Base de données Genre et le Droit à la Terre

Mauritania

En 2005, la population a été estimée à 2 985 000, dont 1.474.000, environ 50%, des femmes. Le taux de croissance annuel en 2005 est de 2,75 pour cent (1). En 2006, la population rurale s’élevait à 1,8 million (2). Les nomades, qui constituaient environ 2/3 de la population totale du pays en 1960, ne constituent que 4,8 pour cent en 2002. Cela est dû principalement aux phénomènes de sédentarisation et d’urbanisation: la capitale, Nouakchott comptait en 2008 près d’un million d’habitants, soit un tiers de la population totale (3).

Le Produit Intérieur Brut (PIB) est passé de 1,08 billion USD en 2000 à 2,64 en 2007 (4). En 2007, le PIB par habitant a été estimé à USD 760 (5). La valeur ajoutée au PIB des services représente 40 pour cent, tandis que l’agriculture et l’élevage contribue au 30 pour cent du PIB, les activités minières au 12 pour cent, le secteur pétrolier au 12 pour cent et la pêche au 6 pour cent (4). Pour ce qui concerne les exportations, les principales exportations sont le pétrole représentant 48 pour cent des exportations, le minerai de fer représentant le 34 pour cent et la pêche représentant le 14 pour cent (4). La population dépende en grande partie de l’agriculture comme principale source de revenu: l’activité agricole emploie 689,000 personnes, soit 52 pour cent de la population totale (5). Néanmoins l’activité agricole repose sur une base de ressources limitée: la superficie cultivable ne représente que plus de 0,5 pour cent du territoire, dont moins de 1 pour cent reçoit suffisamment de pluie pour permettre de pratiquer la diéri – la culture pluviale (2). La production en irrigué, maïs et riz, se limite à environ 40,000 hectares (2). On estime que plus de 80 pour cent de la surface entière du pays de 1.030.700 km est désertifiée (4). En effet, seulement 488.000 ha sont des terres arables (1). Au contraire, l’élevage a une importance significative dans l’activité agricole, contribuant au plus de 77 pour cent de la valeur ajoutée du secteur en 2003 (2).

En 2005, l’Indice de Développement Humain (IDH) est de 0,550, plaçant le pays au 137ème rang sur un total de 177 pays (5). En 2005, la population vivant au-dessous du seuil de la pauvreté de US$ 1, 25 par jour a été estimée à 21 pour cent (6). Même si la population vivant avec moins de deux dollars par jour est passée de 51 pour cent en 2000 à 47 pour cent en 2004, il continue à exister un écart significatif entre les zones rurales et les zones urbaines : plus de 61 pour cent des ruraux, en particulier dans le sud du pays dans la région de Tagant, gagnent moins d’un dollar par jour contre environ 25 pour cent pour les habitants des zones urbaines (2). En 2004, seulement 53 pour cent de la population totale estimée a accès aux sources d’eau potable et pour la même année 34 pour cent de la population totale a accès à des services sanitaires satisfaisants. Similairement, pour la période entre 2002 et 2004, 10 pour cent de la population souffre de malnutrition et chez les enfants de moins de cinq ans, 32 pour cent souffrent d’insuffisance pondérale. De plus, parmi les adultes entre 15 et 49 ans, la prévalence de VIH/SIDA en 2005 est de 0,7 pour cent.
L’espérance de vie à la naissance est de 63,2 ans, plus précisément de 65 ans pour les femmes et de 61,5 ans pour les hommes. Le taux d’alphabétisation est de 43,4 pour cent pour les femmes et de 59,5 pour les hommes (5).

La population féminine économiquement active représente 21,8 pour cent de la population économiquement active totale. Même si les données montrent un niveau plus élevé d’emploi féminin dans les zones urbaines, 23,9 pour cent par rapport au 20,3 pour cent dans les zones rurales, cela est dû principalement au fait que les activités domestiques rurales sont difficilement quantifiables, avec le résultat que les femmes, tout en étant employées, ne sont pas considérées comme économiquement actives. En effet, chez les femmes rurales, 26 pour cent sont des employées domestiques non-salariées, et seulement 9 pour cent représentent des femmes régulièrement salariées (7). Dans l’agriculture les femmes accomplissent des tâches indispensables tant en ce qui concerne l’approvisionnement alimentaire que l’entretien des ménages (8). Au sein de la population rurale, la main-d'œuvre féminine, engagée dans les activités agricoles et pastorales, représente plus de 50 pour cent des producteurs (9). Les femmes participent à toutes les phases du cycle agricole: plantation, sarclage, protection et entretien des champs, ainsi que récolte, conservation, stockage, transformation et commercialisation des produits agricoles. En particulier, le traitement des peaux, la transformation des produits laitiers, la garde des petits ruminants et des volailles, sont confiés aux femmes. Cependant, les femmes ne sont propriétaires ni des terres ni de bétail et toute décision en matière de transfert de terre et d’investissements agricoles est prise par les hommes (8).

Le régime foncier national est régulé par l’Ordonnance n°83.127 du 5 juin, 1983, selon laquelle, la terre appartient à l’État qui reconnaît la propriété foncière privée, conformément à la Chariâa (11). De plus, selon le système foncier en vigueur, toute forme de propriété traditionnelle du foncier est interdite; cela a engendré une forte pression foncière entre les différentes ethnies dans la Vallée du fleuve Sénégal, entre les Maures, les Haratines et les Bidans. La zone frontière avec le Sénégal a connu un conflit armé de 1989 à 1991. La situation, déjà rendue difficile par la sécheresse des années 70, a empiré avec la construction des barrages pour l’expansion de l’agriculture irriguée, altérant ainsi l’équilibre entre agriculteurs et éleveurs et limitant leur accès aux ressources naturelles (12). Néanmoins, en dépit des dispositions juridiques du droit civil, dont la Constitution et la Loi foncière, la pratique montre que plusieurs systèmes juridiques, à savoir le droit islamique, le droit africain coutumier, le droit arabo-bédouin et berbère coutumier, coexistent et se chevauchent. Par conséquent, les droits des femmes, accordés par la Constitution sont rarement respectés dans la pratique (13).

Sources:  Les nombres affichés entre parenthèse (*) font référence aux sources énumérées dans la Bibliographie.