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Pourquoi parler de «genre»? ::: Assurance contre le déficit pluviométrique: beau temps, mauvais temps

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Assurance contre le déficit pluviométrique: beau temps, mauvais temps

En Inde, l’agriculture est surtout pluviale et non irriguée. Les petits exploitants des régions rurales sont donc extrêmement tributaires de la pluie pour leurs cultures, leurs moyens de subsistance et leur sécurité alimentaire.

Si la mousson fait défaut, le rendement risque de dégringoler, forçant ainsi les agriculteurs à vendre des actifs productifs, à renoncer à des soins médicaux ou à réduire leur consommation alimentaire. Dans certains cas, ils vendent leur bétail parce que, après avoir dépensé tout leur revenu pour se nourrir, ils ne sont plus en mesure d’acheter du fourrage ; ce phénomène est particulièrement courant depuis quelque temps à cause du prix élevé des produits alimentaires de base. Les ménages pauvres dirigés par des femmes sont parmi les plus vulnérables, avec le peu d’actifs qu’elles possèdent. Pour faire face à cette situation, les solutions traditionnelles consistent à trouver du travail dans les fermes voisines (et compléter ainsi le revenu nécessaire pour s’alimenter) et à emprunter de l’argent auprès des membres de la famille et des amis. Mais lorsque l’ensemble de la population d’une région géographique donnée a été touchée de la même manière, ces mécanismes de protection du revenu sont également bien souvent compromis.

Les programmes publics d’assurance-récolte ont beau exister, la plupart des petits exploitants ne parviennent pas à répondre aux exigences d’admissibilité de ces programmes. Les femmes, en particulier, ont du mal à obtenir du crédit et des garanties, entre autres services financiers. Même si les agriculteurs peuvent souscrire une assurance-récolte et en bénéficier, ils doivent attendre des années avant de recevoir leur indemnité. Par ailleurs, le secteur privé s’est montré très réticent à offrir une assurance-récolte individuelle aux agriculteurs : en effet, il est à la fois coûteux et complexe d’évaluer les pertes réelles à si petite échelle. En outre, les programmes d’assurance récolte, publics ou privés, se heurtent aux problèmes généraux d’antisélection (ces programmes attirent généralement des exploitations dont la qualité des terres est inférieure) et de risque moral (les agriculteurs sont souvent plus enclins à laisser leurs cultures souffrir ou échouer afin de recevoir une indemnité).

En 2006, la Self-Employed Women's Association (SEWA), organisation non gouvernementale de travailleuses autonomes pauvres dont la plupart sont des femmes rurales, a formé un partenariat avec le Centre for Micro Finance (CMF) et l’Université Harvard pour piloter un nouveau produit financier dénommé assurance contre les intempéries - en l’occurrence, l’assurance contre le déficit pluviométrique.

Fonctionnement

Ce système utilise les relevés de stations pluviométriques officielles situées près des champs des agriculteurs. Les agriculteurs qui participent à ce programme versent une cotisation modique en échange de laquelle une somme précise d’argent leur est garantie en cas de manque de pluie. Cette somme augmente proportionnellement à la gravité de ce déficit ou de l’inondation.

Le programme d’assurance contre le déficit pluviométrique résout les trois gros problèmes liés à la formule de l’assurance-récolte : les frais administratifs sont moindres car le système n’a pas besoin d’un agent pour mesurer la perte réelle de récoltes dans chaque exploitation, et la probabilité d’antisélection et de risque moral est moins grande, car les agriculteurs n’ont pas besoin de prouver leurs pertes et peuvent continuer de s’employer à prendre les meilleures décisions pour leur culture.

Au départ, ce programme comportait un groupe pilote de 500 ménages dans plus de 30 villages de l’État du Gujarat. Il compte aujourd’hui près de 2 000 ménages dans plus de 100 villages, et devrait poursuivre son expansion à brève échéance. Même si le manque de pluie n’était pas assez marqué pour justifier le versement d’indemnités au cours des trois premières années, les ménages de plusieurs secteurs des districts d’Ahmedabad et d’Anand ont été indemnisés pour le manque de pluie en 2009.

Sources

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Politique de la FAO sur l’égalité des sexes

 

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Genre et Droit à la Terre Base de Données

 


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