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Une expérience de réhabilitation des terres: l'effet catalytique des Clubs Dimitra au Niger

Idrissa et son épouse Ramatou vivent dans le village de Tinkirana, dans la région de Tahoua, au Niger. Comme la plupart des hommes et des femmes de leur communauté et d'autres à travers l'Afrique subsaharienne, ils luttent chaque jour contre les effets du changement climatique.

Au cours des dernières années, la baisse des précipitations et la dégradation accrue des sols ont porté pour de nombreux habitants de Tinkirana - et ailleurs au Niger – à de mauvaises récoltes et de graves pénuries alimentaires.

Les terres agricoles d’Idrissa étaient fortement dégradées. En 2015, il n’a récolté que 150 bottes de mil. Heureusement, les choses ont changé cette année pour Idrissa et son épouse Ramatou grâce à la détermination et au travail des villageois, et à l'effet catalytique des Clubs Dimitra de la FAO.

Le programme Dimitra de la FAO est fondé sur une approche efficace de transformation des relations hommes-femmes, développée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Les Clubs Dimitra sont des groupes de femmes et d’hommes vivant en milieu rural.  Ils se réunissent régulièrement pour discuter les problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur vie quotidienne, pour prendre des décisions et passer à l’action afin de les résoudre par leurs propres moyens. Les radios solaires à manivelle et les téléphones portables que les clubs reçoivent permettent de partager les expériences. Depuis 2006, 1500 Clubs Dimitra de la FAO ont été mis en place au Burundi, en République Démocratique du Congo, au Ghana, au Niger et au Sénégal. 

Les Clubs Dimitra de Tinkirana ont été mis en place dans le cadre d’un programme de la FAO visant à améliorer la résilience des communautés aux changements climatiques et à accroître la production agricole dans la région. Par les sessions de réflexion et d’échanges au sein des clubs, les villageois - hommes et femmes - ont pu mieux comprendre la situation de déficit alimentaire qui les touche, ses causes sous-jacentes et les moyens pour y remédier. Ils ont ensuite décidé d’agir en mettant en place des stratégies d’adaptation. Celles-ci comprennent des cultures de contre-saison et l’installation de mini-banques céréalières villageoises, qui contribuent à assurer la disponibilité de la nourriture pendant les périodes de soudure.

Faire face aux problèmes du changement climatique

Les membres des Clubs Dimitra de Tinkirana ont abordé les problèmes liés à la diminution des pluies et à la dégradation des sols auxquels ils sont confrontés. Ils se sont accordés sur l’importance des techniques de réhabilitation des terres pour lutter contre la dégradation des sols et accroitre la disponibilité de terres agricoles. Ensuite, ils ont mobilisé les membres de la communauté pour travailler ensemble sur un projet «test» ou projet pilote. Ils savaient que si l'expérience réussissait, elle servirait d’exemple pour le reste du village, et permettrait de sensibiliser la communauté aux techniques de réhabilitation des terres et leurs avantages.

Ensemble, ils ont choisi un lopin de terre fort dégradé aux abords du village et ont labouré et préparé le terrain en créant une série de demi-lunes dans le sol. Cette technique de récolte d’eau utilise des remblais de terre semi-circulaires pour recueillir et stocker l'eau de pluie et éviter le ruissellement. C’est un moyen simple mais innovant pour remettre en état des terres dégradées et améliorer la production agricole dans les zones à faible pluviométrie. 

Le terrain choisi par les membres du Club Dimitra était celui d’Idrissa. Et grâce à ce «test» parfaitement réussi, la récolte de mil d’Idrissa est passée de 150 à 800 bottes - sans utilisation d’engrais chimiques ou organiques.

Les résultats de l'expérimentation

Idrissa et Ramatou n’ont pas été les seuls à tirer profit de cette expérience collective de réhabilitation des terres. Comme dans de nombreuses régions dans le monde, les femmes de Tinkirana ont un accès limité à la propriété foncière. Elles ont d’ailleurs plusieurs fois demandé des parcelles sur lesquelles cultiver. Lorsque le chef du village a vu les résultats de ce test, il a octroyé aux femmes une grande parcelle à la sortie du village. Ce terrain dégradé n’avait jamais été utilisé auparavant. Les femmes, après l’avoir réparti entre elles, l’ont récupéré et exploité avec le soutien de tout le village.

Aujourd'hui, les résultats de l’expérimentation sont clairs: les femmes de Tinkirana ont obtenu un accès permanent à la terre, et la communauté a amélioré sa production agricole et la sécurité alimentaire, de façon durable.

17/10/2016

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