La féminisation de l'agriculture
Dans de nombreuses régions du monde, on note une tendance croissante vers ce que l'on a appelé "la féminisation de l'agriculture". Au fur et à mesure que la participation des hommes à la production agricole décline, le rôle des femmes prend plus d'importance. La guerre, les maladies et les décès dûs au VIH/SIDA ont réduit les populations masculines, en milieu rural. Ce phénomène s'explique également par l'exode rural des hommes, qui partent vers les villes, dans leur pays ou à l'étranger dans l'espoir de trouver un emploi rémunéré
En Afrique, par exemple, la population masculine diminue rapidement en milieu rural, alors que la population féminine reste relativement stable. Au Malawi, la population rurale masculine a chuté de 21,8 pour cent entre 1970 et 1990, alors que pendant la même période, la population rurale féminine n'a décliné que de 5,4 pour cent.
Cette tendance a eu pour effet d'augmenter le nombre de ménages dirigés par des femmes.. A peu près un tiers du nombre total de ménages ruraux d'Afrique saharienne ont aujourd'hui à leur tête une femme. Des études ont montré que les femmes chefs de famille tendent à être plus jeunes et moins instruites que leurs homologues masculins. Elles ont aussi généralement moins de terres à cultiver et moins de capitaux et de main d'oeuvre extra-familiale pour les aider dans leur travail.
Compte tenu de cette pénurie de main d'oeuvre et de capitaux, les femmes chefs de familles sont souvent contraintes de modifier la répartition des cultures et les systèmes d'exploitation agricole. Ces ajustements ont abouti à des baisses de production et, dans certains cas, à des réorientations vers des cultures moins nourrissantes. Il n'est donc pas surprenant que ces ménages voient souvent s'aggraver leur malnutrition et leur insécurité alimentaire.
Le fait de cibler l'action sur les agricultrices est très rentable. Dans la Sierra Leone dévastée par la guerre, un projet de la FAO a été ciblé sur des paysannes déplacées par la guerre qui avaient perdu leurs biens personnels, leurs outils agricoles et leurs semences. Reconnaissant le rôle fondamental des femmes dans la production agricole des ménages, le projet a distribué des intrants agricoles, notamment des outils à main, de l'engrais et des semences à 8 865 femmes, mais on estime que 18 000 femmes en ont bénéficié. En outre, 319 agricultrices, 158 agents de vulgarisation et 21 agents de terrain provenant d'organisations non gouvernementales ont participé à des ateliers où des techniques de culture améliorées leur ont été enseignées.
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