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Les hommes ont le dernier mot sur les stratégies d'adaptation [E.Schipper]

Les agriculteurs de l'Andhra Pradesh face au changement climatique

Les femmes migrent souvent pour travailler. Les hommes, qui sont en général les seuls propriétaires de la terre, se considèrent comme des «agriculteurs» et sont moins susceptibles d'adopter de nouvelles stratégies de moyens d'existence.

Dans quelle mesure les hommes et femmes engagés dans le secteur agricole affrontent-ils différemment le changement climatique? Les effets de ce changement sur la sécurité alimentaire sont-ils différents pour les deux sexes? Pour répondre à ces questions, la FAO a récemment conduit un projet de recherche auprès d'agriculteurs (hommes et femmes), dans quelques-uns des villages les plus pauvres fréquemment touchés par la sécheresse dans l'État de l'Andhra Pradesh (Inde).

Lancé en mai 2008 avec le soutien financier de l'Agence suédoise de coopération internationale au développement international, le projet s'appuie sur le concours de chercheurs membres de la FAO, d'universités en Australie et aux États-Unis, de l'Institut de Stockholm pour l'environnement et du Centre de recherche Samatha sur le genre dans l'Andhra Pradesh. Des consultants locaux, ayant une bonne connaissance des conditions régionales, ont mené à bien le travail de terrain dans deux districts et utilisé une méthode de recherche participative avec les agriculteurs pour réunir des données qualitatives et quantitatives. Le contexte institutionnel et les registres des tendances météorologiques ont été analysés conjointement.

L'étude s'est centrée sur six villages, chacun d'entre eux étant composé de 200 à 400 ménages caractérisés par des taux élevés de pauvreté et pratiquant l'agriculture pluviale. Les hommes et les femmes qui y ont participé exploitent des parcelles de 1 à 2 hectares (les hommes constituant toutefois la vaste majorité des propriétaires fonciers dans les villages étudiés). Les ménages sont avant tout tributaires de l'agriculture pour assurer leur subsistance et leur sécurité alimentaire, mais les stratégies de moyens d'existence se basent de plus en plus souvent sur la migration saisonnière et l'acceptation de prêts et d'opérations de secours financés par le gouvernement.

L'un des principaux résultats du projet de la FAO a été la production d'une étude de cas détaillée des six villages qui décrit la manière différente dont les hommes et les femmes interprètent les effets du changement climatique. Ainsi, près de 90% des personnes interrogées ont signalé que les récoltes étaient moins abondantes et que les rendements agricoles avaient diminué, mais ce sont les hommes qui ont généralement souligné qu'il est de plus en plus difficile de prévoir les conditions météorologiques. Les hommes ont indiqué un fléchissement de la production fourragère, tandis que les femmes ont plutôt évoqué les conséquences sur la santé attribuées au changement climatique.

Selon la FAO, la répartition des rôles entre les deux sexes détermine les réactions des hommes et des femmes aux chocs climatiques. Les femmes migrent souvent pour travailler comme ouvrières dans le secteur de la construction, alors que les hommes, en tant que seuls propriétaires de la terre, se considèrent comme des «agriculteurs» et sont moins enclins à adopter de nouvelles stratégies de moyens d'existence (même s'ils acceptent sans hésiter le riz subventionné par le gouvernement à bas prix). Les hommes, comme les femmes, indiquent que les contraintes liées au changement climatique ne cessent de s'accroître depuis les trente dernières années; les femmes signalent une augmentation des tâches domestiques et les hommes déclarent qu'ils sont de plus en plus obligés d'avoir recours à des prêts.

Les stratégies d'adaptation appliquées jusqu'à présent (utilisation du couvert forestier comme source d'aliments d'appoint, par exemple) ne sont plus possibles, du fait de la sécheresse et de la perte de la couverture du sol. Pour ainsi dire tous les agriculteurs comptent aujourd'hui, dans une plus ou moins grande mesure, sur les rations distribuées par le gouvernement. Néanmoins, plus de 50% des ménages étudiés ont manqué de nourriture, souvent ou par moment, au cours de l'année écoulée. D'après les chercheurs, ce sont les hommes qui ont le dernier mot quand il s'agit de décider des stratégies d'adaptation. Si les femmes sont responsables de l'approvisionnement en aliments de la famille, ce sont les hommes qui exercent un contrôle sur presque toutes les ressources productives.

L'une des contributions importantes du projet a été d'établir et de tester rigoureusement une méthodologie permettant d'examiner comment les hommes et les femmes affrontent différemment les effets des changements climatiques. La méthodologie est conçue de manière à être utilisée dans divers contextes et sera utile aux chercheurs et aux décideurs.

La FAO est convaincue que les opérations destinées à venir en aide aux populations les plus vulnérables du monde ne donneront pas de résultat tant que les facteurs fondamentaux de la vulnérabilité, y compris les disparités entre les hommes et les femmes, n'auront pas été compris et pris en compte. La planification de l'adaptation au changement climatique sur le long terme doit reposer sur les connaissances et la longue expérience des hommes et des femmes pratiquant l'agriculture.

Publié: 12/11/2009

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