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Un club d’écoute au Niger [Dimitra]

Faire entendre la voix des ruraux, hommes et femmes, grâce à Dimitra

Les femmes et la terre, les rôles respectifs des hommes et des femmes dans la gestion des risques de catastrophes, les défis liés au VIH/sida auxquels les femmes font face au Kenya et la constitution d’un réseau de femmes en République démocratique du Congo. Voilà seulement quelques-uns des sujets abordés dans le bulletin de juin 2010 de Dimitra.

Donner la parole à la population rurale, en particulier aux femmes, est le principal objectif de Dimitra, un projet d’information et de communication participative géré par la FAO. Dimitra vise aussi à mettre en lumière les contributions des populations rurales en faveur de leurs communautés pour souligner leur rôle crucial dans le développement.

Le nom de Dimitra est inspiré de Déméter, la déesse de l’agriculture et des moissons dans la mythologie grecque. Financé par la Belgique, le projet travaille avec ses partenaires sur un vaste éventail d’initiatives qui visent à encourager l’échange d’informations, à renforcer les capacités et à augmenter l’implication des communautés dans le développement durable.

Le fondement du réseau d’information Dimitra est sa base de données en ligne. Il contient des profils d’organisations basées en Afrique et au Proche-Orient qui ont des projets, des programmes ou des activités qui impliquent ou concernent les femmes rurales, ou bien encore qui prennent en compte le rôle des questions de parité hommes-femmes dans les expériences et les besoins des femmes et des hommes des zones rurales.

« La base de données comprend actuellement environ 1 800 organisations et un grand nombre de bailleurs nous contactent pour savoir qui fait quoi et à quel endroit. L’une des tendances que nous avons remarquée est qu’il y a une grande coopération Sud-Sud en matière de projets en Afrique », remarque Eliane Najros, la coordinatrice du projet Dimitra.

Afin de contribuer à l’efficacité des initiatives de développement, Dimitra publie des documents et organise des événements qui encouragent l’échange d’informations entre les organisations de la société civile, les ONG, les ministères publics et d’autres acteurs du développement.

Dimitra a travaillé avec ses partenaires à l’organisation d’ateliers sur des sujets comme la promotion de l’accès des femmes à la terre comme moyen pour combattre la pauvreté, l’alphabétisation comme instrument d’autonomisation, la participation des femmes aux processus de prise de décision et à l’utilisation de radios communautaires.

« Notre approche de ces activités se fait sous la forme de formations fondées sur l’écoute, déclare Eliane Najros. Nous travaillons beaucoup sur la communication participative, en écoutant ce que les femmes ont à dire. »

Relier les radios communautaires au réseau d’alphabétisation au Niger

En écoutant les femmes rurales au Niger, Dimitra a constaté que les défis auxquels celles-ci font face comprennent l’isolement, l’analphabétisme et leur position en bas de l’échelle sociale. Dimitra s’est en partie attaqué à ces questions en établissant des liens entre les clubs d’écoute des radios communautaires aux centres d’alphabétisation. Les clubs d’écoute sont devenus des sources d’apprentissage, d’échange d’informations et des centres de coordination pour les groupes de femmes rurales.

Les clubs d’écoute ont donné naissance en 2006 à un atelier à Dosso qui s’est concentré sur l’impact de l’alphabétisation de la femme rurale sur la scolarisation des filles. En 2004, seulement 28,7 pour cent des adultes étaient alphabétisés au Niger et seulement 35,1 pour cent de ceux-ci étaient des femmes.

Des études ont montré que l’analphabétisme des parents explique le peu d’importance donnée à l’éducation scolaire.

L’atelier organisé par l’ONG VIE Kande Ni Bayra, le partenaire de Dimitra dans la région du Sahel, a donné naissance à trois projets pilotes de radios communautaires au Niger. L’initiative « Création de clubs d’écoute pour l’autonomisation et le leadership des femmes rurales et des jeunes des centres d’alphabétisation » regroupe les clubs d’écoute radiophonique Dimitra avec les centres d’alphabétisation financés par la Suisse et gérés par l’ONG VIE (l’initiative bénéficie aussi du soutien de la coopération canadienne, du PNUD, de l’UNIFEM, du FNUAP, avec un financement pour la composante radio fourni par Dimitra).

Dimitra a distribué des radios à manivelle et fonctionnant à l’énergie solaire aux groupes de femmes. Tous les clubs ont aussi reçu des téléphones fonctionnant à l’énergie solaire afin d’entrer en contact les uns avec les autres. En avril 2010, quatre mois après le lancement d’un projet réunissant plusieurs institutions, Dimitra avait déjà constitué 90 clubs d’écoute de 25 à 30 personnes en relation avec des centres d’alphabétisation au Niger.

« Au Niger, l’un des pays les plus pauvres de la planète, certaines femmes rurales n’avaient encore jamais écouté la radio. Ceux qui avaient des radios, c’était en général les hommes », remarque Eliane Najros. «Mais lorsque les femmes ont commencé à entendre leur propre voix à la radio, vous pouvez imaginer leur réaction. Elles s’écoutaient parler à la radio, en train de débattre de questions les concernant. Ce fut une très belle expérience d’autonomisation».

Développer le réseau

Dimitra est en train d’étendre le rayon d’action des radios communautaires au Niger afin de cibler la jeunesse locale. Elle est en train de planifier la liaison des clubs d’écoute à une initiative à destination des enfants scolarisés, les écoles pratiques d’agriculture et d’apprentissage à la vie pour les jeunes (JFFLS), qui voit des vulgarisateurs, des professeurs et des animateurs sociaux spécialement formés à utiliser une méthodologie participative pour transmettre des connaissances agricoles et des compétences de la vie de tous les jours aux jeunes, garçons et filles, entre 12 et 17 ans.

Le projet nigérien est en partie inspiré d’un projet de radio communautaire en République démocratique du Congo où 8 000 personnes sont membres de clubs d’écoute dans la province du Sud-Kivu.

Parmi les sujets prioritaires de l’agenda des clubs de radio rurale dans les deux pays, on peut citer l’accès des femmes à la terre, les droits des femmes, les violences faites aux femmes, la santé et l’hygiène.

« Nous espérons que ce programme conjoint va continuer à se développer. Il renforcera la confiance en soi de la population rurale et montrera à celle-ci qu’elle connaît beaucoup de choses et qu’elle peut partager ses connaissances avec d’autres » explique Eliane Najros.

Publié: 20/04/2010

• Lire le Bulletin Dimitra 18 de juin 2010
• Voir aussi le programme Gestion des connaissances et genre

Eliane Najros est la coordinatrice du projet Dimitra. Celui-ci a été lancé en 1994 par la Commission européenne avant de devenir un projet FAO en 1998. Principalement financé par la Belgique, le projet bénéficie aussi du soutien financier de plusieurs bailleurs multilatéraux dans le cadre de ses activités sur le terrain.

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