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Base de données Genre et le Droit à la Terre

Nigeria

Normes coutumières, croyances religieuses et pratiques sociales ayant une influence sur les droits fonciers différenciés selon le genre

  • Neuf groupes ethniques peuplent l’espace nigérien : les Haoussas (55,9 %), les Djerma-Sonrai (22 %), les Peulh nomades (8,5 %), les Touaregs (8 %), les Kanouri (4,5 %), les Toubou (0,4 %), les Arabes (0,3 %), les Gourmantché (0,3 %) et les Boudouma (0,1 %) (1c).
  • Les coutumes sont différentes d’une ethnie à l’autre (1). De plus, l’islamisation des coutumes tend à renforcer les structures patriarcales. Les coutumes transgressent parfois les dispositions légales ou religieuses: par exemple, la législation sur l’âge minimum du mariage de la fille est souvent ignorée, ou alors les femmes se voient refuser leur part d’héritage sur les champs en dépit de l’injonction de la loi islamique (3).
  • Dans certaines régions, le droit coutumier prive la femme du droit d’accès à la terre. Les traditions et le problème du morcellement de la terre privilégient le "chef de famille" toujours identifié comme étant l’homme ou le mari. Il existe plusieurs pratiques coutumières qui constituent une entorse au principe de l’égalité des citoyens devant la loi. Il s’agit entre autres du mariage forcé, des violences conjugales, de la claustration. (1).
  • Dans certaines localités, le champ ne se vend pas mais il peut être emprunté ou donné. Généralement, ce sont les chefs coutumiers qui «donnent» le champ. Le bénéficiaire dispose juste d'un droit d'usage qu'il pourra transmettre à ses ayant-droit. Dans le cas des ruraux étrangers à la communauté, c'est surtout la possibilité de disposer d'un champ à cultiver qui importe. C'est donc le droit d'usage qu'il s'agit de sécuriser. L'essentiel des prêts, gages et locations sont contractés sous seing privé ou par l'intermédiaire du chef traditionnel (21). 
  • La femme n’a pas un accès effectif à la propriété foncière car elle est rarement propriétaire des terres qu’elle met en valeur. Les questions foncières concernant les femmes sont traitées suivant sur les valeurs traditionnelles de propriété familiale des terres où l’usufruit est plus pratiqué (1).
  • Dans le sud Niger, traditionnellement, chaque membre de ménage hausa dispose d’une parcelle en dehors de l’exploitation agricole ou gandu qui est gérée par le chef de ménage et dont la superficie est généralement plus grande que les parcelles individuelles car elle est supposée subvenir aux besoins alimentaires de tous les membres du ménage. Cependant, avec le morcellement lié aux partages successifs de génération en génération, la superficie du gandu a actuellement diminué et il représente plutôt le champ individuel du chef de ménage. Les champs demeurent plus grands au nord du pays, par exemple dans les départements de Dakoro, Tahoua, Mayayi et dans la partie située juste au sud de la zone pastorale comme à Dan Koullou (3).
  • Traditionnellement, les femmes et les jeunes hommes, mariés ou non, appartenant au groupe ethnique hausa, exploitent un champ appelé gamana qui est mis en valeur pour les besoins personnels. Actuellement, la production de ce gamana est de plus en plus utilisée pour satisfaire des besoins familiaux, en particulier pendant les huit mois de la saison sèche, renforçant davantage le statut agricole de femme au sein du ménage. Quant aux jeunes filles, elles doivent travailler avec leurs mères sur leurs parcelles. Ce phénomène d’exclusion n’a jamais été lié à la disponibilité foncière; seul le mariage leur permet d’accéder à un prêt de terre de la part de leur époux. 
  • En revanche, le gamana est attribué aux jeunes garçons dès qu’ils atteignent l’âge de 15 ans lorsque la terre est disponible en forme de terres vacantes ou jachères. Le manque de terre influence cette pratique sociale d’attribution de gamana aux jeunes en accordant de plus en plus la priorité aux jeunes mariés (3).

Sources:  Les nombres affichés entre parenthèse (*) font référence aux sources énumérées dans la Bibliographie.