Gender

Base de données agro-genre ::: Les types de données

Populations et ménages agricoles

Les données statistiques sur la population et les ménages agricoles peuvent fournir toute une variété d’informations sexospécifiques sur la structure de la population agricole, la composition des ménages agricoles et les caractéristiques socio-économiques de la population agricole.

L’analyse de la répartition des agriculteurs et agricultrices par tranche d’âge au niveau national et local permet de déterminer la disponibilité de la main-d’œuvre agricole et peut également permettre de mesurer l’impact des phénomènes comme la migration, les conflits civils et la pandémie du VIH/SIDA sur ce secteur d’emploi. Ces facteurs doivent être pris en compte par les planificateurs et les décideurs du secteur, vu qu’ils pourraient avoir comme résultat la pénurie de la main-d’œuvre masculine ou féminine dans les zones rurales et la baisse de la production et de la productivité dans l’ensemble.

Les figures 1 et 2 montrent le type d’information qui pourrait résulter de l’analyse détaillée des données différenciées par sexe et par âge sur une population agricole. Le Recensement National de l’Agriculture en Guinée en 2000 a enregistré une structure plutôt équilibrée de la population agricole au niveau national du pays avec 48 pour cent d’hommes et 52 pour cent de femmes. Une image différente s’est cependant présentée lorsque les données ont été tabulées séparément par âge et par sexe, montrant une représentation disproportionné des agricultrices dans la tranche d’âge de 20 à 45 ans au niveau national. (Voir figure 1). La prédominance des femmes dans cette tranche d’âge est surement due à l’exode rural des hommes (surtout) du même âge. Cette tendance peut être beaucoup plus manifestée au niveau local comme l’indiquent les données collectées dans la région de Labé en Guinée (Voir Figure 2) (FAO, 2005a).

Figure 1: Population agricole au niveau national par sexe et par tranche d’âge en Guinée

Figure 2: Population agricole par sexe et par tranche d’âge dans la région de Labé en Guinée

Source: Recensement National de l’Agriculture, (RNA), Guinée, 2000

Il est possible d’obtenir une importante quantité de données sexospécifiques en présentant sous forme de tableaux croisés, les données sur la population et les ménages agricoles et les données relatives à l’agriculture. Par exemple, l’identification du sexe du chef de ménage1 ou de l’exploitant2 permet de comparer les ménages/exploitations3 gérés par les hommes et ceux qui sont gérés par les femmes en termes de superficie cultivée, de production et de productivité agricole, d’accès aux ressources de production, des stratégies de commercialisation employées, la répartition du travail, de sécurité alimentaire et de conditions de vie. Ce type d’information peut aider les planificateurs et les décideurs à accorder une attention particulière aux contraintes auxquelles sont confrontés les agriculteurs et les agricultrices et à élaborer des programmes et des politiques beaucoup plus durables pour le développement agricole et rural. L’identification du sexe du sous-exploitant permet d’évaluer les rôles et les contributions des hommes et des femmes de la famille par rapport à la production totale de l’exploitation et permet aux planificateurs et aux décideurs aussi de mieux comprendre la complexité du processus de prise de décisions au niveau du ménage.

Ces questions tout comme les différences régionales associées aux rôles et aux responsabilités des hommes et des femmes du secteur agricole doivent être prises en compte dans la conception et la mise en œuvre des projets et programmes et dans la formulation des politiques agricoles. Il est recommandé qu’en ce qui concerne les populations et les ménages agricoles, les données sexospécifiques ci-dessous soient collectées et présentées sous forme de tableau (Voir Synthèse 2).

SYNTHÈSE # 2 : Données sexospécifiques relatives aux populations et aux ménages agricoles

Populations et ménages agricoles (1e Type de Données)

D 1.1

Caractéristiques de la population agricole par sexe et par sexe du chef de ménage

D 1.2

Niveau de dépendance du ménage4 par sexe du chef de ménage

D 1.3

Distribution des exploitations ou sous-exploitations agricoles par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 1.4

Distribution des exploitations ou des sous-exploitations par type d’exploitation et par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 1.5

Migration des membres du ménage par sexe et par âge, et sexe du chef de ménage

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Accès aux ressources de production

Les données sexospécifiques sur l’accès et le contrôle des ressources de production telles que la terre, les intrants agricoles, la main d’œuvre , les équipements, le crédit, l’information, les services de vulgarisation et les programmes de formation par les hommes et les femmes fournissent des informations importantes aux planificateurs et aux décideurs. Elles permettent d’expliquer les différences entre les deux sexes quant à la production et la productivité agricoles et de mieux comprendre quelles mesures peuvent être prises pour aider ceux/celles qui n’ont pas d’accès ou de contrôle par rapport à ces ressources. Ces informations sont essentielles pour la formulation de stratégies efficaces pour assurer la sécurité alimentaire, réduire la pauvreté, promouvoir l’égalité entre les sexes et autonomiser les femmes (Objectifs du Millénaire pour le Développement 1 et 3).

La terre constitue l’une, sinon la plus importante des ressources productives pour les paysans. Dans beaucoup de pays cependant, l’accès à la terre arable fertile est devenu un problème sérieux pour les petites exploitations gérées aussi bien par les hommes que par les femmes à cause de la dégradation de l’environnement, des pressions démographiques croissantes, des conflits fonciers, l’utilisation accrue de la terre pour des fins non-agricoles, la diminution des terres communautaires et la consolidation de la terre par de grands propriétaires terriens. En outre, l’accès des femmes à la terre est souvent restreint par des coutumes et des lois ou des législations qui stipulent que les titres fonciers ne doivent être donnés qu’aux hommes chefs de ménage. Les données collectées au cours du cycle 2000 des recensements agricoles ont montré beaucoup de différences au niveau des pays quant aux pourcentages d’exploitations agricoles gérées par les femmes. Les pourcentages les plus élevés ont été enregistrés au Lesotho (55 pour cent), au Cape Vert (53 pour cent) et au Malawi (52 pour cent), alors que les plus faibles étaient en Guinée (6 pour cent), en Egypte (5 pour cent) et en Algérie (4 pour cent) (Voir Annexe 1).

Les agriculteurs sans titre foncier fiable ont généralement moins d’accès au crédit car la terre sert de caution pour les prêts. Ils peuvent aussi se voir refuser l’adhésion aux coopératives et à d’autres organisations rurales et ne sont de ce fait pas en mesure de bénéficier des services fournis par ces organisations. En plus, l’absence de sécurité foncière n’encourage pas les agriculteurs à investir dans des activités agricoles à haut rendement ou à préserver et à régénérer la terre.

La Synthèse #3 présente les types de données différenciées par sexe qui peuvent être produites avec les recensements agricoles pour ce qui est de l’accès aux ressources de production. Les disparités entre les sexes deviennent beaucoup plus évidentes lorsque les données sont collectées et présentés au niveau des sous-exploitations.

SYNTHÈSE# 3 : Données différenciées par sexe sur l’accès aux ressources de production

Accès aux ressources de production (2e Type de Données)

D 2.1.

Accès à la terre et à l’eau :

 

1. Accès à la terre par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

2. Surface cultivée par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

3. Situation foncière par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

4. Distance entre les champs et le foyer par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

5. Accès aux structures d’irrigation, de contrôle de l’érosion et de collecte de l’eau par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 2.2.

Accès aux intrants agricoles:

 

1. Accès à des outils agricoles par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

2. Source des intrants agricoles par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

3. Raisons pour la non utilisation des intrants agricoles par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 2.3.

Accès aux équipements, propriétés et aux technologies agricoles :

 

1. Accès aux outils, équipements et aux machines par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

2. Accès aux animaux de trait par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

3. Raisons pour non-utilisation des intrants et structures agricoles par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

4. Accès à des technologies agricoles par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 2.4.

Accès au crédit:

 

1. Accès au crédit par sexe de l’emprunteur et sa position au sein du ménage

 

2. Objectif du crédit par sexe de l’emprunteur et sa position au sein du ménage

 

3. Source du crédit reçu par sexe de l’emprunteur et sa position au sein du ménage

 

4. Nature et montant reçu comme crédit par sexe de l’emprunteur et sa position au sein du ménage

5. Type de caution pourvu pour le crédit par sexe de l’emprunteur et sa position au sein du ménage

 

6. Echéance de remboursement du crédit par sexe de l’emprunteur et sa position au sein du ménage

 

7. Raisons pour n’avoir pas reçu de prêt ou crédit par sexe du chef de ménage

D 2.5.

Accès aux services de vulgarisation et aux programmes de formation :

 

1. Accès aux programmes de formation et aux services de vulgarisation agricoles par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

2. Adoption des messages de vulgarisation par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

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Production et productivité

Les données différenciées par sexe sur la production et la productivité agricoles, surtout lorsqu’elles sont présentées au niveau des sous-exploitations, permettent de savoir qui produit quoi, la quantité produite ainsi que les contraintes auxquelles font face les agriculteurs et agricultrices dans ces domaines. Ces informations peuvent s’avérer utiles pour le suivi de l’impact des politiques et des programmes agricoles sur les exploitants et les exploitantes et pour combler les disparités entre les deux sexes en termes de production et de productivité.

La contribution des femmes à la production agricole est souvent sous-représentée parce que le gros de ce qu’elles produisent provient d’exploitations autrefois gérées par leurs maris ce qui fait que leur travail est souvent enregistré au nom des hommes. En plus, les recensements agricoles n’ont que tout récemment commencé à collecter des données détaillées sur les activités agricoles qui engagent une grande partie des femmes du secteur, telles que les cultures maraichères, la cueillette des produits forestiers, l’élevage de petits animaux et de la volaille, l’horticulture et l’agriculture (péri) urbaine.

Les résultats du recensement agricole 1993 de Burkina Faso illustrent clairement la sous-représentation de la contribution des femmes à la production agricole et la nécessité de produire des données différenciées par sexe sur la production agricole aux niveaux de l’exploitation et de la sous-exploitation (Voir Tableau 1). Les résultats ont montré que les femmes, chefs de ménage, contrôlaient entre 1 à 4 pour cent des superficies plantées de millet, de maïs, d’arachides, de vouandzou (une culture locale) et de mil blanc et rouge. Ceci pourrait donner l’impression que la contribution des femmes à la production de ces cultures est plutôt limitée. Une image complètement différente s’est présentée au niveau des sous-exploitations où il s’est avéré que les femmes responsables de parcelles contrôlaient jusqu’à 80 pour cent des champs individuels de vouandzou, 68 pour cent des champs d’arachide et 55 pour cent de millet. La combinaison des deux niveaux (colonnes 6 et 7) donne une image beaucoup plus exacte des responsabilités des hommes et des femmes du secteur vis-à-vis de ces cultures (FAO, 2005b).

Tableau 1: Distribution des superficies de cultures spécifiques, pratiquées par hommes et femmes chefs de ménages (=exploitant) et responsables de parcelle (=sous-exploitant) – Burkina Faso

Cultures

Exploitant
(parcelles collectives) %

Sous-exploitant
(individual plots) %

Ensemble
(toutes catégories de parcelles) %

Hommes

Femmes

Hommes

Femmes

Hommes

Femmes

(1)

(2)

(3)

(4)

(5)

(6)

(7)

Millet

97

3

45

55

87

13

Maïs

99

1

90

10

89

11

Riz

98

2

65

35

85

15

Arachides

97

3

32

68

54

46

Vouandzou

96

4

20

80

50

50

Mil blanc

98

2

58

42

90

10

Mil rouge

97

3

55

45

91

9

(Sous) Total

98

2

48

52

86

14

Source : Recensement National de l’Agriculture (ENSA), Burkina Faso, 1993

 

Selon l’ampleur et les thèmes du recensement, il est recommandé que les données sexospécifiques ci-après soient collectées à travers des recensements agricoles pour mieux apprécier la situation de la production et de la productivité des exploitants et sous-exploitants (hommes et femmes) (Voir Synthèse # 4).

Synthèse # 4 : Données Sexospécifiques relatives à la production et à la productivité

Production et productivité (3e Type de Données)

D 3.1

Production et productivité de cultures vivrières et commerciales par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 3.2

Horticulture : production et productivité par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 3.3

Animal production and productivity by sex of the household member or head of household

D 3.4

Aquaculture : production et productivité par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 3.5

Activités agro-forestières par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 3.6

Chasse et cueillette : par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 3.7

Contraintes de production rencontrées par producteurs agricole par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

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Destination des produits agricoles

Les données différentiées par sexe sur la consommation, le stockage, la transformation, la vente ou la commercialisation des produits agricoles permettent de mieux comprendre le rôle des hommes et des femmes dans ces activités. Bien qu’aussi bien les hommes que les femmes participent à ces activités, le niveau et la nature de leur engagement peuvent varier, non seulement en fonction des produits, mais également selon les situations géographiques. Par conséquent, les planificateurs et les décideurs devront formuler différents programmes et stratégies pour les agriculteurs et les agricultrices dans le souci d’améliorer leurs capacités de stockage, de transformation, de vente ou de commercialisation des produits.

Les planificateurs et les décideurs du secteur agricole doivent également être conscients du fait que les politiques et les stratégies agricoles peuvent avoir des impacts différents sur les hommes et sur les femmes du secteur. Les politiques d’ajustement structurel et une globalisation incessante des opérations du marché ont contribué à donner au secteur agricole une orientation de plus en plus commerciale. De nombreuses politiques introduites au cours des deux dernières décennies ont favorisé la libéralisation du commerce et des marchés de même que les exploitations agricoles à grande échelle et les cultures d’exportation au détriment de l’agriculture de subsistance. Les petits exploitants ont été particulièrement touchés par l’ouverture des marchés locaux à l’importation de produits agricoles moins chers et la suppression des subventions. Ce changement de paradigme a surtout négativement touché les femmes plus que les hommes parce que ces dernières opèrent en bas de l’échelle de production, avec très peu d’options et des marges de manœuvre très limitées pour pouvoir s’adapter aux nouvelles tendances du marché5.

Il est recommandé que les données sexospécifiques ci-après soient collectées et tabulées en ce qui concerne la consommation, le stockage, la transformation et la commercialisation des produits agricoles (Voir Synthèse # 5).

Synthèse # 5: Données sexospécifiques sur la destination des produits agricoles

Données sexospécifiques sur la destination des produits agricoles (4e Type de Données)

D 4.1

Destination des produits agricoles par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

D 4.2

Méthodes de stockage des ménages par produit et par sexe de l’exploitant

D 4.3

Méthodes de transformation par produit et par sexe de l’exploitant

D 4.4.

Commercialisation:

 

1. Méthodes de commercialisation par produit et par sexe de l’exploitant et du sous-exploitant

 

2. Moyens de transport utilisés pour des fins de commercialization, par sexe de l’exploitant et du sous-exploitant

 

3. Contraintes liées à la commercialization par produit et par sexe de l’exploitant

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Main d'oeuvre agricole et emploi du temps

La collecte des données différenciées par sexe sur la main d’œuvre agricole a évolué au cours de la décennie passée, puisque la plupart des pays collectent maintenant des données différenciées par sexe et par âge sur différentes catégories de travailleurs agricoles engagés (aides familiaux, personnel salarié et groupes d’entraide), leur statut professionnel (saisonnier, temporaire ou permanent) et la nature des rémunérations (main d’œuvre non rémunérée par rapport à la main d’œuvre salariée). La disponibilité d’informations fiables sur la structure de la main d’œuvre est essentielle dans la perspective du développement, étant donné qu’elles permettent de mieux comprendre les rapports de travail au sein du secteur agricole ainsi que l’impact des programmes de réduction de la pauvreté ou de la pandémie du VIH/SIDA sur la main d’œuvre agricole. Très peu de recensements agricoles rassemblent des données sur les rémunérations réelles reçues par les travailleurs et très peu encore les présentent différemment par sexe. Des études ont montré que le nombre de femmes aides familiaux non-payés dépassent celui des hommes et même lorsqu’elles sont payées, elles reçoivent des salaires beaucoup plus bas en tant que travailleurs agricoles.

Les informations sur la répartition du travail par sexe dans le secteur agricole s’avèrent indispensables pour que les programmes et les politiques agricoles puissent prendre en considération les différents rôles et responsabilités assumés par les agriculteurs et les agricultrices dans la production agricole. En Afrique, les femmes sont beaucoup plus engagées dans les activités de repiquage, de sarclage, de récolte, de battage et de transformation, de même que dans les activités liées au transport et à la commercialisation des cultures vivrières. Les hommes s’occupent en général de la préparation et du labour des champs ainsi que du transport et de la vente des produits commercialisables. Ils sont également beaucoup plus présents dans les activités agricoles utilisant des outils mécanisés. En ce qui concerne la production animale, les femmes s’occupent en général de l’élevage, de la reproduction et de la vente des petits animaux, du soin des jeunes animaux, du nettoyage des abris et de la traite des animaux. Les hommes s’occupent d’habitude des plus grands animaux, de leur pâturage et de l’élevage, l’abattage et la vente de ces animaux. Dans le secteur de la pêche, les hommes s’engagent souvent dans des activités de pêche loin de la côte alors que les femmes sont plutôt beaucoup engagées dans la pêche continentale dans les fleuves, les cours d’eau peu profonds, dans les lagunes côtières et dans le traitement du poisson. Dans le secteur forestier, les femmes s’occupent de la collecte des jeunes pousses et des plants mangeables, du fourrage et du bois de chauffe alors que la chasse est normalement pratiquée par les hommes (FAO, 1998). Il existe sûrement des exceptions et des différences régionales par rapport à l’image générale présentée plus haut.

La nature et l’ampleur des activités entreprises dans les exploitations agricoles dépendent en grande partie de l’accès de l’exploitant à la main d’œuvre. La nature de la main d’œuvre varie en fonction de la taille de l’exploitation ou de l’entreprise, la situation financière du ménage et du nombre de membres actifs au sein de la famille. En outre les ménages gérés par les femmes tendent à avoir moins de travailleurs familiaux adultes à leur disposition comparés aux ménages gérés par les hommes. Cette observation est appuyée par des données collectées au cours du Recensement Agricole en Tanzanie 2002/2003 (Voir Annexe 2). Les conclusions ont montré que les ménages gérés par les hommes sont beaucoup plus grands que ceux des femmes (en moyenne 5,4 et 4.0 personnes par ménage respectivement) et que le taux de dépendanceest plus bas (respectivement 1,03 chez les hommes et 1,17 chez les femmes). La différence peut être attribuée à l’absence des hommes adultes surtout dans les ménages gérés par les femmes.

L’évaluation du travail effectué par les femmes agricultrices s’est avérée plus difficile que l’évaluation de celui des hommes, et ce, pour un nombre de raisons. Premièrement, le travail des femmes contribue aux résultats des autres, par exemple, comme des aides familiaux non-rémunérés. Deuxièmement, le travail des femmes rurales est destiné au bien-être de la famille, et, en tant que tel, n’est pas toujours reconnu comme un travail productif. Troisièmement, le travail des femmes couvre toute sorte d’activités, réparties sur la journée, notamment le nettoyage/lessive, le travail sur la parcelle familiale outre la leur, le soin des animaux, la corvée du bois de chauffe et de l’eau, le transport des denrées vers le marché ou vers la maison et la préparation des repas pour la famille. Selon IFAD, les travaux domestiques (y compris corvée d’eau et de bois de chauffe) peuvent prendre entre un tiers à la moitié de la journée de travail de la femme, ce qui limite par conséquent leur habilité de s’engager pleinement dans des activités productives, bien que leur travail appelé non-productive contribue indirectement aux activités productives des autres membres de la famille (IFAD 2001).

Des enquêtes sur l’emploi du temps constituent l’outil le plus approprié pour évaluer les contributions spécifiques de chaque sexe aux activités économiques et non-économiques du ménage. Les données permettent de voir les différences qui existent entre les agriculteurs et les agricultrices en ce qui concerne leurs emplois du temps et les contraintes de temps auxquelles sont confrontés les deux. Ces genres d’enquête prennent beaucoup de temps et sont complexes7; c’est la raison pour laquelle les questions relatives à l’emploi du temps sont rarement inclues dans les recensements agricoles. Des pays comme l’Ethiopie et la Tunisie ont intégré quelques questions sur l’emploi du temps, contournant les difficultés liées aux enquêtes sur l’emploi du temps en se concentrant seulement sur très peu d’activités ou en interrogeant seulement un nombre limité de membres de la famille.

La Synthèse # 6 montre le type de données sexospécifiques qui pourraient être produites par des recensements agricoles en ce qui concerne la main d’œuvre et l’emploi du temps

Overview 6: Sex-disaggregated data related to labour and time-use

Main d’œuvre et emploi du temps (5e Type de Données)

D 5.1.

Type de main d’œuvre utilisé sur l’exploitation familial:

 

1. Aides familiaux utilisés sur l’exploitation familial, par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

2. Main d’œuvre salariée (temporaire ou permanent) utilisée sur l’exploitation, par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

3. Groupes d’entraide utilisés sur l’exploitation familiale, par sexe de l’exploitant ou du sous-exploitant

 

4. Participation du Chef de ménage (homme/femme) / des épouses dans les activités agricole sur la ou les parcelles gérées par leur époux/épouses, par sexe et par activité

D 5.2

Main d’œuvre fournie sur l’exploitation des autres:

Nombre de membres du ménage travaillant dans d’autres exploitations par sexe, âge et durée

D 5.3

Rémunération de la main d’œuvre agricole:

 

1. Nature des rémunérations perçues, par sexe, rôle et activité et par sexe de l’exploitant ou du sous -exploitant

 

2. Niveau des rémunérations payées, par sexe et par sexe de l’exploitant

D 5.4

Division du travail :

Division du travail et responsabilités par sexe et par sexe de l’exploitant

D 5.5

Emploi du temps :

 

Durée de temps consacrée aux travaux domestiques et aux activités socio-économiques par sexe du membre de la famille et par sexe de l’exploitant

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Revenus et dépenses

Les données produites par les recensements agricoles sur les revenus et les dépenses se rapportent en général à l’exploitation ou aux ménages et peuvent mieux illustrer les différences qui existent entre les ménages gérés par les hommes et ceux qui sont gérés par les femmes en termes de leurs revenus et dépenses agricoles. Ces informations sont essentielles pour les responsables des politiques et programmes qui désirent réorienter les ressources et les services vers les ménages plus pauvres. Très peu de recensements collectent des données sur les revenus et les dépenses des individus, étant donné qu’il s’agit là d’un exercice complexe et de longue haleine8.

Les recensements agricoles collectent rarement des donnés sur les processus de prises de décisions relatives aux revenus et aux dépenses des ménages, bien que ces statistiques pourraient fournir des informations utiles sur les processus de gestion des revenus et des dépenses à l’intérieur des ménages. Le Tableau 2 montre les résultats d’une enquête effectuée par le Projet d’Aménagement des Bassin Fluviaux et des Petits Projets d’irrigation en Tanzanie sur le processus de décisions relatives au domaine agricole à l’intérieur du ménage. L’enquête a montré que bien que la plupart des décisions soient prises par les hommes de la famille, les femmes ont leurs mots à dire dans toutes les situations, notamment en ce qui concerne la distribution des revenus, le type de culture à pratiquer et la vente de l’excédent des récoltes.

Tableau 2 : Rôle des Hommes et des Femmes dans les prises de décisions dans le village de Jitengi, dans la province de Korogwe, Région de Tanga (Tanzanie)

Nature de la Décision

Hommes (%)

Femmes (%)

Les deux sexes (%)

Total (%)

Type de culture à cultiver

48

36

16

100

Où semer

56

22

22

100

Quelle méthode agricole utiliser

60

20

20

100

Vente d’excédants de produits

46

33

21

100

Vente d’excédants d’animaux

73

18

09

100

Distribution des revenus agricoles

38

43

19

100

Distribution des revenus de la vente des produits agricoles

41

27

32

100

Distribution des revenus de la vente des produits de l’élevage

40

30

27

100

Total

48

30

27

100

Source: Mhina, 1996

La Synthèse # 7 présente des exemples des types de données sexospécifiques qui peuvent être produites en ce qui concerne les revenus et les dépenses des ménages agricoles.

Overview 7: Sex-disaggregated data related to income and agricultural expenditures

Revenues et dépenses agricoles (6e Type de Données)

D 6.1

Revenus du ménage:

 

1. Principales sources de revenus par sexe du chef de ménage

 

2. Revenus provenant des activités agricoles par sexe du chef de ménage

D 6.2

Dépenses agricoles :

 

1. Dépenses agricoles par activité et par sexe du chef de ménage

 

2. Dépenses pour la main d’œuvre agricole par sexe de l’exploitant ou du propriétaire de l’exploitation

D 6.3

Prise de decision:

 

Prise des décisions relatives à l’utilisation des revenues des activités agricoles du ménage par sexe et par sexe du chef de ménage

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Adhésion à des organisations agricoles /paysannes

Les données sexospécifiques collectées sur les organisations agricoles ou paysannes telles que les collectifs, les associations, les coopératives, les unions ou les organisations de commercialisation portent d’habitude sur la nature de l’organisation en question, les services assurés et les conditions d’adhésion. L’appartenance à ces organisations peut renforcer la position socio-économique des paysans, améliorer leur accès à l’information et faciliter leur accès aux services disponibles. L’adhésion des femmes à ces associations se trouve souvent entravée par leur faible niveau d’éducation, le manque de temps, l’incapacité de se conformer aux conditions d’adhésion, les procédures de sélection discriminatoires9 et la prévalence de systèmes de valeur traditionnels qui limitent la participation des femmes dans la vie publique. D’habitude, les femmes adhèrent beaucoup plus à des groupes ou organisations de solidarité communautaire qui appuient les activités à prédominance féminine. Les données différenciées par sexe relatives aux membres des comités directeurs sont rarement collectées à travers les recensements agricoles, elles peuvent par contre être obtenues à partir de sondages ou d’études agricoles.
La Synthèse # 8 montre le type de données sexospécifiques actuellement collectées par les recensements agricoles sur l’adhésion aux organisations agricoles ou paysannes.

Overview 8: Sex-disaggregated data related to membership of agricultural/farmer organisations

Appartenance à des organisations agricole ou paysannes (7e Type de Données)

D 7.1

L’appartenance à des organisations agricoles ou paysannes par sexe, par âge et par position au sein du ménage, nature de l’organisation, niveau d’engagement et services assurés

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Sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire et le bien-être des ménages agricoles se trouvent menacés par une dépendance croissante sur la production pour le marché et la rupture des structures traditionnelles de sécurité sociale. Les agriculteurs sont de plus en plus vulnérables à l’échec des rendements, avec une dépendance croissante sur les marchés pour les intrants agricoles ainsi que les niveaux élevés et plus volatiles des prix, résultat de la libéralisation du marché (Baret, 1998).

Une meilleure compréhension de l’importance des dynamiques intrafamiliales dans le domaine de la sécurité alimentaire a contribué à la demande croissante de données exactes différenciées par sexe sur la production et la sécurité alimentaires. L’attention croissante aux dimensions sociale, genre, environnementale, technique et économique de la production et de la consommation alimentaires a abouti à une meilleure appréciation de l’importance de la contribution des femmes à la sécurité alimentaire du ménage. Il est maintenant généralement reconnu que les efforts destinés à atténuer la pauvreté en milieu rural et améliorer le niveau de sécurité alimentaire et de nutrition des ménages seront vains à moins que les décideurs et les planificateurs ne prennent en compte: (1) la contribution des femmes à la production agricole, l’approvisionnement de la nourriture et les revenus10, (ii) de la famille, ( ii) leur manque d’accès et de contrôle par rapport aux ressources de production, (iii) leur rôle dans les décisions concernant les dépenses du ménage et (iv) l’impact sexospécifique des réformes politiques sur les rôles économiques et sociaux des hommes et des femmes dans le domaine de la sécurité alimentaire (FAO, 1998).

La Synthèse #9 illustre le type de données sexospécifiques qui peut être collecté sur la sécurité alimentaire à travers les recensements agricoles.

Overview 9: Sex-disaggregated data related to food security

Sécurité alimentaire (8e Type de Données)

D 8.1

Sources de nourriture:

 

Principales sources d’approvisionnement de la nourriture par sexe du chef de ménage

D 8.2

Consommation alimentaire :

 

1. Nombre de repas normalement pris par la famille par sexe du Chef de ménage

 

2. Nombre de jours où la famille a mangé de la viande au cours de la semaine passée par sexe du Chef de ménage

 

3. Fréquence de non-satisfaction des besoins alimentaires de la famille au cours des 12 mois écoulés par sexe du Chef de ménage

 

4. Changements constatés au niveau des tendances de consommation au cours des 12 mois écoulés par sexe du Chef de ménage

 

5. Principales raisons du manque de nourriture par sexe du chef de ménage

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Les indicateurs de pauvreté

L’objectif global de développement de la plupart des gouvernements est d’assurer une croissance économique durable tout en réduisant les nivaux actuels de pauvreté. Les recensements agricoles peuvent énormément contribuer à la réalisation de cet objectif, comme ils permettent de mieux identifier les causes fondamentales de la pauvreté, fournissent des données de références pour la planification des programmes de réduction de la pauvreté et servent de point de référence nécessaire pour l’évaluation de l’impact de ces politiques. Les données agricoles différenciées par sexe s’avèrent utiles pour l’identification des disparités qui existent quant au niveau de pauvreté chez les ménages agricoles gérés par les femmes et ceux qui sont gérés par les hommes. Les types de données sexospécifiques sur la pauvreté qui peuvent être obtenus à travers des recensements agricoles sont présentés dans le Synthèse # 10.

Synthèse #10 : Indicateurs de pauvreté différenciés par sexe

Indicateurs de pauvreté (9e Type de Données)

D 9.1

Conditions de logement par sexe du Chef de ménage :

D 9.2

Sources d’eau utilisées par sexe du chef de ménage

D 9.3

Sources d’énergie utilisées par sexe du chef de ménage

D 9.4

Types de toilette utilisée par sexe du chef de ménage

D 9.5

Propriété de biens par sexe du chef de ménage

D 9.6

Difficultés de moyens d’existence par sexe du chef de ménage

D 9.7

Contraintes financières pour les activités agricoles par sexe du chef de ménage

La base de données contient des exemples sur comment collecter et présenter ces types de données sous forme de tableaux.

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Notes

1 Le ménage est l’un des éléments fondamentaux des systèmes nationaux de la statistique et les normes de définition du concept ont été précisées par les Nations Unies dans son guide pour les recensements de la population et de l’habitat comme suit : “Le concept du ménage est basé sur les dispositions prises par des personnes, individuellement ou en groupe pour se procurer la nourriture ou d’autres besoins fondamentaux de la vie. Un ménage peut être composé (a) d’un individu seul, c'est-à-dire une personne qui s’arrange pour satisfaire ses propres besoins alimentaires et autres sans s’associer à une autre personne pour former un ménage à plusieurs personnes, ou (b) un ménage de plusieurs personnes, ce qui veut dire un groupe de deux ou plusieurs personnes qui vivent ensemble et s’arrangent ensemble pour subvenir à leurs besoins alimentaires et autres. Les membres du groupes peuvent mettre en commun leur ressources et pourraient plus ou moins avoir un budget commun ; ils peuvent avoir des liens de parenté ou non ou être constitués d’un mélange de personne ayant ou non, des liens de parenté " (FAO, 2005a)

2 Dans le contexte Africain, d’habitude, le chef de ménage est en même temps l’exploitant agricole.

3 Il y a deux types d’exploitation agricole : (i) l’exploitation dans le contexte familial – c'est-à-dire les exploitations opérées par les membres du ménage et (ii) des exploitations non – familiales telles les sociétés et les institutions publiques. Dans la plupart des pays, la majorité de la production agricole se fait au sein du secteur familial. Le concept de" l’exploitation agricole" est donc étroitement lié au concept du "ménage". (FAO, 2005a)

4 Nombre de personnes inactives par rapport au nombre de personnes actives.

5 Les femmes manquent d’accès et de contrôle par rapport aux ressources de production comme la terre, le crédit, les intrants agricoles, le transport, les services de vulgarisation, les installations de stockage, l’assistance technique et les opportunités de marché et le manque de savoir – faire les a empêché d’adopter de nouvelles technologies, de pratiquer des cultures de rente ou d’augmenter leurs économies d’échelle. (FAO, 2006)

6 Taux de dépendance = le nombre de dépendance par personne adulte au sein du ménage.

7 Le Rapport N.7 de la FAO sur le Développement Economique et Social (1992) a clairement documenté la nature complexe de ces genres d’enquête. Il indique que le concept d’évaluation "du temps de travail" dans le secteur agricole est beaucoup plus difficile à cerner que dans d’autres secteurs économiques parce que : "Il n’y a pas de lieu de travail fixe, étant donné que le travail agricole comprend le travail au champ, la préparation des produits agricoles pour le marché, l’acheminement des produits vers le marché, l’approvisionnement des intrants agricoles, la comptabilité agricole, etc. une partie du travail se fait sur l’exploitation, une autre partie, au domicile de l’exploitant et une troisième partie au marché ou dans les villes etc. Les déplacements entre ces différents lieux de travail peuvent être longs et prendre du temps. Il est donc conseillé que toutes les périodes de travail et de déplacement soient prises en compte lors de l’évaluation du temps de travail de l’exploitant, des aides familiaux et de la main-d’œuvre rémunérée"(FAO1999b).

8 Les enquêtes sur l’emploi du temps devraient être menées pour appuyer l’évaluation des revenus et des dépenses en vue d’obtenir des données fiables sur les contributions individuelles des hommes et des femmes du ménage au revenu familial car ces enquêtes servent de doubles stratégies pour l’évaluation des variables de production et de consommation aussi bien en termes de temps qu’en termes de valeur, tant au niveau de l’individu qu’au niveau du ménage.

9 Dans les situations où l’adhésion est limitée à une personne par ménage, il est fort probable que ce soit les hommes qui représentent le ménage plutôt que les femmes.

10 Les études ont montré que les femmes dépensent une plus grande partie de leurs revenus pour la nourriture de la famille par rapport aux hommes.

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