la croissance économique. Dans ce contexte, la création et le renforcement des systèmes de protection sociale constituent, pour les gouvernements et leurs partenaires du développement, une manière de contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition.

La protection sociale peut être définie de différentes manières et revêtir des formes diverses. Selon une définition communément admise, la protection sociale est le soutien fourni sous la forme d'un revenu ou de prestations destinées aux groupes pauvres, vulnérables et marginalisés de la société dans le but de renforcer leur capacité de se protéger contre les aléas et les risques sociaux et économiques.

On estime que, moyennant des politiques et un ciblage adéquats, les mécanismes de protection sociale, y compris les filets de sécurité, peuvent protéger les personnes les plus démunies et atténuer les inégalités sociales, économiques et culturelles. Par ce biais, ces populations voient s’accroître leur résilience en matière de sécurité et de nutrition. Pour mettre en œuvre une protection sociale pour les plus défavorisés de la société, les gouvernements d'Afrique occidentale sont toutefois confrontés à des besoins considérables qui les entrainent à se concentrer sur des solutions immédiates à la pauvreté en raison du grand nombre de pauvres et de personnes vulnérables vivant dans les différents pays de la région.

Une attention accrue a été accordée à la protection sociale en Afrique et les interventions ont adopté différentes modalités qui vont des transferts monétaires, des allocations familiales, de l'aide alimentaire, du subventionnement des biens achetés (intrants agricoles, par exemple) aux assurances santé et chômage.

La protection sociale peut être considérée comme un problème qui relève essentiellement des autorités nationales, mais les institutions (sous-)régionales ont aussi un rôle important à jouer pour définir l'orientation et superviser les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs de protection sociale concertés. Le niveau (sous-)régional peut aussi avoir la capacité requise pour soutenir les processus nationaux de prise de décision et l’harmonisation nécessaire. Des mécanismes régionaux, comme le Cadre de politique sociale de l'Union africaine (2008), reconnaissent un bouquet minimal de prestations sociales, alors que l'initiative Faim Zéro de la CEDEAO prévoit des stratégies qui conjuguent protection sociale et agriculture. L’accroissement de la population et l’urbanisation galopante, qui viennent s’ajouter à des niveaux élevés de pauvreté et à une croissance économique accrue dans la plupart des pays africains, vont probablement se traduire par de plus fortes exigences en matière de protection sociale.

Certains pays d'Afrique, comme le Malawi, l'Éthiopie et l'Afrique du Sud ont démontré que les mécanismes de protection sociale avaient un impact positif sur la sécurité alimentaire et la nutrition. En Afrique occidentale, des initiatives pilotes existent au Burkina Faso, en Guinée, au Ghana, au Sénégal, au Nigéria, au Togo, entre autres.. Des enseignements pourront en être extraits de ces expériences en termes de couverture, de pérennité, d'institutionnalisation et d'impact.

Nous vous invitons à participer à cette discussion et à nous faire part de votre expérience et de vos connaissances en la matière. Les questions ci-dessous sont proposées à titre Indicatif et vous pouvez répondre à une ou à plusieurs d’entre elles.

  1. Qu'entendez-vous par protection sociale ? De quelle manière ces programmes peuvent-ils répondre aux besoins des pays d’Afrique de l’Ouest en termes de sécurité alimentaire et de nutrition ?
  2. Quels sont les programmes ou interventions de protection sociale mis en œuvre dans votre pays ? Quels sont les enjeux, faiblesses et contraintes de ces interventions ?  Quelles seraient, à votre avis, les mesures à prendre pour relever ces défis ? Veuillez donner des recommandations concrètes à cet égard. Avez-vous des exemples concrets de réussite de ce type de mesure ?
  3. Comment les mécanismes de protection sociale peuvent-ils être mis en œuvre de manière à accroître la production et la productivité agricoles et améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition ?
  4. Quels sont les rôles des gouvernements, des organisations de la société civile, du secteur privé, des universités et d'autres partenaires du développement ? Veuillez formuler des recommandations susceptibles d'améliorer la gouvernance et renforcer les liens entre protection sociale, sécurité alimentaire et nutrition, et agriculture.

Pour en savoir plus, veuillez consulter la liste de ressources présentée sur la page Web.

Les facilitateurs :

Anna Antwi

Al Hassan Cissé

This discussion is now closed. Please contact fsn-moderator@fao.org for any further information.

Anna Antwi GD Resource Center , Ghana
19.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear Colleagues,

All too soon this exciting exchange has come to an end. We are grateful to all the contributors for making this first West Africa forum a success. It is just the beginning for greater things to come for the sub-region to develop concrete solutions to solve the numerous challenges we face. I am sure we all benefited from these exchanges.

Social Protection (SP) is increasingly gaining grounds in the (sub) regional policy engagements, and its implementation is also improving though there are still many challenges. The many definitions from the contributions point to the fact that ultimately the purpose of SP is to support the poor and vulnerable to avert the risks of hunger and poverty. In the discussion, eligibility was mostly based on poverty status (and also used as the targeting categorization) and having a household member in at least one of these categories: orphans, vulnerable child or youth (OVCY), the elderly (65 years and above), person with severe disability unable to work, displaced, poor female-head of household either widowed without employment and having any of the above as dependent(s), or unemployed, and the sick.  As a summary by a contributor “the proper implementation of social protection programmes in West African countries, will provide assistance to poor individuals, households and communities which will enhance their present and future well-being and give them the capacity to manage risks better”.

However, only few people mentioned HIV/AIDs. Is it because it is not a major problem in the sub-region? About a month and a half ago, I visited People living with HIVs (PLHIVs) dependent on food ration, and it was pathetic when the affected people were begging not to be taken off the food programme. Most of them were too poor to have any source of income, too weak to work or excluded from work by stigma. Such poor PLHIVs needed food to enable them take their routine drugs. Therefore, proper targeting is necessary to cover all socially excluded and vulnerable groups and persons. In the discussions, there are also many SP interventions used in the various countries. Many success stories have also been shared.

It is increasingly recognised that agriculture must play a role in pro-poor economic growth especially in areas with large poor rural settings as found in our sub-region. Poor rural people’s livelihoods are diverse, risk prone and complex and most of them depend on agriculture and related activities for their source of livelihoods, food security and nutrition. Still, only limited efforts have been made to integrate agriculture and social protection interventions and policies to ensure that beneficiaries of SP programmes are transformed into production operatives. Interestingly, the various interventions mentioned in this first forum have direct and indirect implication on food security and nutrition. Different combinations of programme and instruments with well-defined stakeholder roles and responsibilities can promote both agriculture and non-agriculture programmes with either market-led or non-market SP programmes that are more effective and contribute to results that make great impact on people and their community economies. Social protection plays important role in securing the poor against extreme poverty, deprivation and shocks in times of stress to tackle hunger and under-nutrition. Measures to avert these challenges include cash transfers, public work programmes, school feeding, food vouchers, agriculture, health care and educational grants or subsidies. There are informal and cultural SP issues too. In most places, cash transfers are common means of SP interventions.  

I am taking time to acknowledge contributions that may help to shape social protection and future discussions in the sub-region. “To meet the needs of West African countries in terms of food security and nutrition, it is important to promote inclusion as well as productivity by making sure that women and men enjoy the same working conditions. We must provide women with subsidies for building infrastructure to meet and work etc; empowering communities with adaptation strategies will go a long way in boosting social protection. African countries have populations that are predominantly rural, with little or no access to means of production, and resources are unevenly distributed between women and men of a country. Social protection means ensuring decent work and means of production (financial, land) to all citizens which enable them to ensure the food security. Arrangements need to be made at the legislative and regulatory levels. This would contribute to solve the problem of nutrition in West Africa”. Contribution from Australia also indicate that “the African continent has long been recognized for its potential as the global bread basket of the 21 century - 20% of world's land surface but little more than 10% of the people - all that space, soils, water and bio-resources. The contributor concludes by saying “if the custodians of the African continent - those with access to the resources, funds, technologies and, crucially, the vision - don't move into gear others will do it for them”. Another contributor feels one cannot focus on West Africa without taking into account the most dynamic of the regional economies - that of Nigeria. And if Nigeria can come to terms with social protection of vulnerable people in the context of food and nutrition security, then so can other countries in the sub-region. The only contribution from trade unionist indicate that there is a need to clarify the West African context characterised by certain social and economic characteristics that implicate the design and implementation of social protection interventions for the vulnerable in the community of rural workers largely self-employed and the need to go beyond just agricultural production into adding value to farm produce. Mentioned was made to climate variability/changes, poverty and bad governance as some causes of food insecurity and under-nutrition.

Most contributors indicated targeting as a challenge and the importance to “focus on the identification of beneficiaries in order to prevent support being diverted for other purposes including lucrative”. Others specified that “social protection can be an effective way of improving the nutrition of poor households, but the targeting of these must be better regulated and actual impacts should be well measured and assessed in terms of sustainability”. As shown above, targeting women and those in the informal sector was also necessary to get them out of poverty. Still others mentioned building of schools and equipping them for the children from the poorest communities. “This will go a long way to safe guard the future of these children”. Other challenges mentioned include “coordination of all social protection actions developed in several ministerial departments and other institutions; Financing SP must prioritize internal resources to guarantee the sustainability/durability of these programs”. The inter-sectoral and multi-sectoral approach was emphasised to achieve the needed results. As in Benin for example, social protection supports health actors, home visits, and cooking demonstration. Suggestions was made to structure a multi stakeholder and multi sectorial platform; coordination and harmonization between different stakeholders in agriculture, water and sanitation, education and employment, health and support for improved resilience  to emergency, climate variability/ change and conflict situations. Yet another found that the “shifting of agricultural production to urban areas are absolutely integral to ensuring food security and nutrition for the always growing population”. A contributor summarizes the constraints of funding as “the implementation of social security is particularly difficult in Africa, because most of the countries in the region face serious budget constraints, making it almost impossible to finance often rather expensive insurances systems. In addition, the implementation and management of social security systems requires quite complex institutions which, again, are not available in most of these countries. Many countries cover a small portion of the population; usually the employees in the public and private formal sectors”. Another opinion is that the receipt of public cash transfer encourages less effort of beneficiaries to look for employment and therefore choose to engage in more leisure instead. Additionally, in cases where strict targeting method is based on income levels, individuals may not be comfortable working for more money for fear of losing their benefits. A contributor supports the Trade Union claim that unless a significant formalization of the entire labour force occurs, the large majority of the poor usually associated with the non-salaried and informal sector will remain excluded from social protection programs in the future. The adoption of  ILO Recommendation 202 on social protection floors in 2012 recognize the need to progressively ensure higher levels of protection while guaranteeing access to essential health and minimum income security.

For solutions to combat the challenges some proposals include transparency in the management of public markets; identify the guiding principles, the governance structures and the mechanisms which help to generate and support good governance. Alliance and network building were also mentioned as in West African Alliance against Hunger and Malnutrition (WAAAHM). Food Security Policy Advocacy Network (FoodSPAN) in Ghana and the various Alliance against Hunger and Malnutrition in the different West African countries are critical for advocacy, working with other stakeholders, and promotion of the SP concept. Using framework in these countries should build on, and work through these structures as much as possible, from targeting procedures, to implementation, grievances and monitoring etc. These structures also aim to ensure synergies and complementarities among programmes, and with other development-oriented interventions. The trade unionist suggested the importance to appreciate the transformation of the economies that which involve diversifying away from agriculture and other primary production. It entails developing industry, especially manufacturing, in order to realize sustainable employment growth that can ensure progressive realization of the Right to Food and other rights inherent in decent employment. Intensive Labour Public Works similar to WFP’s food for work or asset promote people’s life skills acquisition, while addressing community infrastructural (rural roads, warehouses, soil and water conservation, etc.) needs for sustainable development. Decentralisation efforts could bring decision making closer to the people and development closest to those in most need. Participatory and equitable access to productive resources and its management for production systems and marketing could help the poor. However, in all specific or clarity of objectives to reach the target beneficiary, with assured markets for rural farmers created through social networks and to protect these farmers from rural poverty is important. The political will of the various governments is also essential in SP.

Thanks for the many links, some I have already acknowledged. I read through all the contributions and links more than once. Brokers and FARM linkage of SP and food security are also interesting and informative and so are the earlier ones. There is the need for long term and integrated approaches that lay emphasis on livelihood based social protection and agricultural production through input subsidy. The different SP interventions all support a common goal. Provide cash transfer to the poor and help them transform their socio-economic status through linkage with their production by providing agriculture extension from pre-production through post harvest to ensure sustained growth. Social mobilization is important for empowerment. Social protection schemes have the potential to contribute to the realization of basic human rights like rights to food, incomes, education, health and combating inequalities and advancing women and children’s rights.  The essence of SP affords countries the opportunity to support the poor and vulnerable, and tackle immediate problems of hunger and under-nutrition before it escalates to famine. As indicated earlier, almost all the SP interventions like Labour Intensive Public Works, Cash transfer, school feeding programme, Health Insurance Scheme and Free Maternal and Child Health Care, agricultural input subsidies etc all support a common course to enable the poor and vulnerable to enjoy basic rights like good health and food, and prevent them from falling into extreme poverty. The major challenge to ensure better targeting of beneficiaries is the use of common targeting mechanisms to guarantee that proper objectives are reached. Like many other aspects of social life in the sub-region there are many governance challenges in managing SP programmes. The growing quest for good governance in general should push harder on the SP front to ensure higher levels of accountability, efficiency and effectiveness and probity.  Addressing climate variability/ change, targeting, good governance and proper SP interventions delivery, the poor and vulnerable people will be able to meet their minimum food and nutrition needs. Thank you all for your insightful contributions.

Anna Antwi (PhD), Development Consultant, Ghana.

Chers collègues,
La fin de cette passionnante discussion est arrivée trop rapidement. Nous sommes reconnaissants aux participants d’avoir fait de cette première discussion en ligne sur le Forum FSN en Afrique de l’Ouest un succès. Ceci est seulement un début pour de plus grandes choses à venir pour que la région développe des solutions concrètes pour résoudre les nombreux défis auxquels nous faisons face. Je suis persuadée que chacun bénéficie de ces échanges.
La protection sociale gagne de plus en plus de terrain dans les engagements politiques de la région et sa mise en œuvre est également en cours d’amélioration malgré les nombreux défis. Les définitions variées proposées dans les contributions soulignent le fait que le but de la protection sociale est de soutenir les plus pauvres et vulnérables pour prévenir les risques de famine et de pauvreté.
Lors de la discussion, l’éligibilité a principalement concerné la pauvreté (utilisé également comme catégorie de ciblage) et le fait d’avoir un membre du foyer dans une des catégories suivantes: orphelin, enfant ou jeune vulnérable, personne âgée (plus de 65 ans), personnes avec  un handicap, personne déplacée, foyer dirigé par une femme pauvre (veuve sans emploi avec enfants à charge…). Comme résumé par un participant à la discussion, “ la bonne mise en œuvre de  programmes de protection sociale dans les pays d’Afrique de l’Ouest fournira l’assistance aux pauvres individus, foyers et communautés qui amélioreront ainsi leur niveau de vie présent et futur et leur donneront la capacité de mieux gérer les risques auxquels ils sont soumis

Il est de plus en plus admis que l'agriculture doit jouer un rôle pour promouvoir une croissance économique qui favorise les pauvres, en particulier dans les zones pauvres et rurales de notre sous-région Les moyens d'existence des habitants des zones rurales pauvres sont variés, vulnérables aux risques, et complexes; ils dépendent, pour la plupart, de l'agriculture et d’activités afférentes comme sources de moyens d'existence, de sécurité alimentaire et de nutrition. Rares sont toutefois les efforts réalisés pour intégrer l'agriculture et les interventions et politiques de protection sociale afin de garantir que les bénéficiaires de programmes de protection sociale soient opérationnels en termes de production. Il est intéressant de noter que les différentes interventions mentionnées dans ce premier forum ont des incidences directes et indirectes sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Différents dosages de programmes et d’instruments, dans lesquels les différentes parties prenantes auraient des rôles et des responsabilités bien définies, peuvent contribuer à la promotion de programmes agricoles et non agricoles dans le contexte de programmes de protection sociale basés ou non sur le marché qui soient plus efficaces et qui contribuent à un plus grand impact sur les économies des personnes et de leur communauté. La protection sociale joue un rôle important pour apporter une sécurité aux pauvres dans des contextes d'extrême pauvreté, de dénuement et de chocs en période de crise, et aborder le problème de la faim et de la sous-alimentation. Plusieurs mesures sont possibles pour relever ces défis, notamment les transferts monétaires, les programmes de travaux publics, l'alimentation scolaire, les bons alimentaires, l'agriculture, les soins de santé et les bourses ou subventions à l'enseignement. Il existe également des aspects informels et culturels en matière de protection sociale. Dans la plupart des pays, la modalité la plus fréquente d'intervention en matière de protection sociale est celle des transferts monétaires.  

Je souhaite mettre en valeur certaines contributions qui peuvent contribuer à la protection sociale et à de futures discussions dans la sous-région. « Pour répondre aux besoins des pays d'Afrique de l'Ouest en termes de sécurité alimentaire et de nutrition, il est important de promouvoir l'inclusion et la productivité en garantissant des conditions de travail égalitaires pour les femmes et les hommes. Nous devons fournir aux femmes des subventions qui permettent de construire une infrastructure où se rencontrer et où travailler, etc. ; une autonomisation accrue des communautés à l'aide de stratégies d'adaptation contribuerait fortement au développement de la protection sociale. Les pays africains ont des populations majoritairement rurales qui ont un accès limité voire nul aux moyens de production, et où les ressources sont distribuées de façon inégale entre les femmes et les hommes d'un même pays. La protection sociale implique de garantir un travail décent et des moyens de production (financiers, fonciers) à tous les citoyens de façon à ce qu'ils puissent assurer leur propre sécurité alimentaire. Des mesures doivent être adoptées à l'échelon législatif et réglementaire. Ceci contribuerait à résoudre le problème de la nutrition en Afrique de l'Ouest ». Un participant signale également, dans une contribution envoyée d'Australie, que « le continent africain est reconnu depuis longtemps pour son potentiel en tant que grenier du monde pour le XXIe siècle: 20 % de la surface terrestre du monde avec un peu plus de 10 % seulement des habitants, à savoir un espace, des terres, et des ressources hydriques et biologiques considérables. Le participant a conclu avec ces mots « si les gardiens du continent africain, à savoir ceux qui ont accès aux ressources, aux fonds, aux technologies et qui ont avant tout la vision nécessaire, n'enclenchent pas la vitesse supérieure, d'autres le feront à leur place ». Un autre participant estime que la situation de l'Afrique de l'Ouest ne peut être analysée sans tenir compte de l'économie la plus dynamique de la région, à savoir celle du Nigéria. Si le Nigeria parvient à trouver une solution pour assurer la protection sociale des groupes vulnérables dans le contexte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, d'autres pays de la sous-région pourront le faire aussi.  La seule contribution d’un syndicaliste indique qu'il est indispensable de préciser le contexte de l'Afrique de l'Ouest en fonction de certaines caractéristiques sociales et économiques qui ont une incidence sur la conception et sur la mise en œuvre des interventions de protection sociale pour les groupes les plus vulnérables, au sein de la communauté de travailleurs ruraux, généralement indépendants, et insiste sur la nécessité d'aller au-delà de la simple production agricole et introduire de la valeur ajoutée aux produits agricoles. La variabilité du climat et les changements climatiques, la pauvreté et les problèmes de gouvernance ont également été mentionnés parmi les causes de l'insécurité alimentaire et de la sous-alimentation.

La plupart des participants ont signalé que le ciblage constitue un problème et qu'il est important de « centrer les efforts sur l'identification des bénéficiaires afin d'éviter que le soutien ne soit acheminé à d'autres fins, y compris des fins lucratives ». D'autres ont indiqué que « la protection sociale peut constituer une manière efficace d'améliorer la nutrition des ménages pauvres mais qu’il est important de mieux réglementer le ciblage de ceux-ci et de bien mesurer et évaluer les impacts réels en termes de pérennité ».

Dans ce même ordre d'idées, il importe de cibler les efforts sur les femmes et tous ceux qui travaillent dans le secteur informel pour les sortir de la pauvreté. D'autres ont mentionné la construction et l’équipement d’écoles pour les enfants des communautés les plus pauvres. « Ceci contribuera énormément à sauvegarder l'avenir de ses enfants ». Les participants ont également épinglé d'autres problèmes tels que « la coordination de toutes les actions de protection sociale menées dans différents départements ministériels et d’autres institutions ; le financement de la protection sociale doit mettre l'accent sur les ressources internes pour garantir la pérennité/durabilité de ces programmes ». L'accent a également été mis sur la nécessité d'une approche intersectorielle et multisectorielle pour obtenir les résultats voulus. Au Bénin, par exemple, la protection sociale appuie les acteurs de santé, les visites à domicile, et les démonstrations culinaires. Plusieurs participants ont proposé de mettre en place une plate-forme multipartite et multisectorielle et de favoriser la coordination et l'harmonisation entre les différentes parties prenantes en matière d'agriculture, d'eau et d'assainissement, d'éducation et d'emploi, de santé et de soutien au renforcement de la résilience dans les situations d'urgence, dans le contexte de la variabilité/des changements climatiques et dans les situations de conflit. Un autre participant a signalé que « le déplacement de la production agricole aux zones urbaines est un élément absolument essentiel pour garantir la sécurité alimentaire et la nutrition pour une population en constante augmentation ». Un autre participant a mentionné les contraintes en matière de financement en signalant « la mise en œuvre de la sécurité sociale est particulièrement difficile en Afrique car les pays connaissent, pour la plupart, de graves contraintes budgétaires qui rendent pratiquement impossible de financer des systèmes d'assurance souvent très onéreux. En outre, la mise en œuvre et la gestion de système de sécurité sociale passent par l'existence d'institutions relativement complexes qui font défaut dans la plupart des pays. Dans de nombreux pays, seul un petit pourcentage de la population est couvert, généralement les employés des secteurs formel public et privé ». Un autre a estimé que la réception de transferts monétaires publics peut induire les bénéficiaires à ne pas faire les efforts suffisants pour chercher un emploi et à préférer avoir plus de temps libre. De plus, lorsque la méthode de ciblage est basée sur les niveaux de revenu, les individus peuvent se demander s'ils ne risquent pas, en travaillant et en gagnant plus, de perdre l'accès à ces bénéfices. Un participant a manifesté son soutien à la revendication syndicale selon laquelle, faute d'une formalisation importante de l'ensemble de la main-d’œuvre, la grande majorité des pauvres, généralement associés au secteur informel et non salarié, restera en marge des programmes de protection sociale. L'adoption de la recommandation 202 de l’OIT en 2012 sur les socles de protection sociale reconnait la nécessité d'assurer l’accroissement progressif des niveaux de protection tout en garantissant l'accès aux soins essentiels et la garantie d’un revenu minimum.

Pour relever ces défis, certains proposent d'inclure la transparence dans la gestion des marchés publics, et de définir les principes directeurs, les structures de gouvernance et les mécanismes susceptibles de conduire à une bonne gouvernance et à son maintien. L'importance de travailler en réseau et dans le cadre d'alliances a également été mentionnée, comme dans le cas de l’Alliance contre la Faim et la Malnutrition en Afrique de l'Ouest. Le Réseau pour le plaidoyer en faveur de politiques de sécurité alimentaire (FoodSPAN) au Ghana et les différentes Alliances contre la Faim et la Malnutrition dans les pays d'Afrique de l'Ouest jouent un rôle essentiel dans le plaidoyer, la collaboration avec d'autres parties prenantes et la promotion du concept de protection sociale. Il conviendrait de mettre en place dans ces pays des structures qui permettent de concentrer la majeure partie du travail, des procédures de ciblage à la mise en œuvre, aux plaintes et au suivi, etc. Ces structures devront également assurer les synergies et les complémentarités entre les programmes, ainsi qu'avec d'autres interventions visant au développement. Le syndicaliste a également souligné l’importance de la transformation des économies moyennant une diversification qui aille au-delà de l'agriculture et d'autres produits primaires. Cette transformation implique de développer l'industrie, en particulier manufacturière, pour parvenir à une croissance durable de l'emploi qui garantisse une réalisation progressive du droit à l'alimentation et d'autres droits inhérents au travail décent. Les programmes intensifs de travaux publics, tels que le programme Vivres contre travail ou actifs du PAM favorisent l'acquisition de compétences pendant toute la durée de la vie et contribuent, dans le même temps, à répondre aux besoins communautaires en matière d'infrastructure (chemins ruraux, entrepôts, conservation des terres et de l'eau, etc.) indispensable pour parvenir à un développement durable. Les efforts de décentralisation pourraient contribuer à rapprocher les prises de décision de la population et d'assurer un développement plus proche des plus démunis. Un accès participatif et équitable aux ressources productives et leur gestion dans le cadre de systèmes de production et de commercialisation pourraient également aider les pauvres. Il est toutefois important d'avoir des objectifs spécifiques et clairs pour parvenir aux bénéficiaires ciblés, avec des marchés garantis pour les agriculteurs ruraux, dans le cadre de réseaux sociaux, et pour protéger ses agriculteurs de la pauvreté rurale. La volonté politique des différents gouvernements est également un facteur essentiel en matière de protection sociale.
Merci pour les nombreux liens qui m'ont été envoyés. J'ai lu toutes les contributions et les liens en question à plusieurs reprises. Les liens de Brokers et FARM sur la protection sociale et la sécurité alimentaire sont également intéressants et riches en informations. Il est indispensable d'appliquer des approches intégrées et à long terme qui mettent l'accent sur des moyens d'existence basés sur la protection sociale et la production agricole moyennant l'octroi de subventions aux intrants. Les différentes interventions de protection sociale contribuent toutes à un objectif commun: Fournir aux pauvres des transferts monétaires et les aider ainsi à transformer leur situation socio-économique en établissant des liens avec leur production et en fournissant des conseils agricoles allant de la pré-production à l’après-récolte de façon à garantir une croissance soutenue. La mobilisation sociale est un facteur important d'autonomisation.

Les dispositifs de protection sociale peuvent contribuer à la réalisation de droits humains de base comme les droits à l'alimentation, aux revenus, à l'éducation, à la santé ainsi qu'au combat contre les inégalités et à la promotion des droits des femmes et des enfants. L'essence de la protection sociale est de permettre aux pays d'apporter un soutien aux pauvres et aux groupes vulnérables, et d'aborder les problèmes immédiats de la faim et de la sous-alimentation avant qu'ils ne dégénèrent en famine. Comme mentionné plus haut, presque toutes les interventions de protection sociale telles que les programmes intensifs de travaux publics, les transferts monétaires, les programmes d'alimentation scolaire, le  régime d'assurance-maladie et les services gratuits de santé maternelle et infantile, les subventions aux intrants agricoles, etc., poursuivent tous l'objectif commun de permettre aux pauvres et aux personnes vulnérables de jouir de droits fondamentaux tels que la santé et l'alimentation et de les empêcher de tomber dans l'extrême pauvreté.  Le principal défi pour garantir un meilleur ciblage des bénéficiaires est d'utiliser des mécanismes communs de ciblage qui garantissent la réalisation des objectifs fixés. Tout comme pour beaucoup d'autres aspects de la vie sociale de la sous-région, la gestion des programmes de protection sociale pose de nombreux enjeux en termes de gouvernance. La recherche croissante d’une bonne gouvernance, d'une manière générale, devrait s'appliquer plus particulièrement sur le front de la protection sociale pour garantir une amélioration en termes de reddition des comptes, d’efficience et d'efficacité ainsi que de probité.  Les efforts en matière de variabilité/changements climatiques, de ciblage, de bonne gouvernance et de fourniture correcte des mesures de protection sociale doivent permettre aux pauvres et aux personnes vulnérables de satisfaire leurs besoins minima en termes d'alimentation et de nutrition.

Merci à tous de vos judicieux apports à cette discussion.
 

Al Hassan Cissé Oxfam , Senegal
18.11.2013

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Chers collègues,

Cette discussion sur la contribution de la protection sociale à la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique de l’Ouest a été riche en enseignements. Nous avons enregistré de significatives contributions de personnes avec de riches expériences. Tous les participants pensent que la protection sociale peut largement contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition en Afrique de l’Ouest. Effet, le niveau élevé de vulnérabilité à l’insécurité alimentaire, particulièrement chez les femmes et les enfants nécessite de disposer, selon les participants, de politiques et de programmes de protection sociale pour la sécurité alimentaire susceptibles de renforcer la sécurité alimentaire. Les participants ont également souligné la nécessité de relever les défis liés au développement de la protection sociale et qui sont entre autres le financement, le ciblage, la coordination et la participation de la société civile.

Les enjeux de la protection sociale ont été largement abordés dans cette discussion.  Dans ce sens c’est le financement qui a été le plus discuté. Il ressort ainsi des contributions qu’il incombe à l’Etat la responsabilité d’assurer la protection sociale mais l’on constate que son financement reste encore largement dépendant des bailleurs de fonds. Alors qu’il faut un financement assuré et durable pour assurer une contribution efficace de la protection à la sécurité alimentaire et à la nutrition. Il est particulièrement évoqué dans les contributions les contraintes du financement de la protection sociale en Afrique de l’Ouest. Pourtant l’inaction est beaucoup plus coûteux car la protection sociale peut contribuer à construire la résilience et à réduire les effets des crises alimentaires quand elles surviennent (ref: rapport DFID The Economics of Early Response and Disaster Resilience).

Les participants reconnaissent de manière consensuelle la capacité et le potentiel de la protection sociale à renforcer l’agriculture et la sécurité alimentaire. En effet, d’après les différentes expériences et analyses des participants, la protection sociale qui est un droit PEUT jouer un rôle important dans la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique si elle est efficacement mise en œuvre. J’ai eu à conduire en 2011 un projet de filets sociaux avec Oxfam au Mali et les suivis et évaluations effectués sur le terrain ont montré le potentiel des filets sociaux à lutter contre la vulnérabilité des populations et particulièrement celle des femmes. Je me rappelle de cette femme de 56 ans du nord du Mali qui avait à sa charge 6 enfants. Avec l’argent reçu des transferts monétaires, elle a pu acheter du mil et du riz tout en investissant. Avec le premier transfert, elle a pu cultiver du riz et récolter 2 sacs contrairement aux années précédentes où elle ne pouvait rien faire faute de moyens de production. Avec la récolte et les achats de vivres, elle pouvait assurer la sécurité alimentaire de son ménage et réduire grandement la période de soudure.

Pour une contribution efficace de la protection sociale pour la sécurité alimentaire, le choix d’instruments appropriés est déterminant. Divers instruments sont considérés par les participants à cette discussion comme importants à intégrer dans les politiques et programmes de protection sociale. On peut citer les transferts monétaires, les subventions agricoles, l’alimentation scolaire entre autres qui doivent être utilisés en fonction du contexte et des cibles. Dans le projet que je conduisais au Mali les transferts monétaires et les formations étaient destinées aux très pauvres alors que le travail contre argent et les subventions des intrants agricoles étaient pour les pauvres. En effet selon l’analyse du contexte, les transferts monétaires sont plus appropriés pour les ménages très pauvres qui assurent leur sécurité alimentaire en achetant leur alimentation sur le marché. L’on constatait que l’essentiel de l’argent reçu était destiné à la consommation alimentaire. Dans ce projet, les transferts monétaires étaient effectués en début de saison des pluies, en période de soudure et à la récolte. Ce qui a permis aux bénéficiaires d’investir, d’acheter la consommation alimentaire sans s’endetter et de protéger leurs récoltes.

De cette discussion je tire plus particulièrement les conclusions suivantes :

À travers la contribution de Peter Stele, on peut ainsi retenir l’idée de trouver dans les ressources générées par le secteur pétrolier une source de financement de l’agriculture et je dirais de la protection sociale. Il donne l’exemple du Nigéria dont le PIB tiré par le secteur pétrolier a augmenté alors que l’agriculture qui est d’une importance capitale dans ce pays est faiblement financée. D’où la nécessité d’une plus grande considération pour l’agriculture à travers plus d’investissement et de protection sociale pour les plus pauvres. Et pour le faire, il faut des mécanismes innovants de financement. Ne faudrait-il donc pas réfléchir sur un mécanisme de financement de la protection sociale par les secteurs miniers et pétroliers ? Au-delà du financement, le ciblage des bénéficiaires, la coordination de la protection sociale et la participation des OSC ont été largement soulignés par les participants comme des challenges importants dans la mise en œuvre de la protection sociale. Et l’accent est particulièrement mis sur le ciblage qui pose parallèlement la question de la transparence et de la gouvernance.

Ces contributions sur les enjeux recoupent les conclusions d’un atelier que Oxfam a organisé en mars 2013 sur la protection sociale pour la sécurité alimentaire et qui a regroupé des ONG, des organisations paysannes régionales, les représentants des gouvernements du Burkina Faso, du Ghana et du Mali, des parlementaires de la CEDEAO, la FAO, le PAM, la Banque Mondiale, l’UE et IFPRI. Les participants de cette rencontre ont identifié les challenges suivants comme les plus importants pour promouvoir la protection sociale pour la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest :

Le ciblage des bénéficiaires en adoptant des méthodologies susceptibles de limiter les taux d’inclusion et d’exclusion;

La compréhension de la protection sociale par les OSC pour leur permettre de participer aux dialogues, influencer les décisions  et participer à la assurer une bonne gouvernance;

Le financement de la protection sociale qui pose la question de l’arbitrage des dépenses publiques et du choix des priorités;

La gouvernance mesurée sous l’angle de la cohérence avec les politiques de développement agricoles, de la coordination et de la participation des OSC.

En conclusions ces différentes sont forts utiles et contribuent à alimenter les débats sur la protection sociale en Afrique de l’Ouest.

Merci beaucoup à tous.

Al Hassan Cissé

Dear colleagues,
This discussion on the contribution of social protection to food security and nutrition in West Africa was very informative. We had significant contributions of people from different field of expertise and with broad experience. All participants occurred that social protection can contribute significantly to food security and nutrition in West Africa. Indeed, according to participants, the high level of vulnerability to food insecurity, especially among women and children, requires policy and social protection programmes able to strengthen food security. Participants also highlighted the need to address the challenges related to the development of social protection, such as financing, targeting and coordination and participation of civil society.

From this discussion, I draw the following conclusions:

Participants reached a consensus recognizing the capacity and potential of social protection to strengthen agriculture and food security. Indeed, according to the different experiences and analyzes of participants, social protection as a right CAN play an important role in food security and nutrition in Africa if it is effectively implemented. In 2011, I was in charge of a safety net project with Oxfam in Mali. The monitoring and evaluations activities performed on the field have shown a high potential for social safety nets to fight against people’s vulnerability, and especially women. I remember this 56 year old woman from northern Mali, who had to bear six children. With the money she received through cash transfers from social protection, she managed to buy millet and rice and also invest. With the first transfer, she grew rice and harvest two bags of them. The year before she could not do anything because she had no production means. With harvest and food purchases, she could ensure her household’s food security and greatly reduce the lean period.

In order for social protection to contribute effectively to food security, the choice of appropriate instruments is crucial. The participants in this discussion identify various instruments that are important to include in policies and social protection programmes. These include: cash transfers, agricultural subsidies, school feeding, among others. These tools can be used depending on the context and targets. In the Oxfam project in Mali, cash transfers and training were for the poorest, while working for cash and subsidies of agricultural inputs were for the poor. Indeed, according to the context analysis, cash transfers are more appropriate for very poor households to ensure their food security. Most of the money was actually used for food consumption. In this project, the cash transfers were made at the beginning of the rainy season, during the lean season and at the harvest. This allowed beneficiaries to invest, to buy food consumption without going into debt and protect their crops.

Challenges have been widely discussed. The funding was highlighted as one of the main issue. It is established that it is the state’s responsibility to provide social protection, but it has been highlighted that funding is still largely dependent on donors. However, a secured and sustainable funding is needed to contribute effectively to food security and nutrition. The contributions regularly mentioned funding constraints in the provision of social protection in West Africa. It is worth noting that inaction is much more expensive than social protection. Indeed, social protection can help build resilience and reduce the effects of food crises when they occur (ref ; rapport DFID The Economics of Early Response and Disaster Resilience).

Peter’s contribution highlights the possibility to use resources generated by the oil sector to fund agriculture and, I would say, also social protection. He gives the example of Nigeria whose GDP from the oil sector raises while agriculture, of paramount importance in the country, is poorly funded. There is a need to give greater consideration to agriculture through more investment, and social protection for the poorest. To do so, we need innovative financing mechanisms. Couldn’t we think of a financing mechanism for social protection funded by the mining and oil sectors? Beyond funding, targeting beneficiaries, coordination, and participation of CSOs have been widely identified by participants as important challenges in the implementation of social protection. Targeting has been especially emphasized as it raises the issue of transparency and governance.

These contributions dealing with challenges are consistent with the findings of a workshop on social protection for food security organized by Oxfam in March 2013.  The event brought together NGOs, regional farmers' organizations, government representatives of Burkina Faso , Ghana and Mali, ECOWAS parliamentarians, FAO , WFP, World Bank, EU and IFPRI . The participants of the meeting identified the following points as the most important challenges in promoting social protection for food security in West Africa :

Targeting of beneficiaries by adopting methodologies that limit the inclusion and exclusion rates;

Understanding of social protection by CSOs to enable them to participate in dialogue, influence decisions and participate in good governance ;

The funding of social protection which raises the question of public expenditures’ priorities ;

Governance: consistency agricultural development policies, coordination and participation of CSOs.

As a conclusion, I would like to say that this discussion has been really instructive and will be useful to contribute to the debate on social protection in West Africa.

Thank you very much.

Al Hassan Cisse

Mawuli Sablah Helen Keller International, Senegal
15.11.2013

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Dear Colleagues from West Africa,
 
The discussion on “how social protection contributes to food and nutrition security in West Africa” is very inspiring. Here is a contribution to reflect on how we forge a stronger partnership to achieve a hunger free West Africa.

Multi-sectoral Public Private Partnership Required for Effective Social Protection on the Right to Adequate Food and Nutrition Security  in West Africa

By Mawuli Sablah: Helen Keller International – Regional Office for Africa

Resilience to food and nutrition insecurity should engage multi-sectoral platforms through effective coordination, result based planning with clearly defined strategic objectives, intermediate results and logic models that define input, process, outcome, output indicators for monitoring interventions for impact on addressing food insecurity and malnutrition.

In coping with non-availability and inadequate access to food, vulnerable poor house-holds usually invest in basic staples that are high in energy but low in essential micronutrients when trying to meet their caloric requirements, especially under high food prices as experienced in recent past years. It is important to engage public and private sector to ensure that staple foods that reach significant proportion (i.e. 70 to 80%) of the population, such as centrally processed cereals, vegetable oil and condiments are fortified under mandatory national legislations to meet some proportions of recommended daily allowances for vitamin A, iron, zinc, folic acid and other essential micronutrients of vulnerable groups. These should also be coupled with adequate targeted complementary food fortification for children, dietary diversification, supplementation and public health measures including water, sanitation and hygiene.

National and regional agricultural investment plans must be integrated with linkages between nutrition and agriculture while ensuring nutrition specific as well as nutrition sensitive approaches to promoting the fundamental human right to adequate food and nutrition. The ECOWAS Nutrition Forum should transition into a multi-sectoral regional platform; bringing together a cross-section of key sectors; agriculture food security, health, communication, commerce and industry to jointly deliberate, plan, implement, monitor and evaluate food and nutrition security interventions. Countries in West Africa must imbibe integrated multi-sectoral public private partnership principles and platforms as well as result based planning. Government must create the enabling environment through effective policies, legislation and direct investment over and above 10% of national budget in order to achieve over 6% growth in agriculture and impact on food and nutrition security. Integrated initiatives require diverse food sources, better food chain and post-harvest management systems, better handling, packaging, transportation infrastructure, harmonized standards with regulatory frameworks, strong intra-regional trade as well as food distribution systems, development of small and medium scale food processing enterprises, improved food safety quality management systems,  expansion of private sector food services and overall context specific innovations to ending hunger in West Africa.

Cash transfer programs should have productive dimensions to ensure those benefitting from social protection programs evolve to become productive workforce capable of generating sufficient independent resources to ensure their food and nutrition security. While protecting poor urban dwellers through safety nets and fortified centrally processed food staples, rural agriculture should be scaled up, with understanding of agricultural systems that promote mixed cropping/mixed farming to diversify nutrient sources available to rural house-holds. There is also the need to couple this with improved effective mechanization of agriculture, post-harvest management and food processing through efficient food chain management system as the number of urban dwellers increase over rural, largely farming population groups. Context specific understanding of the productive impact of cash transfer is required and nutrition must be mainstreamed into agriculture to deliver safe and nutritious food systems that guarantee food and nutrition security. Regional and national agricultural investment plans of West Africa require nutrition sensitive agricultural value chains that take into account contextual realities, multi-sectoral public private partnership, climate resilient adaptation/mitigation, environmental sustainability and strong political will for result oriented policies as well as financial commitments. Education on the right based approach and documentation of violations as well as best practices to respecting the human right to food and nutrition in West Africa must be promoted. Capacity building and coordination of multi-sectoral public and private partners must underlie innovative programming towards a hunger free (zero hunger) West Africa.

Chers collègues d'Afrique de l'Ouest,

La discussion sur "Comment la protection sociale peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition en Afrique occidentale ?" est inspirante. Voici une contribution pour refléter la manière dont on créé un partenariat fort pour  atteindre une Afrique occidentale libérée de la faim.

Des partenariats public-privé multiséctoriels nécessaires pour une protection sociale efficace sur le droit à une alimentation adéquate et à la sécurité nutritionelle en Afrique de l'Ouest

Par Mawuli Sablah: Helen Keller International - Bureau régional pour l'Afrique

La résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle devrait engager une plate-forme multi- sectorielle avec une coordination efficace, une planification fondée sur la définition d’objectifs stratégiques, de résultats intermédiaires, des modèles logiques qui définissent des indicateurs de résultats et de suivi des interventions pour un impact sur la lutte contre l'insécurité alimentaire et malnutrition.

Pour faire face à la non-disponibilité et à l’accès inadéquat à l’alimentation, les ménages vulnérables et pauvres investissent généralement dans des aliments de base qui sont riches en énergie mais pauvres en micronutriments essentiels afin de répondre directement à leurs besoins caloriques, surtout en période où les prix des denrées alimentaires sont élevés comme dans les années passées.  Il est important d'impliquer les secteurs public et privé afin de s'assurer que les aliments de base qui atteignent une proportion significative de la population (de 70 à 80% ), tels que les préparations à base de céréales, les huiles végétales et les condiments soient enrichis en vitamine A, fer, zinc, acide folique et autre micronutriments essentiels grâce à une législations nationales contraignante qui permettrait aux groupes vulnérables d’atteindre les besoins journaliers recommandé. Cela pourrait également être couplé avec des compléments alimentaires destinés aux enfants, une diversification alimentaire, et des mesures de santé publique, notamment concernant l’eau, l'assainissement et l'hygiène.

Les plans nationaux et régionaux d’investissements agricoles doivent être intégrés avec les liens entre la nutrition et l’agriculture, tout en assurant une approche spécifique à la nutrition pour promouvoir le droit fondamental à une alimentation adéquate. Le Forum de la CEDEAO sur la nutrition devrait se traduire vers une plate-forme régionale multisectorielle réunissant des secteurs clés transversaux comme l'agriculture, la santé, la communication, le commerce et l'industrie pour conjointement délibérer, planifier, mettre en œuvre, suivre et évaluer la sécurité alimentaire et les interventions nutritionnelles. Les pays d’Afrique de l'Ouest doivent s'imprégner des principes intégrés multisectoriels, partenariat public-privé, ainsi que la planification axée sur les résultats. Les gouvernements doivent créer un environnement favorable grâce à des politiques efficaces, à une législation et des investissements directs au-delà de 10% du budget national afin de parvenir à une croissance de plus de 6% dans l'agriculture pour un impact sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Les initiatives intégrées doivent fournir de sources alimentaires diversifiées, une meilleure chaîne agro-alimentaire et des systèmes de gestion post-récolte , une production industrielle améliorée en terme de conditionnement,, d'infrastructures de transport, des normes harmonisées avec les cadres réglementaires, la promotions du commerce intra-régional ainsi que des systèmes de distribution alimentaire efficace, le développement de petite et moyenne entreprises de transformation des aliments, les systèmes de gestion de la qualité en matière de sécurité alimentaire , l'expansion des services alimentaires du secteur privé et l'ensemble des innovations au contexte spécifiques de lutte contre la faim en Afrique de l’Ouest.

Les programmes de transferts monétaires devraient avoir des dimensions productives pour s’assurer que les bénéficiaires des programmes de protection sociale puissent devenir une main-d'œuvre productive capable de générer des ressources propres et suffisantes pour assurer leur sécurité alimentaire et nutrition. Tout en protégeant les pauvres urbains grâce à des filets de sécurité sociaux et en enrichissant les aliments transformés, l'agriculture rurale devrait être étendue, avec des systèmes agricoles favorisant la polyculture /élevage mixte pour diversifier les sources de nutriments disponibles pour les ménages ruraux. Il est aussi nécessaire de coupler cela avec une mécanisation efficace de l’agriculture, de la gestion post- récolte et de la transformation des aliments grâce au système efficace de gestion de la chaîne alimentaire, alors que la proportion de la population urbaine augmente à l’inverse de la population rurale de la de la zone rurales, principalement agricoles. La compréhension du spécificité du  contexte et de l'impact productif de transfert d'argent est nécessaire et la nutrition doit être intégrée dans l'agriculture pour que des systèmes alimentaires soit sains et nutritifs pour  garantir la nutrition et la sécurité alimentaire. Les plans d'investissement agricole nationaux et régionaux d’Afrique de l'Ouest doit exigent des chaînes de valeur agricoles sensibles à la nutrition qui tiennent compte des réalités contextuelles, les partenariats public-privé multisectoriel, l’adaptation/mitigations au changement climatique, la durabilité environnementale et une forte volonté politique pour les résultats ainsi que les engagements financiers. Une éducation sur l'approche fondée sur le droit à l’alimentation et la documentation des violations et des meilleures pratiques pour respecter ce droit humain à l'alimentation et à la nutrition en Afrique de l’Ouest doit être promue. Le renforcement des capacités et la coordination des partenaires publics et privés dans tous les secteurs doivent souligner une programmation novatrice vers une Afrique de l'Ouest libérée de la faim.
 

Tosin Apiriola Victoria Women and youth development initiative , Nigeria
15.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear colleagues,

I am really happy about the West Africa consultation, reading contributions from different people gladdens my heart and gave the assurance that the future is certainly not bleak.

Recently, I participated in a West Africa learning event on Community Based Adaptation which was sponsored by the CARE International, CCAFS and END Energie. You can read the COMMUNIQUE and the blog post on the outcome of the event.

As the discussion of the FSN Forum is: Social Protection contribution to food security and nutrition in West Africa, I believe empowering communities with adaptation strategies will go a long way in boosting social protection.

Chers collègues,

Je suis vraiment satisfaite de cette consultation dédiée à l’Afrique de l'Ouest et la lecture des nombreuses contributions réjouit mon cœur et me donne l'assurance que l'avenir n'est certainement pas sombre.

Récemment, j'ai participé à une formation pour l’Afrique de l'Ouest sur l'adaptation communautaire qui a été parrainé par CARE International, CCAFS et END Energie. Vous pouvez lire le COMMUNIQUÉ DE PRESSE et le billet de blog sur les résultats de cet événement.

La discussion du Forum FSN étant « Comment la protection sociale peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition en Afrique occidentale ? » je pense que renforcer les stratégies d'adaptation des communautés peut grandement contribuer au renforcement de la protection sociale.

14.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear Forum members,

We would like to answer the 1st question suggested by the facilitators in the topic introduction:

1.       What is your understanding of social protection? How these programmes can address West African countries’ needs? 

Social protection are programmes in place to avoid, organize and overcome problems that has a harmfully effect on human’s beings and their well beings. Social protection for food security and nutrition can be defined as when everyone in a society has access to sufficient physical, economical resources for safe and nutritious food that gives a person all the food nutrients required for a healthy and productive life.  Social protection can take the form of: social assistance and community-based or informal social protection .

·         Social assistance – resources, either cash or in-kind, are transferred to vulnerable individuals or households. These transfers can be unconditional (for example, social pensions or cash benefits) or conditional (given in exchange for work on public works programmes or attendance at school, for instance).

Programmes can be implemented that would subsidize the agriculture sector in rural areas so that prices would stay down for agriculture proceeds populated urban settlements. Hence, with adequate subsidizing the agriculture sector for smaller farmers, they can increase their production while reducing their prices.

·         Community-based or ‘informal’ social protection – mechanisms by which social safety nets and coping strategies are provided and sustained at community-level. For example –Residents can become more involved in community agriculture cooperative to secure food for their community and country at large.

Social protection in a country can reduce migration and benefit citizens in a country. Countries, in bettering their social protection system can secure their future with food security and nutrition.

Chers membres du Forum,

Nous voudrions répondre à la 1ère question proposée par les facilitateur du forum en introduction à ce sujet de discussion :

1. Quelle est votre compréhension de la protection sociale? Comment ces programmes peuvent répondre aux besoins des pays ouest-africains ?

La protection sociale est un ensemble de programmes mis en place pour éviter, organiser et surmonter les problèmes ayant un effet dommageable pour les peuples et de leur bien-être. La protection sociale pour la sécurité alimentaire et la nutrition peut être définie comme le point où tout le monde dans une société a les ressources économiques et physiques suffisantes pour accéder à des aliments sains et nutritifs nécessaires  à une vie saine et productive. La protection sociale peut prendre la forme de : l'assistance sociale et la protection sociale à base communautaire, ou informelle.

· L'aide sociale - des ressources, que ce soit en espèces ou en nature, sont transférées à des individus ou à des ménages vulnérables. Ces transferts peuvent être inconditionnels (par exemple, les pensions sociales ou des prestations en espèces) ou conditionnelle (en échange de main d’œuvre sur les programmes de travaux publics ou la présence à l'école, par exemple).

Les programmes peuvent être mis en œuvre pour subventionner le secteur agricole dans les zones rurales afin que les prix restent bas pour les produits agricoles qui vont ensuite nourrir les zones urbaines. Ainsi, grâce au subventionnement adéquat du secteur agricole, les petits agriculteurs peuvent augmenter leur production tout en réduisant leurs prix.

· La protection sociale à base communautaire ou «informelle» - mécanismes par lesquels les filets de sécurité sociaux et les stratégies d'adaptation sont fournis et maintenus au niveau de la communauté  Par exemple, les résidents peuvent s'impliquer davantage dans la coopérative agricole coopérative communautaire pour assurer la nourriture pour leur communauté et du pays dans son ensemble.

La protection sociale dans un pays peut réduire les migrations et bénéficier aux citoyens. Un pays, en améliorant son système de protection sociale peut  sécuriser son  avenir quant à la sécurité alimentaire et la nutrition.

 

Ms. Edith HOUHA AICFM BENIN, Benin
13.11.2013

>> ENGLISH VERSION BELOW <<

Chers collègues,

Je vous remercie pour tout ce que vous faites pour la réduction de la faim dans le monde en général.

La protection sociale pourrait être définie très rapidement comme l’ensemble des mesures publiques mises en œuvre pour assurer au monde rural l’accès à certains services publics qui participent à sortir de la précarité et de la pauvreté. Dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la nutrition, elle se traduit d’une part, par l’ensemble des programmes mis en œuvre dans la production agricole pour une production en qualité et en quantité suffisante pour tous. Elle se traduit d’autre part, par les différentes prestations assurées par les services publics (accès facile aux intrants, à la sécurité sociale, à l’assurance agricole, garantie d’accès aux crédits…) pour faciliter la production et l’accès à la nourriture suffisante à toutes les catégories sociales dans un pays.

Au Bénin, comme dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, les gouvernements avec l’appui des Partenaires Techniques Financiers  ont élaboré plusieurs programmes en direction du monde rural en vue de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. 

Les produits de grande consommation sont les plus concernés par cela. Il s’agit, au Bénin, du maïs, du riz, du haricot (Niébé), de la tomate etc… Les programmes mis en place à cet effet sont pour la plupart élaborés pour être exécutés sur de courtes durées (2 à 5 ans). Une fois le projet à terme, la pérennité des actions conduites n’est plus assurée. En tout cas, c’est à des cycles de projets à n’en point finir qu’on assiste. Un projet fini, un autre commence et ainsi de suite.   

Le grand constat est que les producteurs « bénéficiaires » des projets n’arrivent pas à continuer dans la même direction, puisque n’avaient pas été préparés à une autonomisation brusque et précipitée.

Il serait alors judicieux que les gouvernements et leurs Partenaires Techniques Financiers,  dans la formulation des projets et programmes puissent:

  • - prévoir leur durabilité par un montage associant sécurité sanitaire, sécurité sociale  et sécurité alimentaire et nutritionnelle,
  • - Protéger le pouvoir d’achat des ménages par la création de filets sociaux de proximité ainsi que des systèmes de garantie pour l’accès aux crédits bancaires à taux relativement acceptable,
  • - Associer les organisations paysannes dans la définition des produits d’assurance agricole et apporter une subvention à ceux-ci sur quelques années pour susciter et encourager leur adhésion massive à cette forme de sécurisation d’eux-mêmes mais aussi de leurs produits et exploitations.

Ces quelques éléments pourraient, à coup sûr, donner un coup de fouet au système de protection sociale et influencer très significativement la sécurité alimentaire.

 Edith HOUHA (ACFM/BENIN)

Dear Colleagues,

Thank you for all that you do to reduce global hunger.

Social protection could be quickly defined as the public measures implemented to ensure rural people to access to public services that contribute to get out of insecurity and poverty. In the area of food security and nutrition, social protection is expressed by (i) all programs implemented for a qualitative agricultural production sufficient for all; (ii) and by the various facilities provided by public services (easy access to inputs, social security, agricultural insurance, and guaranteed access to credit ...) that facilitate the production and supports the access to food to all.

In Benin, as in other West African countries, the governments supported by Financial and Technical Partners have developed several programmes for food and nutrition security in the rural areas.

Consumer products are most concerned with them. In Benin, it includes maize, rice, beans (cowpea), tomato etc. ... These programmes are mostly implemented to be run on a short period (2-5 years). After that, the sustainability of the actions carried out is no longer assured. In any case, it is cycle of projects that never ends. Once a project is over, another one starts and so on.

The major finding is that the producers that are 'beneficiaries' of these projects are unable to continue in the same direction, as they had not been prepared for a sudden and precipitous autonomy.

It would be wise for governments and Financial and Technical Partners take that into account this when designing the project. They should foresee:
- The sustainability through a package including health and safety, social security and food and nutrition security;

- Protect the purchasing power of households by creating local safety nets and guarantee schemes for access to bank loans with acceptable rates;

- Involve farmers' organizations in the definition of agricultural insurance products and provide them with a grant for promoting and encouraging their support for this scheme.

These few elements could certainly give a boost to social protection systems and could significantly influence food security.

 Edith Houha ( MFDA / BENIN )
 

Mme TCHOHLO Akossiwa ex-députée à l’Assemblée nationale , Togo
13.11.2013

>> ENGLISH VERSION BELOW <<

Bonjour Mesdames et Messieurs du Forum,

Félicitations pour tout ce que vous faites.
Je voudrais faire un petit commentaire sur le sujet de la discussion “Comment la protection sociale peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition en Afrique occidentale ?”

Les pays africains sont des pays à forts cas sociaux. Les populations sont en majorité rurales ; elles ont peu ou pas d’accès aux moyens de productions ; les ressources sont inégalement réparties entre les régions et entre les filles et fils d’un pays. Donc pour moi, faire la protection sociale revient à garantir l’emploi décent, les moyens de production (financier, terre) à tout citoyen afin de lui permettre de s’assurer la nourriture en quantité, en qualité et au moment opportun. Que des dispositions soient prises au niveau législatif, règlementaire, et que tout soit mis en pratique. Cela contribuerait beaucoup à résoudre le problème de nutrition en Afrique de l’Ouest.
 
Merci et à bientôt

Mme TCHOHLO Akossiwa
ex-députée à l’Assemblée nationale
du Togo.
 

Dear ladies and gentlemen of the FSN Forum,

Congratulations for all you do.
I would like to make a brief comment on the subject of the discussion "How can social protection contribute to food security and nutrition in West Africa?".

African countries are countries with strong social case. Populations are predominantly rural, they have little or no access to means of production, and resources are unevenly distributed between regions and between women and men of a country. So for me, social protection means ensuring decent work and means of production (financial, land) to all citizens which enable them to ensure the food security, in terms of quantity, quality and at any time. Arrangements need to be made at the legislative and regulatory level, and everything should be put into practice. This would contribute to solve the problem of nutrition in West Africa.
 
Thank you and goodbye

 

Peter Steele Independent Consultant Agricultural Engineer, Australia
13.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Welcome to the first Food Security and Nutrition Forum discussion dedicated to West Africa.

Welcome indeed. Who can resist participating in this the first of the FSN debates on regional Africa? Here’s my contribution – looking at regional leadership.
 

Focus on the regional leader

Pre-amble
It's difficult to cover the many real and implicit issues of food security, nutrition and more that impact upon West Africa in a few words - no matter that many try to do so. It is, of course, better to try than to give up on a topic that impacts on the region that represents the intellectual heartland of Africa.
 
By way of an introduction to my contribution consider: the continent has long been recognized for its potential as the global bread basket of the 21 century - 20% of world's land surface but  little more than 10% of the people - all that space, soils, water and bio-resources and the international predators already circulating in a food insecure world keen to become part of the action. There will be 10 billion people to be fed worldwide within the next 40 years - around three billion more than today; and if the custodians of the African continent - those with access to the resources, funds, technologies and, crucially, the vision - don't move into gear others will do it for them.
 
You can't focus upon West Africa without taking into account the most dynamic of the regional economies - that of Nigeria. If this country can come to terms with social protection of vulnerable people in the context of food and nutrition security, then so can just about everywhere else. This remains, however, an extra-ordinary challenge wherever you are within national society - family, community and government - from local through state to federal. The filter-down effect of public investments is inexplicable slow, and you may need the patience of Job to await your turn in the queue.
 
Role of the private sector
Private sector investments, by contrast, can impact almost immediately as markets take effect. Again, however, it is the growing middle classes that stand the better chance of taking advantages of these investments - investments that typically begin with the ideas and resources of these same sectors of the community. It is the same middle classes - middle income groups if you like - who are driving change.
 
Since 2008, government has made considerable effort to shift from the mis-management, corruption, political instability and more typical of the 50-year period post-independence and, crucially and in-parallel, diversify the economy away from over-dependence on domestic oil industries. Market-orientated reforms are underway, subsidies are being reduced and investment is being directed into agriculture, manufacturing, services and other non-oil sectors.
 
The country has enjoyed a buoyant GDP during the past five years given growth across the economy and rising earnings from oil. Oil and gas, however, continue to account for 95% of foreign exchange and 80% of budgetary resources. Financial management of this kind is irresponsible in the short-term and untenable in the longer-term.
 
The politico-socio-economic challenges facing the country are daunting – demographically skewed, rampant population growth, fragile north-south ethno-economic divide, minority wealth expansion at the expense of stagnant majority poverty, complex national federal/state management structures that largely isolate the man-in-the-street from government and, from a viewpoint that embraces the socio-economic security of rural communities, an agricultural sector that has lacked significant investment for >40 years.
 
Nigeria succeeding
Nigeria enjoys a reputation as the largest country in Sub-Saharan Africa and Nigerians like to consider themselves some of the best ‘operators’ in the marketplace – quick to enjoy a challenge, financially adept, dominating trading markets throughout the West African hinterlands and coastal countries and soccer across the continent. Organise the country and shift oil revenues into agro-industrial investment and the country has the potential to develop an economy that could elevate it to BRICS status.
 
Catalysing agro-and agro-industrial production nationwide is possible - government and its advisors have both the mandate and a responsibility to explore the opportunities available. (As exemplified by Nigerian Vision 20:20202 and the Agricultural Transformation Agenda - investments, agro-industries, value chains, private sector and more.) Developments of this kind will be private sector-led. It would be unfortunate to consider Nigeria as ‘just another impoverished West African state’. Encourage Nigeria back on to the road that will enable to reach its agricultural potential, and every other country in the region will benefit.
 
And then the country and its neighbours will have sufficient resources to re-invest in public institutions, agendas, policies and more that will enable safety nets to be developed that will help vulnerable people to help themselves to shift out-of-poverty.
 
Peter Steele
Melbourne
13 November 2013


Bienvenue à la première discussion du Forum sur la sécurité alimentaire et la nutrition consacré à l’Afrique occidentale.

Bienvenue en effet! Qui peut résister à prendre part à ce premier débat sur le Forum FSN en Afrique de l'Ouest? Voici ma contribution, qui concerne le leader régional.

Éclairage sur le leader régional
 

Préambule
Il est difficile d'aborder les nombreux aspects réels et implicites de la sécurité alimentaire, de la nutrition et d'autres phénomènes qui ont un impact sur l'Afrique occidentale en quelques mots, même si beaucoup ont tenté de le faire. Il est, bien entendu préférable de relever ce défi plutôt que renoncer à aborder un sujet qui a une profonde incidence sur la région qui constitue le coeur intellectuel de l'Afrique.
 
À titre d'introduction de ma contribution, je voudrais signaler les éléments suivants: le continent est reconnu depuis longtemps pour son potentiel en tant que grenier du monde pour le vingt et unième siècle, avec 20 % de la surface terrestre du monde mais avec moins de 10 % de la population, à savoir un espace, des terres, des ressources hydriques et biologiques considérables et des prédateurs internationaux qui rondent déjà dans un monde marqué par l'insécurité alimentaire, avides d'action. Il faudra, dans les 40 prochaines années, alimenter 10 milliards de personnes dans le monde, soit 3 milliards de plus qu'aujourd'hui et, si les gardiens du continent africain, à savoir ceux qui ont accès aux ressources, aux fonds, aux technologies et qui ont avant tout la vision nécessaire, n'enclenchent pas la vitesse supérieure, d'autres le feront à leur place.
 
On ne peut analyser la situation de l'Afrique de l'Ouest sans tenir compte de l'économie la plus dynamique de la région, à savoir celle du Nigéria. Si ce pays parvient à trouver une solution pour assurer la protection sociale des groupes vulnérables dans le contexte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, d'autres pourront le faire aussi. Ceci reste toutefois un défi extraordinaire, que ce soit à l'échelle de la société nationale, à savoir la famille, la communauté et le gouvernement, à l'échelle locale et l'échelle de l'État et fédérale. L'effet de ruissellement des investissements publics est d'une lenteur difficilement explicable et il faut avoir la patience de Job pour attendre son tour dans la file.
 
Rôle du secteur privé
Les investissements du secteur privé peuvent, en revanche, avoir des effets pratiquement immédiats par rapport à la création de marchés. Néanmoins, c'est une nouvelle fois la classe moyenne en expansion qui a la meilleure chance de profiter de ces investissements, investissements qui généralement naissent des idées et des ressources de ces mêmes secteurs de la communauté. C'est encore la classe moyenne, ou les groupes à revenu moyen comme veut bien les appeler, qui est le moteur du changement.
 
Depuis 2008, le gouvernement a consenti des efforts considérables pour venir à bout de la mauvaise gestion, la corruption et l'instabilité politique plus typiques des cinquante ans qui ont suivi l'indépendance et, de manière parallèle et cruciale, pour diversifier l'économie pour mettre fin à la dépendance excessive de l'industrie pétrolière nationale. Des réformes basées sur le marché sont en cours, les subventions sont réduites et l'investissement est acheminé vers l'agriculture, la production manufacturière, les services et d'autres secteurs non pétroliers.
 
Le pays a connu, au cours des cinq dernières années, un grand dynamisme en termes de PIB résultant de la croissance économique et de la hausse des revenus pétroliers. Le pétrole et le gaz continuent toutefois de représenter 95 % des devises étrangères et 80 % des ressources budgétaires. Ce type de gestion financière est irresponsable à court terme et insoutenable à plus long terme.
 
Les défis politiques et socio-économiques auxquels se heurte le pays sont considérables: une croissance démographique constante et déséquilibrée, une fracture délicate entre le nord et le sud et sur le plan ethnique et économique, l'enrichissement d'une minorité au détriment de la pauvreté constante de la majorité, des structures de gestion complexe à l'échelle nationale fédérale/de l'État qui contribuent à isoler largement le citoyen commun du gouvernement et, du point de vue de la sécurité socio-économique des communautés rurales, un secteur agricole où aucun investissement substantiel n'a été réalisé depuis plus de 40 ans.
 
Le succès du Nigeria
Le Nigeria a la réputation d'être le plus grand pays d'Afrique subsaharienne et les Nigériens aiment à se considérer comme les meilleurs « opérateurs » du marché, toujours disposés à relever un défi, experts en finances, avec une position dominatrice sur les marchés commerciaux dans tous les pays côtiers et intérieurs de l'Afrique de l'Ouest et dans le football au niveau continental. Si le pays réussit à s'organiser et à réduire la dépendance des revenus pétroliers pour accroître l'investissement agro-industrielle, il peut parfaitement se développer sur le plan économique et rejoindre les groupes des pays BRIC.
 
Il est possible de catalyser la production agricole et agro-industrielle à l'échelle de toute la nation et le gouvernement et ses conseillers ont à la fois le mandat et la responsabilité d'envisager toutes les opportunités. (Cet effort se reflète dans des programmes comme le Nigerian Vision 20:20202 et Agricultural Transformation Agenda - en matière d'investissements, d’agro-industries, chaînes de valeur, secteur privé, etc.) Ce type d'évolution se fera sous la houlette du secteur privé. Il serait regrettable de considérer le Nigéria comme « un autre État pauvre d'Afrique de l'Ouest ». Encourager le Nigéria sur la voie du développement de son potentiel agricole sera bénéfique pour tous les autres pays de la région.
 
Le pays et ses voisins auront alors suffisamment de ressources pour réinvestir dans les institutions, les politiques et les programmes publics afin de favoriser le développement de filets de sécurité qui aideront les plus vulnérables à sortir eux-mêmes de la pauvreté.

Peter Steele
Melbourne
13 November 2013

Concern 3 University of Guyana, Guyana
13.11.2013

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Dear colleagues in West Africa,

"Concern" is commited to sharing ideas on their understanding of the challenges, weaknesses and limitations of social protection programmes in West Africa and  to provide recommendations to address them.

Today it is widely recognized that there is serious lack of financial protection in many homes. There is wide empirical evidence that reducing the risk from shocks, by relaxing short term credit and resource constraints, is crucial for increasing productivity and investments which in turn should stimulate economic growth and reduce poverty. Although they differ in their generosity across countries, in most cases they provide a minimum of compensation in the event of illness, unemployment or retirement. In Africa, the implementation of these kinds of safety nets has just started. Moreover they often only cover a small share of the total population in need.  BARRETT, C. (2006)

The implementation of social security is particularly difficult in Africa, because most of the countries in that region face serious budget constraints, making it almost impossible to finance often rather expensive insurances systems. In addition, the implementation and management of social security systems requires quite complex institutions which, again, are not available in most of these countries. Many low and middle income countries have secure to introduce many social protection programs but however it was only able to cover a small portion of the population, usually they only cover employees in the public and private formal sector. So unless a significant formalization of the entire labour force occurs, the large majority of the poor usually associated with the non-salaried and informal sector will remain excluded from social protection programs in the future.

It is also argued that the receipt of public funds discourages work effort because beneficiaries choose to engage in more leisure instead. Additionally, in cases where strict means testing a targeting method based on income is used, individuals may worry that if they work too much, they will lose access to their benefits. In addition to the effect on labor incentives, public safety net programs may change incentives of private individuals to assist family and friends; social safety nets might crowd out informal safety nets such as private transfers. ARDINGTON, C. C., A. & HOSEGOOD (2007)

The safety nets also focus on their affordability in highly resource constrained environments. Such concerns are often couched in terms of trade-offs between different forms of poor expenditures. However, this concern exaggerates the costs of many well targeted programs. Frequently social protection programs are less than 1 percent of gross national product (GNP), an amount that can often be financed by reallocating from unproductive expenditures that offer little tangible benefit for the poor.

Therefore it is important to explore how these problems can be tackled and to think about alternatives which could be used in the meantime.  One measure that can be implementing is providing financial aid through partnership between bilateral or multilateral donor and an international NGO, which together provide the driving force in terms of project initiation and design, funding, technical assistance, monitoring, and evaluation. BARRIENTOS, A., HOLMES, R. & SCOTT, J.2008  

Another initiative is to use an integrated, in order to exploit the opportunities for cash transfers and social welfare services. This can be used to ensure that cash transfers reach the poorest and most vulnerable persons, enhance protection outcomes and avoid negative impacts. An integrated approach means developing comprehensive national social protection strategies, rather than piece-meal approaches, preventing the ‘crowding out’ of social welfare services and applying an integrated approach, especially in ministries that have responsibility for a range of benefit programs and services

 REFERENCES:  

 BARRETT, C. Food Aid's Intended and Unintended Consequences. Background Paper for FAO State of Food and Agriculture 2006.  

ARDINGTON, C. C., A. & HOSEGOOD. "Labor supply responses to large social transfers: longitudinal evidence from South Africa." NBER Working Paper (2007)

BARRIENTOS, A., HOLMES, R. & SCOTT, J. Social Assistance in DevelopingCountries Database. Version 4.0. Brooks World Poverty Institute. (2008)                                          

Chers collègues en Afrique de l'Ouest

« Concern » cherche à favoriser l'échange d'idées sur les différentes visions des défis, des faiblesses et des limitations des programmes de protection sociale en Afrique de l'Ouest et à formuler des recommandations pour les améliorer.

Aujourd’hui, tout le monde reconnaît que beaucoup de ménages manquent cruellement de protection financière. Nombreuses sont les preuves empiriques qui démontrent qu'il est crucial de réduire les risques résultant de choc divers, en allégeant les restrictions imposées aux ressources et aux crédits à court terme, afin d'accroître la productivité des investissements et contribuer ainsi à stimuler la croissance économique et à réduire la pauvreté. Bien qu’à des degrés variables dans les différents pays, ces programmes fournissent généralement un socle minimum de compensations en cas de maladie, de chômage ou de retraite. En Afrique, la mise en oeuvre de ce type de filet de sécurité est encore récente. Qui plus est, ils ne couvrent souvent qu’un petit pourcentage de la population totale dans le besoin. BARRETT, C. (2006)

La mise en place de programmes de sécurité sociale est particulièrement complexe en Afrique, car la plupart des pays de cette région ont des ressources budgétaires très limitées qui rendent presque impossible le financement de systèmes d'assurance souvent onéreux. En outre, la mise en oeuvre et la gestion de système de sécurité sociale passent par l'existence d'institutions relativement complexes qui font défaut dans la plupart des pays. De nombreux pays à revenu faible et intermédiaire ont réussi à introduire différents programmes de protection sociale, mais ceux-ci ne couvrent toutefois un petit pourcentage de la population, souvent limité aux employés du secteur formel public et privé. Par conséquent, faute d'une formalisation importante de l'ensemble de la main-d'oeuvre, la grande majorité des pauvres, généralement associés au secteur informel et non salarié, restera en marge des programmes de protection sociale.

Certains affirment également que le fait de recevoir des fonds publics décourage l'effort vis-à-vis du travail, car les bénéficiaires préfèrent ne pas travailler.  De plus, lorsque la méthode de ciblage est basée sur le revenu, les individus peuvent se demander s'ils ne risquent pas, en travaillant trop, de perdre l'accès à ces bénéfices. Outre l'effet qu'ils peuvent avoir sur les incitations au travail, les programmes publics de sécurité sociale peuvent également avoir une incidence sur la façon dont les individus aident leur famille et leurs amis; les filets de sécurité sociale peuvent en effet déplacer les filets de sécurité informels tels que les transferts privés. ARDINGTON, C. C., A. & HOSEGOOD (2007)
Les filets de sécurité sont également axés sur leur accessibilité financière dans des contextes caractérisés par de fortes limitations de ressources. Ces préoccupations sont souvent formulées en termes de compensations entre différents types de dépenses en faveur des pauvres. Cette préoccupation exagère toutefois les coûts que représentent de nombreux programmes bien ciblés. Souvent, les programmes de protection sociale représentent moins de 1 % du produit national brut (PNB), somme qui peut généralement être financée par la réaffectation de dépenses improductives dont les bénéfices pour les pauvres sont peu tangibles.

C'est pourquoi il est important d'analyser comment ces différents problèmes peuvent être abordés et, entre-temps, envisager différentes alternatives. Une des mesures possibles est la fourniture d'une aide financière moyennant un partenariat entre un donateur bilatéral ou multilatéral et une ONG internationale, qui agirait comme moteur dans le lancement et l'élaboration de projets, son financement, l'assistance technique, le suivi et l'évaluation. BARRIENTOS, A., HOLMES, R. et SCOTT, J.2008  
Une autre possibilité serait d'appliquer un programme intégré afin de tirer parti des possibilités de transferts monétaires et de services de protection sociale. Ceci peut garantir que les transferts monétaires parviennent aux plus pauvres et aux plus vulnérables, renforcent les résultats de la protection et évitent les impacts négatifs. Une approche intégrée implique que l'élaboration de stratégies globales de protection sociale à l'échelle nationale, plutôt que des approches fragmentées, de façon à éviter l'effet « d'éviction » entre les services de bien-être social et l'application d'une approche intégrée, en particulier au sein des ministères chargés des différents programmes et services de bénéfices.
 

 RÉFÉRENCES:  

 BARRETT, C. Food Aid's Intended and Unintended Consequences. Background Paper for FAO State of Food and Agriculture 2006.  

ARDINGTON, C. C., A. & HOSEGOOD. "Labor supply responses to large social transfers: longitudinal evidence from South Africa." NBER Working Paper (2007)

BARRIENTOS, A., HOLMES, R. & SCOTT, J. Social Assistance in DevelopingCountries Database. Version 4.0. Brooks World Poverty Institute. (2008)      

12.11.2013

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Dear all,

To target issues like food security in the growing urban areas where populations have grown exponentially, this phenomenon is present all around the world and is especially evident in West African countries. The impact that the role women play, the availability of basic healthcare facilities and the shifting of agricultural production to urban areas are absolutely integral to ensuring food security and nutrition for the always growing population.

Traditionally, the roles of women as primary caregiver to children and home maker are changed in the urban setting where the woman is working in this is especial greater in the single parent setting. If the roles women play in these urban settings are revised so that they along with working, they can use their influence on their families and their diet so that more nutrition rich food will be consumed.

If basic health care facilities are not present, a healthy and well-nourished population is impossible to attain. Lacking basic healthcare like vaccination, even the best foods cannot compensate for the ill effects that come with various life threatening diseases like polio.

Food security concerns can be addressed on an individual family basis by utilizing the limited space available to urban dwellers. Urban agriculture, although it may be possible for each family to cultivate on a surplus basis, small kitchen gardens or potted vegetable plants can afford the poor urban dwellers available food that requires minimal effort in cultivation.

Chers tous,

Les problèmes de sécurité alimentaire dans les zones urbaines qui connaissent un accroissement exponentiel de la population sont présents dans le monde entier, mais sont particulièrement évidents dans les pays d'Afrique de l'Ouest. L’impact du rôle des femmes, la disponibilité d'infrastructures de santé de base et le déplacement de la production agricole aux zones urbaines sont des éléments absolument essentiels pour garantir la sécurité alimentaire et la nutrition pour une population en constante augmentation.

Traditionnellement, le rôle des femmes en tant que dispensatrices essentielles de soins aux enfants et aux ménages évolue dans l'environnement urbain, lorsqu'elles entrent sur le marché de l'emploi, ce qui a une importance particulière dans le contexte des ménages monoparentaux. Le rôle joué par les femmes dans le contexte urbain peut être révisé de façon à ce qu'elles puissent, parallèlement à leur travail, utiliser leur influence sur leur famille et sur le régime alimentaire de celle-ci et améliorer le caractère nutritionnel des aliments consommés.

En l'absence d'infrastructures de santé de base, il est impossible de garantir la santé et la bonne nutrition de la population. En effet, si les soins de base tels que les vaccins ne sont pas accordés,  même les meilleurs aliments ne suffiront pas à compenser les effets catastrophiques de certaines maladies extrêmement graves comme la polio.
Il est possible d'aborder les problèmes de sécurité alimentaire sur la base de chaque famille et de l'espace restreint dont disposent les habitants des villes. L'agriculture urbaine, qui certes permet à chaque famille de cultiver des excédents, peut garantir aux habitants urbains pauvres des aliments faciles à cultiver dans des petits potagers ou sous la forme de légumes en pots.
 

Andréa Houindote Ministere de la Santé / Point Focal Nutrition , Benin
12.11.2013

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Cher collègues,

Merci pour le partage de l'information.

Pour ma part je pense que la protection sociale pourrait jouer un rôle important dans la sécurité alimentaire et la nutrition. Dans certains pays comme le Bénin la protection sociale appuie les acteurs de santé dans le domaine de la recherche active, de visite à domicile, de l'enquête sociale chez les indigents, de la démonstration culinaire. Je pense qu'on peut confier ces mêmes rôles à la protection sociale en complétant la sensibilisation de l'agriculture sur l'importance de la production des aliments variés, la consommation de ces aliments produits et non  la vente, la distribution des aliments aux groupes à risques, la mutualisation et aussi la distribution des terres aux femmes n'ayant pas accès et ne travaillent que pour leur époux.  La réflexion se poursuit sur le sujet.

Dear Colleagues,

Thank you for sharing information.

Personally, I think that social protection can play an important role in food security and nutrition. In some countries such as Benin, social protection supports health actors in the field of active research, home visits, social survey among the poor, cooking demonstration. I think we may assign these roles to social protection and raise  awareness on the importance of agriculture in the production of food, its consumption and not selling, the distribution of food to vulnerable groups, pooling, and also the distribution of land to women who don't have it and work only for their husbands. The discussion continues on this subject.

Moussa Na Abou Mamouda ENDA TM, Senegal
12.11.2013

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Dear FSN members,

I'm doing a research on "climate change and food security in the Sahel" with case studies in Niger and Senegal. 

One of our research question is "what is the cause of food insecurity in Maradi (southern Niger)?" So far, the answer is that the causes of food insecurity are complex to investigate but we principally came up with 3 major causes and these include: Climate variability/changes, Poverty and bad Governance. All these factors are acting together to govern food insecurity in Maradi and in Niger in general. However, it's important to note that climate variability/changes and poverty have always been part of puzzle and farmers in the Sahel have developed quite resilient socio economic mechanisms to cope and even to adapt (Climate change adaptation and food insecurity in Maradi District – Niger).

The third factor (which is bad Governance) has been an exacerbating factor that endermined community social capital and led to many food crisis in Niger. Out of the 08 food crisis that have occurred in Niger from 1966 to 2005, bad governance and other likeminded political factors have been key triggering factors. Some examples included locust attacks in the 1966-1967, 1973-1974, 1984-1985, 1993-1994, 1996-1997, 2004-2005 food crisis (these can be prevented/avoided if governments have put the required means), military coup (1996-1997), depreciation of the CFA franc (1993-1994), closure of Niger-Nigeria border (food crisis of 1984-1985), etc.

In short, bad governance and other political factors have greatly contributed in weakening community social protection networks and broken their resilience to food shortages. It is therefore crucial to explore how good governance could contribute in setting up better social protection for food security and nutrition in Niger and in West Africa in general. 

Chers membres du FSN,

Je réalise actuellement un travail de recherche sur  "le changement climatique et la sécurité alimentaire dans le Sahel" avec des études de cas au Niger et au Sénégal.

Une de nos questions de recherche est: «Quelle est la cause de l'insécurité alimentaire dans à Maradi (Sud du Niger) ? " Pour l’heure, notre réponse à cette question est que les causes de l'insécurité alimentaire sont particulièrement complexes, mais nous retenons cependant 3 causes principales : le climat (variabilité et changement climatique), la pauvreté et la mauvaise gouvernance. Tous ces facteurs interagissent et causent l'insécurité alimentaire dans à Maradi et au Niger en général.

Cependant, il est important de noter que les variabilités/changements climatiques et la pauvreté ont toujours existé et que les agriculteurs du Sahel ont développé des mécanismes socio-économiques assez résilients pour en faire avec voir s’adapter (Climate change adaptation and food insecurity in Maradi District – Niger).

Le troisième paramètre, la mauvaise gouvernance, est un facteur aggravant qui ébranle le capital social et communautaire et conduit à de nombreuses crises alimentaires au Niger. Lors des huit crises alimentaires qui ont eu lieu au Niger de 1966 à 2005, la mauvaise gouvernance et d'autres facteurs politiques ont joué un rôle clé. En voici quelques exemples : attaques de criquets en 1966-1967, 1973-1974, 1984-1985, 1993-1994, 1996-1997 ; crise alimentaire 2004-2005 (qui aurait pu être évitée  si les gouvernements avaient pris les mesures nécessaires) , coup d'État militaire (ayant aggravé la crise alimentaire de 1996-1997) , dépréciation du Franc CFA (crise alimentaire de 1993-1994) , fermeture de la frontière Niger- Nigeria (crise alimentaire 1984-1985), etc.

En bref, la mauvaise gouvernance et d'autres facteurs politiques ont grandement contribué à l'affaiblissement des réseaux communautaires de protection sociale et brisé la résistance des populations aux pénuries alimentaires. Il est dès lors crucial d’explorer la manière dont une bonne gouvernance pourrait contribuer à la mise en place d’une meilleure protection sociale pour la sécurité alimentaire et la nutrition au Niger et en Afrique de l'Ouest en général.

 

Prof Ignatius Onimawo Ambrose Alli University, Ekpoma , Nigeria
12.11.2013

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Dear colleagues,

The issue of social protection and its relationship to nutrition security has been sufficiently discussed by many Forum members. What is of paramount importance is the provision social safety nets. This can come in various forms depending on the nature and causes of the nutrition insecurity. During the flooding disaster that occured in several communities in Nigeria last year, it became apparent that many developing countries including Nigeria do not have in place social safety nets even in disaster situations.
 The use of food aids can temporary save lives but a more sustainable way could bet devised such as assistance in land allocation for female households, provisions of farming inputs such as seedlings, fertilizers and extension of cash credits. A step taken recently by the government of Nigeria was to extend free education and free school meals to over several Almajiri children whose parents could not provide for their upkeep. Over 80 of such schools were built and epuipped and the almajiri children were made to attend such school. This can be extended to other children from the poorest comminties. This will go a long way to safe guard the future of these children.

Prof Ignatius Onimawo
Ambrose Alli University, Ekpoma

Chers collègues,

La question de la protection sociale et ses liens avec la sécurité alimentaire et nutritionnelle a été suffisamment discutée ici par les nombreux membres du Forum. Ce qui est d'une importance primordiale est la fourniture de filets de sécurité sociaux. Cela peut prendre différentes formes en fonction de la nature et des causes de l’insécurité nutritionnelle. Lors des inondations qui se sont produites dans plusieurs communautés au Nigeria l'année dernière, il est apparu que de nombreux pays en développement, dont le Nigeria, n'ont pas mis en place de systèmes de filets de sécurité sociale, même dans les situations de catastrophe.

L’aide alimentaire peut sauver des vies mais seulement temporairement, et des moyens plus durables peuvent être mis en place, comme une aide à l'allocation des terres pour les ménages féminins, la fourniture d’intrants agricoles tels que des plants, des engrais et l’octroi de crédits. Une mesure prise récemment par le gouvernement du Nigeria est d'étendre l'enseignement et les repas scolaires gratuits à de nombreux enfants Almajiri dont les parents ne pouvaient accéder à ces services. Plus de 80 des écoles ont été construites  pour que les enfants Almajiri puissent aller à l’école. Ceci peut être étendu à d'autres enfants des communautés les plus pauvres. C’est un long chemin à pour garantir l'avenir de ces enfants.

Prof Ignace Onimawo
Ambrose University Alli, Ekpoma
 

12.11.2013

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Dear colleagues,

World Bank estimates of the composition of the world’s population shows that more than half of the population are living in cities. These trends are even stronger in African countries. With persons flocking to cities, the risk of urban poverty is clearly possible. The vicious cycle of poverty continues  and residents suffer for generations

Urban poverty is characterized by the lack of social protection among other things. If social protection is facilitated trough the availability of social networks that can assure the availability of quality produce to urban dwellers at less than exploitative prices so that the urban poverty can be guarded against.

On the other side of the coin, assured markets for rural farmers are created through these social networks and to protect these farmers, a balance must be made so that the prices received by these farmers are not too low so as to force them  lower into the trap of rural poverty.

Chers collègues,

Les estimations de la Banque mondiale de la composition de la population mondiale montre que plus de la moitié de la population vit dans les villes. Cette tendance est encore plus forte dans les pays d’Afrique. Avec de nombreuses personnes qui affluent dans les villes, le risque de pauvreté urbaine est clairement existant. Le cercle vicieux de la pauvreté continu et les résidents souffre pour plusieurs générations.

La pauvreté urbaine est caractérisée, entre autre, par l’absence de protection sociale. Si la protection sociale est facilitée par les réseaux sociaux qui peuvent garantir la disponibilité de produits de qualités aux urbains à des prix moins prohibitifs et ainsi préserver de la pauvreté urbaine.

D’un autre côté, des marchés garantis pour les fermiers urbains sont créés à travers ces réseaux sociaux. Pour protéger ces fermiers, un équilibre doit exister afin que les prix reçus par ces fermiers ne soient pas trop bas afin de ne pas les laisser tomber dans le piège de la pauvreté.
 

Boubacar Maiga Centre Régional de Recherche Agronomique (CRRA/IER-Niono), Mali
08.11.2013

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Chers collègues,

Je vous remercie pour cette belle initiative.

Dans la production agricole, cette contribution de la protection sociale à la sécurité alimentaire et à la nutrition peut passer par des appuis multiformes orientés vers la réalisation et la réhabilitation des infrastructures telles que des aménagements participatifs et équitables, l’accès à l’eau et sa maîtrise pour certains systèmes de production, l'utilisation de semences améliorées et certifiées, des intrants de qualité, une adoption progressive de l'agroforesterie, une intégration de l’élevage sur une base de durabilité, des travaux participatifs de pistes rurales, la construction de magasins de stockage et de conservation, des formations techniques et de gestion dans ces domaines y compris la commercialisation. Globalement, Les revenus, la disponibilité et l’accès alimentaires des populations rurales pauvres (femmes et jeunes vulnérables notamment) doivent être assurés.

L’état nutritionnel des populations ciblées peut être amélioré par la mise à disposition d'intrants nutritionnels locaux et la promotion de l'éducation nutritionnelle. La priorité sera accordée aux femmes enceintes et allaitantes et des enfants affectés par la malnutrition chronique. 

Comme outils financiers, prévoir un renforcement de la base d’actifs des foyers et de la collectivité (économie, propriété convertible, etc), les coûts et risques des catastrophes, l’existence de plans d’épargne et de crédit communautaire, de groupe et/ou accès à des services de micro finance, un accès communautaire à une assurance abordable, un fonds communautaire pour les catastrophes, un accès aux transferts et versements d’argent.

MAIGA Boubacar

Agro-économiste, Chercheur

Spécialiste Gestion Durable des Ressources Naturelles IER/CRRA-Niono

Dear Colleagues,

Thank you for this nice initiative.

In agricultural production, the social protection contribution to food security and nutrition can go through various forms of support. They can be oriented on creation and rehabilitation of infrastructure such as participatory and equitable facilities access to water and its management for some production systems; the use of improved and certified seed, quality inputs, a gradual adoption of agroforestry, the integration of sustainable breeding, participatory construction of rural roads, construction of warehouses facilities for storage and conservation, technical and management trainings in these areas including marketing. Overall, rural poor (including vulnerable women and youth) must have access to sustainable income and the access to food.

The nutritional status of targeted populations can be improved by the provision of local nutritional inputs and promoting nutrition education. Priority will be given to pregnant and lactating women and children affected by chronic malnutrition.

Financial tools could increase households asset and community ones (economy, convertible property, etc.), insurance covering costs and risks of disasters, existence of community savings plans and credit instruments, and / or access to microfinance services, community access to affordable insurance, community disaster fund, access to cash transfer systems.
 

MAIGA Boubacar

Agroeconomist, Researcher

Expert in natural resources sustainable management IER/CRRA-Niono

Group 4 University of Guyana, Guyana
07.11.2013

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Dear colleagues,

Social protection  as it relates to the forum is given as, “ social protection is the support provided in the form of income or benefits to the poor, vulnerable and socially excluded in society with the aim of enhancing capacity to protect themselves against social and economic shocks and risks".

The institutions that are mainly responsible for social protection and food security in these states are basically the governments of the respective states. They can enhance the current state of these countries through policies such as tax relief on investments specifically, agricultural investments. That is, they can grant some degree of tax reduction to investors who are willing to invest in the agricultural sector which is one of the main sectors in these countries since, they are currently experiencing food crises which is a major problem. Investment in this sector will eventually boost these economies since it helps solve the malnutrition issues in these countries. In addition, this will create jobs however, we must realise that we cannot see improvement instantly after these economies start  to develop; the government can gradually raise taxes of these foreign companies after progress have been made thus, having a win-win situation in that the food production takes place, unemployment rate is reduced and tax revenues increase gradually.

Evenly, government has the role to improve the standard of living and state of the economy since these civil society have a major role to play to ensure their own food security and nutrition. These organisations can be NGO’s and others who act as a benevolence of the society as a whole and not of their own personal interest where they can collude with private institutions to ensure food security is achieved which will be beneficial for these economies as a whole. These NGO’s can issue small scale loans to foster agriculture production locally at a low interest rate so as to raise finance for self-maintenance since they are not normally profit motivated. By offering low interest rate on loans for agricultural production, those investors who would like to invest but lack the capital to start up, will now get the opportunity to do their own farming and develop small businesses. As well as, those who are involved in the agricultural sector already can now get a chance to expand thus, assuring that agricultural production takes place and food security can now be secured to some extent.

Also, there can be a government-private collusion in the best interest of the society in that the government and private organisations can collude to ensure better deliverance of education which will be useful for both organisations since better education leads to a more productive society; given that, after studying individuals skills will be used in both public and private sectors, that is they can collude and invest in providing materials and better teaching facilities in both agricultural and other sectors of the economy. 

Chers collègues,

Dans le cadre de ce forum, la protection sociale est définie comme « le soutien fourni sous la forme d'un revenu ou de prestations destinées aux groupes pauvres, vulnérables et marginalisés de la société dans le but de renforcer leur capacité de se protéger contre les aléas et les risques sociaux et économiques ».

Les principales institutions responsables de la protection sociale et de la sécurité alimentaire dans ces pays sont essentiellement les gouvernements des états respectifs. Ils peuvent contribuer à renforcer la situation actuelle dans les pays moyennant l'application de politiques telles que l'allégement fiscal sur les investissements, en particulier sur les investissements agricoles. En d'autres termes, ils peuvent accorder un certain degré d'abattement fiscal à tous ceux qui souhaitent investir dans le secteur agricole, qui constitue l'un des secteurs majoritaires dans ces pays, où se produisent actuellement les crises alimentaires. Un investissement dans ce secteur servira à stimuler ces économies et à résoudre le problème de malnutrition dans ces pays. Ces investissements peuvent également contribuer à la création d'emplois. Il faut toutefois savoir que la relance de ces économies ne traduira pas instantanément par une amélioration; sur la base des progrès réalisés, le gouvernement peut progressivement élever les impôts appliqués aux sociétés étrangères, de façon à produire un scénario gagnant-gagnant  favorable à l'accroissement de la production alimentaire, à la baisse du taux de chômage et à la hausse des recettes fiscales, et ce de façon graduelle.

Le gouvernement a un rôle à jouer pour améliorer le niveau de vie et la situation économique, mais la société civile doit également jouer le sien pour garantir sa propre sécurité et nutrition. Ces organisations peuvent être des ONG ou toute autre entité qui agit pour le bien de la société prise dans son ensemble, et non pas en raison d'intérêts personnels, en collaboration avec des institutions privées, pour garantir la sécurité alimentaire qui profitera à l'ensemble de l'économie. Ces ONG, qui généralement sont sans but lucratif, peuvent accorder des crédits à petite échelle pour stimuler localement la production agricole à un faible taux d'intérêt de façon à accroître le financement disponible pour la subsistance. Ces prêts à faible taux d'intérêt pour la production agricole donneraient à ceux qui souhaiteraient investir, mais ne disposent pas du capital suffisant, l’occasion d’amorcer leurs propres activités agricoles et de créer des petites entreprises. Par ailleurs, ceux qui sont déjà actifs dans le secteur agricole pourraient développer leurs activités et améliorer leur production agricole et donc, contribuer à la sécurité alimentaire.

Il peut donc y avoir un partenariat public-secteur privé dans l'intérêt supérieur de la société, dans lequel le gouvernement et les organisations privées peuvent s'associer pour garantir de meilleures prestations en matière d'éducation qui seront bénéfiques pour les deux secteurs car, au terme des études, ces compétences individuelles seront appliquées à la fois dans les secteurs public et privé, pour autant que ces deux secteurs puissent s'associer et investir dans la fourniture de matériel et l'amélioration des installations d'enseignement dans le secteur agricole et d'autres secteurs de l'économie.

 

06.11.2013

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Dear Family to this forum,

The extension of time has taken my mind to the direction of wanting to draw some correlations between Social Protection and Food Security and Nutrition separately. With time, such a research will be worth doing. I perceive a cyclical framework for which accessing the appropriate nutritious meals through support for the vulnerable and socially excluded makes life worth living.

The vulnerable and those in abject poverty may not be in such conditions because of their own doing. Majority of them in West Africa are victims of circumstances, but even the insane are born into families that rejoice at the birth of the babies. When support fails, they are neglected and rejected. People in society who may not be their relatives provide support to such people by feeding and clothing them to preserve decency in society. The Supporters can be located to be supported in a way  from some funds somewhere, be provided with guidance and access to nutritious foods for such people.

With the dynamics of life, people do not even have time to eat desserts, some of which help digest properly, the foods we eat. The nutrition embedded in the foods we eat are therefore locked up and most of the nutrients go to waste. Extension education has to basically be revived and repackaged to reach these categories of target beneficiaries in Society. This is a way through which social protection in terms of educational support can reach the people for them to know where to access the right foods in the right quantities at the right times for right eating to obtain the right nutrition.

The case of promoting hermetic storage of some foods is another decent way of providing support for storage of nutritious foods. Some cash transfers can be modified to get households the bags for storage and then the food aids follow, for which storage is assured to be sound. Then when the targetted families feed, proper nutrition will be realized and our vision crystrallized to prove that social protection indeed contributes to food security and nutrition.

Thanks

Chère famille de ce Forum,

La prolongation de la date limite m’amène à souhaiter contribuer d’avantage et à démontrer les corrélations entre protection sociale, sécurité alimentaire et nutrition séparément.  Avec  le temps, une telle recherche en vaut la peine. Je perçois un cadre conjoncturel pour lequel l'accès à des repas nutritifs appropriés grâce au soutien accordé aux personnes vulnérables et socialement exclues rend la vie digne d'être vécue.

Les plus vulnérables et les plus pauvres ne sont pas dans cette situation à cause d'erreurs quelconques qu'ils auraient commises. La majorité d'entre eux en Afrique de l'Ouest sont victimes de circonstances, mais même les fous naissent dans des familles qui se réjouissent de la naissance des bébés. Quand ils ne sont plus soutenus, ils sont négligés et rejetés. La société en son ensemble fournis un soutien à ces personnes par l'alimentation et l’habillement afin de préserver la décence de la société. Les personnes qui soutiennes ces gens peuvent être ciblés et être soutenus par des fonds et bénéficier de conseils et d'accès à des aliments nutritifs pour ces personnes.

Avec la dynamique de la vie, les gens n'ont même pas le temps de prendre leur dessert, qui concoure à une bonne digestion certaines aident à digérer correctement les aliments que nous mangeons. La valeur nutritionnelle des aliments que nous mangeons reste donc bloquée et la plupart des nutriments se perdre. La vulgarisation doit être totalement revue et présentée de manière à atteindre les bénéficiaires ciblés. C'est un moyen par lequel la protection sociale en matière de soutien éducatif peut atteindre les gens pour qu'ils sachent quels sont les bons nutriments, dans quelles quantités sont-ils nécessaires, où ils se trouvent et quand doivent-ils être mangés pour le meilleur apport nutritionnel.

Le cas de la promotion du mode de stockage hermétique de certains aliments est une façon décente de fournir un soutien pour le stockage d'aliments nutritifs. Certains transferts monétaires peuvent être modifiés pour faire en sorte que les ménages puissent acheter ses sacs de stockage, ensuite les aides alimentaires suivent, avec un mode de conservation garanti. Puis, quand l’accès à l’alimentation des populations ciblées est atteint, une bonne nutrition sera réalisée et notre vision prouve que la protection sociale contribue effectivement à la sécurité alimentaire et la nutrition.
 

Merci

Concern 3 University of Guyana, Guyana
06.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear colleagues in West Africa,

"Concern" embodies the sentiments of an assembly of students of the University of Guyana committed to sharing ideas on their understanding of social protection and how these programmes can address the needs of West African countries.

In West African countries households and individuals usually have to deal with the instability of the global economy, conflict, disease, unpredictable weather and climate change. This may result in harvest shocks, death or unemployment of the breadwinner for the family, accidents leading to disability and illnesses which requires a lot of finance. Hence, shocks have an unfavorable impact on many households and may push them further into poverty and prevent others from escaping. (Oduro, 2010)

Therefore the implementation of social protection programmes are necessary to provide assistance to those vulnerable individuals such as children, women, elderly, disabled, displaced, unemployed, and the sick. The existence of ‘safety nets’ such as the provision of emergency assistance after a drought or flood can prevent households from falling into poverty traps. These programmes provide households with the desired push needed to recover quickly from unfavorable events. “Social protection programmes  can take many forms such as  transfers of cash through welfare payments, child allowances, or pensions; in-kind transfers such as food aid or school feeding programs; subsidies to goods purchased by the poor; or unemployment insurance and public works or workfare schemes.” 

Social protection provides a level of security which gives small entrepreneurs the motivation needed to make investments, which can foster economic growth in West African countries. The provision of additional resources enables individuals and households to enhance their diet and improve their nutrition level. This results in productivity gain from improved physical capacity and reduced child and infant mortality levels. Promoting equity and reducing inequality is one of the key functions of social protection programmes. This facilitates the redistribution of wealth between different population categories. (Hoddinott, J. 2008)

In summary the proper implementation of social protection programmes in West African countries, will provide assistance to poor individuals, households and communities which will enhance their present and future well being and give them to capacity to manage risks better.

References:                                                 

Badiane, O., S. Odjo, and J. Ulimwengu. 2011. Emerging Policies and Partnerships under CAADP: Implication for Long-Term Growth, Food Security, and Poverty Reduction. Discussion Paper 1145. Washington, DC: IFPRI.

Devereux, S., and P. White. 2010. “Social Protection in Africa: Evidence, Politics and Rights.” Poverty & Public Policy 2 (3).

Hoddinott, J. 2008. Social Safety Nets and Productivity Enhancing Investments in Agriculture. IFPRI Discussion Paper. Washington, DC: International Food Policy Research Instit ute.  

Oduro, A. D. (2010). Formal and Informal Social Protection in subSaharan Africa

Chers collègues d'Afrique de l'Ouest,

« Concern » exprime la vision d’étudiants de l'Université du Guyana à propos de la protection sociale et de la façon dont les programmes de ce type peuvent répondre aux besoins des pays d'Afrique occidentale.

Les ménages et les personnes vivant dans les pays d'Afrique occidentale sont généralement confrontés aux fluctuations de l'économie mondiale, aux conflits, aux maladies, aux aléas et au changement climatiques. Ceci peut provoquer des chocs en termes de récoltes, de décès ou de chômage du soutien de famille, d'accidents pouvant conduire à l’invalidité ou à des maladies très onéreuses. Par conséquent, ces chocs ont des effets néfastes sur la plupart des ménages, peuvent aggraver la pauvreté de certains d'entre eux et en empêcher d'autres de sortir de la pauvreté.

C'est pourquoi il est indispensable de mettre en place des programmes de protection sociale qui fournissent une aide aux plus vulnérables, c'est-à-dire les enfants, les femmes, les personnes âgées, les personnes handicapées, les personnes déplacées, les chômeurs et les malades. L’existence de « filets de sécurité », par exemple la fourniture d'une aide d'urgence après une sécheresse ou une inondation, peut empêcher les ménages de tomber dans les pièges de la pauvreté.  Ces programmes donnent aux ménages le coup de pouce nécessaire pour se récupérer rapidement d'événements défavorables. Les « programmes de protection sociale » peuvent adopter des formes multiples comme les transferts monétaires moyennant les allocations de sécurité sociale, les allocations familiales ou les pensions; des transferts en nature, tels que l'aide alimentaire ou les programmes d'alimentation scolaire; le subventionnement de biens achetés par les pauvres; ou une assurance-chômage et des travaux publics ou des dispositifs d'aide à l'emploi. »

La protection sociale fournit un socle de sécurité grâce auquel les petits entrepreneurs se sentent motivés à réaliser des investissements qui peuvent stimuler la croissance économique dans les pays d'Afrique occidentale. L'apport de ressources additionnelles permet aux individus et aux ménages de renforcer leur régime alimentaire et d'améliorer leur niveau nutritionnel. Ceci se traduit par des gains de productivité résultant de l'amélioration des capacités physiques et de la réduction de la mortalité des enfants et des nouveau-nés. Une des principales fonctions des programmes de protection sociale est de promouvoir l'équité et de réduire les inégalités. Ceci facilite la redistribution de la richesse entre les différentes couches de la population.

En résumé, une application correcte de programmes de protection sociale dans les pays d'Afrique occidentale permettrait  d'apporter une aide aux individus, aux ménages et aux communautés pauvres qui contribuera à l'amélioration de leur bien-être présent et futur et de leur capacité de gérer les risques.

Références:                                                 

Badiane, O., S. Odjo, and J. Ulimwengu. 2011. Emerging Policies and Partnerships under CAADP: Implication for Long-Term Growth, Food Security, and Poverty Reduction. Discussion Paper 1145. Washington, DC: IFPRI.

Devereux, S., and P. White. 2010. “Social Protection in Africa: Evidence, Politics and Rights.” Poverty & Public Policy 2 (3).

Hoddinott, J. 2008. Social Safety Nets and Productivity Enhancing Investments in Agriculture. IFPRI Discussion Paper. Washington, DC: International Food Policy Research Instit ute.  

Oduro, A. D. (2010). Formal and Informal Social Protection in subSaharan Africa

 

Al Hassan Cissé Oxfam, Senegal
06.11.2013

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Chers collègues,

Merci pour vos contributions, grâce à celles-ci, il y’a « une meilleure compréhension des besoins de protection sociale des ruraux pauvres d'Afrique de l'Ouest » (Mr. Subhash Mehta Devarao Shivaram Trust, India). L’on note que si la protection sociale a pris une dimension publique importante, il existe aussi une  forme de protection sociale traditionnelle. Il est reconnu que la protection sociale est un droit et peut jouer un rôle fondamental dans l’agriculture vu que la croissance, à elle seule, ne peut pas réduire la pauvreté et la vulnérabilité. Il faut donc lier la protection sociale en Afrique de l’Ouest à la vulnérabilité, ce qui nécessite de contextualiser l’élaboration et la mise en œuvre des interventions de protection sociale

Comme le dit Mr Nkansah, du Ghana, il est nécessaire de concevoir et de cibler les interventions de protection sociale pour stimuler la production nationale avec des instruments tels que les subventions des engrais, des semences améliorées, des services de mécanisation, la fourniture d’aliments à un programme d'alimentation scolaire. D’autres instruments comme les assurances et la constitution d’actifs peuvent aussi jouer ce rôle. Mais ils doivent répondre aux besoins spécifiques des plus vulnérables et être adaptés. Le stockage d’aliments pour les animaux serait une intervention possible pour promouvoir le lien agriculture et protection sociale ou la collecte d’eau.

Les dernières contributions ont aussi mis l’accent sur les challenges:

1. L'identification des bénéficiaires réels reste un grand enjeu. L’expérience du Malawi est intéressante dans la mesure où elle montre les problèmes liés aux choix des bénéficiaires mais aussi des instruments. Tous les instruments ne sont pas adaptés à toutes les catégories de personnes. La société civile, dont les ONG et les Organisations de bénéficiaires, devront être impliqués dans les mécanismes d'identification de mise en œuvre et d'évaluation des actions comme proposé dans les contributions. Mais pourquoi l’identification est un problème ? Est-ce un problème de méthodologie ? Ou de politique ? Dans certains cas, les types de ciblage utilisés ne permettent pas d’atteindre les plus pauvres. En effet, il y’a un ciblage catégoriel (selon les catégories. Par exemple on choisira de cibler les familles ayant des enfants de moins de 5 ans), le ciblage socio économique basé seulement sur des critères de vulnérabilité et qui nécessite des enquêtes de ménage ou un ciblage géographique. Selon les méthodologies utilisées, les taux d’exclusion et d’inclusion sont différents. Quelles selon vous le ciblage le plus approprié pour la protection sociale pour sécurité alimentaire ?

2. Au Burkina Faso le système de filets sociaux est accompagné par la Banque mondiale, des ONG et le système des Nations Unies à travers le PAM, l'Unicef et l'OMS. Ce qui montre comme dans beaucoup de pays que les programmes sont appuyés par les bailleurs, ce qui pose un problème de durabilité. Mais quels mécanismes financiers faut-il mettre en place pour assurer un financement durable ?

3. La coordination entre les différents acteurs comme c’est souvent le cas est un problème majeur. Les projets de protection sociale sont souvent exécutés par différents ministères comme au Malawi mais aussi d’autres pays. La coordination intègre aussi l’implication des organisations de la société civile et des collectivités décentralisées. Quel est le modèle de coordination permettant d’assurer la cohérence et d’établir le lien entre la protection sociale et l’agriculture qu’il faut mettre en place ?

Merci par avance,

Al Hassan Cissé

Dear Colleagues,

Thank you for your contributions. Thanks to them, there's "a better understanding of the social protection needs of the rural poor of West Africa" (Mr. Subhash Mehta Devarao Shivaram Trust, India). We can notice that although social protection has now a significant public dimension, traditional forms of social protection also exist. It is recognized that social protection is a right and can play an important role in agriculture because growth alone is not enough to reduce poverty and vulnerability. It is therefore necessary to link social protection to vulnerability which requires taking into account the West African context to implement social protection interventions.  

As Mr Nkansah from Ghana says, it is necessary to design and target social protection interventions to stimulate domestic production with instruments such as subsidies for fertilizer, improved seeds, mechanization services, the provision of food to a school feeding program. Other instruments such as insurance and asset building can also play this role. However, they must meet the specific needs of the most vulnerable and be adapted in consequence. The storage of animal feed would be a possible intervention to promote the link between agriculture and social protection as well as water collection.

The last contributions highlighted the challenges faced:

1.    In Burkina Faso the system of social safety nets is accompanied by the World Bank, NGOs and the UN system through the WFP, UNICEF and WHO. This demonstrates that in many countries those programmes are supported by donors, which raises the sustainability issue. Which financial mechanisms should be implemented to ensure sustainable funding?

2. The targeting of beneficiaries remains a major challenge. Malawi's experience is interesting as it shows the targeting problems as well as the choice of instruments. Not All instruments are suitable for all categories of people. As suggestion in a contribution, civil society, including NGOs and organizations of beneficiaries should be involved in targeting, implementing and assessing social protection mechanisms. Why is identification a challenge? Is it a methodological issue? Or a political one? In some cases, the targeting system doesn’t enable a social protection instrument to reach the poorest. Indeed, there is a targeting by category (for example the choice is made to target families with children under 5 years), the socio-economic targeting, based on vulnerability criteria requires household surveys on the field or a geographic targeting. Depending on the methodology chosen, the exclusion and inclusion rates are different. According to you what is the best targeting option for food security targeting?

3. Coordination between the various stakeholders, as is often the case, is a major challenge. Social protection projects are often carried out by different departments such as in Malawi but also in other countries. Coordination also includes the involvement of civil society and decentralized communities. What model of coordination could ensure consistency and establish the link between social protection and agriculture?
 

Thank you.

Al Hassan Cissé

Emilia Venetsanou freelancer, Italy
06.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear colleagues,

Considering that the current debate  relies on sound conceptual basis and substantive inputs have already been brought, this contribution will be limited to my personal ten-year experience in the 80’s – 90’s in Cape Verde, shortly referring on what Jean Drèze and Amartya Sen in “Hunger and Public Action”, 1991, considered as a success story.

Actually, Cape Verde, a member of CILSS, which before independence (1975) had several times experienced famine, around the 80’s, during a period of twenty-year drought, has been one of the most successful stories on public action largely ensuring food security through social protection, linking relief and development.

That occurred in a two-decade programme of “national reconstruction” based on Intensive Labour Public Works (ILPW) schemes (mostly “cash for work” with some cases of “food for work”, too) fed by international in-kind food aid converted by the Government in a National Development Fund. As a result, under national initiative and leadership, in-kind food aid has been transformed in an economic stimulus, injecting fresh money in the local market, opening jobs, promoting people’s professional and organisational skills, building up vital infrastructures like roads, reforestation and watershed management systems, among others. A “save & loan scheme”, built on intensive work of communities’ empowerment and participation and fed by people’s voluntary savings, thanks to their “cash for work” incomes, has been relevant for the phasing-out stage of the programme, during the public reforms related to the “structural adjustment” promoted by Word Bank and IMF, beginning 90’s. Then, people owned save & loan schemes provided the conditions for accessing to credit for setting-up small businesses and enhancing agriculture activities. This has been possible because “save & loan schemes” was not only about money. Such community-rooted schemes were depositories of vital assets as organizational capacity, including lists of beneficiaries targeting the most vulnerable, adequate mind-set, interlocution with other stakeholders and negotiation capacity, inter alia.

The Cape Verde experience shows the strong link between Social Protection and Development Policy. Social Transfers / Social Safety Nets (SSNs) can be productive, stimulate investment and be potentially transformative. SSNs can work for boosting community economy and break the vicious cycle of poverty-inequality-destitution. There are very positive experiences of SSNs implemented through Intensive Labour Public Works (ILPW) that promote people’s organisation skills, decision-making capacity, life skills acquisition and small businesses. Saving and loan schemes can be set-up thanks to ILPW wages. SSNs based on public works also contribute to community and country sustainable development when addressing infrastructures (rural roads, warehouses, soil and water conservation, etc). SSNs based on ILPW are mutually reinforcing with decentralisation efforts and ensure “injection” of funds to local economies and the closest to the most in need.

Social transfers’ appropriate schemes could enable poor and vulnerable people to access to agricultural development opportunities, but there is need of a strong political will at National and International level addressing the typical trade-offs between economic efficiency and social equity. Unfortunately, in the Cape Verde case, in the beginning of the 90’s, the Bretton Woods (WB & IMF) imposed the primacy of economic efficiency against equity. Today, in Cape Verde, little has been left from that Social Protection machinery.

Eventually, this is about a learning process and all cases may present the two sides of the coin, the positive and the negative elements. We have to be honest and try to tell the whole story and learn from all its aspects.

Chers collègues,

Considérant que la discussion actuelle repose sur une base théorique solide et que de nombreux éléments de fond ont déjà apportés, ma contribution sera limitée à mon expérience personnelle des années 80 - 90, au Cap-Vert, avec des  références à ce que Jean Drèze et Amartya Sen décrivent comme une réussite dans « Faim et Action Publique » 1991.

En effet, le Cap-Vert, pays membre du CILSS, a, avant son indépendance en 1975, connu la famine à plusieurs reprises. Dans les années 80, pendant une période de sécheresse longue de vingt ans, l’action publique du Cap-Vert a été exemplaire et a  en grande partie assurée la sécurité alimentaire grâce à la protection sociale, en liant secours d’urgence et développement.

Cela a été réalisé dans le cadre d’un programme de « reconstruction nationale » mis en place pendant deux décennies. Ce programme, reposant sur des travaux publics à forte intensité de main-d'œuvre (principalement sur des schémas argent contre travail et dans certains cas, travail pour aide alimentaire) était alimenté par l’aide alimentaire internationale (aide en nature) et convertie par le gouvernement en un fonds national pour le développement.

 Ainsi, par le biais d’une initiative nationale l’aide alimentaire en nature était transformée en un stimulus économique par l’injection d’argent sur le marché national, la création d’emplois, la promotion des compétences professionnelles et organisationnelles des citoyens, la construction d’infrastructures indispensables (routes notamment), la préservation des ressources (systèmes de gestion des bassins hydrographiques, reforestation), etc.

Un schéma épargne-emprunt (“save & loan scheme”) construit sur un travail intensif de renforcement et de participations des communautés alimenté par l’épargne volontaire des personnes, grâce aux revenus tirés des initiatives argent contre travail, ont été pertinents pour la phase transitoire du programme pendant les réformes publiques liées à l’ajustement structurel promut par la Banque mondiale et le FMI au début des années 90. Par le biais des schémas épargne-emprunt les personnes pouvaient réunissaient accéder au crédit et lancer des petites entreprises et/ou accroitre leurs activités agricoles. Ceci a été possible car ce schéma ne concernait pas seulement l’argent. Ces programmes communautaires étaient dépositaires de différents outils et compétences, comme de capacités d’organisation, de listes des bénéficiaires les plus vulnérables, de capacités de négociations...
L’expérience du Cap-Vert démontre le lien étroit entre protection sociale et politique de développement. Les transferts sociaux et filets de sécurités sociaux peut être productif, stimuler l’investissement et être potentiellement transformateur.Les filets de sécurité sociaux peuvent renforcer l’économie d’une communauté et casser le cercle vicieux pauvreté – inégalité – destitution.

Il y a des expériences positives de filets sociaux de sécurité mis en œuvre à travers les travaux publics à forte intensité de main-d'œuvre qui permettent de promouvoir les capacités d’organisation, de décision, les compétences pratiques et liées aux petites entreprises. Les schémas épargne-emprunt peuvent être mis en place grâce aux revenus tirés des programmes argent contre travail. Les filets de sécurité sociaux contribuent au développement durable des communautés quand ils permettent d’accroitre les infrastructures (routes rurales,  gestion des ressources naturelles, entrepôts...). Les efforts de décentralisation sont renforcés (et renforcent également) les filets de sécurités basés sur les programmes argent contre travail qui garantissent l’injection de monnaie sur le marché local là où sont les personnes qui en ont besoin.

Les schémas de transferts sociaux pertinents peuvent permettre aux personnes les plus vulnérables d’accéder à des opportunités de développement à travers l’agriculture, mais cela nécessite une forte volonté politique nationale et internationale pour mieux arbitrer entre efficacité économique et équité sociale. Malheureusement, au Cap-Vert, dans les années 90, le projet Bretton Woods (Banque mondiale et FMI) a imposé la primauté de l’efficacité économique sur l’équité sociale. Aujourd’hui au Cap-Vert il reste très peu de choses de ces programmes de protection sociale.

Finalement, il s'agit d’un processus d'apprentissage et toutes les expériences ont leurs éléments positifs et négatifs. Nous devons être honnêtes et essayer de partager cette histoire afin d’en tirer les leçons.
 

Anna Antwi GD Resource Center , Ghana
05.11.2013

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Dear Colleagues,

We are getting interesting contributions, and we shall encourage all to continue with this exciting exchange before we finally draw curtains on this fascinating topic for West Africa in few days time.

This time the contributions range from right to adequate food, using local communities for support and also tackling social protection from multi-sectoral approaches to descriptions of social protection. In the descriptions, social protection is seen as promoting economic opportunities, supporting inclusive growth as well as contributing to necessary transformation by addressing social inequalities, exclusions and the associated vulnerabilities. Another remarkable feature is the decentralization process that transfers responsibility, and empower people through decision making processes at the sub-national levels. The interview posted by Lucie is also very informative. Experiences of people are also vast and rich. There are numerous challenges mentioned, however, one challenge that keeps re-surfacing is “targeting”.  

In many African countries, pro-poor interventions such as cash transfer, input subsidy and other forms of support to the agricultural sector are to reduce poverty, shocks/ risks and food insecurity. Yet many of the social protection interventions and programmes are implemented by different government agencies with different targets in mind, even though majority of the support may end up in the rural areas with the focus on agricultural producers or farmers.

As we come to the close of this conversation, we may want to continue to address all the questions especially the key question: what are the effective ways of targeting the poor with social protection interventions so as to improve agricultural production to enhance food security and nutrition. You may share your experiences with common targeting mechanisms in your country.

Let us keep the spirit and momentum to the very end. Thank you

Regards,

Anna Antwi, Development Consultant.

Chers collègues,

Chaque jour, nous recevons de précieuses contributions, et nous vous encourageons tous à poursuivre cet intéressant échange avant la clôture, d’ici quelques jours, de cette discussion passionnante pour l'Afrique occidentale.

Cette semaine, les contributions reçues portent sur : le Droit à une alimentation adéquate ; sur l’importance des communautés locales pour soutenir la protection sociale ; sur les approches multi- sectorielles ; et des définitions de la protection sociale. Dans les définitions, la protection sociale est considérée comme la promotion d’opportunités économiques, comme un soutien à une croissance inclusive contribuant aux évolutions nécessaires de la société pour lutter contre les inégalités sociales, les exclusions et les vulnérabilités associées. Une autre caractéristique remarquable est le processus de décentralisation qui transfère la responsabilité, et d'habiliter les personnes à travers les processus de décisions aux niveaux sous- nationaux décision. L'interview publiée par Renata est aussi très instructif. Les expériences partagées par les participants sont aussi vastes que riches. Il y a de nombreux défis mentionnés dans ces contributions. Cependant, un défi qui ne cesse d’être évoqué concerne le «ciblage» des bénéficiaires.

Dans de nombreux pays africains, les interventions en faveur des pauvres, comme les transferts monétaires, les subventions aux intrants et autres formes de soutien au secteur agricole ont pour objectifs de réduire la pauvreté, les chocs / risques et l'insécurité alimentaire. Pourtant, la plupart des interventions de protection sociale et des programmes sont mis en œuvre par des agences gouvernementales qui ont des objectifs différents à l'esprit, même si, le soutien fournit peut déboucher dans les zones rurales et viser les producteurs agricoles ou les fermiers.

Lors des derniers jours de cette discussion en ligne, nous souhaitons poursuivre le débat et répondre, plus particulièrement à cette question : Quelles interventions de protection sociale peuvent cibler les pauvres et contribuer à accroitre la production agricole et ainsi améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition ? Vous pouvez partager votre expérience et celle de votre pays sur les mécanismes de ciblage mis en place.

Je vous encourage à continuer à partager vos expériences et votre vision sur ce sujet jusqu’à la fin de cette discussion.
Merci.

Cordialement,

Anna Antwi , consultante en développement

KINGSLEY OFEI-NKANSAH General Agricultural Workers Union, Ghana
05.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear colleagues,

Social protection is a right acknowledged in the discussions thus underscoring various social protection instruments at the global, regional, sub-regional, national and sub-national levels. There is a need to clarify the West African context characterised by certain social and economic characteristics that implicate the design and implementation of social protection interventions. For example, the concern for social protection in West Africa is rightly concerned with the vulnerable in the community of rural workers largely self-employed. The growing phenomena of large scale farming which does not increase the proportion of workers in the formal economy, let alone create conditions for decent work, must receive more attention. As has been forcefully articulated by CSOs like Food Security Policy Advocacy Network (FoodSPAN), land grabbing for commercial agricultural production which displaces many small scale producers from productive resources ends up deepening vulnerabilities, inequalities and exclusion. The associated food and nutrition insecurity undermines the health profile of the women, men and children in various ways that implicate productivity or education.

It is important to appreciate the fact that a most critical challenge facing West African economies is the need to transform them. The transformation of the economies entail the economic transformation of agriculture and diversifying away from agriculture and other primary production; it entails developing industry, especially manufacturing in order to realise sustainable employment growth, that can ensure progressive realisation of the Right to Food and other rights entailed in decent employment. The adoption of ILO Recommendation 202 on social protection floors in 2012 constitutes a global tripartite consensus recognising the need to progressively ensuring higher levels of protection while guaranteeing access to essential health and minimum income security.

Nutrition and food security are basic to sound health and minimum incomes are key to livelihoods. Question of sustainability of social protection in countries that are donor dependent and often on the brink of fiscal collapse has been something raised as a limiting factor. One response to this is to design and target social protection interventions in a manner that stimulates domestic production and build inter linkeages between different economic activities, and between the economic and the social.  For example, within a decentralised development framework, local economic development strategies could promote agricultural production schemes that take advantage of subsidised fertilisers, improved seeds, mechanisation services, etc. and provide the food resources for a school feeding programme thus removing the debilitating market access constraint. Again within the framework of a national or even sub-regional development strategy, social protection could be used to promote cotton production that feeds domestic textile industry specialising in producing materials for school uniforms which then go to feed a garment factory devoted to producing a free school uniform programme.

Social protection is an end in itself because it is a right but in conditions of widespread poverty, fiscal crises, depressed domestic production (agriculture and manufacturing), the ability to innovatively design and use social protection as a means for economic transformation is  worth paying attention to. In the processes it certainly would be necessary to address the precariousness of labour in the burgeoning informal economy especially in rural areas as well as the growing informalisation of employment in the world of work.

Kingsley Ofei-Nkansah
General Secretary
General Agricultural Workers Union
GAWU of Ghana TUC
Accra, Ghana

Kingsley Ofei-Nkansah
Chairperson
Food Security Policy Advocacy Network
FOODSPAN

Chers collègues,

La protection sociale est un droit reconnu dans les discussions incluant divers instruments aux niveaux mondial, régional, sous-régional, national et local. Il est nécessaire de clarifier le contexte ouest-africain à l'aide de ses caractéristiques sociales et économiques qui doivent être prises en compte dans la conception et la mise en œuvre des interventions de protection sociale.Par exemple, le souci de la protection sociale en Afrique de l'Ouest prend en compte à juste titre les personnes vulnérables de la communauté des travailleurs ruraux, en grande partie indépendants. Le phénomène croissant de l'agriculture à grande échelle qui n'augmente pas la proportion de travailleurs dans l'économie formelle, et créé encore moins les conditions d’un travail décent, doit être mieux pris en compte. Comme cela a été souligné par de nombreuses OSC comme FoodSPAN, l'accaparement des terres pour la production agricole commerciale qui déplace beaucoup de petits producteurs des ressources productives finit par accroitre les vulnérabilités, les inégalités et l'exclusion. L'insécurité nutritionnelle et alimentaire associée sape le profil de santé des femmes, des hommes et des enfants de diverses manières qui impliquent la productivité ou l'éducation.

Il est important de considérer que les économies d’Afrique de l’Ouest sont en train de faire face au défi de leur transformation. Une transformation de l’économie entraînent la transformation des modes de fonctionnement économiques de l'agriculture et sous-tend une diversification loin de l'agriculture et des autres productions primaires ; cela implique le développement d’une industrie afin de réaliser une croissance durable de l’emploi, qui peut être le socle à la réalisation progressive du droit à l'alimentation et d’autres impliquaient dans un emploi décent. L'adoption de la recommandation 202 de l’OIT en 2012 sur les socles de protection sociale constitue un consensus tripartite global reconnaissant la nécessité d'assurer l’accroissement progressif des niveaux de protection tout en garantissant l'accès aux soins essentiels et la garantie d’un revenu minimum.

La nutrition et la sécurité alimentaire est une base essentielles pour assurer une bonne santé et un revenu minimum qui sont eux-mêmes essentiels pour assurer les moyens de subsistance. La question de la durabilité des systèmes de protection sociale dans des pays dépendants de l’aide au développement et souvent à la limite de l'effondrement financier a été soulevée comme un facteur limitant. Une réponse à cette question est de concevoir et cibler les interventions de protection sociale d'une façon qui stimule la production nationale et de construire des liens entre les différentes secteurs économiques, et également entre l'économique et le social. Par exemple, dans un cadre de développement décentralisé, les stratégies locales de développement économique pourraient promouvoir des systèmes de production agricoles qui bénéficient de subventions pour des engrais, des semences améliorées, des services de mécanisation, et grâce à cela fournir des  aliments à un programme d'alimentation scolaire qui supprime les contraintes débilitante d'accès au marché. Encore une fois, dans le cadre d'une stratégie nationale, voire sous régionales de développement, la protection sociale pourrait être utilisée pour promouvoir la production de coton qui alimente l'industrie nationale du textile spécialisée dans les matériaux pour les uniformes scolaires, qui pourraient ensuite alimenter une usine de confection consacrée à la production d'un programme d’uniforme scolaire gratuit.

La protection sociale est une fin en soi car c'est un droit. Cependant, dans des conditions de pauvreté généralisées, de crises financières, de production intérieure déprimée (agriculture et industrie), la capacité de concevoir et d’utiliser la protection sociale de manière innovante comme un moyen innovant de transformer l'économie est particulièrement intéressante. Dans le processus de conception des programmes, il serait nécessaire de faire face à la précarité du travail dans l'économie informelle en plein essor, en particulier dans les zones rurales ainsi que la croissante de l'emploi informel dans le monde du travail.

Kingsley Ofei - Nkansah
Secrétaire général
Union générale des travailleurs agricoles
GAWU du Ghana TUC
Accra, Ghana

Kingsley Ofei - Nkansah
Président
Sécurité alimentaire Réseau de plaidoyer
FOODSPAN
 

Mr. Georges BAZONGO Self Help Africa, Burkina Faso
04.11.2013

>> ENGLISH VERSION BELOW <<

Le Burkina Faso, pays pauvre et enclavé d'Afrique de l'Ouest a adopté en 2012 une politique nationale de protection sociale dont les objectifs visent justement a anticiper et à prendre en charge entre autres les problèmes de santé, de nutrition et de sécurité alimentaire des populations. Le système de filets sociaux est accompagné par la Banque mondiale, des ONG et le système des Nations Unies à travers le PAM, l'Unicef et l'OMS. Bien que la protection sociale sociale soit capitale pour un pays comme le mien, il est aussi important de mettre l'accent sur l'identification des bénéficiaires réels pour éviter que les appuis soient détournés à d'autres fins notamment lucratifs. Il y va aussi de la responsabilité des bénéficiaires qui souvent sont utilisés par des acteurs qui ne cherchent qu'à faire de l'argent sur la pauvreté des autres.

Somme toute, la protection sociale peut être un moyen efficace d'amélioration de la nutrition des ménages pauvres mais l'identification de ces derniers doit être mieux encadrée et les impacts réels doivent être bien mesurés et appréciés en termes de durabilité. Dans ce sens, les Gouvernements doivent definir les cadres de mise en oeuvre de la politique de potection sociale, la société civile, dont les ONG et les Organisations de bénéficiaires, devront être impliqués dans les mécanismes d'identification de mise en oeuvre et d'évaluation des actions afin d'en tirer toutes les leçons et les expériences pour améliorer les actions futures.

Burkina Faso, a landlocked poor country in West Africa, adopted in 2012 a national policy for social protection which goals are to anticipate and support issues related to populations’ health, nutrition and food security.

The safety nets system is supported by the World Bank, NGOs and the UN system through WFP, UNICEF and WHO. Although social welfare is vital in a country like mine, it is also important to focus on the identification of beneficiaries in order to prevent support being diverted for other purposes including lucrative. The beneficiaries are also responsible and are often used by players who only want to make money on others’ poverty.

Overall, social protection can be an effective way of improving the nutrition of poor households, but the targeting of these must be better regulated and actual impacts should be well measured and assessed in terms of sustainability. In this sense, the Government should define the framework for the implementation of social protection policy, together with CSOs, including NGOs and organizations of beneficiaries, that should be involved in the targeting, implementation and evaluation mechanisms in order to draw all the lessons and experiences to improve future actions.
 

Mr. Subhash Mehta Devarao Shivaram Trust, India
04.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Students are now a part of corporate social responsibility (CSR) in agriculture and rural development.

The Hindu report ("Farming is now part of CSR") will be of assistance for you to intervene and ensure that the Goa CSR model is replicated by all colleges, management institutions in Africa, assisted and facilitated by the Ministry of Education, governments, National Bank for Agriculture and Rural Development (NABARD), Institutes of Agri Research, Universities and globally through World Bank, UN FAO and IFAD and the CGIAR.

You can also observe that the call given by us during GCARD-I consultation process, to focus on and create capacity in educating rural youth (general practitionners and MBAs in agriculture) for the management of integrated agriculture systems (read UNCTAD TER 13) in their area, documenting and widely replicating the models of successful farmers, achieved through Inovative Agriculture Research for Development (IAR4D), season after season, adapting to climate change, ensuring a positive 'cash to cash cycle', not leaving our future only to 'breeders''.

Les étudiants sont maintenant une partie de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) dans l'agriculture et le développement rural .

Le rapport hindou ( "L'agriculture fait désormais partie de la RSE" - article en anglais) peut être utile pour faire en sorte que le modèle de RSE de Goa soit répliquée par tous les collèges, instituts de gestion en Afrique et facilité par les ministèrse de l'Éducation, les gouvernements, les banques nationales pour l'agriculture et le développement rural (NABARD), les instituts de recherche agricole, les universités et dans le monde à travers la Banque mondiale, la FAO, le FIDA et le CGIAR .

Vous pourrez également constater que nous avons lancé un appel durant le processus de consultation de la Conférence mondiale biennale sur la recherche agricole pour le développement , pour se concentrer sur l'éducation des jeunes en milieu rural (praticiens et diplômés en agriculture)pour la gestion des systèmes agricoles intégrés (lire en anglais UNCTAD TER 13 ), et la réplication des bonnes pratiques, obtenues par la recherche agricole pour le développement innovant (IAR4D ). Saison après saison, tout en s’adaptant au changement climatique, ceci favorise un cycle d’exploitation positif.

 

Mr. Subhash Mehta Devarao Shivaram Trust, India
02.11.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear colleagues,

I have read the contributions made till now and have a better understanding of social protection required by the rural poor in West Africa, especially smallholder producer communities, being mostly illiterate are vulnerable  and at high risk as they have little or no access to resources.

To get them out of hunger, malnutrition and poverty, they need to be given the required assistance and facilitated to set up their orgs/ company (PC), staffed by professionals [general practitioners (GPs) and MBAs in agriculture], to take over all responsibilities and manage risks - cash to cash cycle (www.navajyoti.org, a model PC), leaving members to on farm activities, focus on producing low cost nutritious food of the area, mostly for their own needs, value adding to increase shelf life of their produce, thus minimizing post harvest losses and  ensuring access to nutritious food and cash, round the year, surplus if any, PC to market in the vicinity and when prices peak.

Chèrs collègues,

J'ai lu les contributions faites jusqu'à présent et j'ai désormais une meilleure compréhension des besoins de protection sociale des ruraux pauvres d'Afrique de l'Ouest. Les communautés de petits producteurs, le plus souvent analphabètes, sont les plus vulnérables car ils ont un accès limité aux ressources.

Afin qu'ils sortent de situation de faim, de malnutrition et de pauvreté, il est nécessaire qu'on leurs fournisse une assistance et des facilités pour développer leurs activités. Cela peut se faire à l'aide de professionnels (praticiens et diplômés en agriculture) afin de mieux prendre en charge les responsabilités et gérer les risques du cycle d'exploitation (voir l’exemple www.navajyoti.org) tout en laissant les membres de l’exploitation agricole se concentrer sur la production de nourriture bon marché à fort potentiel nutritionnel, principalement pour leurs propres besoins. Cela permet d’augmenter la durée de conservation de la production et donc de minimiser les pertes post-récolte, et d’assurer l'accès à la nourriture et à des revenus financiers tout au long de l'année. En cas de surplus, la vente peut se faire dans le voisinage et quand les prix augmentent.

31.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear colleagues from West Africa,

Looking at how participatory interventions are supposed to be in this era in the quest for social protection, I have been thinking critically about the link between Social protection, food security and nutrition. Models would have best presented my ideas but suffice it for me to share this in the light of experience with the vulnerable during dry spells of weather. Harvesting of water and storing against the dry periods is key to relieving the vulnerable of stress and protecting them socially. Agricultural production during the Dry Season for most parts of Ghana especially as my experience recounts, leaves much to be desired.

Rain-fed Agriculture is still a dominant feature in the area that I live within the eastern region of Ghana. Meanwhile the Volta Lake is close-by. Where have all the irrigation techniques and research findings on water management during drought periods gone? Lessons learnt in this area call for a body to re-visit research results and recommendations which target supporting the survival of the vulnerable in society. Dry periods here range between November and March of the following year. The vulnerable need not fold their arms and sing 'Nearer my God to Thee'. Let there be and intervention for effective harvesting and storage of water in rural communities. I am being empathetic for especially the aged and also for children in the realm of vulnerability.

An analysis of water-harvesting systems in such rural areas would be helpful in directing efforts to sustain Agriculture. There are experiences in the same area where cattle are found to have eaten clothes that have been washed and dried in the open. Water-harvesting therefore will improve drinking habits for animals during drought and lead to improvement in nutritional provisions for humans in getting beef for consumption.

Bush -fires consume grasses during such dry periods and animals thirst seriously. Feed preservation could be a possible intervention that will promote Agricultural links to social protection and nutrition. Let us consider these points as we go on discussing issues.

Chers collègues d'Afrique de l'Ouest,

Au regard dont les interventions participatives sont censées être dans  le domaine de la protection sociale, j’ai une pensée critique sur le lien entre protection sociale et sécurité alimentaire et nutrition.

Une modélisation aurait permis de mieux présenter mes idées, mais il suffit pour moi de partager l'expérience de personnes vulnérables pendant les périodes sèches de l’année. La collecte et le stockage de l’eau sont essentiels pendant les périodes de sécheresse pour soulager les groupes vulnérables et les protéger socialement. D’après mon expérience, pendant la saison sèche, la production agricole dans la plupart des régions du Ghana est très faible.

L'agriculture non-irriguée domine dans la région dans laquelle je vis, à l’Est du Ghana, bien que le lac Volta soit à proximité. Où sont passées les techniques d'irrigation et les résultats des recherches sur la gestion de l'eau en période de sécheresse? Les leçons apprises dans ce domaine doivent être analysées de nouveaux pour  soutenir la survie des groupes les plus vulnérables. Les périodes sèches s’étendent ici de novembre à mars de l'année suivante. Les personnes vulnérables ne peuvent pas attendre les bras croisés en priant. Des interventions efficaces pour la récolte et le stockage de l'eau dans les communautés rurales sont nécessaires. Je fais preuve d'une empathie plus forte pour les personnes âgées et pour les enfants qui sont les plus vulnérables.

Une analyse des systèmes de collecte d'eau dans les zones rurales seraient utile pour diriger les efforts vers le soutien à l'agriculture. Il existe des cas dans la même région où le bétail a mangé des vêtements humides qui séchaient à l'air libre. La collecte de l'eau permettrait donc également d'améliorer les habitudes de consommation pour les animaux en période de sécheresse et de conduire à une amélioration des provisions alimentaires pour les humains grâce à cette viande.

Pendant les périodes sèches les feux de brousse consument les plantations et par conséquent les animaux n’ont plus assez pour se nourrir. La préservation d'alimentation pourrait être une possible intervention agricole qui fera la promotion de liens vers la protection sociale et de la nutrition. Prenons ces points comme nous continuons à discuter des questions.

Le stockage d’aliments pour les animaux serait une intervention possible pour promouvoir le lien agriculture  et protection sociale.  Nous pouvons discuter de cela tandis que nous allons plus avant dans la discussion.

Douillet Mathilde Foundation for World Agriculture and Rural Life (F, France
30.10.2013

>> ENGLISH VERSION BELOW <<

Chers collègues,

Historiquement connu pour sa pauvreté et ses graves crises alimentaires, le Malawi s’est fait remarquer en 2008 en s’engageant symboliquement à fournir plusieurs centaines de tonnes de maïs au Programme alimentaire mondial et aux pays voisins en crise alimentaire. Depuis le pays est souvent cité dans les débats sur la sécurité alimentaire en Afrique, comme dans le cadrage de ce débat.

A la Fondation FARM, j’ai étudié de près la politique agricole du Malawi et je pense effectivement que l’expérience de ce pays peut être utile pour les pays d’Afrique de l’Ouest. Ma contribution à cette discussion est donc centrée sur les enseignements de l’expérience du Malawi. En particulier, elle s’inspire très largement des analyses développées dans la note de FARM de février 2013, consacrée à la présentation du bilan du programme de subvention aux intrants du Malawi et à sa comparaison avec le programme de transfert d’espèces. Cette note est disponible en anglais et en français sur le site de la fondation :  http://www.fondation-farm.org/spip.php?article853

Pour répondre aux dernières questions de Al Hassan Cissé, dans le cas du Malawi la protection sociale pour la sécurité alimentaire s’appuie sur une multitude de mesures, mais deux volets principaux peuvent être cités en raison de leur ampleur budgétaire :

D’un côté, le programme de subvention des intrants, le FISP (Fertiliser Input Subsidy Program) a été lancé en 2005 suite aux graves crises alimentaires de 2001 et 2004 qui avaient entraîné de coûteuses importations de denrées. Grâce à la distribution annuelle, à 1,5 million de familles (soit environ 50% de la population), d'environ 160 000 tonnes d'engrais destinés à la production de maïs - aliment de base de la population -, le FISP aurait permis au Malawi de passer de la situation d'importateur structurel à celle d'exportateur occasionnel de cette céréale. Ce changement a été remarqué par la communauté internationale, qui le cite souvent comme exemple de succès d'une politique agricole volontariste. Ce programme offrirait, selon ses partisans, des «subventions intelligentes» (smart subsidies), car les bénéficiaires reçoivent des coupons échangeables en magasin contre des intrants, ce qui permet en théorie d'impliquer le secteur privé et de cibler les personnes selon leurs besoins. Pourtant aujourd’hui ce programme est très critiqué. Il n’a pas suffi à faire reculer la pauvreté rurale et n’a pu empêcher le déclenchement d’une nouvelle crise alimentaire, fin 2012. Les critiques les plus fréquentes visent la manière dont il est mise en œuvre (voir la note pour plus de détails). Mais en réalité, il faut reconnaître que le contexte macroéconomique externe a été particulièrement défavorable au pays.

De l’autre, suite au succès du Programme pilote de transferts sociaux en espèces dans la province de Mchinji (2006-2008), le gouvernement s'est lancé dans une phase d'extension à l’échelle nationale de ce dispositif sur la période 2012-2015 dans le but de toucher les 10 % les plus pauvres. Il est important de noter dès à présent, que ce programme social est encore en phase de déploiement. Il n’a donc pas encore pu faire la preuve de son efficacité. Les transferts monétaires qui ont eu des effets démontrés sur la scolarisation des filles, la pauvreté, la sécurité alimentaire et la diversification de l’alimentation des ménages ciblés sont en réalité des projets plus modestes, voire des phases pilotes (comme dans le cas du projet de Mchinji), et concernent donc un nombre réduit de bénéficiaires dans des régions précises. Par exemple, les études d’impact du programme pilote de Mchinji ont montré que certains bénéficiaires investissent dans des activités créatrices de revenus, dont l’agriculture. Cependant, c’est une région centrale proche de la capitale, où les marchés fonctionnent beaucoup mieux que dans d’autres zones plus reculées du pays. Or, comme décrit dans la note, les effets attendus des programmes de transferts monétaires sur la productivité agricole dépendent grandement de la propension à investir des bénéficiaires et du fonctionnement des marchés. Les impacts attendus de l’extension de ce programme à l’échelle nationale sont donc loin d’être clairement établis.

Faire de ces instruments un « programme complet » d’une « politique de protection sociale pour la sécurité alimentaire » en tant que telle est complexe et se heurte à de nombreux défis. Pour rester brève, je n’en citerai que trois :

- La volonté politique

Il a fallu une forte volonté politique de la part du Président Bingu Wa Mutharika pour que le programme de subvention des intrants agricoles soit lancé à grande échelle et maintenu au cours des années (initialement contre l'avis de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International). Cela a été probablement facilité par le choix d’un instrument phare (l’utilisation de coupons pour subventionner un paquet technique), déjà utilisé dans le pays depuis plus d’une dizaine d’années. Cependant en contrepartie, compte tenu de ses fortes implications sociales, ce programme est devenu très sensible politiquement, son coût tendant à augmenter en année pré-électorale, en raison de la mainmise des politiques – tentés d'imprimer un nombre croissant de coupons -. Et malgré le changement de Président, il est peu probable qu’il soit substantiellement réformé avant les élections présidentielles de 2014, malgré la nécessité de le faire.

- La clarté de l’objectif : ciblage et sortie du programme (« graduation »)

Au-delà de la volonté politique de subventionner les intrants agricoles pour augmenter la production de maïs, l’ objectif précis de ce programme manquait initialement de clarté : était-il d’augmenter la production agricole nationale ou d’augmenter la production agricole des ménages les plus pauvres ?

S’adressant initialement aux « ménages pauvres » définis par opposition aux « grandes exploitations agricoles », l’attribution des intrants subventionnés était dans les faits laissée dans une grande mesure à la discrétion des chefs locaux. Cela a occasionné d’importants détournements. Face aux critiques, le gouvernement a progressivement réformé la procédure d’attribution des coupons pour la rendre plus transparente et a précisé les critères de ciblage en faveur des ménages les plus vulnérables. Or, d’après les études existantes, les ménages les plus pauvres utilisent les engrais (même subventionnés) de façon moins optimale, car le prix de l’engrais chimique n’est pas la seule contrainte à l’accroissement de leur production. Le recours limité aux engrais et la faible productivité du maïs, pour cette catégorie d’agriculteurs, s’expliquent aussi par le manque de liquidités et les difficultés d’accès au crédit, l’insuffisance des débouchés et les pertes post-récolte. Ainsi le choix de les cibler a des répercussions sur l’efficacité économique de la subvention aux intrants.

Sur le papier, les critères d’attribution entre les deux programmes (agricole et social) diffèrent : les subventions aux intrants ne s’adressent qu’aux agriculteurs, tandis que les transferts d’espèces ciblent en priorité les personnes dont les capacités de travail sont limitées, par exemple les jeunes orphelins ou les personnes pauvres âgées. Mais de fait, au Malawi, les deux programmes visent en partie les mêmes familles vulnérables, majoritairement rurales et ayant des activités agricoles. La différence en termes de ciblage est encore moins marquée au Malawi que dans d’autres pays, comme le Ghana, où il existe de grandes disparités dans les profils de pauvreté rurale, ou la Tanzanie, où le gouvernement a choisi de réserver les subventions aux engrais aux ménages susceptibles de les utiliser le plus efficacement.

Enfin, aucune stratégie de sortie de ce programme n’est encore à ce jour définie.

- La coordination entre les acteurs et la mise en cohérence des différentes mesures :

La coordination intersectorielle reste un véritable défi car les volets agricoles, éventuellement nutritionnels et sociaux sont mis en œuvre par des institutions distinctes, sous le pilotage de ministères différents, même si ils sont quelquefois financés par les mêmes bailleurs. Par exemple, le FISP est géré par le ministère de l'agriculture et de la sécurité alimentaire du Malawi, et le programme de transfert par le ministère du genre, des enfants et du développement communautaire, avec l’appui de l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance). Or au-delà de la nécessité de devoir créer des instances interministérielles et intersectorielles à tous les niveaux, de les doter de moyens pour fonctionner, et de former les acteurs aux liens entre leurs différents champs d’activité traditionnels, la collaboration est d’autant plus difficile qu’il existe souvent une compétition entre eux pour des budgets restreints.

Idéalement les programmes de soutiens sociaux pour les plus vulnérables et les soutiens productifs pour les agriculteurs pauvres sont complémentaires, car ils ne répondent pas aux mêmes contraintes et donnent des possibilités différentes (comme cela est analysé en détail dans la note). C’est cette double approche qui a été recommandée par le Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (HLPE) dans son rapport 4 de 2012. Or la coordination entre les acteurs et la mise en cohérence des différentes mesures semble être un des plus grand défis.

Mathilde Douillet

Chef de projet "politiques et marchés agricoles " à la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde

Dear Colleagues,

Malawi, historically known for its poverty and its serious food crises, made itself known in 2008 by symbolically committing to provide several hundred tons of maize to the World Food Programme and to neighbouring countries with food crises. Since then, the country is often mentioned in debates on food security in Africa, just as in the framing of this debate.

At FARM (Foundation for Agriculture and Rurality), I studied closely the agricultural policy of Malawi and in effect I think that the experience of this country could be useful to West African countries. My contribution to this discussion is therefore based on the lessons learned from the Malawian experience. In particular, my contribution is largely inspired by the analysis developed in the FARM note of February 2013, dedicated to the presentation of the assessment of the program of subsidies to Malawi's inputs and the comparison of this to the cash transfer program.

This note is available in English and French in the Foundation's website: http://www.fondation-farm.org/spip.php?article853

To answer the latest questions of Al Hassan Cissé, in the Malawian case, social protection for food security is supported by a number of measures, but two main components may be mentioned due to the size of their budgets:

On one hand, the Input Subsidy Program, the FISP (Fertiliser Input Subsidy Program) was launched in 2005, following the   serious food crises of 2001 and 2004 which led to costly imports of foodstuffs. Thanks to the annual distribution, to 1.5 million families (about 50% of the population), of about 160,000 tons of fertilizers intended for maize production – the staple diet of the people, - the FISP enabled Malawi to come from the situation of a structural importer to that of an occasional exporter of this cereal. This change has been noticed by the international community, which often cites it as an example of the success of a voluntary agricultural policy.  According to its supporters, this programme offers smart subsidies, because the beneficiaries receive coupons exchangeable in shops for inputs, which makes it possible, in theory, to involve of the private sector and to target people according to their needs. However, today the programm is much criticized. It has not sufficiently pushed back rural poverty and was not able to prevent the outbreak of a new food crisis at the end of 2012. The most common criticisms are directed to the way in which it was implemented (see note for more details). But in reality, it must be recognized that the external macroeconomic context has been specially adverse to the country.

On the other hand, following the success of the Pilot Programme for social transfers of cash in the Mchinji province (2006-2009), the government has launched the extension phase of this Programme at national level for the period 2012-2015 with the objective of reaching the poorest 10%.  It is important to notice at this present time that this social programme is still in the implementation phase. Therefore, so far it has not been possible to prove its effectiveness. In reality the cash transfers which  have had a demonstrable effect on girls’ schooling, on poverty, on food security and on food diversification for  targeted households are more modest projects, let us say pilot phases (as in the case of the Mchinji project), and thus involve a small number of beneficiaries in specific regions. For example, impact studies for the Mchinji pilot programme have shown that some beneficiaries invest in activities that create income, such as agriculture. However, this is a central region close to the capital where the markets operate much better than in other more remote areas of the country. Yet, as described in the note, the expected effects of the cash transfer programmes on agricultural productivity depend greatly on the beneficiaries' readiness to invest and on the workings of the markets. The expected impacts of the extension of this program on a national level are far from being clearly established.

To use these instruments to make a “comprehensive program” for “a social protection policy for food security” as such is complex and exposes itself to many challenges.  To remain brief, I will only mention three:

- Political will

A determined political will was needed on the part of President Bingu Wa Mutharika for the program of subsidies for agricultural inputs to be launched on a grand scale and maintained for years (initially against the advice of the World Bank and of the International Monetary Fund). That was probably made easy by the choice of a path-finding instrument (the use of coupons to subsidize a technical package), already in use in the country for over ten years. However on the other hand, bearing in mind its considerable social implications, this program has become very politically sensitive, its costs tending to mount in pre-election years, due to political influence – the temptation to print a larger number of coupons.  And despite the change of President, it is unlikely that the program will be substantially reformed before the presidential elections of 2014, despite the need to do so.

- The clarity of the objective: targets and termination of the program (“graduation”).

Beyond the political will to subsidize agricultural inputs to increase the production of maize, the exact objective of this program was not at first clear: was it to increase national agricultural production or increase agricultural production in the poorest households?
While initially directed to poor households, defined by contrast with “large-scale agricultural exploitation”, the allocation of subsidized inputs was left to a great extent to the discretion of the local chiefs.  This gave rise to significant misappropriations. When faced by criticisms, the government has progresively reformed the coupons allotment procedure to make it transparent and has set out the selection criteria in favor of the most vulnerable households. Yet, according to existing studies, the poorest households do not use the fertilizers (even those subsidized) in the best way, because the price of chemical fertilizers is not the only constraint on increasing their production. For this category of farmers, the limited use of fertilizers and low maize productivity is also explained by the lack of cash and the difficulties of getting credit, insufficiency of jobs prospects and losses after harvest. Thus targetting them in this way has repercussions on the overall economic efficiency of inputs subsidies.

On paper, the allocation criteria between the two programs (agricultural and social) are different: the inputs subsidies are only directed to farmers, while the cash transfers program prioritizes people with limited capacity to work, for example  young orphans or  the aged poor. In reality in Malawi, the two programs are partly directed at the same vulnerable families, mainly rural and having farming activities. The targetting difference is still less marked in Malawi than in other countries, like Ghana, where there is great disparity in the profiles of rural poverty; or Tanzania, where the government has chosen to keep the fertilizer subsidies for those households that will use them more efficiently.
Finally, no exit strategy has yet been defined for this programme.

- Coordination between stakeholders and consistency of different measures taken:

Intersectorial coordination is a real challenge because the agricultural component, essentially nutritional and the social component are implemented by different institutions, under the control of different ministries, even when sometimes they are funded by the same partners. For example, the FISP is handled by the Ministry of Agriculture and Food Security in Malawi, and the transfers programme is handled by the Ministry of Gender, Child Development and Community Development, with the support of UNICEF (United Nations International Children's Emergency Fund) And yet, apart from the need to create inter-ministerial and inter-sectorial liaisons at all levels, to give them the means for functioning and to educate staff about the links between their different fields of traditional activities,  collaboration is often difficult because there is competition between them for restricted budgets.

Ideally social support programs for the most vulnerable and production support for poor farmers are complementary, because they do not face the same constraints and provide different possibilities (as analyzed in detail in the note). It is this double approach that has been recommended by the High Level Panel of Experts for Food Security and Nutrition (HLPE) in their 4th report of 2012. Yet, coordination among stakeholders and bringing consistency to the different measures seems to be one of the greatest challenges.
 

Mathilde Douillet

Project Manager "Agricultural markets and policies" at the Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (FARM)

Stephen Adejoro Zartec limited, Nigeria
30.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

 Dear colleagues,

Social protection for food security is a social norm well recognised and practiced by the Yoruba people of the South West of Nigeria in the West Africa sub region.

The practice is aimed at protecting the negative impacts of  agricultural production logistics on the poor, the weak and members of the communities who have limited hands that could be engaged in land preparation for food cultivation

Association of age grade are formed to assist members of the community in preparing their farm land, planting, harrowing and harvesting such that an individual could farm sizable land and nurture to harvesting thus helping a vulnerable member of the family to sustain the family food security and have products for sale or exchange to meet the social and food need of respective members

In Yoruba culture,we refer to these system of social protection as Aroje, (cooperative farm support) Isusu or cooperative banking to raise capital base for the members

Livestock such as Hen, Goat and Sheep can be given out to the less privileged to raise such that the less privileged family can have access to more nutritive food like milk or egg but at the same time pay a regular of an offspring of the type of animal loaned to the principal annually.

Honestly this is my traditional understanding of social protection at the grass root level in my part of West Africa that had helped our fore fathers to sustain the needed food security

It is possible for society to reparkage this traditional system and restructure it into agricultural imput services that will support the resilience and the vulnerable farming members of the society in sustaining a healthy food security

Thank you for giving me the opportunity to make a simple contribution to this first edition of the Global Forum for food Security in West Africa and hope you will find my first letter to the coordinator on the inauguration of this forum a useful discussion  for the region.

Dr Adejoro

Independent livestock consultant and contract Head of Research for Zartech Limited in Nigeria 

Chers collègues,

La protection sociale pour la sécurité alimentaire est une norme sociale reconnue et pratiquée par le peuple Yoruba du sud-ouest du Nigeria dans la région Ouest africaine.

Cette pratique vise à protéger les membres de la communauté les plus pauvres et vulnérables ne possédant pas la main d'oeuvre nécessaire pour gérer la logistique de la production agricole.

Des groupes de différentes catégories d'âge sont formés pour aider les membres de la communauté dans la préparation de leurs terres agricoles, la plantation , le hersage et la récolte. Ainsi, un individu peut cultiver une terre de taille suffisante pour garantir la sécurité alimentaire d'un foyer et avoir des produits à vendre ou à échanger pour garantir les besoins alimentaires et sociaux des membres de la communauté.  Dans la culture Yoruba , nous appelons ces systèmes de protection sociale "Aroje" (soutien agricole coopératif) "Isusu" ou encore "banque coopérative" pour accroitre le capital de base des membres de la communauté.

Du bétail comme des poules, chèvres et brebis peuvent être remis en élevage à une personne moins privilégiée et le foyer peut ainsi bénéficier d'un accès à une nourriture plus nutritive comme le lait ou les œufs. En même temps ce foyer donne pour chaque animal donné, sa descendance directe, à la famille propriétaire.

Ce système, qui a aidé nos ancêtres à atteindre la sécurité alimentaire, est ma compréhension traditionnelle de la protection sociale au niveau local dans ma région d'Afrique occidentale.

Il est possible pour la société de tirer les leçons de ce système traditionnel et de le restructurer dans des services d'intrants agricoles qui pourront soutenir la résilience et le maintien d'une sécurité alimentaire durable des ménages ruraux vulnérables.

Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de faire cette simple contribution à cette première édition du Forum FSN en Afrique de l'Ouest. J'espère que vous  trouverez ma première contribution utile pour la région

Dr Adejoro

Consultant indépendant en élevage actuellement responsable de recherche pour Zartech Limited au Nigeria 

 

Annemarie van de Vijsel The Broker, Netherlands
30.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear colleagues,

The discussion on how social protection can contribute to food security and nutrition in West Africa that the FAO is currently hosting is very interesting and highly relevant. It combines two topics that The Broker, an independent online knowledge platform on global development, has also addressed recently.

Social protection

Last week The Broker published a dossier on social protection. Here, The Broker looks at the international discussion on how to secure decent protection for all human beings. Social protection is increasingly seen as an instrument to promote economic opportunities for the poor and support inclusive development. In its social protection dossier, The Broker examines what different actors mean by social protection and what policies are implemented on the ground. We discuss the wider political and economical consequences and the impact on the lives of the poor in the search for a more inclusive economy.

Please find the dossier here: http://www.thebrokeronline.eu/Dossiers/Social-protection

Food security

Earlier this year The Broker hosted an online debate on food security, one of the main themes we continuously work on. Here, The Broker explores comprehensive food security strategies that ensure a secure supply of affordable food using less land and water, produce less waste and emissions, and alleviate worldwide povertyThe online debate involved policy-makers, researchers and practitioners. Over 90 international experts helped determine key challenges and offered answers on how a knowledge-based policy can tackle global food issues.

You can find the food security theme page here: http://www.thebrokeronline.eu/Themes/Food-Security

We encourage very much the combination of these two topics and like to see the lively debate actually running on your website. We will use the results of this Forum into our work.

Please, if you have any questions  or suggestions for us, contact us at debate@thebrokeronline.eu.

 

Chers collègues,

La discussion sur “Comment la protection sociale peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition en Afrique occidentale ?” que la FAO héberge en ce moment est très intéressante et pertinente. Cela associe deux thématiques auxquelles The Broker, une plate-forme en ligne de gestion des savoirs sur le développement global, s’est intéressé récemment.

Protection sociale

La semaine dernière The Broker a publié un dossier sur la protection sociale dans lequel nous nous intéressons aux discussions en cours au niveau mondial sur la manière de sécuriser une protection décente pour tous. La protection sociale est de plus en plus perçue comme un moyen de promouvoir les opportunités économiques pour les pauvres et soutenir un développement durable et solidaire. Dans son dossier sur la protection sociale, The Broker analyse ce que les différents  acteurs entendent pas protection sociale et les politiques mises en œuvre sur le terrain.  Nous discutons leurs conséquences politiques et économiques et leurs résultats sur la vie des plus pauvres dans la recherche d’une économie plus inclusive.

Vous pouvez trouver le dossier ici : http://www.thebrokeronline.eu/Dossiers/Social-protection (en anglais)

Sécurité alimentaire

Plus tôt dans le courant de la semaine, The Broker a hébergé un débat sur la sécurité alimentaire, une des problématiques sur laquelle nous travaillons continuellement. Dans ce débat, nous avons examiné des stratégies globales de sécurité alimentaire à même d’assurer une alimentation abordable en utilisant une quantité limitée de ressources naturelle (terres et eau), en produisant moins de déchets et d’émission de gaz à effet de serre, et  enfin pouvant  réduire la pauvreté dans le monde. À ce débat prennent part des décideurs, des chercheurs et des praticiens. Plus de 90 experts internationaux participent à déterminer les défis et offrent des réponses sur la manière dont des politiques basées sur la connaissance peut répondre à la problématique de la sécurité alimentaire.

Vous trouverez la page thématique sur la sécurité alimentaire ici : http://www.thebrokeronline.eu/Themes/Food-Security (en anglais)

Nous encourageons fortement l’association de ces deux thématiques et nous remercions le Forum FSN d'héberger cette discussion dynamique. Nous utiliserons les résultats de cette discussion dans notre travail.  

Si vous avez des questions ou des suggestions, n’hésitez pas à nous contacter par email : debate@thebrokeronline.eu.

 

Mamadou Salla Afrique Solidarité A.I.S.E.D., Senegal
30.10.2013

>> ENGLISH VERSION BELOW <<

Chers collègues,

Je vous prie de trouver ci-dessous ma contribution à cette discussion.

Le Sénégal et le droit à l’alimentation.

Le Sénégal, à l’instar des autres pays de l’Afrique de l’Ouest francophones, est au centre des débats. Plusieurs traités internationaux  ont été signés.  Il faut noter que pour réduire la malnutrition de façon significative, la nutrition doit jouer un rôle majeur dans les processus d’élaboration de politiques qui doivent ensuite se traduire en politiques et programmes efficaces répondant aux défis qui s’imposent au niveau du foyer, de la communauté et du pays Cela requiert un effort multisectoriel où chaque secteur prend des mesures pour :

  1. intégrer la nutrition au sein des programmes en cour;
  2. améliorer les efforts de collaboration entre secteurs et institution.

Les stratégies sectorielles contribuant à la nutrition :
 
1- L’agriculture

Rendre des aliments  nutritifs  plus accessibles à tous et soutenir les petites exploitations familiales en tant que sources de revenus.
 
2- Eau potable et assainissement

Améliorer l’accès pour réduire les infections et les maladies.
 
3- Education et emploi

S’assurer que les enfants reçoivent la nourriture dont ils ont besoin pour apprendre et recevoir un emploi décent à l’âge adulte.
 
4- Soins de santé

Accès  aux services permettant aux femmes  et aux enfants d’être en bonne santé
 
5- Appui à la résilience

Permettre à la population d’être  en meilleur santé  plus forte et de connaitre une prospérité durable  afin qu’elle soit apte  à mieux supporter les situations d’urgence et de conflits.
 
 
Pour arriver à ce niveau d’exécution il faudra compter avec les objectifs spécifiques suivants :

  1. Structurer une plateforme multi-acteurs et multi-secteurs;
  2. Renforcer les capacités des acteurs de la société civile  en plaidoyer, lobbyings  et reddition de compte;
  3. Renforcer les capacités des membres, des journalistes, des juristes et des parlementaires  sur le droit à l’alimentation et la nutrition;
  4. Participer à  l’élaboration de budgets des  programmes et politiques  des déterminants de la sécurité alimentaire au niveau national (agriculture, santé, éducation, environnement et bien être social);
  5. Faire l’état des lieux  sur la nutrition et le droit à l’alimentation;
  6. Organiser des campagnes de mobilisation de fonds (fundraising).

MAMADOU  SALLA

CONSULTANT  PRÉSIDENT DE L O.N.G.
AFRIQUE SOLIDARITÉ  A.I.S.E.D.
BP 10728  VILLA 477 H.L.M2
DAKAR  SÉNÉGAL
(MEMBRE DE  A.N.C.F.M.S)

Dear colleagues,
 

Please find below my contribution to this discussion.

Senegal and Right to Food
 
Senegal such as other West African French speaking countries is at the heart of the debate. Several international treaties have been signed. It should be noted that in order to reduce malnutrition significantly nutrition plays a key role in policy making processes that are translated into efficient programmes to tackle existing challenges in households and communities. This requests a multi-sectorial effort where each sector takes actions to: 

  1. Insert nutrition in on-going programmes
  2. Enhance its collaboration efforts with other sectors and institutions

 
Sectorial strategies contributing to nutrition are as follows:
 

1- Agriculture
Increase the nutritional value of food and support the access to this nutritious food to all. Support their production by smallholder farmers as a source of income.
 

 2- Drinking water and sanitation
Better access is needed to reduce infections and diseases
 

3- Education and employment
Make sure children receive the food they need to learn and have a decent job when adults.
 

4- Health
 The access to health services should be granted to women and children
   

5- Support improved resilience
  Enable population to be in better health and to have a sustainable prosperity. This would support their resilience to emergency and conflict situations.
 
 

The specific objectives to reach these points are: 
 

  1. Structure a multi stakeholder and multi sectorial platform; 
  2. Enhance capacities of civil society stakeholders on advocacy, lobbying  et accountability;
  3. Enhance capacities of members, journalists, lawyers and parliamentarians on the Right to food and nutrition;
  4. Participate in the  budget preparation of food security related policies and programmes  at national scale (agriculture, health, education, environment and social well-being);
  5. Make a comprehensive review  of the state of nutrition and right to food and nutrition;
  6. Organize fundraising campaigns.

MAMADOU  SALLA 
CONSULTANT  PRESIDENT of NGO
AFRIQUE SOLIDARITÉ  A.I.S.E.D.
BP 10728  VILLA 477 H.L.M2
DAKAR  SENEGAL
(MEMBER OF A.N.C.F.M.S)

Cheikhou Konate , Senegal
29.10.2013

>> ENGLISH VERSION BELOW <<

Cher tous,

La protection sociale consiste à protéger les couches les plus vulnérables. À avoir accès à une bonne alimentation, protéger les femmes, et les former pour qu'elles puissent se prendre en charge.

Dear all,

Social protection consists in protecting the most vulnerable parts of the society, to enable them to access to a good nutrition, to protect and train women so that they can support themselves.

Pamela Pozarny FAO, Italy
28.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Implementation considerations, including roles and linkages:

I agree with many of the comments of previous interventions and would like to further highlight a few points concerning implementation considerations particularly in the design of social protection programmes that seem relevant to West Africa. It seems a great deal of decentralization is well underway in a number of countries in West Africa, where varying degrees of genuine local empowerment, transfer of responsibility  and decision-making have evolved. Therein, relevant operating structures are in place with people assuming their appropriate roles and mandates.

It seems important that the national overall social protection framework in these countries should build on, be designed with and work through these structures as much as possible, from targeting procedures, to implementation, grievances and monitoring etc. The benefits are many - not only do many of these local institutions represent local populations, they also work in these zones and are well informed of the socio-economic contexts, wealth categories, and causes of acute poverty and shocks, as well as measures to strengthen household resilience to shocks and risk. These structures also aim to ensure synergies and complementarities among programmes, which would include social protection programmes, and these with other development-oriented interventions.

This may sound simple and common knowledge, but implementation presents challenges. Prevailing gaps continue. Limited coordination at local levels among and within sectors actually pose considerable problems limiting outcomes  - target groups may be poorly defined, programmes may not reach intended beneficiaries or may not be well tailored to real constraints or priorities, etc. Findings from impact evaluations of social protection programmes, such as the cash transfer have shown that impacts can be vast, assisting households in immediate and even longer-term resilience and growth, and also spill over into the local economy, boosting economic activity for the wider community.

It seems important therefore that social protection design takes into account existing local structures (inclusive of government, non-government, formal and informal institutions and services) to build linkages, ensure complementarities and achieve wide and sustainable impacts.

Considérations de mise en œuvre, y compris les rôles et liens :

Je suis d'accord avec la plupart des commentaires des interventions précédentes et tiens à souligner plus précisément quelques points concernant les considérations de mise en œuvre, notamment dans la conception des programmes de protection sociale, qui semblent pertinents pour l'Afrique occidentale. Il semble que des processus de décentralisation sont en cours dans un certain nombre de pays d'Afrique de l'Ouest, où l’appropriation au niveau local, le transfert de la responsabilité et de prise de décision ont évolué à des degrés variés. Les structures d'exploitation nécessaires sont en place avec des personnes assumant leur rôle et leur mandat.

Il semble important que le cadre de protection sociale national de ces pays se construise sur cette base, et être conçu en liaison avec ces structures autant que possible, depuis les procédures de ciblage des bénéficiaires à la mise en œuvre et au suivi des griefs, de l’évaluation, etc. Les avantages sont nombreux : beaucoup de ces institutions locales représentent les populations locales, elles travaillent également dans ces zones et sont bien informés des contextes socio –économiques et des catégories de richesse, des causes de la pauvreté et de crises aiguës, ainsi que des mesures nécessaires pour renforcer la résilience des ménages aux chocs et aux risques. Ces structures visent également à assurer des synergies et des complémentarités entre les programmes, qui incluraient les programmes de protection sociale, et les interventions axées sur le développement.

Cela peut sembler simple et de connaissance commune, mais la mise en œuvre présente des difficultés. De nombreuses Lacunes continuent d’exister. La coordination limitée au niveau local entre secteurs et en leur sein même, pose effectivement des problèmes considérables qui limitent les résultats - Les groupes cibles peuvent être mal définis, les programmes peuvent ne pas atteindre les bénéficiaires prévus ou alors ne pas être bien adaptés aux contraintes et priorités réelles, etc.  Les résultats des évaluations d'impact des programmes de protection sociale, tels que les transferts monétaires, ont montré que les impacts peuvent être importants. Ces programmes participent à soutenir les ménages à court et à plus long terme  pour être plus résilients et même soutenir la croissance des revenus. Ainsi, ces programmes se répercutent également sur l'économie locale, en stimulant l'activité économique de la communauté.

Il semble donc fondamental que la conception de programmes de protection sociale prenne en compte les structures locales existantes (y compris les gouvernements, les institutions non gouvernementales, formelles et informelles et les services) afin de nouer des liens, assurer leurs complémentarités pour un impact large et durable.

 

Raymond Enoch Alliance Contre la Faim et la Malnutrition, Nigeria
25.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear All,

The concept of Social Protection as it relates to Food Security and Nutrition, its approaches and contexts plays a significant role in agriculture and as they relate to each other. Concept of Social Protection must be a broadening field away from social assistance to embrace ways in which it can reduce shocks and stresses in both domestic and productive environments. Agricultural growth and its expansion will not alleviate all rural poverty alone. In the short run, it is likely that substantial numbers of the poor will benefit from the growth but only a little while if at all from such growth. Social protection will be needed to assist the very poor. But how can such social protection be offered in ways that are both efficient and effective, and that also complement growth?

That is the more reason why the discussion on "How can social protection contribute to food security and nutrition in West Africa?" is critical and must be addressed  if we are to address hunger and malnutrition issues in West Africa. This is where West African Alliance Against Hunger and Malnutrition (WAAAHM) and NAAHMs are critical to its advocacy and promotion of the concept, working with other stakeholders.

It is therefore in doing so that we would seek to prevent the onset of shocks or stresses, mitigate their impact through e.g. insurances of various kinds, enhance the resilience of households and individuals, through e.g. asset-building strategies, so that they are better able to cope with the impacts, and, for the longer term, work in trans-formative ways by addressing the vulnerabilities arising from social inequities and exclusion.

Raymond Enoch

Chair WAAAHM and NAAHM Nigeria

Bonjour à tous,

La protection sociale, liée à la sécurité alimentaire et la nutrition, ses approches et son contexte,  joue un rôle important dans l'agriculture. Le concept de protection sociale doit évoluer et s’élargir pour ne plus être seulement une assistance sociale mais devenir un moyen pour réduire les chocs et contraintes dans les environnements domestiques et productifs. La croissance agricole et la seule expansion ne sont pas suffisantes  pour réduire la pauvreté en milieu rural. À court terme, il est probable qu'un nombre important de pauvres bénéficieront de la croissance, mais seulement peu de temps (voire pas du tout) s’il s’agit d’une croissance de ce type. La protection sociale sera nécessaire pour aider les plus pauvres. Mais comment la protection sociale peut-elle être distribuée de manière à la fois plus efficace et plus performante ?  Comment peut-elle soutenir et favoriser la croissance ? 

C'est la raison pour laquelle le débat sur "Comment la protection sociale peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique occidentale ?" est essentiel et doit être abordé pour résoudre les problèmes de la faim et de la malnutrition en Afrique de l'Ouest. C'est dans ce cadre que l’Alliance contre la Faim et la Malnutrition en Afrique de l'Ouest (WAAAHM) et les Alliances nationales sont essentielles à la défense et à la promotion de ce concept en collaboration avec d’autres acteurs.

Par conséquent, c’est de cette façon que nous cherchons à prévenir les chocs et contraintes, atténuer leur impact (par exemple par le biais d’assurances) et améliorer la résilience des ménages et des individus (par exemple par des stratégies de constitution d’actifs). C’est ainsi que les ménages seront mieux en mesure de faire face aux impacts et, à plus long terme, de s'attaquer aux vulnérabilités découlant des inégalités et de l'exclusion sociale.

Raymond Enoch

Président de l’Alliance Contre la Faim et la Malnutrition d’Afrique de l’Ouest et de la branche nationale du Nigeria

Anna Antwi GD Resource Center , Ghana
25.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear Colleagues,

It is really encouraging to read the diverse contributions from West Africa, and we do appreciate your inputs.  Thank you to those who have sent their contributions for finding precious time to share and we are convinced that others are preparing to do the same.

The definitions and understanding of social protection provided by contributors are looking at the poor and most vulnerable people and those at risk to either get them out of poverty or to support their production. The purpose in some cases is also to reduce hunger. From the contributions, it seems there are various forms of social protection within the sub-regional countries, and there is the likelihood that more programmes and interventions will emerge to support eradication of hunger and poverty

As countries develop, their capacity to develop and manage social protection interventions increases and their ability to fund their own programmes will also increase or improve. The lists of interventions are tall as Togo for example even covers caesarean sessions, and Burkina Faso also mentions gender issues. This shows the likelihood also of West African governments to increasing interventions and their coverage, with passing of time. Social protection can actually address food insecurity through gender-sensitive programmes.

West Africa as a whole is food insecure area due to a number of challenges and the sub-region has more Least Developed Countries as a result of peculiar vulnerabilities including threat of climate variability, expansion of desertification, conflicts and civil unrests, high poverty levels, low adaptive capacity and lack of institutional support among other factors.  

Social protection, like right to food is a human right, enshrined in numerous sources of international law, which many of our governments have signed on to. These laws together with Article 25 of Universal Declaration of Human Rights  (UDHR) forms the right to standard of living adequate for health and well-being of one’s self and family, including food, clothing, housing, health care and other basic needs. The main livelihood options in the sub-region are agriculture and its related natural resource based activities. Human rights entail that people live a life of dignity. Social protection can play a vital role in increasing the ability of individuals to have access to food. Conventionally, social protection has mostly focused on short term protective interventions or mechanisms to protect people in extreme poor households from shocks, however, it has crucial role in increasing the ability of these households to have access to food and to increase production.

In subsequent contributions, we would like to have more concrete or explicit examples from your countries as to know how to link agricultural production with social protection to enhance food security and nutrition. Please refer to question 2 and kindly share success stories from your countries and social interventions in Africa you are familiar with. How do we ensure the political will of our governments to link agriculture specifically to social protection to boost food security and nutrition?

We are grateful for your contributions and we would like to hear more wonderful experiences from you.

The attachment from the contribution from Belgium provides a summary on social protection as catalyst for food security and the right to food, please read. Ghana contributor advocates for training/ extension services, Burkina Faso mentions link to productivity but the how is not explicit. Let us sustain the momentum to keep the discussion going. Have wonderful and fruitful discussions to contribute and eradicate poverty from West Africa.

Thank you and regards

Anna Antwi

Chers collègues,
 

Il est très encourageant de lire les différents messages d'Afrique de l’Ouest, et nous tenons à dire que nous apprécions particulièrement vos contributions. Merci à ceux qui ont participé à la discussion d’avoir trouvé le temps de partager leur expérience. Nous sommes convaincus que d'autres se préparent à faire de même et les remercions par avance.

Les définitions proposées, et la compréhension, de la protection sociale par les contributeurs soulignent une orientation vers les plus pauvres et vulnérables ainsi que les personnes à risque, soit pour permettre de sortir ces ménages de la pauvreté ou pour soutenir leur production. L'objectif est également, dans certains cas de réduire la faim. D’après les contributions reçues, il semble qu'il existe différentes formes de protection sociale dans les pays d’Afrique de l’Ouest, et il est probable que d’autres programmes et interventions vont émerger pour soutenir l'éradication de la faim et de la pauvreté.

Alors que les pays se développent, leur capacité à concevoir et gérer des interventions de protection sociale s’accroit ainsi que leur capacité à financer leurs propres programmes. La liste des interventions est longue : au Togo par exemple, la protection sociale couvre les accouchements par césarienne ; au Burkina Faso, ces programmes intègrent également les questions de genre. Ces exemples démontrent qu’il est très probable que les gouvernements d’Afrique de l’Ouest accroissent les interventions de protection sociale et leur couverture avec le temps. La protection sociale peut en effet lutter contre l'insécurité alimentaire grâce à des programmes sensibles aux questions de genre.

L’Afrique de l'Ouest dans son ensemble est une zone d'insécurité alimentaire pour de nombreuses raisons et la sous-région compte nombre de pays moins avancés en raison de vulnérabilités particulières, dont  la menace de la variabilité climatique, l'expansion de la désertification, les conflits et troubles civils, des taux élevés de pauvreté, une faible capacité d'adaptation, et le manque de soutien institutionnel, parmi d’autres facteurs.

La protection sociale, comme le droit à l'alimentation est un droit humain, consacré dans de nombreuses sources du droit international, que beaucoup de nos gouvernements ont signé. Ces lois, conjointement avec l'article 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) forment les contours d’un droit à un niveau de vie adéquat pour la santé et le bien-être personnel et familial, notamment pour l’alimentation, l'habillement, le logement, les soins de santé et d'autres besoins de base. Les principaux moyens de subsistance de la sous-région sont l'agriculture et ses activités connexes axées sur les ressources naturelles. Les droits humains impliquent que chacun puisse vivre dans la dignité. La protection sociale peut jouer un rôle essentiel dans l'augmentation des capacités des individus à avoir accès à la nourriture. Traditionnellement, la protection sociale a surtout mis l'accent sur les interventions de protection à court terme, et pour protéger les ménages en situation de pauvreté extrême contre les chocs. Cependant, la protection sociale a un rôle crucial dans l'augmentation des capacités de ces ménages à avoir accès à la nourriture et à augmenter leur production.

Dans les futures contributions, nous aimerions avoir plus d’exemples concrets, ou explicites, sur la manière dont vos pays lient la production agricole et la protection sociale pour renforcer la sécurité alimentaire et la nutrition. Nous vous encourageons à vous référer à la question 2 et à bien vouloir partager les réussites des interventions sociales dans les pays d’Afrique que vous connaissez. Comment pouvons-nous faire en sorte qu’il y ait une volonté politique de nos gouvernements pour lier l'agriculture à la protection sociale afin de renforcer la sécurité alimentaire et la nutrition ?

Nous sommes très reconnaissants pour vos contributions et nous aimerions bénéficier encore davantage de vos expériences.

Le document partagé dans la contribution de Thierry Kesteloot (Belgique) fournit un résumé sur la protection sociale en tant que catalyseur pour la sécurité alimentaire et le droit à l'alimentation, que je vous encourage à lire. John Adu Kumi (Ghana) soutient l’importance de la formation et de la vulgarisation ; Soré Abdou (Burkina Faso) mentionne le lien protection sociale et productivité, et nous aimerions en savoir plus.

Tirons profit de cet élan positif pour poursuivre la discussion. Je vous souhaite une excellente et fructueuse discussion  pour contribuer à éradiquer la pauvreté de l'Afrique de l’Ouest.

Merci encore et meilleures salutations.

Anna Antwi
 

Al Hassan Cissé Oxfam, Senegal
25.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear Colleagues,

Thank you very much for taking part in this discussion. We have received interesting contributions and we encourage others to do the same. This would give us an even broader view regarding the discussed issues.

Generally there is a good understanding of social protection which is considered by the first contributions as a set of measures (public and private) to tackle the vulnerability by enabling households to face shocks and increase their revenues.

However, the justification of social protection in West African countries for improved food security and nutrition it is not clearly stated. In more clear terms we would like to ask to respond to the question: What is your comprehension of social protection for improved food security? If we consider that social protection covers a wide range of instruments such as cash transfers, cash for work, school feeding, inputs subsidies…, can those instruments be used to develop a comprehensive programme, or not?

From the first contributions, we realized also that social protection is generally integrated in the fight against poverty strategy and not well designed as a separated policy. Various social protection programmes target poor people using different instruments, but are not always well coordinated. The question you could respond based on your experience and knowledge is: In your opinion,  are these programmes well integrated between them to tackle the challenges you have identified? What are the relevant instruments for increasing agricultural production and productivity, and improve food security and nutrition?

We would also like your to elaborate more on the challenges. What they are and how to tackle them (question 2). For instance, during the seminar on "social protection as a catalyst for food security and the right to adequate food" as well others contributions particularly highlights the financing challenge. How do you think it could be tackled? What mechanism do you propose? What about the other challenges such as the targeting, the coherence with others programmes which are not discussed? Please more elaborate on the governance for fostering linkages between social protection, food security and nutrition; and agriculture by giving concrete propositions (questions 4).

Many thanks in advance.

We are looking forward to your comments and contributions.

Al Hassan Cissé
 
 
Chers collègues,

Merci beaucoup de prendre part à cette discussion. Nous avons reçu des contributions intéressantes et nous encourageons les autres à faire de même afin d’obtenir une vision encore plus large des questions abordées.

Généralement, il y a une bonne compréhension de la protection sociale qui est considérée par les premières contributions comme un ensemble de mesures (publiques et privées) pour lutter contre la vulnérabilité en permettant aux ménages de faire face aux chocs et d’augmenter leurs revenus.

Toutefois, la justification de la protection sociale dans les pays d’Afrique de l’Ouest pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition n'est pas clairement explicitée. Plus clairement, nous souhaiterions vous proposer de répondre à la question suivante: Quelle est votre compréhension de la protection sociale pour améliorer la sécurité alimentaire ? Si nous considérons que la protection sociale couvre un large éventail d'instruments (transferts monétaires, argent contre travail, alimentation scolaire, subventions pour achat d’intrants...), ces instruments peuvent-il être utilisés pour développer un programme complet, ou non?

D’après les premières contributions reçues, nous réalisons que généralement la protection sociale est intégrée dans la stratégie de lutte contre la pauvreté et rarement conçue comme une politique autonome. Les programmes de protection sociale ciblent les pauvres en utilisant différents instruments, mais ne sont pas toujours bien coordonnés. La question à laquelle nous vous encourageons à répondre à partir de votre expérience et de vos connaissances est la suivante: D'après-vous, ces programmes sont-ils suffisamment intégrés entre eux pour relever les défis que vous avez identifiés ? Quels sont les instruments pertinents pour accroître la production agricole et la productivité et améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition ?

Nous aimerions aussi en savoir plus sur les défis rencontrés. Quels sont-ils et comment y répondre (question 2). Par exemple, lors du séminaire sur "la protection sociale comme un catalyseur pour la sécurité alimentaire et le droit à une alimentation adéquate" ainsi que dans d'autres contributions, le défi du financement a été identifié comme un défi particulièrement important. Comment pensez-vous que ce défi puisse être dépassé ? Quel mécanisme proposez-vous? Qu'en est-il des autres défis tels que le ciblage, la cohérence avec les autres programmes qui n’ont pas encore été abordés ? Nous serions ravis d’avoir  des détails et des propositions ou exemples concrets sur la bonne gouvernance pour favoriser les liens entre protection sociale, sécurité alimentaire et nutritionnelle, et agriculture (questions 4).

Un grand merci par avance.

Nous attendons vos commentaires et contributions avec impatience.

Al Hassan Cissé

Renata Mirulla FAO, Italy
25.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Dear colleagues in West Africa,

I would like to share the interview with Lawrence Ofori-Addo from the Department of Social Welfare in Ghana government, coordinator of the LEAP cash transfer programme "Exploring links between Social Protection and Agriculture". Lawrence talks about challenges encountered and evidence collected so far on how cash transfers can promote agriculture productive activities.

The interview was realized in the context of the From Protection to Production (PtoP) project.

Chers collègues d'Afrique de l'Ouest, 

J'aimerais partager l'interview de Lawrence Ofori-Addo, coordinateur du programme de transferts monétaires LEAP au Département  des Affaires Sociales au gouvernement ghanéen. Dans cette interview en anglais, "Exploring links between Social Protection and Agriculture", Lawrence parle des défis rencontrés et des éléments rassemblés jusque là sur la manière dont les transferts monétaires peuvent promouvoir  les activités de production agricoles.

Cette interview a été réalisée dans le contexte du projet De la Protection à la Production.

24.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS <<

Issues on social protection lean on the identification of unique organized concerns of various groups in society that interrelate to make systems work effectively.

In this light, mutual relations will have to be promoted in villages and the categories/classes of humans documented for the purpose on designing interventions. Communities have to build confidence in interveners before realistic information about the target groups can be elicited. Ethical considerations need to be given to all approaches for offering support to the vulnerable and hard-to-reach poor in society. Let us identify the existing values, beliefs, cultures, principles underlying activities of the people and clearly obtain cognitive insight into their practices. This serves as the foundation to social protection.

In order to link this foundation with nutrition in West Africa, a collection of various diets within the different societies identified in West Africa would be helpful with a display of the nutritional values and quantities required to be consumed for sustenance. Extension education is required to educate the beneficiaries on the tenets of nutrition and food security and the contributions for achieving best results will emanate from the target groups themselves.

Les questions sur les limites de la protection sociale reposent sur l’identification de préoccupations uniques de groupes sociaux à la fois divers mais liés les uns aux autres. L’identification de ces préoccupations est nécessaire pour faire en sorte que le système fonctionne de manière efficace.
 
Considérant cela, les relations mutuelles doivent être promues dans les villages et les catégories sociales et documentées pour concevoir  les interventions de protection sociale. Les communautés doivent établir un rapport de confiance avec les parties intervenantes avant que des informations réalistes sur les groupes cibles puissent être partagées. Des considérations éthiques doivent exister dans toutes les démarches offrant un soutien aux groupes marginalisés, vulnérables et difficiles à toucher. 
Identifions les valeurs, croyances, cultures et principes dont les activités des gens découlent afin d’avoir un aperçu pertinent de leurs pratiques. Cela sert de base à la protection sociale.
 
Afin de lier cela à la nutrition en Afrique de l’Ouest,  elle-même formée de différents régimes alimentaires dans différentes sociétés identifiées dans la région, il serait utile d’indiquer les valeurs nutritionnelles et les quantités nécessaires des aliments pour subvenir aux besoins de la population.
La formation est nécessaire pour informer les bénéficiaires des tenants de la nutrition et de la sécurité alimentaire. Les contributions pour atteindre les meilleurs résultats possibles, devront provenir du groupe cible lui-même.
Ms. Bossa Ali Agence de Solidarité Nationale-Togo, Togo
21.10.2013

>> ENGLISH VERSION BELOW  <<

1. Qu’entendez-vous par protection sociale ? De quelle manière ces programmes peuvent-ils répondre aux besoins des pays d’Afrique de l’Ouest en termes de sécurité alimentaire et de nutrition ?
Réponses 1:
La protection sociale est un système qui permet aux populations de faire face aux différents risques sociaux, d’accroître leur productivité et leur revenu, de vivre dans des conditions décentes et de réduire les disparités sociales. Ce système permet également d’améliorer l’accès des populations, surtout les plus pauvres, aux services sociaux de base (SCAPE-Togo, 2012).
La protection sociale au plan national désigne l’ensemble des mesures publiques et privées mises en place pour protéger la population contre les vulnérabilités et les risques sociaux afin de promouvoir la cohésion sociale et l’égalité. Elle englobe un large éventail d'outils et a pour objectifs généraux de promouvoir l’inclusion et l’accès aux services sociaux de base (santé, éducation, alimentation, logement, etc.), à l’emploi et aux revenus, d’atténuer l’impact des chocs sur le bien-être, et d’assurer un minimum de ressources aux plus pauvres afin d'éviter l'indigence.
Pour répondre aux besoins des pays d’Afrique de l’Ouest en termes de sécurité alimentaire et de nutrition, il est important de promouvoir aussi bien l’inclusion que la productivité en veillant à ce que les femmes et les hommes bénéficient des mêmes conditions de travail.

2. Quels sont les programmes ou interventions de protection sociale mis en œuvre dans votre pays ?
Réponses 1: Il est à noter que le Togo est sur la bonne voie dans la mise en place de son système de protection sociale avec les mécanismes de filets sociaux de sécurité notamment le transfert monétaire au profit des ménages pauvres, des travaux à haute intensité de main d’œuvre, l’assistance aux personnes porteuses du VIH / sida, la subvention de la césarienne, la gratuité des frais scolaires dans les établissements primaires publics, la mise en place des cantines scolaires dans les régions les plus pauvres, les programmes élargis de vaccination, le transfert de vivres et non vivres aux sinistrés des catastrophes, aux ménages démunis et aux centres d’accueil et de prise en charge des enfants vulnérables, le transfert de fournitures scolaires aux enfants issus de familles démunies ou vulnérables.
L’assurance maladie obligatoire au profit des agents publics et assimilés développée avec la vision de l’étendre de façon progressive à toutes les couches de la population Togolaise, les mutuelles de santé communautaire, les pensions de retraites, les indemnités d’accident de travail etc.

Quels sont les enjeux, faiblesses et contraintes de ces interventions ?

Réponse 2 :
- La couverture du secteur privé, parapublic et de l’informel en assurance maladie;
- La coordination de toutes les actions de protection sociale développées dans plusieurs départements ministériels et autres institutions ;
- La recherche du consensus autour de la question de la protection sociale par l’implication de toutes les parties prenantes (dialogue social) ;
- Le financement de la protection sociale qui doit privilégier les ressources internes pour garantir la pérennité/la durabilité de ces programmes ou mécanismes de protection sociale ;

Quelles seraient, à votre avis, les mesures à prendre pour relever ces défis ?

Réponse 3 :
- La bonne gouvernance ou la grande clarté dans la gestion de tout système ou de mécanisme doit être une quête permanente, car elle est la condition de succès des politiques et programmes de protection sociale, elle est essentielle pour la crédibilité, la soutenabilité des programmes de protection sociale ;
- Le rôle du dialogue social : l’implication des partenaires sociaux (travailleurs, employeurs) et autres parties prenantes (travailleurs ruraux, économie informelle, ONG, associations) garantit la réussite dans la mise en œuvre d’une stratégie de protection sociale.

Veuillez donner des recommandations concrètes à cet égard.

Réponse 4 :
Organiser dans un délai souhaitable une rencontre de démultiplication de la formation sur la protection sociale au niveau des secteurs concernés.
Avez-vous des exemples concrets de réussite de ce type de mesure ?
Réponses 2: La formation des acteurs intervenant dans la lutte contre la pauvreté permet de cerner tous les aspects de la protection sociale et sa mise en œuvre. Ceci permet d’œuvrer efficacement à la réduction du taux de pauvreté dans le pays.

3. Comment les mécanismes de protection sociale peuvent-ils être mis en œuvre de manière à accroître la production et la productivité agricoles et améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition ?

Réponse 3 : A travers un dialogue social inclusif de tous les acteurs concernés par la thématique de protection sociale.

4. Quels sont les rôles des gouvernements, des organisations de la société civile, du secteur privé, des universités et d'autres partenaires du développement?
 

Réponse 4 :
- Les gouvernements doivent mettre en place un cadre de concertation (dialogue social), promouvoir la bonne gouvernance, contribuer aux financements des programmes et projets de protection sociale, renforcer les capacités des acteurs concernés.
- Les organisations de la société civile doivent contribuer à la sensibilisation des populations sur les mécanismes de protection sociale, veillez à la promotion et l’extension de la protection sociale universelle.
- Le secteur privé doit contribuer au financement de la protection sociale.
- Les universités doivent contribuer à la formation des acteurs , effectuer des recherches dans le domaine de la protection sociale et mettre les résultats à la disposition des politiques pour la prise de décision.
- Les autres partenaires de développement doivent soutenir (financièrement et techniquement) les Etats dans la mise en place des politiques de protection sociale.

Veuillez formuler des recommandations susceptibles d'améliorer la gouvernance et renforcer les liens entre protection sociale, sécurité alimentaire et nutrition, et agriculture.
 

Réponses 5:
- Transparence dans la gestion des marchés publics ;
- Partager le savoir sur la bonne gouvernance et son importance dans l'élaboration et la distribution de la protection sociale ;
- Identifier les principes directeurs, les lignes directrices, les structures de gouvernance et les mécanismes qui aideront à engendrer et à supporter la bonne gouvernance ;
- Tracer un plan d'action pour promouvoir et améliorer la bonne gouvernance et ses institutions ;
- Mettre en place le dialogue social.

1/ What is your understanding of social protection? How these programmes can address West African countries’ needs? 

Social protection is a system that enables populations to face up to different social risks, to increase their productivity and income, to live in decent conditions and to reduce social inequalities. Equally, this system makes possible to peopleimproved access to basic social services, especially for the poorest segment of society. (SCAPE-Togo, 2012).

At the national level, social protection means a range of public and private measures put in place to protect the population from social vulnerabilities and risks in order to promote social cohesion and equality. It comprises a wide range of tools and has as generalobjectives the promotion of inclusion and access to basic social services (health, education, food and lodging, etc), to employment and to earnings; the mitigation of the impact of shocks tothe well-being, and to ensure a minimum of resources for the poorest segment of society in order to avoid extreme poverty.

To meet the needs of West African countries in terms of food security and nutrition, it is important to promote inclusion as well as productivity by making sure that women and men enjoy the same working conditions.

 

2/What social protection programmes or interventions are taking place in your country?

Answer 1

It should be noted that Togo is on the right track in the implementation of the social protection systemswith mechanisms of social safety nets, especially cash transfer systems to benefit poor households; labor-intensive public works; help for people with HIV/AIDS; subsidies for cases of caesarean sections; free schooling in primary State education; implementation of school canteens in the poorest regions; expanded vaccinations programs; food and non-food assistance for victims of catastrophes, disadvantaged households and centers of reception and caring for vulnerable children; provision of school materials to children from disadvantaged or vulnerable families.

Mandatory sickness insurance foremployees in the public sector and their partners in development has been implemented with the idea of progressively expanding it to all sectors of the people of Togo, together with community health mutuals, retirement pensions, and work related accident compensation.

What are the challenges – weaknesses and limitations of these interventions? 

Health insurance coverage of private, public and informal sectors;

Coordination of all social protection actions developed in several ministerial departments and other institutions;

Seeking consensus in relation to the question of social protection by the participation of all parties involved (social dialogue);

Financing social protection which must prioritize internal resources to guarantee the sustainability/durability of these programs or mechanisms for social protection;

 How do you think they could be addressed?

Good governance or increased clarity in managing any system or mechanism must be a permanent goal because it is a condition for the success of policies and programs for social protection. It is essential for the credibility and sustainability of social protection programs;

The role of social dialogue: the participation of social partners (workers, employers) and other involved parties (rural workers, informal economy, NGOs, associations) will guarantee the success of the social protection strategy implementation.

Please give concrete recommendations to address them.

Organizing, within a suitable timeframe, a meeting to rationalize training on social protection in the concerned sectors.

Any success story in addressing these challenges? 

The training of stakeholders involved in the fight against poverty will encompass all aspects of social protection and its implementation. This will enable efficient endeavors for reducing the rate of poverty in the country.

3/ How social protection initiatives should be implemented so that they increase agricultural production and productivity, and improve food security and nutrition? 

Through an inclusive social dialogue of all stakeholders involved in the theme of social protection.

4/ What are the roles for government, civil society organizations, private sector, academics and other development partners?

*Governments must put in place a framework for cooperation (social dialogue), must promote good governance, must contribute to financing social protection programs and projects and, must reinforce the capabilities of stakeholders involved.

*Civil Society Organizations must contribute to informing the population about social protection mechanisms, and ensure the promotion and extension of universal social protection.

*The Private Sector must contribute to financing social protection.

*Universities must contribute to training stakeholders, carry out research in the social protection domain and made the results available for policies on decision making.

*Other partners in development must sustain (financially and technically) the States in the implementation of policies for social protection.

Suggest ways to ensure better governance for fostering linkages between social protection, food security and nutrition and agriculture.  

The facilitators:

*Transparency in the management of public markets;

*Share the knowledge of good governance and its significance in the formulation and distribution of social protection;

*Identify the guiding principles, the guidelines, the governance structures and the mechanisms which will help to generate and support good governance;

*Draw an action plan to promote and improve good governance and its institutions;

*Implement social dialogue.

 

 

National Alliance Against Hunger,(NAAH) Nigeria, Nigeria
21.10.2013

Dear All FSN Forum in West Africa colleagues,

The discussion on what is the role of social relations and networks in household food security and nutrition? is critical if we are to move forward.

The social relations and networks are no doubt elements and instrument of education, information sharing of best practices and vehicle to drive policy options. It is in this context that I join the discussion.

I will be making more in-depth contributions on this.

Raymond Enoch

NAAHM Nigeria and Chair West Africa

Soré Abdou Association Relwendé pour le Développement, Burkina Faso
21.10.2013

>> ENGLISH VERSION BELOW  <<

Chers collègues,

Ci-dessous ma contribution :

1. La protection sociale est le fait d’octroyer un appui aux couches vulnérables (femmes, enfants, personnes en situations de handicap) afin de leur permettre de s’émanciper.

Ces programmes peuvent répondre aux besoins des pays de d’Afrique de l’Ouest en termes de sécurité alimentaire et de nutrition, mais il va falloir d’abord par une concertation avec les bénéficiaires. Le plus souvent, les structures de développement ne consultent pas la population à la base pour obtenir les besoins prioritaires de cette couche. La population se retrouve face à un fait accompli, de présence de fonds pour la réalisation de telle activité. C’est donc sous contrainte que les bénéficiaires acceptent de travailler. La conséquence est que lorsque ceux ci tournent le dos, tout revient au néant.

Après donc cette phase introductive, les structures peuvent aider surtout les femmes, car tout tourne autour d’elles. Il faut leur octroyer des subventions pour la construction des infrastructures de rencontre et de travail (tissage, saponification, sensibilisation sur la santé de la reproduction, transformation des produits agricoles  etc.).

2. Les programmes ou interventions de protection sociale mises en œuvre au Burkina Faso sont pour la lutte contre la faim et la pauvreté. Cela dans le but d’extraire la couche vulnérable de la situation de la précarité. Les faiblesses résident au fait que ce qui est réalisé n’est pas nécessairement les besoins prioritaires des bénéficiaires. Les contraintes sont que comme souvent la population n’est pas assez intéressée par le programme, leur contribution vient lentement ou même pas, ce qui amène les agents de développement à de fortes négociations impliquant souvent les autorités de la localité. En fin de compte les bénéficiaires travaillent malgré eux. Comme recommandation, il va falloir que les structures de développement n’imposent pas des activités aux bénéficiaires mais plutôt discuter avec eux sur les priorités à mettre en œuvre.

Comme réussite constatée sur le terrain, des organisations de la société civile de femmes ont élaboré des projets qui sont soumis à des bailleurs et après acquisition des fonds, celles-ci mènent des activités qui prennent en compte les femmes de façon générale et les enfants. Elles ont aussi mis en place un fonds de roulement à la limite de leurs moyens, elles donnent de l’argent sous forme de microcrédits aux autres pour des activités génératrices de revenus, cela de façon individuelle cela fait la fierté de ces femmes mais qui trouvent que les fonds sont trop limités. Pourquoi ne pas encourager ce genre d’initiative ?

3. La protection sociale peut accroître la production et la productivité agricoles et améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition en ce sens que les subventions perçues ont la possibilité de faciliter la culture des variétés améliorées pendant l’hivernage, et les activités de contre saison en augmentant les points d’eau. Lorsque ces conditions seront réunies, nous pourrons dire que nous tendons vers une sécurité alimentaire. Pour éviter la malnutrition il suffit de combiner des éléments de la production agricole ou de s’alimenter avec d’autres produits issus de la nature. Pour cela il sera donc impératif de former au sein des populations des personnes ou d’approfondir la connaissance des agents de santé communautaire sur les aliments nutritifs.

4. Les rôles des gouvernements, des organisations de la société civile, du secteur privé, des universités et d'autres partenaires du développement susceptibles d'améliorer la gouvernance et renforcer les liens entre protection sociale, sécurité alimentaire et nutrition, et agriculture. Il appartient d’abord aux gouvernements à partir de ses structures déconcentrées de consulter les autres pour que chacun s’implique dans les activités du développement agricole. Aussi pour les autres partenaires de développement surtout les bailleurs de fonds sans leurs appui nous ne pouvons pas atteindre notre objectif. L’Afrique veut être autosuffisante mais sa capacité financière ne lui permet pas d’être autonome. Pour cela il faut que tous les acteurs du développement s’unissent pour que la protection sociale soit une réalité.

Dear colleagues,

Please find below my contribution:

1.  Social protection is granting a support to the most vulnerable groups (women, children, people with disabilities) in order to support their emancipation.

Social protection programmes can answer West African countries' needs of food security and nutrition but it requires preliminary consultation with beneficiaries. Development structures and organizations, most often, don’t consult grassroots populations to identify their priority needs. Population faces with a fait accompli, with funds for the implementation of such activity. Then, beneficiaries accept to work only as a constraint and when they turn their back to the programme, everything comes to an end.

After this preliminary phase, structures can help, especially women, because everything turns around them. We must provide them with subsidies for building infrastructure to meet and work (weaving, saponification, awareness about reproductive health, agricultural products, etc…).

2.  Social protection programmes or interventions implemented in Burkina Faso aim to fight hunger and poverty. The major weaknesses relate to what is achieved not always meet the populations’ needs. Consequently, the constraints come from the weak on inexistent contribution of a population who has a low interest in these programmes that force development agents to strong negotiations, often involving local authorities. In the end, the targeted population works against their will. As a recommendation, it is needed that development structure, don’t impose activities to the beneficiaries but discuss with the targeted population to identify its priorities.

A noted success in the field is the elaboration of projects by women’s civil society organizations. These projects are submitted to donors and, once, the fundraising phase achieved, the activities implemented take into account women and children. They also set up a working capital to the limits of their resources; they allocate money in the form of micro-credits to others for individual income generating activities which makes the pride of these women who find these funds too limited. Why not encourage this kind of initiative?

3.  Social protection can increase agricultural production and productivity and improve food security and nutrition. For example, the subsidies received can facilitate the culture of improved crops during wintering and off-season activities by increasing the quantity of water points. When these conditions are met, we move towards food security. Malnutrition can be avoided through the combination of agricultural production and the feeding with other natural products. This requires to train people or to deepen the knowledge of community health workers on nutritious foods.

4.  The role of governments, civil society, private sector, universities and other development partners that can improve governance and strengthen ties between social protection, food security and nutrition and agriculture. It is the responsibility of governments through decentralized State bodies to consult others and to involve local partners in the agricultural development, and all other partners, including donors without those we can’t achieve our objective. Development stakeholders need to be united for social protection to become a reality. 

Mr. Subhash Mehta Devarao Shivaram Trust, India
20.10.2013

 Dear Colleagues:

  • Communities followed sustainable agri ‘Culture’ in their areas to produce nutritious food, mostly for their own needs.
  • Conversion to mono crops, with a focus on farm management, was done by the colonial rulers, for serving their political and commercial interests.
  • Increasing conversion each year to commercial crops like cotton, tea, coffee, jute, rubber, sugarcane, etc., resulted in less production by the small holders of nutritious food for their own and their country’s needs (decrease in purchasing power), leading to scarcity and famine like conditions
  • Increased cost of production, taxes and the reducing prices for commodities (green revolution techs) produced also reduced producers’ access to nutritious food and net income.
  • Post independence, senior scientists sent for advanced education abroad,   mostly specializing in green revolution (GR) technologies – loosing focus on sustainable integrated agriculture systems of the local areas
  • GR tech increased productivity for about a decade, with production plateau and decreasing in some cases whilst cost of production and requirement of water increased each year
  • Agricultural and Education System (ARES), Central & State Government agri depts. were and are staffed by scientists, mostly specialists, responsible for policies.
  • Focus was to meet the supply side (top down) when the need was more for the demand side (bottom up smallholder needs)
  • Production cost increased due to dependence on external inputs and hybrid/ GM/ BT seeds for implementing Green Revolution technologies, oil crisis, etc., further reducing net incomes, access to low cost nutritious food, resulting in rural hunger, malnutrition, poverty, debt, suicides and climate change

HISTORY:

Communities followed integrated agriculture system of their area to produce nutritious food for their own needs and at little or no cost, before the arrival of their colonial rulers, For serving their political and commercial interests, farms were converted to produce mono crops importing agro chemical inputs, converting more and more land for commercial crops like cotton, tea, coffee, jute, rubber, sugarcane, etc., reducing the land for production of nutritious food by the smallholder producer communities for their own needs. Policies, rules and regulations focused on commercial mono crops,, resulting in the decrease of purchasing power, taxing rural producers, increasing cost of production also resulted  in the decrease of farm produce prices and the producers’ net incomes. The resulting decrease in smallholder farm  production and  availability of nutritious food, leading to scarcity and famine like conditions during the world wars and also after independence (early 1960 in India).

After many countries became independent from colonial rule, large sums of money were made available as aid for development of agriculture by the erstwhile colonial powers as well as the USA, with subtle conditions attached, eg.,  USAID made provisions to give scientists grants for advanced studies in the land grant universities of the USA, where the curricula focuses on mechanized industrial GR agriculture (most farms being over 100 hectares), training them as specialists, with little or no knowledge about the integrated low cost agriculture of the local areas in their country and sustainable in the long term for the smallholder producers. Most returned with PHD’s and thus on their return were given the responsibility to replicate the industrial agriculture models with AID funds, pursuing commercial mono crops, primarily to keep down the world prices of agricultural commodities, like rice, wheat, maize, cotton, rubber, tea, coffee, etc, loosing focus on producing nutritious food, good agriculture and management practices (GAP).

The agri policies of the Indian government, post independence, continued to serve the commercial interest of the North (Europe/ USA/ Canada/ Australia), rather than the bottom up knowledge and management needs of smallholder friendly, integrated agriculture systems of each area for their long term sustainability primarily producing nutritious food to meet their own needs and that of the increasing rural populations in the vicinity, The continuing focus on commercial crops lead to shortages, scarcity and famine like conditions in the sixties, creating a panic among policy makers. By now, in addition to the agriculture research & education systems (ARES), most Central and State Government positions in agriculture were filled by Scientists, mostly specialists, opening the flood gates for  conventional agri technologies being forced on all farmers, as official extension programmes and schemes (subsidies) of the Government, especially in the irrigated areas of the country. The use of agro chemicals on rich soils built over centuries, did increase productivity for a decade, temporarily solving the immediate problem of shortages by meeting supply side but ignoring the demand side of access to good management to produce nutritious food needs of the rural producer communities.

However, in about ten years there was enough evidence documented that the GR productivity had plateau and decreasing in some areas, requiring increasing quantities and higher prices for fertilizer, seed and water each year. Added to this was the global oil crisis since the 70’s, resulting in the huge increase in the costs of imports, transportation, production of agro chemicals, etc., making conventional farming unviable and forcing governments to subsidise production of external inputs. In spite of subsidies, the purchasing power (mono crops) and net incomes of farmers, especially smallholder producer communities reduced each year (often below cost of production, waste, etc., due to un abling policies), resulting in rural hunger, malnutrition, poverty, suicides and climate change.

UN agencies have taken the initiative over the last 5 years to support holistic solutions for the long term sustainability of over 2 billion hungry, malnourished, poor, deep in debt rural producer communities, with UNCTAD’s TER of September 18, 2013, taking the ARES, World Bank, etc., head on, urgently calling for a ‘Paradigm shift in agriculture’. attached.

Thierry Kesteloot Oxfam, Belgium
18.10.2013

>> VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS  <<

Please find enclosed a useful report of a seminar held at the ILO on social protection as a catalyst for food security and the right to adequate food

It wanted to contribute to the recommendation made by the Committee on World Food Security (CFS) to further integrate food security and nutrition issues within the social protection floors.

It brought together participants from UN, member states, civil society organisations, researchers.

The report looks at the opportunities and constraints of SP, at social protection floors as a catalyst for food security and identifies recommendations for future work.

Je vous prie de trouver en pièce jointe un rapport utile d'un séminaire tenu à l’OIT sur la protection sociale comme catalyseur pour la sécurité alimentaire et le droit à une alimentation adéquate (en anglais).

Le séminaire avait pour objectif de contribuer aux recommandations du comité sur la sécurité alimentaire mondiale (CFS) pour mieux intégrer la sécurité alimentaire et la nutrition dans les programmes de protection sociale.

Ce séminaire a rassemblé des participants des Nations Unies, des pays membres, de la société civile et du monde de la recherche.

Le rapport étudie les opportunités et contraintes de la protection sociale, le rôle de la protection sociale minimale comme catalyseur pour améliorer la sécurité alimentaire et identifie des recommandations pour la suite des travaux.