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Gender and Land Rights Database

Angola

En 2005 la population a été estimée à 16.618.000 d’habitants, dont 8.426.000 femmes équivalent à plus de 50% de la population, avec un taux de croissance démographique de 2,67 pour cent (1). En 2005, 46,7 pour cent de la population vit en milieu rural, et 53,3 pour cent vit en milieu urbain. 46,4 pour cent de la population totale avait moins de 15 ans (2). La coexistence de plusieurs groupes ethniques - dont les groupes principaux sont les Ovimbundu avec 37 pour cent, les Kimbundu avec 25 pour cent, les Bakongo avec 13 pour cent, les Lumbe avec 5 pour cent, les Huambe avec 5 pour cent et les Chokwe avec 4 pour cent - influence la multiplicité des pratiques coutumières à l’égard du foncier (3). Les Ovimbundu sont concentrés surtout dans la région centrale du pays, dans les provinces du Benguela, Bie et Huambo, tandis que les Kimbundu se trouvent plutôt dans la zone entre la capitale, Luanda et l’est du pays. Les Bakongo habitent le nord-ouest du pays (4).

En 2005, le Produit Intérieur Brut (PIB) a été estimé à USD 32,8 billions et le PIB par habitant à USD 2,335 (2). Le PIB a affiché un taux de croissance en volume estimé à 19,8 pour cent en 2007, contre 18,6 pour cent en 2006, ceci grâce à la hausse de la production et du cours des hydrocarbures. En effet, la présence des réserves pétrolières, estimées à 13,5 milliards de barils, contribue à la croissance du PIB dont la part du pétrole ressort actuellement à 57,1 pour cent. Elle a progressée de 20 pour cent de 2006 à 2007 (5). Les autres secteurs contribuant au PIB sont les industries manufacturières, pour 5 pour cent du PIB, le commerce de gros et de détail pour 15 pour cent, les Bâtiments et Travaux Publics (BTP) pour 5 pour cent et l’extraction de diamants pour 2 pour cent (5). Par contre, suite à trois décennies de guerre civile, de 1975 à 2002, le secteur agricole a été durement touché notamment à travers la dislocation sociale, économique et politique des collectivités agricoles et les contraintes sur la commercialisation des productions à cause de la destruction des routes et des infrastructures de production. Au cours des trois dernières décennies, le taux de croissance du secteur agricole était inférieur à 4,5 pour cent (6). La contribution de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche au PIB a diminué, passant de 12,6 pourcent en 1987, à 7 pour cent en 1996 et à 6 pour cent en 2000 (4). En 2006, la contribution de ce secteur ne dépassait pas 8 pour cent du PIB. On estime que dans le pays seulement 3 pour cent des terres arables sont cultivées. Néanmoins, avec une amélioration des conditions climatiques et une meilleure desserte des marchés urbains par les infrastructures de transport et un accroissement de la surface cultivée avec la poursuite de déminage des zones rurales, la production agricole a rebondi en 2007, progressant de 9,3 pour cent (5). De plus, 70 pour cent de la population dépend de l’agriculture et des activités agricoles pour leurs premières sources de revenu (4).

En 2005, l’Indicateur de Développement Humain (IDH) était de 0,446, plaçant le pays au 162ème rang sur un total de 177 pays (2). En 2005, 54% de la population totale vivait au-dessus du seuil de la pauvreté de USD 1,25 par jour. En 2005, l’indice de distribution de revenu a atteint 0,64 pour cent. Les hauts revenus restent concentrés dans le secteur pétrolier et à Luanda, dans le commerce de gros et de détail et dans le secteur des industries manufacturières (5). En 2006 seulement 51 pour cent de la population totale avait accès aux sources d’eau potable et 50 pour cent avait accès à des services sanitaires satisfaisants (7). Actuellement, le pays compte 4 millions de personnes intérieurement déplacées à cause du conflit civil et environ 70 000 personnes amputées, victimes des mines (8). Chez les enfants de moins de cinq ans, 31 pour cent souffrent de malnutrition pour la période entre 2000-2007 (7). Le taux de prévalence de VIH/SIDA en 2007 est de 2,1 pour cent, parmi la population entre 15 et 49 ans. L’espérance de vie à la naissance est de 42 ans, plus spécifiquement de 43,3 ans pour les femmes et de 40,1 ans pour les hommes. Á cause des services prénataux et post-nataux insuffisants, la mortalité maternelle est de 1.300 décès pour 100.000 en 2003 (6). En plus, les données concernant le taux d’alphabétisation des adultes montrent un écart significatif entre les femmes, avec un taux d’alphabétisation de 54,2 pour cent, et les hommes avec un taux de 82,9 pour cent (2).

La population féminine économiquement active représente 63 pour cent de la population féminine totale et 55 pour cent de la population totale du pays. Les femmes représentent 53 pour cent de la population en milieu rural, et constituent près de 70 pour cent de la main-d’œuvre pour les activités rurales et agricoles (6). Les femmes travaillent aux champs, en moyenne, 14 heures par jour voire 15 heures par jour lorsqu’elles sont chefs du ménage tandis que les hommes consacrent en moyenne, entre 8 et 10 heures par jour au travail des champs (8). En outre, le pays est caractérisé par un fort secteur économique informel qui est dominé par l’emploi précaire des femmes: en effet, l’emploi informel constitue 10 pour cent des sources principales d’emploi pour les chefs de famille, dont les femmes représentent 40 pour cent (9). Le nombre des ménages dirigés par des femmes est élevé en raison des déplacements, du décès ou de l’abandon de leurs époux pendant les années du conflit civil (8).

Le système foncier a traversé plusieurs changements depuis 1975 avec la nationalisation des terres et la transformation des plantations en exploitations agricoles appartenant à l’Etat, à savoir les «agrupamentos de undades de producão» (AUPs). En 1985, le gouvernement a mis en place un processus progressif de dissolution des exploitations du domaine de l’Etat pour établir une stratégie agricole favorisant les agriculteurs producteurs, notamment à travers la création des «estaçoes de desenvolvimento agricola» (EDA). Les EDA étaient chargés de fournir aux agriculteurs l’assistance technique et les crédits nécessaires (10).

Actuellement, le système national foncier est régi par la Loi Foncière de 2004, devenue effective en 2005 et par le Règlement Général de Concessions des Terrains Décret n. 58/07 du 13 Juillet, 2007. Toute disponibilité foncière appartient à l’Etat et les titres fonciers sont acquis par concession - un contrat entre l’administration publique et les contreparties intéressées, à savoir droit de propriété, domaine civil utile, droits de superficie et droit d’occupation précaire. La loi prévoit également un droit spécial acquis par l’occupation et la possession avec l’amélioration effective des terres rurales du domaine privé de l’Etat (11). Néanmoins, en dépit de ces dispositions législatives, il n’y a pas de politique foncière nationale pour fixer les principes de sécurité et d’administration foncière, ainsi que l’accès équitable à la terre (11). En outre, dans la pratique, c’est le domaine foncier rural coutumier, constitué par des terres sur lesquelles s’exercent des droits traditionnels, particulièrement en milieu rural communautaire, qui domine. Dans ce contexte, l’accès à la terre est le plus souvent réservé aux membres de la communauté et s’effectue surtout à travers l’héritage ou l’achat (11). La divergence entre loi statutaire écrite et pratiques coutumières crée un certain flou juridique autour de l’accès à la terre pour les femmes: tandis que la loi formelle ne fait aucune discrimination à l’égard de la femme, dans les faits, l’existence de pratiques  traditionnelles souvent contradictoires avec la loi formelle engendre des droits à la terre différenciés selon le genre. Par conséquent, les femmes ne disposent que d’un droit de jouissance limité à la terre, dont l’accès dépend des parents de sexe masculin et des autorités traditionnelles – sobas (4).

Sources: numbers in brackets (*) refer to sources displayed in the Bibliography