How to develop the hydro-agricultural resources in West Africa?

20.05.2014 - 09.06.2014

The Sudan-Sahelian region has a renewable annual supply of water which could cope with the needs of food and nutrition security, taking into account the population growth rate (FAO/AQUASTAT).

After the 2009 meeting in Ouagadougou, the United Nations Economic Commission for Africa (UNECA) established objectives for West Africa in terms of food production, on the basis of the FAO/AQUASTAT data.

The response to the future challenge of food and nutrition security in West Africa, and particularly in the Sahel lies in the development of irrigated agriculture, of which the principal objectives are 1) an increase of the area irrigated and 2) an increased productivity of irrigated crops and of water.

However, in West Africa water is still a largely under-exploited resource, in particular groundwater: indeed, the sub-region has around 358 km3 of annually renewable groundwater, of which less than 1% is used.

Groundwater is difficult to exploit due to the high cost and the lack of knowledge of the technology involved; moreover, some low efficiency irrigation systems contribute to saturation of the ground and constitute a huge pressure on wetlands. 

Hence, the exploitation of groundwater resources offers a major opportunity to extend the irrigated surface area and to guarantee a growing food production.

If it were possible to use 10% of the groundwater, it would be equivalent to more than 2 million additional irrigated hectares, and it would also have the advantage that the new areas, instead of being confined to large irrigated systems in river basins, would be more widely distributed and accessible to more farmers, by responding to the new logic of Proximity Irrigation

Your opinion and advice on this subject would be greatly appreciated.  We eagerly await your answers to the following questions:

  • Is the field of groundwater resources well understood? Where and how can relevant information be found?
  • How can groundwater be extracted without appropriate technology and the necessary energy supply? 
  • Which forms of infrastructure management will guarantee the viability and sustainability of irrigation projects by the improvement of the productivity of crops and water?
  • Is a call to action needed for the alignment and harmonization of different Initiatives, taking into account national objectives and priorities, with a view to a common implementation approach by those involved in the development of the irrigation in the Sahel?

The objective of this online discussion is, on the one hand, to show the challenges and opportunities which arise from the development of groundwater resources with a view to the setting up of small-scale irrigation in the Sahel and, on the other hand, to appeal to all actors to improve the coordination of their actions in order to respond to these challenges.

Thank you in advance for your interest and participation!

Aliou Bamba, Greogorio Velasco and Ruhiza Boroto

FAORAF 

To know more about the topic read here

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Aliou Bamba FAO RAF, Accra et Facilitateur du theme , Ghana
16.06.2014

Remerciements  et Résumé des Débats

 Chers collègues ;

Il  ya 3 à 4 semaines,  nous avons lancé le débat sur le theme intitulé : Comment valoriser les ressources hydro-agricoles en Afrique  de l’Ouest ? sur Forum Security Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSN West Africa). En quelques  jours 15 personnes environ ont pu intervenir et apporter leurs points de vue et leurs contributions sur cette question.  Je voudrais, au nom de tous les facilitateurs de ce débat, remercier les uns et les autres pour leur riches contributions, qui,  j en suis sûr,   seront prises en compte  par les acteurs  du domaine de la formulation et l’implémentation des politiques/ stratégies et programmes de développement de la petite irrigation et de  maitrise de l’eau en vue de l’atteinte de la sécurité alimentaire dans la sous région de l’Afrique de l’ouest.

Je suis par ailleurs  tenté de résumer les réactions aux différentes questions que nous nous posions autour de ce theme.

  1. Le domaine des ressources en eau souterraine est-il bien connu ? où et comment peut-on disposer des informations y afférentes ?

Les points de vue ont été divers et presque souvent contradictoires : les  uns pensent que le domaine de l’eau souterraine est bien connu et qu’il suffit de s’adresser aux services nationaux compétents en matière pour obtenir les informations et données requises. Les autres, par contre,  estime,  avec une profonde conviction, que le niveau de détail des  études disponibles dans la sous régions, tant aux niveaux nationaux  qu’à  l'échelle sous régionale, ne permet pas de disposer des données nécessaires à une  planification et implémentation  efficiente et efficace des projets et programmes de petite irrigation.

Sur cette question il faut simplement retenir que les réalités ne sont pas les mêmes dans tous les pays. Les pays concernés n’ont pas n’ont pas les mêmes étendues. Si des petits pays comme la Gambie sont arrivés facilement à couvrir tout le pays par des études hydrogéologiques détaillées tel n'est pas le cas au Mali par exemple. Des gros efforts d’investissement dans la connaissance du secteur de l’eau  souterraine sont réellement nécessaires  si  l l’eau veut  concrétiser le rêve d’une exploitation  massive de cette ressource, sans risques, dans l’irrigation.

  1. Comment extraire l’eau souterraine si on ne dispose pas des technologies appropriées et de l’énergie requise?

Par rapport à cette question, on a l’impression que les acteurs sont en panne. Bien qu’il existe des variétés  de systèmes de mobilisation  de l’eau, il  n est pas évident qu’à chaque fois  on est recouru  aux technologies appropriées.

Celles  qui s’adaptent à l’exploitation de la nappe phréatique ne le sont pas pour les nappes profondes. La panne provient donc du fait qu’ on ne sait pas à l’avance si à tel ou tel point on peut ou doit disposer de l’eau de nappes profondes ou de nappes phréatiques

Au delà de connaissance de la ressources en eau, Il  faut d’une part  travailler avec les institutions de recherches  en vue de tester et évaluer les technologies innovantes (pompage solaire par exemple) et d’autre part capitaliser les bonnes pratiques  éprouvées en la matière et les disséminer pour un accès à quiconque le désire.  

  1. Quels modes de gestion des infrastructures pour garantir la viabilité et la durabilité des projets d’irrigation à travers l’amélioration de la productivité des cultures et de l’eau ?

De cette question, il est ressorti que des progrès substantiels peuvent être vite atteints si :

  • On met en place des directives et d’outils de planification et gestion de l’eau, notamment en observant le principe  de la gestion intégrée des ressources en eau ;
  • On améliore la qualité de la conception des infrastructures d’irrigation ;
  • Au niveau des périmètres irrigués, on associe plus les paysans à la gestion de l’eau  en observant les règles de bonne gouvernance de l’eau et du foncier.
  •  
  1. Faut il un appel à l’action pour un alignement et une harmonisation des différentes initiatives, tenant compte des objectives et priorités nationales en vue d’une approche commune de mise en œuvre par les acteurs du développement de l’irrigation au Sahel ?

Très peu de réactions ont été enregistrées par rapport à cette question, même si elle  est d’une extrême importance. Le débat sur la question se trouverait elle à un autre niveau au delà du technicien ?  

Dans tous les cas, pour accroitre les superficies de la petite irrigation et améliorer son efficacité, il faut  des financements pour :

  • Des études de connaissances du secteur de l’eau souterraines ;
  • Des études de recherches appliquées sur les technologies  de mobilisation de l’eau ;
  • Des études  d’ingénierie de bonne qualité pour les infrastructures d’irrigation ;
  • Les travaux d’implémentation de ces infrastructures

Il est  évident que des mécanismes sous régionaux  au niveau de la CEDEAO. CILSS, UEMOA pourraient etre plus efficaces à mobiliser des fonds pour ces buts que les actions isolées au niveau des pays..

Un organisme onusien  comme la FAO pourrait alors venir en appui à ces mécanismes de part ses compétences dans le domaine technique concerné et en matière de mobilisation des ressources.

 Encore une fois merci à tous  ayant contribué. Je suis certain que  beaucoup de nos collègues ont pu lire  et suivre ce débat même  si par manque de temps ils n ont pu directement contribuer.

 A la prochaine.

Aliou Bamba,

 FAO RAF,  Accra

Facilitateur du  thème 

Mr. Richard Komlan FOLLY OpenStreetMap, Togo
16.06.2014

Quel apport de la cartographie dans la gestion durable des ressources en eau pour le développement de l’agriculture en Afrique de l’Ouest ?

Merci à Mr. Georges Bazango de Self Help Africa, Burkina Faso dans sa contribution en date du  03 juin 2014. Je suis particulièrement touchée par sa vision sur l’apport de l’eau pour l’agriculture et sa préoccupation de repérer les ressources disponibles. « L'eau étant le principal intrant de la production agricole, elle est aussi par conséquent le principal facteur limitant en cas de pénurie ou d'indisponibilité. Alors, les Etats et les structures comme l'Uemoa, le CILSS et la CEDEAO doivent mobiliser les moyens pour cartographier le potentiel en eau de surface et souterraine de l'Afrique de l'Ouest et en dégager les interdépendances afin de favoriser des synergies d'action et éviter les conflits autour de la ressource eau » disait-il.

 Je reviens ici de façon plus approfondie sur la déclaration de Mr. Bazango en ce qui concerne la nécessité de cartographie du potentiel en eau de surface et souterraine de l’Afrique de l’Ouest.

Il est vrai que c’est une nécessité voir un devoir de cartographier les ressources en eau de l’Afrique de l’Ouest pour le développement de l’agriculture dans cette région. En tant qu’expert en cartographie numérique, le sujet me parait assez pertinent. Il faut pour une optimisation des ressources en eau disponible, pouvoir les localiser dans l’espace et sur une carte. Qu’ils s’agissent des eaux de surface ou souterraines. L’impact sera direct sur le choix même des sols qui porteront telle ou telle culture, en se référant à la quantité d’eau nécessaire pour un bon rendement de la culture en rapport avec la disponibilité même de la ressource en eau.

Par exemple le système de cartographie collaborative et participative OpenStreetMap (OSM) est un outil simple et pratique. Il permet à chaque individu utilisant Internet de pouvoir ajouter des informations géographiques et ou humaines sur une base de données centralisée. Il s’agit d’une participation locale aboutissant à un résultat global. Depuis 2012 le projet « Espace OpenStreetMap Francophone (EOF) » est initié par Humanitarian OpenStreetap Team (HOT), dans des pays francophones de l’Afrique. Notamment le Sénégal, le Togo, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et autres. OpenStreetMap a déjà fait ses preuves dans plusieurs situations de crise à travers le monde en ce qui concerne la cartographie et la collecte de la donnée de tout genre. Notamment en Haïti en 2012 lors du passage du Tsunami.

OSM peut donc être développé sous l’angle de l’agriculture 2.0. Ce concept met en évidence une agriculture qui s’approprie l’utilisation des TIC notamment Internet et la téléphonie mobile. Il faut savoir qu’il ne s’agit pas seulement de mettre les TIC à la disposition des agriculteurs mais que leur utilisation fait partie du quotidien de ces derniers.

Des agriculteurs munis de GPS vont collecter eux-mêmes de la donnée sur les ressources en eau. Ces données vont être centralisées (des encadreurs/coordonnateurs) sur le serveur un serveur spécial mis en place pour la cause ou même sur le serveur OpenStreetMap. La base de donnée ainsi constituée servira au fur et à mesure à l’élaboration le potentiel en eau de surface et souterraine de l'Afrique de l'Ouest. Un Système d’Information Géographique (SIG) connecté sera donc développé autour. Une manière originale de produire et de disposer de l’information afférente aux ressources en eau.

La cartographie des bassins d’eau ou des zones inondables par exemples va renseigner en même temps sur la localisation des cultures maraîchères. Puisque ces cultures se développent  le plus souvent près des sources d’eau. Il va s’agir aussi de repérer les zones où la nappe phréatique est à fleur de sol.

La stratégie que je propose s’inscrit dans le sens de renforcement des capacités techniques sinon technologiques des agriculteurs. L’avantage c’est que ces derniers verront leurs capacités renforcées d’une part sur le plan technologique. Ce qui ouvre pour eux d’autres possibilités et opportunités. D’autre part le caractère collaboratif et participatif du projet va diminuer les coûts des investissements financiers.

Pour moi les conflits qu’engendrent souvent le secteur de l’eau, sont aussi bien souvent liés aux sommes colossales d’argent qui circule autour des projets dans le secteur. Si les agriculteurs peuvent eux-mêmes produire des informations sur les ressources en eaux, cela éviterait aux organisations et institutions de formuler pour des projets d’envergure dirigés par des gens qui ne maîtrisent pas forcément ni le secteur agricole ni celui de l’eau.

Heureusement pour ce travail de cartographie, les mobilisations que doivent faire les organisations, structures et institutions vont être participatives et collaboratives et impliquer directement les agriculteurs eux-mêmes. Il faut reconnaître que nous sommes en conteste africain et donc qu’il faut adopter pour des outils de cartographie à porter de la main de tous et même des agriculteurs.

Richard Komlan Folly

Amen HADEOU DIRO Center, Benin
06.06.2014

Une des questions était comment faire pour exploiter cette ressource si l'on ne dispose pas de technologies appropriées et de l'énergie requise? Tant que ces conditions ne sont pas réunies, on ne peut rien faire. Par contre, si une approche participative est adoptée avec les bénéficiaires (agriculteurs, éleveurs, communautés concernées), il n'y a pas de raison que cela ne puisse pas se faire. Les moyens pourront être mobilisés à divers niveaux. Mais avant cela, il faut que la rentabilité soit évaluée. Si ce n'est pas économiquement rentable, ce n'est pas la peine.
Effectivement au Bénin, les données existent sur ces ressources à la Direction de l'Eau. nous ne pouvons pas demander à un agriculteur qui est peut-être analphabète de se renseigner sur les potentialités de sa zone. L'important c'est de développer des actions collectives, pour que tout le monde puisse en profiter.
S'il est possible de faire un forage, avec des extensions qui couvrent plusieurs fermes ou exploitations agricoles, les différents propriétaires peuvent s'associer et commander la réalisation de l'ouvrage. Ils pourraient même revendre une partie de cette eau, pour les autres besoins des populations.

Quant au mode de gestion, il peut être confié aux utilisateurs, avec un appui technique et un suivi assuré par les services déconcentrés de l'Eau et de l'Agriculture qui ont des compétences dans le domaine. Pour assurer cette durabilité, s'il s'agit d'un projet qui veut mettre ces infrastructures à disposition des bénéficiaires, alors ces derniers devraient participer à tous les niveaux (conception, financement, exécution,suivi et évaluation). En s'investissant pleinement, on est sûr d'une bonne utilisation et d'une bonne gestion de leur part.Aussi, il faudrait signer un contrat avec eux, cela permettra à chaque partie de s'engager et servira pour régler les éventuels conflits.

Aliou Bamba facilitateur de la discussion, FAO, Ghana
05.06.2014

Bonjour à tous

La question soulevée par Mr Georges Bazongo, Self Help Africa, Burkina Faso, relative à l’impact de l’utilisation de l’eau souterraines sur la nappes phréatiques est  très intéressante. C'est  d’ailleurs l’une des  raisons pour lesquelles des études très approfondies dans le domaine des eaux souterraines sont nécessaires. Je rappelle qu’ il ne s’agit pas de se focaliser seulement sur les nappes phréatiques tel que cela se fait actuellement à  partir de puits maraichers, mais il faut aller extraire l’eau dans les aquifères plus profonds, mais dont la ressource est annuellement renouvelable. Il est évident que si on fonde l’espoir de développer de la petite irrigation sur l’utilisation de la nappe phréatiques uniquement, cela ne saurait etre durable.

Pour le moment on ne  peut que  faire des hypothèses partant des chiffres provenant de  bases de données existantes. Mais quel est le niveau de précision de ces données ? En tout état de cause voici un schéma theorique ( je dis bien théorique) :

L’Afrique occidentale disposerait  de 358 milliards de m3  d’eau souterraine annuellement renouvelable(FAO Aquastat). Aujourd’hui  cette région a une population d’environ 250 millions d’habitants; et donc chaque habitant devrait  disposer de 3900 l/jour.

Avec la tendance actuelle de la croissance démographique, 700 millions d’habitants sont attendus en 2050. Si la région n’est pas trop affectée par le effets du changement climatique, chaque personne pourrait toujours disposer de 1400l /j . Cela ne concerne que l’eau souterraine.

Sur le même sujet je vous fait lire en encadré un extrait de l’article de Frédéric Julien,  « Maîtrise de l’eau et développement durable en Afrique de l’ouest : de la nécessité d’une coopération régionale autour des systèmes hydrologiques transfrontaliers »

Au sujet de la maîtrise de l’eau comme vecteur de développement, le Comité aviseur technique pour l’Afrique de l’Ouest du Partenariat mondial de l’eau se fait très clair : « The importance of water for socio-economic development cannot be over emphasized » (PME, 2000). L’Afrique de l’Ouest est relativement bien pourvue en ressources hydriques avec plus de mille milliards de mètres cubes d’eau douce renouvelés chaque année à travers le cycle hydrologique normal de la région (Niasse, 2005). Même en s’en tenant aux ressources renouvelables internes (i.e. celles générées à partir des précipitations endogènes) et donc en excluant le ruissellement entrant en Afrique de l’Ouest depuis, par exemple, la République centrafricaine et le Cameroun, chaque Ouest-africain disposait statistiquement en 2005 d’environ 4 059 m3/a. Or, il est largement admis qu’au-delà de 1 700 m3/a, le développement d’une société n’est théoriquement pas contraint par un problème d’accès à l’eau (Lasserre et Descroix, 2002). Au surplus, la pression sur la ressource est pour l’heure faible avec un taux d’utilisation (ratio entre les prélèvements annuels et la ressource renouvelable disponible) d’entre un et trois pourcent seulement. Ce taux pourrait par contre être multiplié par six à l’horizon 2025 en raison surtout de l’augmentation démographique (Niasse, 2005). À titre de comparaison, Peter Gleick (1993) du Pacific Institute for Studies in Development, Environment, and Security a placé le seuil d’inquiétude à un ratio demande/dotation d’un tiers.

Tout ceci pour dire qu’ il n y a pas de grand risques écologiques  si on parvient à adopter des « stratégies intelligentes » pour le développement durable dans ce domaine précis.

Il faut cependant comprendre que ce schéma est global et  n’est donc pas juste  pour chaque km2 de l'Afrique de l’Ouest. Mais ce qu’ il faut retenir, c’est la nécessité de mieux connaitre le secteur avant d’en faire usage. S’il est vérifié que ces quantités d’eau  sont  potentiellement disponibles pour l’afrique de l’ouest, il ne lui manquerait que des ressources techniques et financières pour les exploiter. Imaginez que ce soit le cas en Israël, ou dans le désert arabique, ce sont des programmes de transfert d’eau de bassin en bassin qui allaient etre mis en œuvre. Mais l’Afrique de l’Ouest se trouve etre la sous-région la plus démunie et vulnérable de la région Afrique la plus pauvre du monde.

Toutefois,  faisons le plaidoyer pour une coordination et une solidarité sous-régionale en vue de la mise à disposition aux populations de cette précieuse ressource naturelle.

Aliou  Bamba

Kpanara Yergo Ministère en charge de l'Eau au Bénin, Benin
04.06.2014

Bonjour Messieurs et Dames,

je profite de l'occasion que vous nous offrez pour répondre à certaines de vos question.

Le domaine des ressources  en eau souterraine est-il bien connu ? où et comment peut-on disposer des informations y afférentes ?

Pour répondre à cette question, je dirai que ce domaine fait l'objet d'étude dans le secteur de l'eau dans lequel j'évolue. Ainsi donc l'approvisionnement des populations en eau potable, se fait plus par les eaux souterraines au Bénin. Pour avoir des informations dans ce domaine, je vous demanderais de vous rapprocher de la Direction Générale de l'Eau ou de la Société Béninoise des Eaux du Bénin du Ministère en charge de l'eau. Pour les  questions  liées à l’extraction de cette ressources, ces structures sont mieux placées pour vous données leur expérience en la matière.

Quels modes de gestion des infrastructures pour garantir  la viabilité et la durabilité des projets d’irrigation à travers l’amélioration de la productivité des cultures et de l’eau ?

Je dirai à l'entame qu'il faut aller par à coup. Il faudrait mettre en place une politique de soutien des petits producteurs. Cette politique doit amener les producteurs eux même à prendre part à  la mise en place des infrastructures de production. Ici il ne s'agira pas d'avoir des projets stratégiques mais des projets opérationnels avec facilitateur.

Ce sont les quelques idées que je pense partager avec vous. La réflexion pourrait se poursuivre.

Alfred K. Yergo,

Employé au Ministère en charge de l'Eau au Bénin

Prosper Monde Réseau Nourriture Saine, Benin
03.06.2014

Question 1 : Le domaine des ressources  en eau souterraine est-il bien connu ? Où et comment peut-on disposer des informations y afférentes ?

1. Au Bénin, bien sûr que non. Les populations dans les villages continuent d’utiliser par endroits la technique du bâton, « bâton du sourcier» pour sentir la présence de l’eau souterraine avant de creuser un puits.
La disponibilité des données et des indications en format lisible et maniable, qui contiennent des informations à référence géographique, facilement accessibles permettront à l’ensemble des acteurs de trouver l’eau à coup sûr, vite sans perdre de l’argent et d’énergie, partout où l’agriculture va se réaliser.
Le domaine des ressources  en eau souterraine est à construire.

2. Je voudrais que les données et autres informations pertinentes et surtout UTILES du Séminaire de Johannesburg (Afrique du Sud) en 2010 soient capitalisées dans ce forum par les organisateurs.
Il s’agit du Séminaire « Gestion intégrée de l’eau pour une agriculture durable : Réduisons les écarts ».
L’objectif du séminaire était d’examiner les informations clés nécessaires pour appuyer une utilisation efficace des ressources en eau et ainsi améliorer la productivité agricole et la croissance dans les pays ACP. Ce séminaire a aussi pris en considération les écarts techniques et politiques et la manière de partager au mieux les connaissances.
Télécharger les document au  http://publications.cta.int/fr/publications/publication/1660/natural-resources-environment/

Question 2 : Comment extraire l’eau souterraine si on ne dispose pas des  technologies appropriées et de l’énergie requise?

De la magie !
Il faut des technologies modernes appropriées et des sources d’énergie de proximité.
Comment l’Inde a fait pour qu’au fil des ans, l’utilisation excessive des nappes souterraines par les agriculteurs pour les besoins de l’irrigation, a donné lieu à une diminution drastique des niveaux des nappes phréatiques.

Au Bénin, depuis une dizaine d’années, quelques agriculteurs plus entreprenants des départements du Mono, Couffo et Atacora (Commune de Péhunco) construisent des structures individuelles de captage de l’eau souterraine avec des technologies modernes appropriées. L’expertise est aussi fournie par une poignée d’agriculteurs NOVATEURS et « illuminés ». L’installation se fait sur leurs propres terres et constitue une propriété individuelle.

Question 3 : Quels modes de gestion des infrastructures pour garantir  la viabilité et la durabilité des projets d’irrigation à travers l’amélioration de la productivité des cultures et de l’eau ?

Mode de gestion collective s’il s’agit des infrastructures communautaires.
Mode de gestion individuelle s’il s’agit d’infrastructures privées.

Question 4 : Faut il un  appel à l’action pour un alignement et une harmonisation des différentes initiatives, tenant compte des objectives et priorités nationales en vue d’une approche commune de mise en œuvre par les acteurs  du  développement de l’irrigation au Sahel ?

L’eau souterraine (heureusement) n’est pas la couche d’ozone qui est constamment déflorée par quelques puissances malgré les appels à l’action pour un alignement.
Approches communes, OUI pour :
1.      La disponibilité des données et des indications en format lisible et maniable, qui contiennent des informations à référence géographique, facilement accessibles permettant à l’ensemble des acteurs de trouver l’eau à coup sûr, vite sans perdre de l’argent et d’énergie, partout où l’agriculture va se réaliser, en micro et macro grandeur.
2.      La disponibilité des technologies appropriées (importation, production, etc.), des financements et de l’expertise pointue  facilement accessibles permettant à l’ensemble des acteurs de réaliser dans les exploitations familiales l’agriculture irriguée de façon rentable, durable.

Merci.

MONDE H.M. Prosper

Membre actif du Réseau Nourriture Saine Bénin

Président Convivium Slow Food_Nourriture Saine Bénin

Mr. Georges BAZONGO Self Help Africa, Burkina Faso
03.06.2014

Merci de mettre en ligne un sujet aussi capital et d'intérêt global. Pour moi la mobilisation de l'eau agricole pour la production irriguée est primordial à toute action d'augmentation et de diversification de la production agricole, source première de revenu des Etats et des ménages. L'eau étant le principal intrant de la production agricole, il est aussi par conséquent le principal facteur limitant en cas de pénurie ou d'indisponibilité. Alors, les Etats et les structures comme l'Uemoa, le CILSS et la CEDEAO doivent mobiliser les moyens pour cartographier le potentiel en eau de surface et souterraine de l'Afrique de l'Ouest et en dégager les interdépendances afin de favoriser des synergies d'action et éviter les conflits autour de la ressource eau. Au niveau des Etats, le principe de l'Intercommunalité doit prévaloir dans la mobilisation des moyens pour mener à bien des projets d'irrigation de grande envergure et qui visent des objectifs grands au lieu de les limiter le plus souvent à des chasses gardées autour d'un potentiel hydrique avec les ouvrages fragiles et qui ne sont pas durables.

Investir dans l'irrigation à partir de l'eau souterraine requiert une implication directe des Communautés à travers la concertation, la négiotation et la recherche d'un consensus autour d'un potentiel commun car les nappes vont au délà d'une seule communauté mais couvrent plusieurs communautés qui ont souvent des cultures différentes liées à l'Eau. La politique ne doit surtout pas être l'élément de décision des autorités amis plutôt un besoin vital des communautés dont la réponse suit un plan d'aménagement et d'investissement de l'Etat.

Self Help Africa a conduit une expérience dans le cadre d'un projet d'irrigation goutte à goutte par la mobilisation et l'utilisation de l'eau de puits maraichers au Burkina Faso. La viablité de ces puits sont le plus souvent dépendant des pluies et souvent tarrissent au cours du 3ème cycle de production entre mars et mai. Il se pose alors la question de savoir l'impact de l'utilisation de l'eau souterraine pour l'irrigation agricole sur les nappes phréatiques? Contribue t-elle à les approfondir ou non? Et quel avenir de l'eau souterraine si le système actuel d'exploitation des eaux souterraines qui est la plus répandue dans nos pays (avec parfois des approfondissements interminables de puits) se pousrsuit?

Nous nous posons cette question sans toutefois avoir de réponse car une étude technique est nécessaire et des moyens importants à mobiliser. Ce qui fait qu'à Self Help Africa, nous pensons que les Etats de l'Afrique de l'Ouest doivent mener des études dans ce sens afin de disposer de résponses adéquates pour mieux orienter les acteurs de développement

Alphonse Affo GESH – Afrique, Benin
03.06.2014

COMMENT VALORISER LES RESSOURCES HYDRO – AGRICOLES EN AFRIQUES DE L’OUEST

En Afrique de l’Ouest, la problématique des ressources en eau est liée à sa répartition inégale dans l’espace et dans le temps. 99% de l’eau douce sous forme liquide dans cette zone est souterraine. Cette eau est donnée par des aquifères de sable (profondes peu saturés) ou par des fractures. Aujourd’hui dans la sous-région des techniques existent pour l’identification et le captage de ces sources grâce aux méthodes d’implantation géophysiques couplées avec l’interprétation des photos – satellitaires.

Des points d’eaux réalisés en zones arides puisent la ressource en des quantités qui ne favorisent pas, faute d’énergie suffisante, un établissement agricole durable et donc le développement. Il se pose donc un problème de technologie d’exhaure et d’énergie appropriée. Les stratégies de la petite irrigation doivent donc se pencher sur les technologies d’exhaure appropriées pour extraire cette ressource en milieu rural.

Il est donc souhaitable de rester dans la dynamique qui cherche à tirer profit des ressources énergétiques locales, l'énergie solaire en particulier pour apporter des réponses endogènes aux problèmes locaux de maitrise de l’eau. Face aux défis du changement climatique, et dans une approche de développement durable l’utilisation du pompage photo –voltaïque serait appropriée pour la petite irrigation dans ces zones.

 

AFFO G. Alphonse
Spécialiste en Mobilisation et Exploitation des ressources en eau
Directeur Exécutif du Groupe d’Energie Solaire et d’Hydraulique – Afrique

(GESH – Afrique)/ Cotonou – Bénin

Hervé Ouedraogo UEMOA, Burkina Faso
30.05.2014

L’eau souterraine constitue une alternative intéressante à condition de disposer des moyens (exhaure, distribution) économiquement supportable.

Pour les grands aménagements en maîtrise totale de l’eau

Sur le plan des ressources en eau de surface, je pense qu’en adoptant de bonnes pratiques (conduite de l’eau à la parcelle, équipements hydromécaniques adaptés), on devrait pouvoir augmenter substantiellement la productivité de l’eau agricole sans trop d’investissements. Cela suppose bien entendu une  connaissance : (i) du niveau de besoin des plantes en culture, et (ii) des caractéristiques du sol.

Entre la rigueur du de la conception des réseaux (calcul de lignes d’eau, tour d’eau, etc.) et la pratique courante (absence des vannettes, modules détraqués, non-respect des consignes, etc..),  il y a un fossé énorme. Ce qui laisse penser qu’il faut peut-être penser à la professionnalisation de la gestion de l’eau sur les aménagements (séparer la fonction hydraulique et la fonction production agricole).

Pour les petits aménagements privés autonomes

Les exploitants sont confrontés à la mobilisation rationnelle de la ressource en eau (de surface et souterraine). Mais on constate une bonne maîtrise des quantités d’eau délivrées aux plantes (bonne appréciation des besoins des cultures), bonne adaptation des cultures aux types de sols.

À ce niveau, il faudrait pousser les réflexions vers une mutualisation des ressources des dits exploitants pour permettre la mise en place d’une mobilisation performante et efficiente de l’eau, en vue d’une distribution à tous les acteurs concernés.

Ervé Marcel OUEDRAOGO

Chargé des Ressources en Eau (DSAME)

(Projet Office du Niger)

UEMOA, 380 Avenue du Pr. Joseph KI-ZERBO

01 BP 543 Ouagadougou 01, Burkina Faso

Aliou Bamba facilitateur de la discussion, FAO, Ghana
30.05.2014

Chers tous,

Je suis parfaitement d’accord avec le point de vue de Monsieur Abdoulaye Dembélé du Mali sur les questions posées, notamment la question de la mobilisation des eaux souterraines. Les résultats des études hydrogéologiques sont beaucoup plus descriptifs et qualitatifs que quantitatifs dans notre sous région. Il existe bel et bien de l eau souterraine à mobiliser pour l’irrigation car, dit-on,  elle est annuellement renouvelable ; donc pas de grands risques écologiques. Mais il nous faut beaucoup plus de précisions sur la connaissance de cette ressource  en vue de non seulement l’implémentation des projets mais aussi et surtout en amont de satisfaire les  besoins de planification et de formulation des projets et programmes.

Faisons alors des propositions concrètes de solutions pour résoudre cette question !!!

Moi je dis qu’ il faut :

  1. Investir beaucoup dans les études d’eau souterraine tant au niveau national que transfrontalier de la sous région. Mais cela coute beaucoup d’argent !!!
  2. Avoir des schémas directeurs nationaux  ou sous régional de l’irrigation : ceci permettre de savoir où dans les pays  devrons-nous développer la petite irrigation à partir des eaux souterraines ;
  3. Avoir une politique/stratégie nationale de la petite irrigation avec plan d’actions et une politique commune pour la sous région. Ces politiques et stratégies devront mettre l accent sur les reformes et capacités institutionnelles et  techniques  nécessaires au développement de l’irrigation ; il semble que les capacités des techniciens et des institutions demandent à etre améliorées. Certains pays disposent de politiques et/ou strategie de la petite irrigation. D’autres ne développent que des projets et programmes. En tout état de cause il y a un besoin d’harmonisation ; ceci pouvant entrainer  vers une économie d’échelle au niveau  sous régional, notamment sur le plan du plaidoyer et de la mobilisation des ressources financières ;
  4. Faciliter les échanges d’expériences et de bonnes pratiques entre les pays et avec d’autres régions du monde comme l’Asie

Merci à tous

On est entrain de bien avancer dans les débats

Aliou

Maïmouna SOMA FIAN Burkina, Burkina Faso
30.05.2014

Bonjour  à tous, 

merci au forum de donner l'opportunité de nous exprimer sur ce sujet.

La valorisation des ressources hydro-agricoles passe nécessairement par leur protection contre l'accaparement. C'est à dire éviter que des opérateurs économique en l’occurrent les industries extractives et agricoles utilisent excessivement ces ressources au détriment des producteurs agricoles familiaux. La signature de contrats avec ses acteurs doit tenir compte de la gestion des ressources en eaux et des terres et les États doivent veiller au suivi et au respect de ces closes.

Cordialement

Mme SOULAMA/ SOMA Maïmouna

Chargée de Programme et de Développement de FIAN Burkina

Abdoulaye Dembele Ministère du Développement Rural, Mali
29.05.2014

Bonjour cher modérateur de cette discussion en ligne! Je serais très heureux de participer à ce débat et en guise de première contribution, j'aimerais apporter les éléments ci-après:
 
1.    Le domaine des ressources en eau souterraine est-il bien connu ? où et comment peut-on disposer des informations y afférentes ?

Au Mali, comme dans la plupart des Etats du Sahel le problème essentiel de l’utilisation des eaux souterraines tant dans l’approvisionnement en eau potable que surtout dans le développement de l’irrigation est celui de la connaissance de ces ressources. En effet, le niveau de cette connaissance est tellement bas, en particulier au Mali qu’à l’occasion de chaque projet de mobilisation des eaux souterraines, on est obligé de faire appel à des investigations en géophysique pour le recherche aussi bien de la nappe que des débits mobilisables. Au Mali, la base SIGMA de la DNH qui constitue la seule référence, ne permet que d’avoir des informations sur les sites isolés de point d’eau. On ne dispose pas d’informations précises sur la disponibilité et les paramètres sur les bassins hydrogéologiques ou les aquifères dont on parle surtout au Nord du pays, où, selon  certaines données de la DNH cette zone regorgerait de très importantes réserves en eaux souterraines de très bonne qualité. La caractérisation n’est que qualitative.

2.    Comment extraire l’eau souterraine si on ne dispose pas des technologies appropriées et de l’énergie requise?

Il me semble que la condition sine qua non de la mobilisation des ressources en eaux souterraines dont dispose la région sahélienne est la disponibilité des technologies appropriées et de la ressource énergétique qui permettent d’avoir une meilleure connaissance de la ressource des différents aquifères. Mais l’expérience d’autres régions du monde (en particulier en Asie) dans la recherche, la connaissance et la mobilisation des eaux souterraines pour le développement de l’agriculture irriguée peut bien nous être très utile. Dors et déjà, je pense que notre région dispose des gisements pratiquement inépuisables d’énergie solaire dont la mobilisation, à travers le photovoltaïque qui se démocratise actuellement dans le monde, reste une grande opportunité pour le développement de l’irrigation de proximité à partir des eaux souterraines.

3.    Quels modes de gestion des infrastructures pour garantir la viabilité et la durabilité des projets d’irrigation à travers l’amélioration de la productivité des cultures et de l’eau ?

Moi j’ai l’intime conviction que la gestion communautaire des infrastructures d’irrigation à plus ou moins grande échelle n’est durable qu’à condition d’un appui quasi permanent de la puissance publique par le truchement d’assistance technique et même de subventions diverses. La coût de la mobilisation des ressources en eaux souterraines et celui des investissements pour la réalisation des infrastructures est tel que les Etats sont obligés de s’impliquer directement si l’on fait de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la sous région le priorité des priorités. Avec ces investissements importants, la viabilité et la durabilité des projets d’irrigation à travers l’amélioration de la productivité des cultures et de l’eau, passent par une responsabilisation des producteurs dans le processus de production, mais aussi un système de subvention à la production dont le mode et la taille peuvent être déterminées.

4.    Faut il un appel à l’action pour un alignement et une harmonisation des différentes initiatives, tenant compte des objectives et priorités nationales en vue d’une approche commune de mise en œuvre par les acteurs du développement de l’irrigation au Sahel ?

Je pense que cela est tellement nécessaire que les acteurs du développement de l’irrigation en Afrique de l’Ouest et en particulier dans le Sahel, l’ont lancé en 2007 à Ouagadougou (Appel de Ouagadougou), suite au forum organisé par l’ARID, avec l’appui de la Banque Mondiale, la FAO, l’IWMI et d’autres partenaires. Un appel à l’action est certainement nécessaire, mais je pense que vu les perspectives qui se dessinent dans les années à venir par rapport à la capacité de l’humanité et particulièrement de la sous région sahélienne de garantir la couverture des besoins alimentaires des populations de plus en plus nombreuses et urbaines nous sommes obligés d’aller au-delà d’un appel et formuler et mettre en œuvre un véritable plan marshal pour le développement de l’agriculture irriguée dans le Sahel. Car il me semble que notre région reste aujourd’hui l’une des rares zones au monde qui disposent d’un véritable potentiel de ressources en eaux et donc d’extension des superficies irriguées.

Abdoulaye DEMBELE
Ingénieur du Génie Rural
Conseiller technique Ministère du Développement Rural
Bamako Mali
 

Mr. GBLOTCHAOU Félix Tékpon Plateforme des Alliances Contre la Faim et la ...
29.05.2014

COMMENT VALORISER LES RESSOURCES HYDRO-AGRICOLES EN AFRIQUE DE L’OUEST ?

Question 1 : Le domaine des ressources  en eau souterraine est-il bien connu ? Où et comment peut-on disposer des informations y afférentes ?

Réponse 1 : Au Bénin, le domaine des ressources en eau n’est que l’affaire des initiés. Il s’agit des institutions qui en ont la charge. Cependant, dans les communautés, ce domaine n’est pas mal connu puisse que les populations ont besoin de l’eau pour tous les besoins vitaux, ceux de leurs bétails et de leurs plantes. Pour ce qui concerne les populations, elles ont des méthodes empiriques et traditionnellement pour découvrir les gisements d’eau souterraine. Elles utilisent des moyens traditionnels pour procéder au forage.

Pour obtenir des informations fiables dans le domaine, il faut se référer à la Direction Générale de l’Eau (et ses démembrements sur le territoire national), à EAA (Eau et Assainissement en Afrique ex-CREPA), à la Société Nationale des Eaux du Bénin, aux chancelleries de l’Allemagne, des Pays Bas, au Collège Polytechnique Universitaire de l’Université d’Abomey Calavi au Bénin, au Ministère de Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Il s’agit de données documentaires dans les centres de documentation de ces structures. Mais les communautés rurales constituent également des sources d’information. Ici, c'est-à-dire dans leurs cas, il faut une enquête auprès d’elles.

Question 2 : Comment extraire l’eau souterraine si on ne dispose pas des  technologies appropriées et de l’énergie requise?

Réponse 2 : Pour procéder à l’extraction de l’eau souterraine au Bénin, les populations font des forages de puits à grand diamètre. Avec des pioches, des houes, elles font le creusage du puits. Par une longue corde au bout de laquelle est fixé un panier ou un récipient et une poulie traditionnelle, la terre amassée est enlevé du trou jusqu’à ce que le puits mouille. Du nord au sud, la technologie est la même. Dès que le puits a mouillé, l’extraction  de l’eau se fait toujours par le puisage avec une longue corde au bout de laquelle est fixé un récipient qui passe dans une poulie traditionnelle suspendue à deux bois fourchus placés au bord du puits.

Pour une extraction rapide en vue d’une irrigation à grande échelle en vue d’atteindre les 35,8 km³ d’eau souterraine soit 10% des réserves souterraines, il faut changer de technologie ou du moins améliorer celle décrite et qui est disponible. Autrement la sécurité alimentaire envisagée au bout d’un processus d’irrigation ne sera qu’un vain mot.

Question 3 : Quels modes de gestion des infrastructures pour garantir  la viabilité et la durabilité des projets d’irrigation à travers l’amélioration de la productivité des cultures et de l’eau ?

Réponse 3 : Ces infrastructures d’extraction archaïques ne peuvent pas garantir une quelconque production irriguée à fort rendement car ce mode d’extraction de l’eau est épuisant pour tous les acteurs de la chaîne de production. Donc avant de parler de mode de gestion, il faut tout d’abord parler de la stratégie à envisager pour une bonne et rapide extraction de cette eau. Là-dessus, il y a deux problèmes à résoudre. Le premier est la possibilité d’améliorer la capacité des populations à atteindre une bonne nappe. Le second est de faciliter le puisage de l’eau. Si ces conditions sont bien réunies, la question de gestion des infrastructures ne se posera plus. Car, pour les populations, l’eau étant vitale, elle ne s’amuse pas avec surtout si elle n’est pas abondante et facile d’accès. Pour la mémoire, l’on peut se rappeler que dans certaines contrée, des marres sont protégée est soumises à des interdits communautaires bien respectés.

Il y a lieu donc de pouvoir amener les producteurs et les éleveurs à se doter de puits familiaux  pour assurer une bonne irrigation des champs et un bon breuvage pour les animaux. C’est parce que les puits ne sont pas disponibles et que le peu qui existe ne suffit pas pour les besoin de l’homme que l’on assiste encore à une irrigation à petite échelle et à la transhumance des pasteurs à la recherche de pâturage. Si les puits sont disponibles, les éleveurs vont facilement cultiver et irriguer des champs de foin pour le bétail. Les problèmes que pose actuellement la transhumance pourraient trouver de solutions.

Question 4 : Faut il un  appel à l’action pour un alignement et une harmonisation des différentes initiatives, tenant compte des objectives et priorités nationales en vue d’une approche commune de mise en œuvre par les acteurs  du  développement de l’irrigation au Sahel ?

Réponse 4 : Un alignement et une harmonisation des initiatives seraient l’idéal. Mais ce qui urge, c’est la mise à disposition de ressources, de technologies accessibles aux populations en la matière. Cela peut propulser la multiplication des puits et forages. Dans cette foulée, l’harmonisation pourrait venir en appoint. La mise à disposition de ressources suppose l’accès aux crédits de forage (à taux zéro, ou même par une subvention), le renforcement des capacités par la formation pour l’utilisation des technologies améliorées, la disponibilité des matériaux… Les technologies dont nous parlons doivent être des technologies de proximité facile d’accès qui réduiront le temps de puisage et augmenteront la quantité d’eau puisée en temps réel.

 

F. Tékpon GBLOTCHAOU

Administrateur Civil, Ingénieur en Développement Local,
Diplômé en Science et Technique de l'Information et de la Documentation, Etudiant-Chercheur en Droit International et Organisations Internationales.
Président de IPAD-RADEL, Coordonnateur National de
l'Alliance Contre la Faim et la Malnutrition au Bénin (ACFM),
Vice Président du Réseau Francophone des Alliances Contre la Faim et la  Malnutrition de l'Afrique de l'Ouest.
Président de la Plateforme des Alliances Contre la Faim  et la Malnutrition de l'Afrique de l'Ouest

Cotonou BENIN

Mr. Benoit Couturier Handicap International, Mali
29.05.2014

Bonjour,

Je souhaite partager avec vous le site internet de capitalisation des pratiques sur la culture irriguée au Nord Mali : www.irrigation-nord-mali.org.

Ce site a été développé dans le cadre du Projet de soutien à la campagne de contre saison froide Blé et Maraîchage (Pomme de terre, tomate, oignon) dans les 5 cercles de la Région de Tombouctou réalisé du 1er août 2013 au 31 Mars 2014 (Handicap International en partenariat avec AVSF et le Conseil Régional de Tombouctou grâce au soutien financier de DFID) en complément du projet d’appui à la campagne rizicole de 2013 dans les régions de Tombouctou et de Gao (AVSF en partenariat avec Handicap International et les Conseils Régionaux de Tombouctou et de Gao grâce aux soutiens financiers de la Région Rhône Alpes, du PIDRN, de la FAO, de l’Ambassade de France et du Ministère des Affaires Luxembourgeois).

Pour réunir un certain nombre de spécialistes dans le domaine dans le but d’échanger sur les bonnes pratiques, Handicap International a organisé en collaboration avec AVSF et le Conseil Régional de Tombouctou, grâce à l’appui technique de l’IRAM (http://www.iram-fr.org/), un atelier de réflexion sur la culture irriguée les 4 & 5 Mars 2014 à Bamako. Je vous invite à consulter le rapport produit à cet effet sur les pratiques alternatives en matière d’irrigation au Nord Mali (http://www.irrigation-nord-mali.org/classified/rapport_pratiques_d_irrigation_tombouctou-final.pdf

Aliou Bamba facilitateur de la discussion, FAO, Ghana
28.05.2014

Chers tous

Je pense que la question des eaux souterraines est beaucoup plus complexe qu’on le pense. On dit que les informations sur les eaux souterraines existent dans les pays. Je pense que le niveau de détails des informations recherchées demeure faible. A quelle échelle peut on connaitre  les débits moyens et profondeurs des forages couvrant tout le pays? Dans nos  pays, avons-nous les données,  à chaque 2500 m2 du territoire par exemple,  sur le taux de réussite des forages, leur rendement moyen en m3/h  et leur profondeurs moyennes?  Au Mali que je connais bien, j ai vécu de tristes expériences concernant l’exploitation de l’eau souterraine de Kayes à Gao en passant toutes les autres régions du sud.  Et pourtant je suis au courant de l’existence  de la base données SIGMA sur les eaux souterraines au Mali.

En ma qualité de superviseur de projet FAO en Afrique Occidentale, ce n’est qu’ en Gambie, peut etre parce que le pays est petit, que j’ai trouvé le niveau des informations beaucoup intéressant, car à chaque 1000km2 du pays on peut anticiper sur les résultats des forages avec beaucoup de précision. Par exemple sur la base de données d’études hydrogéologiques disponibles on a pu  prévoir dans un projet de développement de périmètres maraichers des débits de 21m3/h avec profondeur de 30 à 35m  sur  différents sites à travers le pays. Ce genre d’informations seraient elles disponibles dans d’autres pays du Sahel ?

Merci à tous

Aliou Bamba
Facilitateur du forum sur ce theme
Consultant en irrigation et gestion des ressources en eau

FAO
Bureau régional RAF

Accra

Christophe Rigourd IRAM , France
27.05.2014

Bonjour,

Concernant la deuxième question (sur la gestion des infrastructures) je vous invite à consulter le site internet suivant : http://www.innovations-irrigants.com/asirri-mali/

Ce site décrit un projet pilote au Mali mis en œuvre par une organisation paysanne de services (la fédération des centres de prestation de services Faranfasi so) et un bureau d’études associatif (l’IRAM Institut de recherches et d’applications des méthodes de développement) dont l’objectif était de mettre en place des services aux organisations d’irrigants pour pérenniser le système irrigué. L’expérience pilote montre qu’une gestion paysanne de l’irrigation à la base est possible et présente la démarche et les services mis en œuvre.  Une courte vidéo présente l’expérience. Le site comporte également l’ensemble des manuels méthodologiques et les rapports de ce projet.

Vous en souhaitant bonne lecture.

Cordialement,

Christophe Rigourd

Chargé de programme
Pôle ASAF Acteurs Systèmes d'Activités, Filières
Institut de Recherches et d'Applications des Méthodes de développement
www.iram-fr.org

 

 

 

26.05.2014

Au Sénégal, des informations sont disponibles dans le domaine des ressources en eau souterraine. L'entité responsable est le Ministère de l'Hydraulique à travers ses bras techniques : la Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau (DGPRE); la Direction de l'Hydraulique Rurale (DHR)

Ms. Naren Keita IPR/IFRA DE KATIBOUGOU , Mali
26.05.2014

En tant qu'agent du monde rural, je me vois dans l'obligation de donner ma contribution sur ce sujet qui toute fois à une importance capitale, l'eau c'est la vie et elle est indispensable pour la survie des végétaux, dans la  plus part des pays  d'Afrique de l'ouest particulièrement dans le sahel, presque la moitié de la population vivent de l'agriculture, ce pendant la saison pluvieuse ne dure que 5 mois, à ce rythme la population cours vers une véritable insécurité alimentaire.

Par ailleurs pour ce qui est ma part de réponse concernant la motion de discussion : il faut d'abord la conscientisation à certain niveau a savoir le gouvernement, les paysans...par les agent de la gestion de l'environnement en leurs montant la part de contribution de l'agriculture irriguée dans l'amélioration de la sécurité alimentaire. Suite à cette première étape les agents pour la gestion des ressources naturelles dans le milieu rural en partenariat avec le gouvernement  ensemble peuvent mettre en place des stratégies et de politiques à savoir : la mise en place des technologies nécessaire pour exploiter des sources d'eau dans certaine zones qui en dispose mais que la population n'en dispose pas les moyens avec l'aide de l'état et de certaine organisation qui interviennent en Afrique de l'ouest dans le cadre d'améliorer la sécurité alimentaire. Il faut également une harmonisation des idées et la participation de tous les secteurs  concernés  en vue de la valorisation des ressource hydro-Agricole en Afrique de l'ouest en particulier au sahel.

Mamadou Diatta Ministére de l'Agriculture et de l'Equipement Rural , Senegal
22.05.2014

Ce sujet est d'actualité et préoccupe nos populations et surtout les autorités de nos Etats. Cette initiative nous donne l'opportunité à fédérer nos efforts dans la recherche des solutions durables à la sécurité alimentaire. Une fois de plus mes encouragements et félicitations à tout le goupe de réflexion.

Mr. Moussa Kossey Organisation, Niger
20.05.2014
  • Le domaine des ressources  en eau souterraine est-il bien connu ?

En Afrique de l’Ouest en général et au sahel en particulier le domaine des ressources en eau souterraine est presque méconnu par la population lambda (agriculteur et éleveurs). Cependant, ces ressources sont belles et bien connues par les services techniques de l’Etat qui ont réalisé plusieurs études et enquêtes dans le domaine hydraulique.

  • Où et comment peut-on disposer des informations y afférentes ?

Ces informations sont disponibles auprès des directions départementales, régionales et nationales de l’hydraulique et de l’environnement.

  • Comment extraire l’eau souterraine si on ne dispose pas des  technologies appropriées et de l’énergie requise?

Pour l’exploitation de ces eaux souterraines qui souvent sont à des centaines de mètres, il faut :

  • volonté politique affichée des gouvernants à l’image du programme de la renaissance du Président ISSOUFOU du Niger qui met l’accent sur la mobilisation des eaux souterraines pour asseoir une agriculture durable ou le nigériens nourrissent les nigériens.
  • Mettre en place des unités de production de l’énergie à grande échelle (développer des centrales nucléaires civils car l’uranium, le charbon, le pétrole, le gaz, le soleil et le vent sont disponibles) ;
  • Former et éduquer les producteurs (agriculteurs) sur la gestion rationnelle des ressources en eau par la mise en place des réseaux californien, le goutte à goutte..etc.
  • Capitaliser les expériences des pays développés par le transfert des compétences.

Quels modes de gestion des infrastructures pour garantir  la viabilité et la durabilité des projets d’irrigation à travers l’amélioration de la productivité des cultures et de l’eau ?

Comme je l’ai indiqué plus haut, il faut sensibiliser, éduquer et former les utilisateurs des eaux qui sont les agriculteurs. Il faut initier et développer le système de goutte à goutte, le réseau californien pour maitriser la gestion de l’eau

  • Faut il un  appel à l’action pour un alignement et une harmonisation des différentes initiatives, tenant compte des objectives et priorités nationales en vue d’une approche commune de mise en œuvre par les acteurs  du  développement de l’irrigation au Sahel ?  

A mon sens , il est urgent de convoquer une réunion ou un atelier de haut niveau qui regroupera tous les acteurs de l’espace CEN-SAD pour engager des discussions pour mieux harmoniser et intégrer les actions en vue d’une exploitations des eaux souterraines et leurs utilisations optimales. Ce qui est sur chaque pays , chaque acteur intervenant dans le domaine a son approche  propre à partager avec les autres. La mise en commun de ces approches  permettra une bonne harmonisation des actions.