Genre

Programme FAO ::: Pêche

La discrimination sexuelle se manifeste dans la limitation de l'accès des femmes au crédit, aux installations de stockage et à la formation

La pêche est essentielle au bien-être économique de millions de personnes dans les zones rurales du monde en développement. La pêche de capture et l'aquaculture sont une source d'emploi direct pour 200 millions de personnes, dont la vaste majorité travaille dans le secteur traditionnel à petite échelle, représentant près de 70 % de la production de la pêche.

Les espèces halieutiques et aquatiques sont également indispensables à la sécurité alimentaire. Elles fournissent près de 30 % des protéines animales consommées en Asie et Pacifique et plus de 20 % dans les pays à faible revenus et à déficit vivrier.

La stratégie de la FAO pour le développement de la pêche vise à renforcer la productivité dans le secteur à petite échelle et sa contribution à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance, dans un contexte de concurrence croissante de la pêche de capture industrielle et de l'aquaculture à grande échelle.

Dimension de genre dans le secteur halieutique et aquacole

La capture du poisson au large des côtes et en eaux profondes est un travail presque toujours effectué par les hommes, qui entraîne des risques professionnels de santé et de sécurité élevés.  Les femmes des ménages de pêcheurs effectuent effectivement des travaux de préparation, tels que la réparation des filets, même si leur contribution reste souvent «informelle» et rarement rémunérée.

Les femmes jouent un rôle prépondérant, dans le secteur de la pêche à petite échelle et industrielle, dans la transformation et la commercialisation post récolte. En Afrique occidentale, 80 % des poissons et fruits de mer sont vendus par des femmes. Parmi les usines de transformation du poisson sondées en Inde, 60 % des ouvriers étaient des jeunes femmes. Au Vietnam, les femmes représentent 80 % de la main-d'œuvre aquacole.

La répartition des rôles et des responsabilités entre les hommes et les femmes évolue. Dans des régions du Cambodge et de la Thaïlande, de plus en plus de femmes pêchent et possèdent des bateaux. Au Bengladesh, elles représentent environ 60 % des pisciculteurs et bon nombre d'entre elles sont des entrepreneurs prospères. Cependant, la majeure partie de la contribution des femmes au secteur de la pêche reste «invisible».  La discrimination sexuelle émane de la faible valeur attachée au travail des femmes qui a pour conséquence de limiter leur accès au crédit, à la technologie de transformation, aux installations de stockage et à la formation.

Sans formation ni technologie de stockage, de nombreuses femmes entrepreneurs sont incapables de garantir la fraîcheur de leurs poissons et subissent des pertes considérables après récolte. En Afrique occidentale, des études ont montré que les poissonniers les plus pauvres de la chaîne de transformation et de commercialisation n'avaient accès qu'aux poissons de qualité inférieure et à aucune information sur les marchés, ni à la glace.

Des programmes de mécanisation de la production halieutique à petite échelle risquent de détourner les femmes de leurs sources de subsistance traditionnelles. En Inde, la motorisation des navires de pêche dans un seul secteur a permis d'effectuer des captures plus importantes et a entraîné le remplacement des poissonnières par des hommes. Des études révèlent que lorsque des équipements de conservation et de transformation du poisson sont disponibles, les hommes participant à la capture du poisson commencent à concurrencer l'accès des femmes.

La discrimination sexuelle poursuit les femmes jusque dans le secteur de la transformation industrielle. Il a été observé que les femmes originaires des communautés de pêcheurs en Inde qui sont devenues salariées dans l'industrie de l'exportation de poissons et de fruits de mer étaient moins payées et restaient éloignées de leur domicile pendant de plus longues périodes que les hommes, rendant plus difficile l'accomplissement de leurs tâches domestiques.

Les opportunités offertes par l'aquaculture doivent également être évaluées du point de vue du genre. Si une femme sait qu'elle peut perdre son étang à poissons à la mort de son mari, elle risque de ne pas investir dans l'entreprise. L'introduction de l'élevage en nasses peut priver les femmes d'eau pour boire, faire la vaisselle ou tremper le manioc. Si l'aquaculture réduit le niveau de l'eau des puits, les femmes pourraient être contraintes de chercher d'autres sources plus lointaines.

Objectifs de la FAO 2008-2013

Pour intégrer la dimension de genre dans ses programmes en faveur d'une gestion durable de la pêche et de l'aquaculture, la FAO s'est fixée les objectifs suivants pour 2013:

Autonomisation des femmes
Utiliser l'autonomisation des femmes comme indicateur dans l'évaluation de la contribution de l'aquaculture à petite échelle au développement rural durable.

Formation à l'aquaculture
Intégrer les considérations du genre à l'information et à d'autres outils pour le développement de l'aquaculture et renforcer la participation des femmes à la formation à la gestion, à la production d'œufs et à la création d'entreprise.

Recherche et gestion dans le secteur de la pêche
Améliorer le taux d'hommes et de femmes formés ou participant au renforcement des capacités de recherche et de gestion de la pêche.

Conférence mondiale
Inscrire la dimension de genre parmi les thèmes de la Conférence mondiale sur l'aquaculture 2010 de la FAO.

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courriel: gender@fao.org

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