Gender

Base de données agro-genre

Cette base de données a été constituée par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) dans le but de promouvoir la production et l’utilisation des données agricoles différenciées par sexe. L’outil contient des exemples de questions et de tableaux sexospécifiques qui ont été conjointement formulés par des statisticiens nationaux et la FAO pour les recensements agricoles effectués en Afrique entre 1993 et 20061.

Les producteurs tout comme les utilisateurs de statistiques ont recommandé qu’une telle base de données soit mise au point pour améliorer la production de données agricoles sexospécifiques fiables nécessaires pour la formulation des politiques ciblées et la planification du développement agricole et rural. La base de données a été mise au point dans le cadre du Programme Mondial du Recensement de l’Agriculture 2010.

Un besoin croissant de données agricoles différenciées par sexe

Les agriculteurs et les agricultrices sont différemment touchés par les politiques et les programmes agricoles à cause des rôles et responsabilités différents mais complémentaires qu’ils jouent dans la production agricole, des disparités au niveau de leur accès et contrôle des ressources de production ainsi que de l’existence de normes sociales et des dispositions légales discriminatoires contre les femmes. Les données différenciées par sexe peuvent être utilisées pour illustrer les différences économiques, sociales et politiques qui pourraient exister entre les agriculteurs et les agricultrices, pour mesurer les impacts possibles de ces différences sur leur niveau de production et de productivité et pour mieux comprendre et reconnaitre les rôles et les responsabilités (changeants) des hommes et des femmes par rapport au secteur agricole, au développement rural et à la sécurité alimentaire.

L’importance croissante des données différenciées par sexe pour pouvoir assurer un développement beaucoup plus équitable dans le monde a déjà été soulignée dans le Plan d’Action adopté lors de la Première Conférence Mondiale sur la Femme (1975). Pour ce qui est du secteur agricole, le besoin de ce type de données s’est avéré beaucoup plus impérieux lorsqu’il est devenu de plus en plus évident que le capital humain est un facteur essentiel pour le développement agricole et que le manque de données différenciées par sexe pourrait entraver le développement de l’agriculture. Les plans agricoles basés sur des informations inadéquates contribuent à l’impact faible des politiques et des efforts de planification du secteur de même qu’au gaspillage des ressources humaines, financières et environnementales (FAO, 2005b).

Beaucoup de progrès ont été réalisés en particulier au cours des deux dernières décennies dans le domaine de la collecte des données socio-économiques et agricoles différenciées par sexe en raison des nouvelles exigences en matière de données dictées par les changements politiques, tels que, par exemples: le rôle croissant du secteur privé et de la société civile, la décentralisation accrue de la prise de décision, l’exigence d’une plus grande transparence dans les prises de décision ainsi qu’une participation accrue des partenaires dans la planification et les prises de décisions à tous les niveaux. Les gouvernements s’engagent de plus en plus à aborder les questions du genre dans les programmes et les politiques de développement agricole et sont devenus beaucoup plus conscients du fait qu’il est important de produire et d’utiliser des données statistiques agricoles différenciées par sexe pour la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques et programmes de développement agricole effectifs et durables. Les partenaires du développement se sont rendus compte que les données agricoles différenciées par sexe étaient indispensables pour la planification des interventions efficaces face à des situations comme la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la pandémie du VIH/SIDA (FAO 2005b).

Il ne suffit pas seulement de collecter des données sexospécifiques, ces données doivent être analysées et présentées de sorte qu’elles puissent être effectivement utilisées par différentes catégories d’utilisateurs, y compris les décideurs, les planificateurs, les statisticiens et les chercheurs. La collecte et l’analyse des données différenciées par sexe sont maintenant considérées comme des étapes essentielles de la conception des programmes, des politiques et des stratégies de développement agricole destinés aux hommes et aux femmes en tant que partenaires actifs du développement et pour évaluer le progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

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Les données différenciées par sexe dans le Programme Mondial du Recensement de l’Agriculture

Les efforts de développer un programme mondial de recensement agricole en se basant sur un ensemble de définitions et de classifications harmonisées ont commencé aux environs de 1920 et ont abouti en 1930 au premier Programme Mondial du Recensement de l’Agriculture (PMRA). C’était le premier tour d’un programme à dix ans d’intervalle (FAO, 2005a).

Les recensements agricoles entrepris dans le cadre des six premiers tours du programme (RMA 1930 – 1980) portaient essentiellement sur la collecte des données relatives aux quantités produites pour quelques principaux produits agricoles (cultures et élevage). L’accent était mis sur l’agriculture commerciale et sur la main d’œuvre rémunérée (le secteur formel) par opposition à l’agriculture de subsistance et les aides familiaux non-payés (secteur informel). Les données relatives aux ressources humaines nécessaires pour la production agricole étaient rarement collectées et au cas où elles l’étaient, elles se rapportaient surtout aux hommes agriculteurs car c’est eux qui étaient en général enregistrés comme chefs du ménage ou exploitants agricoles. La participation des femmes dans la production agricole était d’habitude considérée comme travaux domestiques ou responsabilité reproductive plutôt que comme activité économique ou productive et était, de ce fait, rarement documentée (FAO, 2005b).

Les recensements agricoles entrepris dans le cadre du programme 1990 ont fourni beaucoup plus d’informations sur les ressources humaines nécessaires pour la production agricole, y compris des données sur la contribution des femmes dans le secteur ainsi que leur accès aux ressources de production (FAO, 1985). Le cycle 2000 du programme est venu renforcer la collecte des données sexospécifiques en incluant dans l’échantillonnage, les petites exploitations et les activités agricoles périurbaines, en abordant des aspects discriminatoires des outils utilisés et en tenant compte du rôle et de la contribution de chaque membre de l’exploitation, sans distinction de sexe.

Le Programme Mondial de Recensement de l’Agriculture 2010

Le neuvième cycle du Programme Mondial du Recensement de l’Agriculture (RMA 2010) couvre la période allant de 2006 à 2015. Le RMA 2010 a été reformulé pour intégrer certaines des contraintes rencontrées au cours des cycles de recensements précédents, notamment : la demande croissante en matière de données, le coût élevé des recensements, l’insuffisance des budgets nationaux pour la production de statistiques et la complexité d’un grand nombre des thèmes de recensement. L’accent a été mis sur l’adoption d’une approche modulaire pour les recensements de l’agriculture, notamment un module de base et des modules complémentaires. Le programme préconise une meilleure méthode de collecte des données communautaires et encourage les pays à étudier les possibilités d’établir un lien entre les recensements de l’agriculture et les recensements de la population. Le programme a également été réorienté pour permettre aux états d’utiliser les résultats de leurs recensements agricoles pour mesurer les progrès vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (FAO, 2005a).

L’approche proposée par la FAO pour le cycle 2010 du programme est destinée à améliorer la production et l’utilisation des données agricoles différentiées par sexe, et ce, pour un certain nombre de raisons. Premièrement, l’introduction des concepts de sous-exploitation2 et de sous-exploitant3 permet de mieux évaluer le rôle des différents membres du ménage, en particulier les femmes, dans la gestion de l’exploitation agricole4. Ces concepts ont été testés avec succès dans quelques pays5 au cours du RMA 2000. Ils facilitent la tabulation transversale des facteurs de production tels que la taille des parcelles ou des champs, les cultures et les intrants agricoles utilisés, les facteurs sociodémographiques, donnant ainsi la base pour une analyse exhaustive des disparités basées sur le sexe et l’âge dans la production agricole à l’intérieur du ménage. Secundo, le concept de l’exploitant agricolea été modifié pour mieux montrer la réalité des modes de gestion des exploitations, tels que les différences entre la façon dont les hommes et les femmes exercent leur pouvoir de décision et le contrôle financier dans des domaines comme la production, le stockage, la transformation et la commercialisation des produits agricoles. Il est maintenant évident que plus d’une personne, en occurrence le mari et sa femme peuvent ensemble gérer une exploitation conjointe7. Troisièmement, le programme encourage les états à inclure dans les modules complémentaires de leurs recensements, des éléments qui mettent en évidence les rôles et les responsabilités des hommes et des femmes dans la production agricole. Enfin, les concepts de l’emploi ont été révisés conformément aux normes de l’Organisation Mondiale du Travail pour mieux montrer la structure de l’emploi dans les zones rurales (FAO, 2005a).

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NOTES

Le contexte africain a été choisi pour la constitution de cette base de données à cause de la disponibilité d’un grand nombre d’exemples de recensements agricoles qui ont collecté des données relatives au genre. Même là, ces exemples peuvent être appliqués ou facilement adaptés et utilisés dans d’autres régions.

Une sous-exploitation se définit comme une seule ou un ensemble d’activités agricoles gérées par un individu ou par un groupe de personnes membres du ménage de l’exploitant pour le compte de l’exploitant agricole. Une exploitation peut comporter une ou plusieurs sous-exploitations, lesquelles à leur tour peuvent être constituées d’un seul lot, de tout un champ, de toute une parcelle ou bien de la totalité de l’exploitation. Une sous-exploitation peut aussi être l’unité d’élevage attachée à un lot, à un champ ou à une parcelle, ou bien une activité d’élevage sans parcage définitif (FAO, 2005).

Un sous-exploitant est une personne qui gère une sous-exploitation pour le compte de l’exploitant. Il n’y a qu’un seul sous-exploitant par sous-exploitation. Mais il peut y avoir plus d’un sous-exploitant dans une exploitation. L’exploitant peut être ou ne pas être un sous-exploitant. Le concept de sous-exploitant est en général semblable aux concepts de "responsable de parcelle" ou "farm operator" utilisés dans certains pays (FAO 2005a).

Une exploitation agricole est une unité économique de production agricole sous administration unique et qui comprend tout/l’ensemble du cheptel et toutes les terres utilisées en totalité ou en partie pour des fins de production agricole, quels qu’en soient le titre de propriété, la nature légale ou la taille. Cette administration unique peut être exercée par un individu ou un ménage, conjointement par deux ou plusieurs personnes ou ménages, par un clan ou une tribu, ou par une personne morale telle qu’une société, une coopérative ou une entité publique. Les propriétés foncières de l’exploitation peuvent consister en un ou plusieurs parcelles de terre, situées dans un ou plusieurs endroits séparés ou bien au sein d’une ou plusieurs divisions territoriales ou administratives, pourvu que les parcelles partagent les mêmes moyens de production, tels que la main-d’œuvre, les locaux, les machines et les animaux de trait (FAO, 2005a).

5 Des pays tels que le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mozambique, le Niger et le Sénégal ont déjà introduit ces concepts dans leurs derniers cycles de recensement.

6 L’exploitant agricole se définit comme la personne qui prend les importantes décisions relatives à l’utilisation des ressources et exerce le contrôle administratif sur l’exploitation. L’exploitant a la responsabilité technique et économique sur l’exploitation agricole et peut assumer toutes ces responsabilités directement ou déléguer des tâches relatives à la gestion quotidienne de l’exploitation à un responsable recruté (FAO, 2005).

7 Un exploitant conjoint ou co-exploitant est quelqu’un qui prend les décisions importantes relatives à l’utilisation des ressources et assure la direction des opérations de l’exploitation en collaboration avec une autre personne. Un Co-exploitant agricole peut être un membre de la même famille ou d’un ménage différent (FAO, 2005a).

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