Re: Comment valoriser les ressources hydro-agricoles en Afrique de l’Ouest?

Mr. Georges BAZONGO Self Help Africa, Burkina Faso
03.06.2014

Merci de mettre en ligne un sujet aussi capital et d'intérêt global. Pour moi la mobilisation de l'eau agricole pour la production irriguée est primordial à toute action d'augmentation et de diversification de la production agricole, source première de revenu des Etats et des ménages. L'eau étant le principal intrant de la production agricole, il est aussi par conséquent le principal facteur limitant en cas de pénurie ou d'indisponibilité. Alors, les Etats et les structures comme l'Uemoa, le CILSS et la CEDEAO doivent mobiliser les moyens pour cartographier le potentiel en eau de surface et souterraine de l'Afrique de l'Ouest et en dégager les interdépendances afin de favoriser des synergies d'action et éviter les conflits autour de la ressource eau. Au niveau des Etats, le principe de l'Intercommunalité doit prévaloir dans la mobilisation des moyens pour mener à bien des projets d'irrigation de grande envergure et qui visent des objectifs grands au lieu de les limiter le plus souvent à des chasses gardées autour d'un potentiel hydrique avec les ouvrages fragiles et qui ne sont pas durables.

Investir dans l'irrigation à partir de l'eau souterraine requiert une implication directe des Communautés à travers la concertation, la négiotation et la recherche d'un consensus autour d'un potentiel commun car les nappes vont au délà d'une seule communauté mais couvrent plusieurs communautés qui ont souvent des cultures différentes liées à l'Eau. La politique ne doit surtout pas être l'élément de décision des autorités amis plutôt un besoin vital des communautés dont la réponse suit un plan d'aménagement et d'investissement de l'Etat.

Self Help Africa a conduit une expérience dans le cadre d'un projet d'irrigation goutte à goutte par la mobilisation et l'utilisation de l'eau de puits maraichers au Burkina Faso. La viablité de ces puits sont le plus souvent dépendant des pluies et souvent tarrissent au cours du 3ème cycle de production entre mars et mai. Il se pose alors la question de savoir l'impact de l'utilisation de l'eau souterraine pour l'irrigation agricole sur les nappes phréatiques? Contribue t-elle à les approfondir ou non? Et quel avenir de l'eau souterraine si le système actuel d'exploitation des eaux souterraines qui est la plus répandue dans nos pays (avec parfois des approfondissements interminables de puits) se pousrsuit?

Nous nous posons cette question sans toutefois avoir de réponse car une étude technique est nécessaire et des moyens importants à mobiliser. Ce qui fait qu'à Self Help Africa, nous pensons que les Etats de l'Afrique de l'Ouest doivent mener des études dans ce sens afin de disposer de résponses adéquates pour mieux orienter les acteurs de développement